Voir ci-après le procès-verbal
3. Topographie delà France. — Manche, arrondissement d'Avranches.
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REMPARTS. — XVIe AU XIXe SIECLE 303
les fortifications , n'étant plus absolument nécessaires, devinrent bientôt gênantes ; aussi le parapet supérieur fut-il abattu; il devait d'ailleurs être un obstacle au fonctionnement des ailes du moulin. Il fut remplacé par le talus maçonné qui existe encore aujourd'hui, et la batterie barbette se transforma en motte sur laquelle s'élevait le moulin à vent. Il subsiste néanmoins, dans la partie est, des vestiges du parapet du xvie siècle, supporté par des mâchicoulis effectifs, qui défendaient le passage (en Z, fig. 99 et 100) ménagé entre la Tour et le rocher et aboutissant à la poterne des Fanils (en X', fig. 14).
Après l'exécution des ouvrages que nous venons de décrire, ou à peu près au même temps, deux des Tours des Remparts , au sud et à l'est, furent appropriées suivant le nouveau mode de fortification. Au sud, la Tour N (fig. 14) fut disposée de façon à recevoir, dans son étage inférieur, une pièce d'artillerie, qui, par une ouverture ébrasée pratiquée dans le flanc sud-ouest, permettait de battre la courtine adjacente. Le couronnement de cette Tour devint une batterie découverte, protégée par un parapet plus épais que celui du xve siècle.
La Tour K(fig. 14),— bâtie par Robert Jolivet, de 1415 à 1420, formant le principal saillant des Remparts et commandant les courtines au sud et au nord, — était le point capital des défenses de la place, à l'est, pendant le xve siècle et les premières années du x\T. Sous François Ier, les
Architectes militaires ne manquèrent pas de profiter de la situation avantageuse de l'ouvrage et le renforcèrent en se servant des anciennes murailles.
La Tour de Robert Jolivet fut transformée en boulevard ou bastillon (\), composé de deux flancs parallèles reliés par deux faces obliques formant un éperon triangulaire très-saillant (K\ fig. 14) ; cette nouvelle disposition augmentait l'étendue du flanqucment des courtines adjacentes, fortement défendues par les nouvelles batteries (voir le plan, fig. 103).
Les deux étages de la Tour furent convertis en batteries couvertes ; les murs anciens, dans lesquels de rares meurtrières avaient été ménagées pour l'emploi de toutes les armes à main en usage au xve siècle, furent, ainsi que les murs nouveaux, percés d'embrasures horizontales (en
1, « Ouvrage saillant de fortification adopté depuis le XVIe siècle pour flanquer les enceintes et empêcher les approches par des feux croisés. Les bastions remplacèrent les tours du moyen âge Les mots bastide, bastille, bastillon, expliquent l'origine du bastion. La plupart des anciennes enceintes que l'on voulut renforcer à la fin du XVe siècle furent entourées de bastions en terre gazonnée ou revêtue de maçonnerie lorsque le temps et les ressources le permettaient. Dans ce dernier cas, on donna aux bastions primitifs plusieurs étages de feux, afin de commander la campagne au loin et de battre les assiégeants lorsqu'ils s'emparaient des fossés (Dictionnaire raisonné de V Architecture française, etc.,
par M. Viollet-le-Duc, tome II).— Le Mont Saint-Michel offre deux exemples des ouvrages de ce genre élevés au xvie siècle pour renforcer les remparts du xve siècle : à l'ouest la Tour (ou bastion) Gabriel, et à l'est le Bastion de la Tour Boucle.