‹ Description de coquilles caractéristiques des terrainsChapitre 7 sur 61 · Genre Trigoniej Trigonia · texte numérisé non relu

Genre Trigoniej Trigonia

Caractères génériques. Coquille équi valve, inéquilatérale , trigone , quelquefois suborbiculaire ; dents cardinales oblongues, aplaties sur les côtés, divergentes, sillonnées transversalement, dont deux sur la valve droite, sillonnées de chaque côté, et quatre sur l'autre valve, sillonnées d'un seul côté; ligament extérieur , marginal.

C'est à Bruguière que l'on est redevable de ce genre : il le proposa dans les planches de l'Encyclopédie; -mais il ne le caractérisa pas. En l'adoptant dans ses premiers travaux, M. Lamarck lui donna une caractéristique incomplète , qu'il rectifia lorsque Péron eut rapporté de son Voyage aux terres australes une Trigonie vivante. Goimaissant mieux le

genre, M. Lamarck fat à même de lui donner des rapports plus naturels : il l'avait d'abord placé entre les Hippopes et les Arches 5 il le fit entrer ensuite dans la famille des Arcacées, dans lacpelle il resta jusque dans son dernier ouvrage, l'Histoire naturelle des animaux sans vertèbres. La connaissance qu'il eut de la coquille qu'il nomma Gastalie, lui fit entrevoir d'autres rapports pour les Trigonies; il les sépara en conséquence des Arches , les joignit aux Castalies, et fit de ces deux genres la famille des Trigonies , qu'il plaça comme intermédiaire entre la famille des Arches et celle des Nayades, qui contient les genres Mulette , Anodonte et Iridine. Cette opinion de M. Lamarck, qui fut considérée eomme fausse par la plupart des zoologistes , puisqu'ils ne l'adoptèrent pas, a été cependant tout récemment confirmée par la connaissance de l'animal qui a été rapporté par MM. Quoy et Gaimard.

Les coquilles du genre Trigonie sont remarquables par leur forme presque toujours triangulaire: elles se reconnaissent aussi à l'épaisseur de leur test et à la disposition toute particulière de leur charnière. Cette épaisseur du test empêchera toujours, lorsque l'on ne pourra apercevoir aucune trace de charnière, de confondre ces coquilles, comme on l'a fait quelquefois cependant, avec d'autres triangulaires aussi et les cordiformes , dont le test, trèsmince, les rapproche des Pholadomyes. Nous avons fait remarquer, en parlant des Bucardes, que des coquilles de même sorte avaient aussi été réunies à ce genre, dans lequel on ne peut désormais les laisser.

Quelques-unes des espèces de Pholadomye ont tellement la forme et laspect des Trigonies , que nous ne sommes pas surpris qu'étant dépourvues du test, qui a été dissous , on les ait prises pour des moules de Trigonies. Cette erreur n'a pu être faite que par des personnes qui n'avaient pas vu des moules in* teneurs de Trigonies véritables; sans cela ce rapprochement eût été impossible: l'épaisseur de la coquille des Trigonies, la petitesse de la cavité des valves, donnent au moule qui s'y durcit une forme toute particulière, et il présente d'ailleurs toujours des traces de charnière qui ne peuvent permettre le jnoindre doute sur leur origine. Le ligament des Trigonies n'e^t pas placé, comme celui des Donaces, sur le côté le plus court de la coquille; on voit sous les crochets, à l'extrémité d'un corselet trèsgrand, les nymphes saillantes et quelquefois trèscourtes, qui lui donnaient insertion.

Quoique l'on trouve vivante une espèce de Trigonie, il est fort remarquable qu'on n'en cite aucune fossile dans les terrains tertiaires; toutes appartiennent aux terrains secondaires , où elles sont quelquefois répandues en grande abondance.

Lorsque l'on aura étudié les Trigonies d'une manière convenable, nous avons la persuasion qu'elles deviendront d'un grand secours à la géologie; certaines espèces éunt propres à quelques formations, qu'elles ne dépassent jamais.

PL. lo, fig. 6 et 7.

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