‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 132 sur 195 · DÉFENSES DE L'ABBAYE · texte numérisé non relu

DÉFENSES DE L'ABBAYE

ET

REMPARTS DE LA VILLE

I. - DU XIII* AU XV* SIÈCLE Voir le Plan général ou Carte du Mont Saint-Michel (fig. 14).

L'Enceinte fortifiée, enveloppant le Mont Saint-Michel sur tous les points accessibles, subsiste presque tout entière, et, après l'avoir défendu contre les attaques de ses ennemis, elle préserve encore la Ville des envahissements périodiques de la mer. Elle a été bâtie à différentes époques, mais il ne reste des fortifications primitives aucun vestige antérieur à la seconde moitié du xme siècle.

L'Abbaye, fondée, suivant les traditions, en 708 par saint Aubert et restaurée, à la fin du xe siècle, par Richard sans Peur, IIIe Duc de Normandie, avait pris un développement considérable au xie siècle. Vers la fin du xue siècle, elle était dans un grand état de prospérité, dû

au sage gouvernement de ses Abbés. Toutefois, les bâtiments du Monastère n'avaient pas l'importance qu'ils ont eue dès le siècle suivant. A cette époque (xne siècle), ils se composaient (1) : de l'Église, couronnant le Rocher, élevée de 1020 à 1135; des Lieux Réguliers, avec les habitations des serviteurs et des hôtes — s'étendant, avec leurs dépendances, de l'est à l'ouest, au nord de l'Église, restaurés et reconstruits en grande partie par Roger II au commencement du xiie siècle, et augmentés, à l'ouest et au sudouest, par Robert de Torigni, de 1154 à 1186.

L'Abbaye n'était pas fortifiée alors. Placée au sommet d'un rocher dont les escarpements inaccessibles, au nord et à l'ouest, forment les remparts naturels les plus sûrs, sa position constituait en ce temps son unique défense, qui pourtant la rendait, sinon imprenable, du moins permettait de la défendre facilement. Sa situation au milieu des grèves, presque toujours dangereuses à traverser après les hautes marées et que la mer couvre deux fois par jour, rendait impossible toute tentative d'investissement et la mettait même à l'abri d'un coup de main. Des clôtures en pierre ou des palissades en bois l'entouraient sur les points où les pentes du rocher, moins rudes, permettaient un abord relativement facile, surtout à l'Est, où se trouvait l'Entrée. Quelques clôtures, de même nature, devaient exister au sud, sur le plateau naturel, accessible

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