Ibid
vénérés... » (1). Dans les notes d'une liasse terminée par une Requête du xve siècle, on trouve que, pour recevoir les pèlerins « y a bien, pour ce faire, xviij lits » que « depuis le premier jour d'aoust cccLxiij (2) jusques au jour de Mons. S. Jacques et S. Christoile ensuivant (25 juillet, donc un an) ont esté logés et hébergés en l'Hôpital de céans xvimvTimxxx pèlerins (16,G90), qui aloient et venoient au Mont S. Michel et austres pèlerins. Et encore sont logés continuellement chascune nuict de xxxvi à xl povres pèlerins et austres povres, pourquoy le povre Hospital est moult chargé et en grande nécessité de liz, de couvertures et de draps... » (3).
« En 147G, Louis XI fonda, dans la Chapelle de Saint- Michel aux Pèlerins, une Collégiale pour l'Ordre de Saint- Michel, composée de dix Chanoines séculiers, huit Chapelains ou Vicaires, six enfants de chœur, un Maître de musique et trois Huissiers Cette fondation fut confirmée par Bulle du Pape Alexandre VJ, en date du 13
novembre 147G » (4). Charles IX, par Lettres du
2 septembre 1572 adressées au Bailli du Palais, portant confirmation de l'établissement de la Confrérie de Saint-
1. Boidier. — Confrérie de Saint-Jacques aux Pèlerins, 1877, in-8°, p. 22.
3. Bordier. — Confrérie de Saint-Jacques aux Pèlerins, 1877, in-8°, p. 22.
4. Histoire de la Sainte-Chapelle du Palais, par S.-J. Morand. — Paris, 1790.
Michel en la Chapelle de Saint-Michel-du-Palais, défendit aux Pdtissiers-OubHcitrs de tenir nouvelle Confrérie de Saint-Michel et de porter les armoiries des pèlerins, qui sont cornets et coquilles. « La Confrérie des Pèlerins fut confirmée par Lettres-patentes d'Henri III, du mois d'août 1585 et 9 juillet 1588, d'Henri IV au mois de septembre 1601, et du Cardinal de Vendôme, Légat du Saint-Siège, du 16 juin 1668; enfin par Lettres-patentes de Louis XIV, du 15 janvier 1669, faisant défense à toutes autres Confréries de prendre qualité de pèlerins et d'apposer aucune marque de pèlerinage ; permettant à la Confrérie des Pèlerins de Saint-Michel de nommer tous les ans, à la manière accoutumée, deux Bourgeois de Paris qui auront fait le voyage du Mont Saint-Michel, pour être Maîtres et Administrateurs de ladite Confrérie. Il paraît par un ancien registre et par les Lettres-patentes de Louis XIV que nos Rois, ainsi que les Princes du sang et les grands de la Cour, étoient encore jaloux à cette époque de rendre le pain béni à cette Confrérie. Les pèlerins étoient dans l'usage de faire dire, tous les seconds dimanches du mois, une basse messe dans cette Chapelle et de faire célébrer une grand'messe le dimanche d'après la fête de Saint-Michel et une messe basse le lendemain pour les personnes de la Confrérie qui étoient décédées pendant le cours de l'année » (1).
1. Histoire de la Sainte-Chapelle du Palais, par S.-J. Morand. — Paris. 1790.
La Confrérie des Pèlerins de Saint-Michel se dispersa en 1781 , après la destruction de la Chapelle, et fut, comme tant d'autres utiles institutions religieuses, anéantie par la Révolution.
Dans son Histoire générale de l'Abbaye du Mont Saint- Michel au Péril de la Mer, — collection de documents inépuisables, riches en indications de toute nature, — Dom Jean Huynes nous fournit encore des renseignements fort intéressants sur le Pèlerinage du Mont Saint-Michel :
« Ce seroit chose impossible de faire icy un dénombrement de toutes les personnes de remarque qui sont venues visiter cette Église (du Mont Saint-Michel) depuis sa fondation jusques à présent. Et, chose admirable en un lieu tant escarté du monde, si on vouloit commencer de mettre sur le registre les Evesques, Abbez, Comtes, Marquis ou autres semblables personnages qui y viennent, je m'assure qu'en peu de temps on en auroit un beau catalogue. Et de plus, si nos ancestres eussent remarquez les Légats du Saint-Siège, les Cardinaux et Archevêques, les Roys, Reynes, Princes et Ducs qui y sont venus, nous nous contenterions de les nommer en général, tant y en auroit, et de dire que plusieurs Roys et Reynes de France, d'Angleterre et de Sicile y sont venus et ainsy des autres. Mais, pour parler certainement, mettons seulement icy ceux qu'ils ont soigneusement remarquez :
Childebert second, Roy de France, vint au commencement de la fondation de cette Église ;
Richard Ier, Duc de Normandie, y est venu plusieurs fois;
Richard II, Duc de Normandie, y vint et voulut que les cérémonies de ses noces avec Judith, sœur de Geoffroy Ier, Duc de Rretagne, s'y fissent;
Alain III, Duc de Rretagne, y vint l'an mil trente, accompagné de sa mère, Havoise, et de l'Archevesque de Dol;
Hugues, Comte du Maine, Rodolphe, Vicomte du Mans, y veinrent vers le même temps ;
Robert Ier, Duc de Normandie, y vint, où Alain IIIe, Duc de Rretagne, le veint trouver, et Hugues, Archevesque de Rouen, estoit avec eux ;
Les trois fils de Guillaume le Conquérant, asçavoi Robert, Duc de Normandie, Guillaume le Roux, Roy d'Angleterre, et Henry Ier, Roy d'Angleterre et Duc de Normandie, y veinrent chacun durant leur règne.
Henry II, Roy d'Angleterre, y veint l'an mil cent cinquante huict et de ce Mont s'en estant allé prendre possession du Comté de Nantes, ayant appris là que le Roy de France Louys septiesme y venoit par dévotion, il se mit aussy tost en chemin pour l'aller recevoir avec toutes sortes d'honneurs sur les frontières de Normandie, puis veinrent tous deux ensemble en ce Mont ;
Estienne, abbé de Cluny, et Renoist, abbé de S* Michel
de Cluse, y sont venus, l'an mil six cens septante deux et contractèrent une société spirituelle entre ce Monastère et les leurs.
Saint Louis, après sa première croisade, visita la Normandie en 1256 et vint en pèlerinage en l'église du Mont Saint-Michel (1).
Philippe III, le Hardi, de retour en France après la dernière croisade, ramenant la dépouille mortelle de saint Louis, qu'il porta sur ses épaules de Marseille à Saint -Denis, donnant ainsi un rare exemple de piété filiale, vint ensuite en pèlerinage au Mont Saint-Michel vers 1270.
« Le Roy de France, Philippe quatriesme, dit le Bel, y vint l'an mil trois cens onze. » (2)
La dévotion à Saint-Michel fut de tout temps très-vive et, particulièrement au xive siècle, elle se manifesta par des pèlerinages plus nombreux qu'en d'autres temps, auxquels prirent part non- seulement des hommes et des femmes de tous rangs et de toutes conditions, mais encore, ce qui est bien digne de remarque, des enfants. Guidés par leur foi naïve, ils se réunissaient, se rendaient au Mont Saint-Michel sans aucune crainte, n'ayant d'autre préoccupation que celle d'arriver et de faire leurs dévotions au sanctuaire de saint Michel.