‹ Description de deux nouveaux forcepsChapitre 2 sur 3 · VI II · texte numérisé non relu

VI II

Dans un pli cacheté, déposé à l’Académie de médecine de Paris en 1875, j’ai décrit un forceps qui réunit les trois qualités énoncées plus haut et qui sont : de permettre à l’accoucheur de tirer suivant l’axe de la filière pelvienne; de laisser à la tête une mobilité presque aussi grande que dans l’accouchement naturel ; de présenter une aiguille indicatrice.

Le forceps que je propose et que j’ai présenté à l’Académie de médecine, dans la séance du 23 janvier 1877, se compose de deux branches de préhension AA, et de deux tiges de traction BB (fig. 12). Celles-ci s’implantent dans une poignée transversale dont la coupe est représentée en C. Chacune des branches de préhension AA et des tiges de traction BB présente une partie articulaire Z et Z'.

Dans la figure 13, les branches de préhension SS sont réunies aux tiges de traction II par une articulation mobile Z dans tous les sens. On remarquera que les branches de préhension SS sont croisées et articulées entre elles,

en P, comme dans le forceps ordinaire, tandis que les tiges de traction II sont parallèles comme dans le forceps de Thenance.

Fig. 12. — Branches de préhension et figes de traction du nouveau forceps,

vues séparément.

AAA. Bianchc de préhension. — BBB. Tige de traction. — C. Coupa de la poignée dans laquelle s’implantent les tiges de traction. — 0. Oreille analogue à celle du forceps de Stoltz, pouvant s’abaisser ou s’élever à volonté. — V. Vis de pression. — Z. Partie articulaire de la branche de préhension, destinée à recevoir le crochet de la tige de traction. — Z'. Crochet de la tige de traction destiné à s’articuler avec la branche de préhension.

Fig. 13. — Nouveau forceps, vu de profil.

SSS. Branches de préhension. — III. Tiges de traction. — C. Coupe de la poignée dans laquelle s’implantent les tiges de traction. — D. Extrémité des tiges de traction débordant en bas la poignée. — E. Espace de I centimètre environ séparant les branches de préhension des liges de traction. — 0. Oreille analogue à celle du forceps de Stoltz, pouvant s’abaisser ou s’élever à volonté. — V. Vis de pression allant d’une branche de préhension à.l’autre. — P. Pivot de l’articulation des branches de préhension. — Z. Articulation de la tige de traction avec la branche de préhension.

La figure 14 représente le même forceps vu de trois quarts; mais les branches de préhension y ont été écartées des tiges de traction pour mieux faire voir la disposition respective de ces branches et de ces tiges.

Dans la figure 15, le même forceps est encore vu de trois quarts, mais les

branches de préhension et les tiges de traction y sont presque en contact. La poignée dans laquelle s’implantent les deux tiges de traction est représentée

Fig. 11. — Même forceps, vu de trois quarts. Les branches de préhension sont à dessein écartées des tiges de traction pour mieux faire voir la disposition de l’instrument.

b 'figes île traction. — S. Branches de préhension. — 00. Oreilles abaissées. — P. Poignée. — V. Vis de pression.

Fig. 15. — Même forceps, vu do trois quarts.

S. Branches de préhension. — I. Tiges de traction. — O. Oreille pouvant s’élever ou s’abaisser. — P. Poignée dans laquelle s’implantent les tiges de traction. — P’. Même poignée vue à part.

à part, en P ; elle est disposée de telle sorte qu’elle peut pivoter autour de l’extrémité des tiges de traction qui traversent cette poignée.

Quand on veut appliquer ce forceps, on commence par accoupler chacune des branches de préhension avec la tige correspondante de traction ; ce qui se fait avec une très-grande facilité, au moyen d’un simple crochet. On procède ensuite à l’introduction des branches de l’instrument d’après les règles ordinaires du manuel opératoire; seulement la main qui a saisi l’instrument tient en môme temps une branche de préhension et sa tige de traction (fig. 16), tandis que l’autre main guide la cuiller dans l’intérieur des parties maternelles. Dans ce temps de l’opération, la branche de préhension est si bien accolée à la tige de traction, que l’introduction de l’instrument est aussi facile qu’avec le forceps ordinaire.

Fig. IG. — Introduction de l’une des branches de préhension accolée à sa tige de traction.

Une fois l’instrument introduit, on croise les branches et les tiges correspondantes; mais avant d’articuler les branches de préhension entre elles, on saisit avec la main gauche la tige droite de traction, et on la fait passer de gauche à droite par-dessus le pivot, puis on l’abandonne à elle-même. Cette tige de traction tombe alors par son propre poids dans la direction indiquée par la flèche (voyez fig. 17). — L’articulation est alors faite d’après les règles ordinaires; si on éprouve quelques difficultés, la main pour les surmonter prend un point d’appui sur les oreilles O, indiquées dans les figures 12, 13, 14; ces oreilles peuvent être relevées ou abaissées à volonté et ressemblent beaucoup à celles que le professeur Stoltz a fait ajoutera son forceps. — Lorsque l’instrument est articulé, les branches de préhension se trouvent croisées, tandis que les tiges de traction sont parallèles. — Pour donner aux cuillers une prise solide sur la tête, il faut, à ce moment, rapprocher avec les mains les

extrémités des branches de préhension et excercer sur elles une pression modérée. Une vis allant d’une branche de préhension à l’autre maintient les cuillers serrées sur la tête; mais il suffit de faire tourner l’écrou de cette vis, jusqu’à ce qu’il soit en contact avec la branche de l’instrument contre laquelle il vient buter, sans chercher à le serrer avec force, ce qui serait au moins inutile. — Dès lors, il ne reste plus qu’à engager l’extrémité des deux

Fig. 17. — Articulation des branches de préhension.

