Genre Nérittéej Nerinœa
Caractères gér^ériques. Coquille alongée, turriculée, canaliculée à la base; Ouverture rétrécie, oblique, subquadrangulaîre ? Columelle large, perforée dans toute sa longueur, épaisse , chargée de gros plis saillans diversement contournés; un et quelquefois deux plis sur le côté droit : ils correspondent aux intervalles des plis coluniellaires.
Yoici un genre des plus singuliers, sur la place duquel on n'est pas encore décidé; sa création est due à M. Defrance. Il a été proposé pour la première fois dans le Dictionnaire des sciences naturelles à l'article Nérinée. Ce genre utile ne peut manquer d'être adopté; ses caractères sont tellement tranchés, tellement faciles à saisir , qu'il est impossible actuellement de le rejeter.
Les coquilles du genre Nérînée sont turriculées„ alongées, quelquefois extrêmement longues pourleur diamètre. H y a des espèces qui ne paraissent pas augmenter' de dimensions, qui restent cylindriques dans une grande partie de leur longueur ; et il est telles de ces espèces qui, avec un diamètre constant de quelques lignes , ont trois ou quatre pouces de longueur et quelqurfois davantage. D'autres espèces sont beaucoup plus courtes, conoîdes, et ap-. prochent de la forme de certains Cérites. Ce qu'il y a de plus remarquable dans toutes ces coquilles, ce sont les plis nombreux et anfractueux qui se voient sur la columelle et sur les parois de la cavité inté-
rieure et spirale de la coquille. Ce qui est remarquable encore, c'est que cette columelle, très -large et très-épaisse, est perforée dans toute sa longueur; quant à la forme de l'ouverture, elle est trapézoïdale, alongée, oblique, et terminée à la base par un canal peu prolongé et fort étroit II est extrêmement rare de rencontrer entière cette partie des Nérinées. Un des individus que nous avons recueillis à Saint- Mihiel , département de la Meuse , quoique un peu mutilé à cet endroit, est cependant le plus complet que nous ayons encore vu; c'est par son moyen que nous avons pu mieux caractériser le genre que M. Defrance n'avait pu le (aire.
Le genre Nérinée ne s'est encore rencontré que dans les terrains anciens; mais on serait dans l'erreur, si Ton croyait qu'il appartient uniquement à une seule espèce de ces terrains. Celui où on les voit le plus fréquemment, est l'oolite blancjie; c'est là qu'elles sont en quantités notables avec les dicérates dans les couches si remarquables de Saint-Mihiel, et qu'elles ont été retrouvées par M. Michelin à Pouilly. Nous en avons une espèce qui paraît appartenir au sable vert : eUe est siliceuse et offre le même aspect que les fossiles de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Nous en possédons en outre des fragmens de moules intérieurs, qui proviennent les uns des environs de la Rochelle dans le calcaire jurassique, les autres des environs dé Nancy dans un calcaire placé au-dessus des ar^es du lias.
PL. 4» fig* 1 et 2.
NÉRiNÉE DE LA Meuse ; Nerinœa Mosœ , Nok
iV. testa turrito-conoideâ^ irregulariter subplicaiâ ; anfractibus basi subnodosisy in medio excaçatis; columelld iriplicatà; labro dextro bipUcato.
Nobis, Dict. class. d^hist. natur., tom. ii, article Nérînée.
La figure que nous donnons de cette espèce ]a représente rédmte de moitié à peu près : elle est grande, conoïde, plus large à la base proportion-^ nellement à sa longueur qu'aucune autre espèce; elle est composée de onze tours concaves, taillés en gouttière transversale. On y remarque des plis irréguliers , longitudinaux, et des nodosités également irrégulières à leur base'; c'est surtout sur les quatre à cinq premiers tours que ces nodosités paraissent. Les tours de spire étant creusés dans le milieu, leurs bords sont relevés ^ et la rencontre de deux tours produit une crête sailliante et spirale , au milieu de laquelle on voit la suture: elle se trouva donc portée sur la partie la plus saillante des tours de spire; ce qui est l'inverse de ce qui a lieu dans le plus grand nombre des coquilles turriculées. L'ouverture a la forme d'un losange très-alongé; elle est anguleuse et terminée à la base par un canal étroit, profond et assez alongé : la columelle est très-épaisse, et elle offre trois pÛs; le médian est le plus court, mais le plus épais; deux plis seulement sont sur le bord
droit, un très-petit à l'angle médian de Touverlure, et le second , plus gros , plus saillant , se trouve en face du pli médian de la columelle.
Nous ne connaissons encore cette coquille que dans le département de 1a Meuse , dans les couches fort épaisses d'oolîte blanche des environs de Saint- MihieL