‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 6 sur 61 · Pétoncle oreiller j Pectunculus puhinatusy · texte numérisé non relu

Pétoncle oreiller j Pectunculus puhinatusy

Lamck.

P. testa orbiculatdy subobliquii^ ventricosâ^ tenuissimè decussatd et punctatd, obsolète longitudinaïiier subcostatd ; cardine angusto ; margine tenùiter crenato; crenuïis brevibus; ared ligamenti perangustd.

LamcL, Ann. du Mus., tom. G, pag. 216, n.^ 2, et tom. 9 9 pi. 18, fig. 9, âr, b.

Ibid. , Anim. sans vert , tom. 6 , 1 .'* part , pag. 64 » n.^ 1 , varietatibus exclasis.

Defrance, Dict des sciences natur. , tom. 59, pag. 223, n.° 1, synonymis exclusis,

M. Lamarck, dans les Annales du Muséum, avait d'abord très -bien caractérisé cette espèce sans la confondre avec aucune autre; il n'en a pas été de même dans son dernier ouvrage : on voit qu'alors il y a rapporté, à titre de variétés, des coquilles qui s'en distinguent très -nettement. L'erreur dans laquelle il est tombé a été l'origine de plusieurs autres que les auteurs ont commises après lui. Il en est résulté que Ton a confondu avec une coquille qui n'a jamais plus d'un pouce et demi de diamètre, d'autres qui ont jusqu'à cinq ou six pouces. Cette confusion a eu cela de fâcheux, que les

zoologistes, mais surtout les géologues, ont cru que ce pétoncle était universellement répandu dans les terrains tertiaires, et en conséquence de ce Êiit erronné ils ont établi des analogies qui toutes sont fausses.

On sait combien il est utile de déterminer rigoureusement le nombre des analogues qui se trouvent dans des localités éloignées. Leur plus ou moins grand nombre décide du rapprochement ou de la séparation des terrains que Ton ne voit pas en superposition directe. On sent combien serait faux le résultat d'un calcul dont les élémens contiendraient des erreurs comme celle que nous signalons , et cela démontre la nécessité d'apporter l'attention la plus scrupuleuse à la détermination des analogues fossiles.

Après avoir été cité dans tout le calcaire grossier parisien, à Valognes, dans les faluns de la Touraine, à Bordeaux, Dax, dans le Piémont, le Vicentin, toute l'Iulie, la Sicile, l'Allemagne et l'Angleterre, lePectuncuJus puhinatusy tel qu'il doit être actuellement circonscrit, ne se trouve cependant qu'aux environs de Paris et de Valognes, et peut-être en Angleterre; mais nous n'en avons pas la conviction : il faut donc , comme on le voit, abandonner toute idée d'analogie entre lui et ceux des localités que nous venons de mentionner. L'observation de M. Defrance était bien juste, puisqu'il a de la peine à se persuader que la même espèce ait pu vivre dans tant et de si diverses localités.

Telle que nous la caractérisons maintenant, cette

espèce se distingue assez nettement de ses congénères; elle reste toujours d'une petite taille. Sa forme est orbiculaire, un peu oblique, quelquefois légèrement transverse et ovalaire; elle est renflée, subglobuleuse , cordiforme , presque équilatérale. ' Les crochets sont opposés, inclinés sur le bord, qu'ils touchent par leur sommet Ce sommet donne naissance à un grand nombre de côtes à peine sensibles, tant elles sont aplaties. Elles sont indiquées par une strie un peu* déprimée ; elles aboutissent sur le bord et correspondent aux nombreuses crénelures qui s'y voient Si l'on examine la surface extérieure avec une loupe, on la trouve couverte de stries longitudinales et transverses , excessivement fines, qui s'entrecroisent en donnant naissance à un petit point enfoncé dans l'endroit de l'entrecroisement Cette disposition s'observe dans les jeunes individus d'une espèce que l'on trouve dans les faluns de la Touraine et aux environs d'Angers; mais on les distingue en ce qu ils sont proportionnellement beaucoup plus aplatis et plus minces, lorsque l'on compare des individus de même taille. Le nombre des dents de la charnière, ainsi que la forme et le nombre des crénelures du bord , sont d'autres bons moyens- pour les séparer. Le bord cardinal est étroit, également courbé de chaque côté; on y compte huit à dix dentelures obliques, simples, et jamais ployées en deux, comme cela a Ueu dans un assez grand nombre d'espèces ; derrière les dents cardinales se trouve un espace triangulaire très -étroit, qui porte des stries divergentes : cet espace est incliné, et il est

destiné à rinsertion du ligament. Le bord des valves, est mince , crénelé dans toute son étendue ; les crénelures sont petites, pointues, fort courtes et jamais creusées en gouttière: dans leur longueur elles sont plus nombreuses, plus serrées sur le côté postérieur. Les impressions musculaires sont ovales -trigones, petites, placées tout près du bord et à la tenninaison du bord cardinal. Cette coquille est très-abondamment répandue aux environs de Paris, à Grignon,Parnes, Ghaumont, Courtagnon, etc., et à Valmpndois dans une couche que l'on rapporte au grès marin supérieur : elle se trouve aussi à Valognes. Les plus grands individus n'ont qu'un pouce et demi de diamètre.

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