Genre Nautile; Nautilus
Caractères, génériques. Coquille discoïde, en spirale régulière, cloisonnée, pat&itement symétrique, A parois simples; tours de spire plus, ou moins embrassans , contigus. Toutes les cloisons percées par un siphon central ou ventral, jamais dorsal, quelquefois continu; cloisons transverses., simples ou onduleuses, jamais dentées sur le bord.
Le genre Nautile est très -naturel, quand on y rassemble, comme nous le faisons ici, toutes les coquilles discoïdes, à cloisons simples ou seulemeih onduleuses , avec le siphon au c^itre des cloisons pu ventral, rc'est-à-dire placé contre le retour de la spire, s'appuyant ainsi sur Tavant-dernier tour. Ces deux caractères des cloisons simples et de la position du siphon suffisent pour reconnaître les Nautiles et empêcher qu'on ne les confonde avec quelque autre coquille que ce soit La manière dont on conçoit le genre Nautile actuellement, fait qu'on rejette de la science plusieurs des genres que Mont-
fort y avait mti*ociuits et que quelques zoologistes avaient cru pouvoir admettre. C'est ainsi que les genres Océanie, Bisiphite» Pélaguse, Ammonie, Angulite et Canthérope sont abandonnés: le premier^ parce qu'il a été fait avec un jeune individu du JVauliliis pompiUus ; le second, avec une espèce pétrifiée ombiliquée, dont les cloisons ont une petite dépression médiane qui dails la cassure a été prise pour un second siphon ; le troisième avait été proposé pour comprendre deux choses fort distinctes, un Nautile véritable dont les cloisons sont onduleuses et une Ammonite du muschelkalk ^ le quatrième, le genre Ammonie, n'était pas plus recevable que les précédens, puisqu'il ne contient que le Nautile ombiliqué , coquille qui n'est pas le type vivant des Ammonites, comme Montfort l'a prétendu; le cinquième, An gulite, n'est autre chose qu'un Nautile dont le dos est anguleux ; le sixième genre, enfin, le genre Canthérope, a été proposé pour une coquille roulée qui ressemble, d'après la figure de Montfort, à une très- grande Nummulite^ Ce genre est douteux , n'ayant pas été revu depuis cet auteur si peu digne de confiance.
Les Nautiles sont des coquilles dont le test est mince proportionnellement à leur grandeur; mais elles sont généralement gonflées, épaisses et bien arrondies du côté dorsal : elles sont enroulées dans un plan horizontal, et elles sont parfaitement symétriques; le siphon, qu'il soit médian ou ventral, se trouve dans la ligne qui partagerait la coquille eu deux moitiés égales; les tours de spire sont bien
réguliers; Us sont plus ou moins embrassans : s'ils le sont peu, l'ombilic est très-large, et lorsque le dernier tour embrasse tous les autres, ce qui a lieu le plus ordinairement, il n'y a point d'ombilic. Les cloisons qui occupent la plus grande partie de la spire sont nombreuses; concaves en dessus, convexes en dessous; elles sont minces, très-simples, et dans quelques espèces onduleuses vers leurs bords, qui ne sont jamais ni dentelés ni persillés comme dans les Ammonites.
Le genre qui nous occupe a cela de particulier, comme un petit nombre d^autres, de se trouver fossile dans tous les terrains et d'être encore actuellement vivant dans les mers intertropicales. On manque encore d'observations assez précises pour indiquer d'une manière exacte les espèces qui peuvent caractériser les terrains dans lesquels elles sont fossiles; cependant, les espèces qui proviennent des terrains de transition {Nautilus mutticarinalus y €arinijerus , Sqv^* ) ne se trouvant que là , et ayant des formes qui leur sont propres, on peut les regarder dès à présent comme caractérisant ^t^ couches anciennes de calcaire noir et puant. D'autres espèces, telles que le Nautilus reticulatus (Bisiphitesy Montfort) paraissent propres au lias; les Nautilus obesus et lineatus^ à l'oolite; le Nautilm bidorsaius^ au muschelkalk; les Nautilus ehganSy radiatuSy undulatus^ à la craie. Les espèces des terrains tertiaires paraissent particulières à chacun des grands dépôts de ces terrains modernes. Le Nautilus Deshayesii fait cependant exception; car il se^
trouve aux environs de Paris, dans l'argile de Londres et aux environs de Dax/