‹ Description de l'Amphithéâtre de NîmesChapitre 2 sur 5 · FECIT · texte numérisé non relu

FECIT

DIVVS HAHRIANVS AVG. RESTITVIT.

IMAGINES ET COLUMNAS ADDI. GURAVIT

IMP. GiES. T. iELIUS HADRIANUS. ANTONINUS

AVG. PIVS DEDIGAVIT.

(4) Prona semper civitas in luxuriem, non ingeniorum modo vitio sed affluenti copia voluptatum , et illeccbris omnis nmxnitatis maritimx terrestrisque : tum vero inobscquhprincipum, et licentia plehis lascivire , ut nec libidini , ncc sumptibus esset modus, ut contemptum legum , magistratuum senatusque , etc. (Tit.-Liv. , lib. xxx, cap. 40.)

(2) Tit.-Liv. , lib. xxiii, cap. 46,

On voit que cette inscription vient à l'appui de ce que nous avons déjà dit, que les édifices publics étaient construits aux frais des colonies. Elle confirme de plus ce fait consacré par l'histoire, qu'Hadrien fut de tous les empereurs celui qui restaura et édifia le plus de monument? (^) ; et nous ne craindrons pas d'assurer d'avance, que si jamais nous découvrons quelque inscription relative aux édifices romains que renferme la ville de Nimes, elle aura une grande analogie avec celle que nous venons de citer.

Il est probable que la restauration indiquée par ce marbre se rapporte à l'époque où Hadrien se retira dans la Campanie, c'est-à-dire vers l'an 119 de l'ère chrétienne (^).

Tous les historiens nous disent que les pays conquis par les Romains imitèrentlamétropole dans la construction de leurs édifices publics ; mais quel que fût leur empressement à ce sujet , ils ne furent cependant qu'imitateurs; et puisque le Colisée a été le premier amphithéâtre en pierres construit par les Romains, il faut au moins rapporter ceux qui existent dans les provinces , à une époque postérieure à celle de Titus, c'est-à dire vers le commencement du deuxième siècle de l'ère chrétienne , pour les plus anciens.

Ces données historiques et les considérations

(-1 ) In omnibus pêne urbibus et abiquid aeclificavit , et ludos edidit cum opéra ubique inpnita fecnset, mtnquam ipse , nisi in Trajani ietnp/a nomen suum seripsit . (Spart., cap. -19.)

(2) Spart. , cap. ^.)

diverses q.ue suggère l'architecture des monuments, nous ont conduit à penser que l'amphithéâtre de Nimes fut fondé par Hadrien et terminé par son successeur; que celui dePola a bien pu être établi sur un ancien édifice étrusque, comme le prétendentles écrivains del'lstrieC); mais l'imperfection des parties qui subsistent, la bizarrerie des quatre espèces de tours carrées qui font saillie sur la façade , leur exécution, annoncent les derniers efforts de la puissance qui déchue et du génie qui s'éteint, ce qui nous fait adopter l'opinion de Stuart et Revett (^), qu'il fut bâti par Dioctétien ou par Maximilien {^) , sous lesquels la passion pour les grands ouvrages de l'architecture sembla se ranimer , sans rien produire de remarquable sous le rapport de l'art.

C'est dans la période de Dioclétien à Constantin que nous plaçons la fondation de l'amphithéâtre d'Arles. Les défauts de construction que présente celui de Nimes, dans sa sévère simplicité, y ont été corrigés C*). Mais la masse peu soignée, les détails bien finis, la forme élégante des arcades extérieures, la voûte principale remplacée par un léger plafond, indiquent une époque de décadence quel'architecte

(^) Pietro Stancovich. , Amp. di Pola. Giuliari , Lett. ab al Ventiiri. ^er juillet -ISH. Tom. iv , p. 47.

(2) Les escaliers sont disposés de telle sorte , que ceux qui montent par l'un ne peuvent rencontrer ceux qui descendent par l'autre, quoique situés dans la même cage.

(3) Les thermes de Rome , de Garthage , de Milan , les palais d'Aqnilée, de Brescia, de Spalatro ,■ lurent construits sous ces empereurs.

(4) Clair, monuments d'Arles, p. 55.

archéologue appréciera d'autant mieux , que tous les monuments de la ville d'Arles présentent le même caractère.

Nous concevrions facilement qu'un touriste , faiseur d'impressions de voyage , eût avancé que l'amphithéâtre de Vérone était le mieux conservé de tous ceux qui existent, parce que, en effet, c'est ainsi que le commun des martyrs doit voir ce monument^ où les gradins sont encore tous en place ; mais que des hommes sérieux, tels que le marquis de Maffei , Desgodez , Persico , Giuliari et d'autres savants , leur en aient suggéré l'idée , c'est ce que les réflexions suivantes feront difficilement comprendre.

