Genre Bélëmnitej Belemniies
Caraclères génériques^ Coquille en cône aloûgé, plus ou n»oins dép-imé, à structure fibreuse et rayonnatite, terminé en pointe du côté antérieur* L'extrémité postérieure présentaïit une cavité conique plus ou moins profonde, contenant un cône cloisonné et siphonné latéralement.
Les Bélemnites ont depuis très^longtemps excité )a curiosité des naturalistes, et plus d'une opinion bizarre, surtaut dans les temps d'ignorance, a été le seul fruit de leurs recherches. L'histoire de ce genre, depuis le moment où il a paru dans les livres d'histoire naturelle ou de pharmacologie jusqu'à nos jours, est une chose curieiise,, à cause du grand nombre de vicissitudes qu'il a éprouvées. La nature de cet ouvrage ne nous permet pas de tracer cette histoire des Bélemnites, nous devons renvoyer pour cela et beaucoup d'autres détails dans lesquels nous ne pôuvonis entrer, soit à l'excellent Mémoire de M. de Blainyille sur la Bélemnitologie , soit à l'article
Bélemntte de rEncyclopédie méthodique, soit enfin au Mémoire de M. Voltz , inséré parmi ceux de la Société d'histoire naturelle de Strasbourg ; on trou- Tera dans ces ouvrages des renseignemens précieux sur la nature y sur la structure des Bélemnites , sur leurs rapports et leur liaison avec les genres environnans, la place quelles doivent occuper dans une bonne méthode , et enfin quelques aperçus sur leurs gissemens, qiii, quoique incomplètement connus, le sont déjà assez à^l'égard de quelques espèces, pour qu'elles puissent dès à présent être d'un grand secours aux géologues.
Il j a bien peu de personnes sans doute qui n'aient vu des Bélemnites, que l'on connaît vulgairement sous le nom de pierres de foudre. On a dû remarquer que toutes étaient fibreuses, cristallines, et que les fibf es étaient rayonnantes du centre à la circonférence. Cest là le caractère le plus saillant de ce genre de coquilles ; mais elles sont reconnaissables par beaucoup d'autres «caractères. Elles sont le plus souvent alongées en cône ou en pyramides ordiiiàirement circulaires, assez souvent déprimées latéralement, ou un peu rétrécies ou étranglées vers la base. Cette base se termine de deux manières : dans l'une, qui est infiniment plus rare que l'autre, elle fait saillie au dehors , elle est bombée et dépourvue de cavité; dans l'autre il existi; à la base une cavité conique plus ou moins profonde, très-régulière, et qui contenait pendant la vie de l'animal une série de cloisons transverses , plus ou moins nombreuses, très -minces 9 régulières, concaves d'un coté, con-
vexes de l'autire, et percées sur le côté par un siphon continu, dont la position correspond à la ligne mé*diane ventrale ou inférieure. Toute la cavité de la Bélemnite n'est pas occupée par les cloisons; il reste un espace libre qui était ^occupé par quelque organe de l'animal. U est à présumer que les Bélemnites cpii ont une cavité intérieure n'ont pas toutes des cloisons; les espèces cpii, telles que celles de Scanie, ont une cavité extrêmement courte et quadrangulaire> ne pourraient en contenir qu'un si petit nombre que Ton peut supposer avec quelque raison qu'il n'y en avait pas , et la comparaison de cette espèce avec celle qui n'a jamais de cavité et par conséquent jamais d'alvéole cloisonné , vient *fevoriser cdttt opinion. Quant aux autres espèces qui ont la cavité plus profonde, il est hors de douté que toutes ont des cloisons. On avait pensé, et entre autres M. de Blainville, que les espèces de la craie étaient naturellement dépourvues de concamérations ; mais nous ne partageons pas cette manière de voir, parce que l'on trouve dans ces espèces les traces régulières qui correspondaient aux cloisons, et que Ton sait que dans la craie presque tomes les parties internes des coquilles sont dissoutes et disparaissent , tandis que la partie externe ou corticale de la coquille résiste à la dissolution.
Les Bélemnites sont des coquilles intérieures; on ne peut en douter quand on voit le réseau vascur laire dont quelques - unes ont leur «urfêice externe couverte; leur mode d'accroissement en est une preuve de plus. Par ses accroissemens le test d'une
Bélemnite f essémble à des cornets empilés les uns dans les autres , de manière à ce que le plus petit est le plus interne 9 et le plus grand celui qui forme la surface, lequel enveloppe et contient tous les autres. Les Béleomites ne se sont point encore montrées dans les terrains de transition ni dans les terrains tertiaires; mais les terrains secondaires presque sans exception en contiennent en plus ou moins grand nombre, du moins en Europe. Cest daiis le muschelkalk qu'elles commencent à se montrer, et elles n'existent plus au-delà de la craie. M. de Blainville a fait cette remarque fort intéressante, que plus lès Bélemnites sont anciennes, plus elles ont la cavité intérieure alongée , et plus elles se rapprochent des Orihocères, qui se trouvent dans les terrains plus ' anciens qu'elles.
