Plan de la Tour Gabriel. — Remparts du xvic tiède
de canon, évasées à l'extérieur (en B, fig. 99), et couverts par une voûte, annulaire en plan, retombant, à peu
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près au centre, sur un énorme pilier C. A chacun des trois étages, le pilier central est pourvu d'une trémie qui servait à l'aération de la batterie, afin d'enlever rapidement la fumée de la poudre ; ces trémies se réunissaient nécessairement dans une cheminée, dont la souche devait s'élever au-dessus de la Plate-forme, — avant la construction du Moulin.
La Tour Bastillon, ou plutôt, suivant le langage du temps, le boulevard, ou plate-forme, est terrassé, et une batterie barbette complétait le système de défense en usage à cette époque. La plate-forme supérieure était bordée par un parapet percé d'embrasures, reposant sur des mâchicoulis, qui ne sont plus qu'une décoration traditionnelle, sauf du côté du rocher où ils défendaient effectivement le passage (en Z, fig. 99 et 100). Sur ce parapet, vers l'ouest, existait une échauguelte dont on voit les ruines; (voir: le plan de la Tour Gabriel, fig. 99; sa face ouest — restaurée — fig. 100 bis, et la coupe de son état actuel, fig. 100, pages 296 et 297).
La Porte, ou poterne de la Tour Gabriel, ménagée dans l'étage inférieur vers le rocher en A, et dissimulée autant que possible, était défendue par une herse manœuvrée de l'étage supérieur. Des escaliers mettent les divers étages en communication et aboutissent à la terrasse supérieure, qui se relie aux murs de ronde grimpant sur le rocher. Une poterne, ménagée au troisième étage de la Tour, permettait de sortir dans la cour des Fanils (X, fig.
14), précaution nécessaire pour communiquer intérieurement avec les défenses adjacentes ou, au besoin, avec les dehors par le même chemin, car l'étage inférieur, où se
£X.(orryi~. — 100. — Couper de la Tour Gabriel (sur C* D', fig. 09).
trouve la poterne basse, était envahi par la mer pendant les grandes marées.
En 1627, Dom Placide de Sarcus était Prieur de l'Abbaye, la Tour Gabriel fut surmontée d'une tourelle dans laquelle on établit un moulin à vent. Cette tourelle
100 bis. — Tour ou Bastillon Gabriel. — (Restauration).
aujourd'hui détruite en partie, garde encore, sur le linteau de la porte Est, la date de sa construction.
Plusieurs estampes des xvne et xvme siècles, représentant le Mont Saint-Michel sous divers aspects, plus ou moins pittoresquement traduits, constatent pourtant l'état de la Tour Gabriel avant et après l'établissement du Moulin.
Une gravure de 1657, tirée de l'ouvrage de Gaspard Mérian (1), montre la Tour Gabriel dans sa forme primitive. Elle est surmontée d'un parapet, reposant sur des mâchicoulis et supportant une toiture conique (voir la Jig. 101, — réduction de l'original).
1. Nous donnons ci-après la traduction du titre de l'ouvrage de Martin Zeller, avec la Notice que cet auteur a consacrée au Mont Saint-Michel :
M. Z. Topographia Gallix, ou Description et Configuration du puissant Royaume de France. — Huitième partie. — Les villes et les places principales et les plus connues dans le duché de Normandie, — traitées et représentées. — Francfort-sur -le-Mayn, chez CasparMerian. M. DC. LVll. — cum privileg. S. Caes. M.
A trois milles environ de la ville épiscopale d'./ franches est situé, dans la mer, un merveilleux rocher, sur lequel se trouvent une église et un couvent à saint Michel, vulgairement appelé le Mont Saint-Michel, et vers lequel on établit des pèlerinages de lointains endroits. Le roi Childebert II a fait bâtir cette église en l'an de Jésus-Christ 708, près de Tombelainc , comme quelqu'un le raconte. Le treizième évoque d'Avranches, nommé Maugisius,
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a chassé de là les Chanoines dont la conduite n'a pas été digne de leur état, et par contre y a mis des moines. Mais Tassin dit que, dans le temps, des ermites auraient habité là et qu'en l'année susdite 708, saint Aubert, l'évêque d'Avranches, aurait fait édifier, au sommet du rocher, l'Église Saint-Michel, lequel lui était apparu. Ensuite Richard II, duc de Normandie, aurait, en l'an 1024, restauré cette église telle qu'on la voit maintenant. Après, écrit Du Chesne, auprès de cette abbaye bénédictine de saint Michel sont aussi situés une ville et un château, et que tout près coule une fontaine qui doit guérir beaucoup de maladies, et que le Docteur en théologie Feuardent a décrit l'histoire de ce lieu. Mais le sus-nommé Géographe du roi, Tassin, ne fait pas mention de la ville, mais seulement d'un château qu'il y a là, près duquel serait située la susdite fontaine.
«A un mille français de la ville d'Avranches, vers le midi, il y a le célèbre pont d'Aubault (1), sous lequel coule la rivière de Selune et qui non loin de là se jette dans la mer susdite qui entoure le Mont ou rocher Saint-Michel. En l'année 1593, le 15 avril, la foudre est tombée sur la tour du couvent appelé Saint-Michel, — laquelle tour était une des plus hautes en France, — et l'a entièrement consumée et a également fondu quelques cloches. Du temps de saint Louis, roi de France, ainsi que le raconte Robert Gaguin, dans sa vie de saint Louis imprimée à Paris en 1528, il tomba du ciel, en cet endroit , une petite pierre sur laquelle il y avait écrit le nom de Jésus ; on la passa sur les yeux de quelques aveugles qui aussitôt recouvrèrent la vue ». (Fig. 101, page 300).
I. Pcmtaubault, petit village à une lieue un quart au sud d'Avranches.
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Une autre gravure — portant pour titre : « Isle, Rocher, Ville, Château et Abbaye du Mont Saint-Michel, situé aux confins de Normandie et de Bretagne, par N. de Fer, sur les mémoires de M. de la Salle, à Paris, avec privilège du Roy, Î705 » — détermine les dispositions du couronnement de la Tour Gabriel après la construction du moulin à vent. La plate-forme supérieure est bordée d'un parapet crénelé, au-dessus duquel on voit le moulin. La Tour voisine est celle flanquant l'angle sud-est des Fanils (1), dont on trouve des vestiges en V (fig. 14) et dans la vue d'ensemble de la face ouest, fig. 38. Les dimensions de la gravure de N. de Fer, — vue panoramique du Mont Saint- Michel, de Tombelaine et de la Baie, — ne nous permettent pas de la reproduire toute entière ; nous en donnons une réduction partielle concernant particulièrement le Mont (voir fig. 102, page 302).
Deux dessins, accompagnant un procès-verbal daté de 1731 (2) et conservés à la Bibliothèque Nationale, Département des Estampes (3), indiquent, pour le sommet de la Tour Gabriel, des dispositions semblables à celles de 1705 (N. de Fer).
A cette époque (1627), le temps des guerres était passé depuis longtemps, tout au moins pour le Mont Saint-Michel ;