ETAT ACTUEL
95 — Remparts du ïv siècle. — Porte du Roi. — Armoiries du Roi, de l'Abbaye et de la Ville.
Au xve siècle, l'Àbbaye-Forteresse, fidèle à ses anciennes traditions, tenait pour le Roi; c'est avec les ressources de l'Abbaye, et surtout à l'aide des secours qu'il obtint de Charles VI, que Robert Jolivet construisit les remparts de la Ville, de 1415 à 1420. Les Capitaines qui défendirent le Mont, de 1420 à 1449 — Jean d'Harcourt, Jean, bâtard d'Orléans, et Louis d'Estouteville — furent nommés par le Roi, sur la demande des Abbés, avec réserves de leurs
privilèges acquis de garder eux-mêmes le Mont Saint- Michel (1).
D'ailleurs les vestiges des armoiries ne se rapportent pas aux armes de l'Abbaye qui, du temps de Robert Jolivet, portait : d'argent à trois coquilles de sable, une crosse d'argent pour cimier , et, par conséquent, son blason ne pouvait en aucun cas être timbré d'une couronne, tandis que le timbre de l'écu royal, parfaitement visible et que nous reproduisons en A, fig. 95, est un argument péremptoire à l'appui de notre assertion, concernant la description des armoiries multiples de la Porte du Roi.
Les défenses de la Porte sont complétées à l'intérieur de la ville par un deuxième Corps-de-garde (I, fig. 93) établi dans la Tour de l'Escadre, ou mieux de l'Arcade, lequel communique : avec la Porte, la Tour du Roi et le premier Corps-de-garde, avec le Logis du Roi , au-dessus de la Porte, par un degré extérieur, et avec le crénelage des remparts par un escalier contenu dans une élégante tourelle, encorbellée sur la rue de la Ville, et dont le sommet servait de guette, d'où lui est venu son nom de Tourelle ou Tour du guet. Voir le plan, fig. 93, et la vue perspective , fig. 96 , montrant la Tour du guet , la maison du Corps-de-garde, le degré montant au Logis du Roi et aux Remparts, ainsi que la face intérieure de la Porte du Roi (2).