PL. 6, fig. 3.
Belemmte mùcronée; Bélemnites mucronatusj
Brong.
B, testa elongatdj conicây apict ticutâ^ mueranatâ; apertufq rotundatây dilaiatâ ; fissura tenuissimà sulco hrevi continuatâ; sulcis vascularïbus y irregularibus impressis.
Blainv., Mém. sur les Bélemnites^ pag. 64, n.** 7,
Cuv. et Brong., Géologie des environs de Paris, pi. 3, fig. 1 , a, Â.
Schlotheim, Petrefact.^ n.° 4-
Parkinson , Organ. rem. , tom, 3 , pi. 8 , fig. 10 et 12.
Maniel, Geoh of Sûssex^ pi. 16, fig. x.
Nob., Encycl. méthod, tom. 2, pag. i!i6, n.* 5;
Belemnites eleciricusy Miller, Mémoire sur les Bélemnites dans les Mémoires de la Société géologique de Londres, 1826, pi. 8, fig. 18 à 31.
Var. jS. Nob. Testa majore subgranulosâ ^ sulcis vascularihus numerosioribus,
Faujas, Hist. nat. de Saint-Pierre de Maèstricht, pi. 52, fig. 3.
Nous ne partageons pas l'opinion de M. de Blainville, qui croit que cette Bélemnite , ainsi que la semi - canaliculée , est dépourvue de cloison et de siphon : quoique Ton n'en ait pas encore trouvé de trace, nous sommes convaincu que quelque jour une circonstance plus heureuse fera découvrir l'existence de ces parties. Depuis long- temps que nous étudions avec beaucoup de soins, et dans un but particulier, les fossiles de la craie, nous nous sommes aperçu que certaines parties intérieures des coquilles qui sont enfouies dans cette substance dis»paraissent constamment ; et il est d'autant plus difficile d'en constater la première existence, qu'elles se réduisent presque toujours en une poudre blanche qui se confond très-facilement avec la subsrtance de remplissage, qui est elle-même sous cette f^^rme. Il paraît au reste que M. Miller a rencontré cette espèce de Bélemnite avec des cloisons et un siphon; il en parle d'une manière non équivoque. M. de Blainville croit que c'est par analogie et par conjecture: nous ne voyons pas pourquoi M. Miller aurait indiqué des parties qu'il n'aurait pas vues.
La Bélemmte mucronée est alongée , conique, quelquefois subcylindrique ; la coupe transverse est circulaire , son diamètre se rétrécit vers le quart antérieur de la longueur, et selar^t un peu vers' l'ouverture et quelquefois vers lextrémité opposée, mais cela est peu ordinaire. L'ouverture a les bords extrêmement minces, aussi il est très -rare de la trouver entière. Elle est parfaitement circulaire dans un individu entier que nous possédons et que nous avons fait figurer. La cavité de cette Bélemnite est grande et profonde : dans son intérieur et dans la ligne ventrale on remarque un sillon qui se dirige vers le sommet ; ce sillon se termine vers le bord par une fente très-étroite et aussi longue à peu près que le diamètre de l'ouverture. Dans la ligne dorsale et en face du premier sillon s'en voit un autre, qui remonte aussi vers le sommet; celui-là est beaucoup moins profond, plus élargi, et ne se termine pis par une fissure en dehors ; la fissure se continue par un sillon étroit et profond , aussi long qu'elle, et qui se termine brusquement De chaque côté de la coquille on remarque un sillon vasculaire qui remonte longitudinalement vers le sommet; en diminuant peu à peu , il donnie un grand nombre de branche^ quir se portent vers la &ce ventrale de la coquille, et surtout vers la fente, où elles se bifurquent et s'anastomosent un grand nombre de fois: dans quelques vieuï individus le réseau vasculaire s'étend sur toute la surface de la coquille , et les anastomoses sont si multipliées que la coquille semble chagrinée. C'est ce que l'on remarque sur-
tout sur les individus de Maëstiicht et de Cypli ; ce qui, joint à une plus grande taille, nous a déterminé à en faire une variété, qui est constante dans ces localités. Le sommet dans cette espèce de Bélemnite se termine par un petit mamelon arrondi , au milieu duquel on remarque un petit crypte peu profond. Cette espèce n'est pas la seule qui soit dans la craie, mais plus qu'aucune autre elle est répandue dans la craie blanche et les couches de craie gros* sière qui sont au-dessus , comme celles de Cypli et de Maëstiicht
.36. Genre Orthocératej Orthoceras.