Pendant tout le temps que les amphithéâtres ont été considérés comme des carrières par les Vandales ou par les hommes positifs d'une certaine époque, le système de démolition employé par eux a été partout le même, parce qu'il était rationnel. On a d'abord enlevé les gradins comme présentant le moins de difficulté ; puis on a démoli la façade, et enfin les enceintes intérieures. A Vérone, au contraire, on aurait commencé par renverser la façade , dont il n'existe plus que six arcades , pour respecter les gradins, plus faciles à enlever ici que partout ailleurs , car au lieu d'être retenus par une entaille creusée dans le gradin inférieur, comme ils le sont partout où il en existe d'antiques , ils y sont posés au contraire sur une partie plus relevée. Si l'on ajoute à cette considération que ces gradins sont d'une pierre plus tendre

que celle des autres parties du monument , et que néanmoins le temps n'aurait exercé sur eux aucun ravage , on n'hésitera pas à dire avec nous que les gradins de l'amphithéâtre de Vérone sont tous modernes ; on remarquera même que les précinctions n'y sont point observées, et que, dans la construction , l'architecte a eu l'idée bizarre d'éviter l'infiltration des eaux dans les joints, en les relevant de cinq centimètres, sans considérer qu'un pareil bourrelet^ sans exemple dans l'antiquité, était fort incommode pour les personnes qui devaient s'asseoir sur ces gradins.

Si nous appliquons à cet amphithéâtres les indications de Giampini ('), pour reconnaître, parle caractère de construction , l'âge d'un édifice, nous trouverons que ses murs intérieurs, établis par couches alternées de briques et de tuf, le style rustique de sa façade, ses pilastres au lieu de colonnes, indiquent l'époque de l'empereur Gallien.

Dans l'ancienne Thudrus, aujourd'hui El-Djem , située sur la côte d'Afrique , au midi de Tunis ,

(-1)1 mûri fatti a piètre quadrate dichianaro il tempo degli Etruschi ; Vincerto reticolato il principio délia romana republica, il certo reticolato il fiur délia Stessa, e il reticolato altcrnanti con laterizio , il declinare délia mediesima ; \\ laterizio i tempi d'Augusto et degl'imperatori sequenti sino all'anno 200 dcU'era volgare ; et il laterizio alternante a strati di tofo i tempi di Gallieno e tutto il declinar deU'Impero , selce, croste di marmo emaftoni i tempi di Theodorico ; il tomoltario aggregato a cemento quel di Bellisai'io ; i guadrilateri hislunghi di tofo e mattoni i giorni di Carlo-Magno sino al \ ,000 , del qnaUepoca degenerô la constriizione dei mûri ia o'^cvà tumultiaria é cemento e continua sino ai tempi presenti.

sur le territoire de la Régence, il existe un amphithéâtre composé de trois étages et un attique , décoré de colonnes engagées, ayant une grande partie de ses gradins encore en place. Ne connaissant ce monument que par les dessins pittoresques qui nous ont été communiqués par notre ami M. Albert Lenoir , nous nous bornons à rapporter ce qu'en a dit M. Falbe dans sa Description de Carthage : « Gordien l'aîné , dit-il , fut proclamé » empereur dans cette ville , et si nous nous en » rapportons à la description que fait sir Greville » Temple, de cet amphithéâtre qu'il visita en 1833, » son style en rapporterait la construction à l'épo- » que de cet empereur , qui l'aurait élevé en » commémoration de son avènement au trône. » L'amphithéâtre que l'on voit représenté sur les médailles de Gordien , tendrait à confirmer cette opinion.

Une infinité d'autres villes possèdent ou croient posséder des ruines d'anciens amphithéâtres; maisles restes en sont d'une si petite importance , que nous n'avons pas cru devoir nous en occuper.

Desarchitectes distingués et d'habiles antiquaires ont mis sous les yeux du public les résultats successifs de leurs intéressantes recherches sur les amphithéâtres; chacune de leurs dissertations est pleine de remarques savantes et curieuses. Nous avons profité des lumières des autres pour dunner à cette notice sur les amphithéâtres en général , tout l'mtérêt que peut mériter le sujet que nous venons de traiter. Elle laisse sans doute beaucoup

à désirer. Toutefois, nous avons mis le plus grand soin à ne rien omettre de ce qui est curieux ou intéressant à rec.ieillir relativement à ces monuments de l'antiquité.

L'étude que nous avons faite, sur les lieux mêmes où il en existe encore , des édifices destinés aux jeux publics des anciens théâtres, cirques ou amphithéâtres, nous a convaincu qu'il n'y avait point de règle générale à établir relativement à leur disposition architectonique^ et que le célèbre Maffei n'avait pas raison de dire : Gli anfiteatri di lutta pietra non furonvarii nelle costruzione corne i tempi ma tanto uniformi cheseun solo ne avessimo intero , se potrebbe render ragione de tutti. Les faits démontrcxit, au contraire, que les amphithéâtres n'ont entre eux aucune ressemblance , soit dans leurs dimensions, leurs plans ou leurs dispositions ; toutes ces choses étaient déterminées par les localités, les matériaux, le goût des populations pour tel ou tel genre de spectacle, et surtout par le talent ou la fantaisie de l'architecte chargé de l'exécution. La seule règle générale à laquelle ces monuments étaient soumis , c'est d'avoir la forme elliptique ; quant à la direction du grand axe d'orient en occident dont on a voulu aussi faire une règle générale, elle se trouve démentie par les faits.

{Foir le tableau ti-après.)

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