‹ Description de l'abbaye du Mont Saint-Michel et de ses abordsChapitre 135 sur 195 · Dom Jean Huynes. (Histoire générale, etc · texte numérisé non relu

Dom Jean Huynes. (Histoire générale, etc

3. Addition au traité troisième de Dom Huynes (Histoire générale du Mont Saint-Michel, etc., publiée par M. E. de Robillard deBeaurepaire).

REMPARTS. — XIIIe AU XVe SIÈCLE 237

où est maintenant le Réfectoire (1) ; l'Église ne fut pas non plus endommagée. »

En 1203, l'Abbaye fut en grande partie détruite, sauf l'Église, dont les toits furent incendiés toutefois, pendant les guerres entre le Roi de France, Philippe-Auguste, et Jean sans Terre, frère du Roi d'Angleterre : «... Ces troubles furent cause que ce Mont fut bruslé l'an mil deux cens trois par les Bretons, conduits par Guy de Touars, sçachant que le roy Philippe avoit pris Caen et ne s'y estoit arrêté, se résolut de l'aller trouver et de ruiner les places fortes qu'il rencontreroit en son chemin. A cet effet il assembla quatre cens hommes de cheval et grand nombre de gens de pied avec résolution d'assiéger en premier lieu ce Mont, lequel n'estoit point si fort qu'il est à présent, tant à cause que la ville n'estoit ceinte de murailles, qu'à cause aussy que tous les bastimens qui sont du costé de l'orient et devers le midy n'estoient encore bastys. C'est pourquoy la plus grande difficulté qu'ils eurent, fut de prévoir diligemment les dangers qui se rencontrent autour de ce rocher. Ce qu'ils firent aysément, car plusieurs, des costes de Bretagne, bien expérimentés au flux et reflux de la mer, leur servoient de guides et les amenèrent en la decance et decours de la mer. Ainsy ils se ruèrent de grande furie contre ce Mont, foncèrent les portes et barricades, mirent le feu par toute

1. Voir en G', du plan fig. 20, les quatre travées devenues, au XIIIe siècle, les annexes de la Merveille.

la ville et firent passer par le fil de l'épée ceux qui se présentèrent pour leur résister. Le feu qui réduisoit en cendres les maisons de la ville, comme son naturel le porte toujours en haut, montant de maison en maison, parvint jusques sous les chapelles du tour du chœur, lesquelles n'estoient point basties ny couvertes comme on les voit maintenant, mais comme sont les aisles de la nef. De là sautant et gaignant de tous costez sans qu'on y apporte aucun remède ou résistance, il brusla les toicls de l'Église du monastère et toute autre matière combustible qu'il put rencontrer. Cela faict, le duc de Bretagne, Touars et ceux de sa suite s'en allèrent et, estants à Caen, racontèrent au roy Philippe tous leurs beaux faicts. Mais ce Monarque fut très-marry du dégast que le feu avoit faict en ce Mont et particulièrement à l'Église Sainct- Michel, où les plus oppressez des misères de ce monde reçoivent de tout temps soulagement en leurs afflictions, et de plus il sçavoit bien que ceux de ce Mont ne refusoient de luy obéyr. Ce qu'il put faire, pour réparer cette faute du boutefeu Touars, fut d'envoyer une grande somme de deniers à l'Abbé de ce Mont, nommé Jourdain, lequel remédia à toutes ces pertes, ainsy que nous avons desjà dit parlant de luy cy devant » (1).

Les chroniqueurs qui mentionnent ces événements ne parlent pas des murailles, ou disent nettement, comme

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