Caractères génériques. Coquille droite, alongée; conique, à test mince, cloisonné du sommet jusque vers la base, qui est occupée par une grande cloison engainante. Cloisons simples, transverses, percées par un siphon central, quelquefois latéral, mais non visible au dehors.
Il est nécessaire de faire attention aLux caractères de ce genre, pour ne pas le confondre avec quelques autres qui n'ont guère d'autre analogie avec lui qu'une dénomination presque semblable; c'est par ce moyen qu'on le distinguera des Orthocératites de Picot de la Peyrouse, qui ne sont autre chose que des Hippurites, c'est-à^ire des coquilles bivalves, comme nous l'avons prouvé ailleurs. Cette dénomination^ après avoir été abandonnée, a été reprise par M. d'Orbigny et appliquée, par un double emploi fâcheux, à un genre qui contient la plus grande partie des coquilles de celui-ci
Le genre Onhocère de Lamarck pourrait être pri^ pour celui qui nous occupe avec d'autant plus de facilité que , lorsqu'il a été institué dans les premiers travaux conchyliologiques de cet illustre savant, il renfermait avec des coquilles microscopiques quelques-unes de celles qui font partie de celui-ci. Aujourd'hui' le genre Orthocère, réduit aux seules espèces microscopiques, a été réuni avec juste raison aux Nodosaires €t en constitue im des sous- genres.
Pour é\iter toute espèce d'équivoque, nous avons préféré le nom d'Orthocérate, qui ne peut être confondu avec aucun de ceux que nous avons cités, et au moyen duquel on pourra du moins s'entendre sur les coquilles qu'il aidera à désigner.
Les Orthocérates font partie de la Êimille desNautiles; ce sont des Nautiles droits, comme les Baculites sont des Ammonites droites : elles sont alongées, coniques, droites, à test mince dans toute son étendue , quelquefois pointues , quelquefois obtuses au sommet, qui n'est pas épaissi ni radié et fibreux comme dans les Bélemnites. Ce test mince est rempli du sommet jusque vers la base de cloisons plus ou moins nombreuses, simples, concaves d'un côté, convexes de l'autre, et percées, soit au centre, soit vers le bord, par un siphon qui paraît continu; la base de la coquille au-dessous de la dernière cloicon offre une grande cavité engainante, dans laquelle il est présumable que l'animal pouvait être contenu, si ce n'est complètement, du moins en très-grande partie. Celles des espèces qui ont le siphon placé vers le bord des cloisons, se distinguent facilement
des piles d'alvéoles des Bélemnites , en ce que dans celles-ci, lorsqu'elles sont détachées de la coquille , le siphon est visible en dehors dans toute sa longueur, tandis que dans les Orthocérates ce siphon est placé entre le bord et le centre, et n'est jamais visible au dehors sans une mutilation.
Si les Bélemnites sont propres aux terrains secoiidaires, il parait que les Orthocérates, dans l'état actuel des observations, appartiennent aux terrains de transition , ou du moins ne remontent pas trèshaut dans les terrains secondaires; elles se montrent jusque dans les schistes , qui sont les premières couches terrestres dans lesquelles on commence à observer quelques vestiges des êtres organisés de l'ancien monde.
PL. 6, fîg. 1.
Orthocérate simple; Orthoceras simplex.
O. testa elongato ' conica 9 recta , lœçigaia y basi circulari angustâ^ apice? loculis numerosis^ siphone mediocri et centrali perjoratis.
Cette coquille a la forme d'un cône alongé, étroit, à sommet obtus, mais par suite d'une mutilation la base est peu élargie, arrondie, à peine ovale; les loges sont nombreuses, assez rapprochées, parfaitement transverses, simples et percées au centre par un siphon d'un petit diamètre; ces loges étaient contenues dans un test qui, à en juger par quelques fragmens, était très-mince et tout. lisse. Cette coquille vient des terrains de transition de la Bel-
gique. Nous Vavons fait figurer plutôt pour servir d'exemple au genre, que comme caractérisant le ter* rain d'où elle sort : tout le genre pouvant faire reconnaître les terrains de transition , il importe peu que ce soit une espèce plutôt qu'une autre. Il arrivera sans doute un moment où on pourra indiquer pour chaque partie de ce terrain l'espèce qui lui est propre; mais actuellement cela serait fort difficile, car les observations manquent pour le faire.