D. Tige de traction attenant à la branche droite du forceps. — G. Branche gauche et tige gauche d • traction. — F. Flèche indiquant la direction que prendra la tige D lorsqu’elle sera abandonnée à son propre poids. — V. Vis de pression.

tiges de traction dans la poignée P, qui sera saisie par les mains de l’opérateur et sur laquelle on tirera au moment de l’extraction (voyez fig. 15).

Dans la figure 18, on voit le profil du même forceps appliqué au-dessus du détroit supérieur. L’axe AB de ce détroit coïncide exactement avec la direction des tractions représentée aussi par AB, et l’intervalle qui existe entre les branches de préhension Y et les tiges de traction Z est de 1 centimètre environ.

La figure 19 représente encore le profil du même forceps. L’espace E, qui sépare les branches de préhension et les tiges de traction, est ici beaucoup plus grand que dans la figure 18. Cela tient à ce que les tractions ZB'

sont dirigées trop bas et s’écartent de l’axe de l’instrument AZB, et cet axe, dans une opération bien faite, doit coïncider avec l’axe du bassin.

Fig. 18. — Nouveau forceps appliqué au-dessus du détroit supérieur, vu de profil.

SP. Diamètre sacro-pubien minimum. — AB. Axe du détroit supérieur. Cette ligne représente en même temps la direction des tractions. — A. Centre supposé de la tète. — C. Coupe de la poignée dans laquelle s’implantent les tiges de traction. — lt. Plan horizontal formé par le lit. — L. Pivot de l’articulation des branches de préhension. — M. Vis de pression. — 0. Oreille analogue à celle du forceps de Stoltz, pouvant s’élever ou s’abaisser à volonté. — P. Pubis. — R. Périnée. — S. Promontoire. — V. Plan vertical correspondant au bord du lit. — Y. Branche de préhension. — Z. Tige de traction.

Dans la figure °20, le forceps est supposé appliqué sur la tête fœtale; les bords de l’ouverture à franchir sont indiqués par les lettres 00. Il faudrait tirer suivant la ligne AB, qui indique l’axe de l’ouverture que la tête doit traverser; mais les tractions sont faites dans une direction défectueuse ZF, et le grand écartement qui existe entre les branches de préhension SS et

les tiges de traction II, avertit l’opérateur qu’il tire mal. Que faut-il faire

Fig. 19. — Même forceps, avec écartement des branches de préhension et des tiges de traction.

SSS. Brandies de préhension. — III. Tiges de traction. — AB. Axe de l’instrument lorsque les tractions sont bien dirigées. — ZB’. Direction des tractions mal dirigées. — A. Centre des cuillers. — C. Coupe de la poignée dans laquelle s’implantent les tiges de traction. — D. Extrémité des tiges de traction débordant en bas la poignée. — O. Oreille analogue à celle du forceps de Stoltz, pouvant s’abaisser ou s’élever à volonté. — P. Pivot de l’articulation des branches de préhension. — V. Vis de pression allant d’une, branche de préhension à l’autre. — Z. Articulation de la tige de traction avec la branche de préhension.

pour rendre aux tractions une direction irréprochable? Relever la poignée C,

Fig. 20. — Autre profil du même forceps (ligure schématique).

SSS. Branches de préhension. — II. Tiges de traction. — 'IT. Tète fœtale. — 00. Bords de l'ouverture que la tète doit franchir. — AB. Axe de l’ouverture que la tète doit franchir. — ZF. Ligue des tractions mal dirigées. — A. Centre supposé de la tète. — C. Coupe de la poignée dans laquelle s’implantent les tiges de traction. — L. Pivot de l’articulation des branches de préhension. — V. Vis de pression.

jusqu’à ce que la ligne de traction coïncide avec l’axe AB, et que les tiges de

traction aient pris la situation indiquée , dans la figure 20, par les lignes ponctuées.

Les tiges de traction, unies aux branches de préhension par une articulation mobile dans tous les sens et peu éloignée du centre des cuillers, laissent à la tête la liberté de suivre la courbure du bassin; aussi cette tête change à chaque instant de direction et communique son mouvement aux branches de préhension SS, qui, à chaque instant, s’éloignent des branches de traction II. Ces branches de préhension jouent donc ici (voyez fig. 20) le rôle d’une véritable aiguille indicatrice, puisque l’opérateur pour bien diriger ses tractions, n’a qu’à suivre les oscillations des branches de préhension et maintenir entre ces branches et les tiges de traction un intervalle de 1 centimètre environ. Quand on tire trop bas, cet intervalle augmente; quand on tire trop haut, les branches de préhension et les tiges de traction se touchent, ce qu’il faut éviter.

Avec des tractions bien dirigées, le point B décrira le trajet indiqué dans la figure 21 par les lettres BFMNB'. On remarquera que dans ce trajet la ligne BF est droite et située dans le prolongement de l’axe du bassin. Cela tient à ce que le centre de la tête fœtale d’abord placé au-dessus du détroit supérieur, en A, descend en ligne droite jusqu’au niveau de ce détroit. La ligne BF est droite, parce que l’instrument peut descendre et suivre l’axe du bassin, du moins sur une certaine longueur, sans toucher le périnée. C’est là une particularité que le nouveau forceps doit à la brièveté de ses cuillers et à sa courbure spéciale (voyez fig. 21). Avec le forceps ordinaire, celui de Hubert et celui de Moralès, dont les cuillers sont démesurément longues et touchent le périnée au début même de l’opération, les manches de l’instrument décrivent un trajet curviligne dès le commencement des tractions (voyez fig. 5,

Page 1