N DE L
Par ce que nous venons de dire sur les amphithéâtres , on a pu se former une idée précise de leur disposition générale, de leur destination et de l'usage particulier des diverses parties dont se composent ces fastueuses constructions.
On a vu que nous rapportions l'amphithéâtre de Nimes à la dernière période de la grandeur romaine dans les beaux-arts , en considérant Hadrien comme l'architecte de ce monument^ terminé plus tard jjar son successeur, originaire de Nimes. Il ne nous reste donc plus maintenant qu'à faire une description architecturale de cet édifice, d'autant plus intéressant, sous ce rapport, qu'il est le seul dans lequel on retrouve, encore aujourd'hui , toutes les données qui peuvent conduire à une restauration exacte.
Comme tous les amphithéâtres connus, la forme de celui de Nimes est eUiptique. Voici de quelle manière l'architecte en a tracé le plan*
Plan de rAmpliithcAtre (il.
L'Arène proprement dite , B , est une ellipse parfaite dont le grand axe a 69™, M et le petit 38",55. C'est sur la circonférence de cette ellips»3 qu'est établi le mur de l'enceinte intérieure, 15, revêtu de longues et larges dalles juxta-poséeâ comme des douves de tonneaux. L'espace de 2,092 mètres carrés, circonscrit par ce mur, était le théâtre des divers exercices qui s'exécutaient dans cette enceinte.
Combinant ensuite la largeur des constructions sur le nombre de spectateurs que devait contenir l'amphithéâtre , l'architecte a établi la façade extérieure du monument sur, une seconde ellipse dont les axes sont ceux de l'ellipse intérieure prolongés à chacune de leurs extrémités de 31'",52 épaisseur des constructions (^). Cette ellipse a , dans son grand diamètre^ 152", 77 de longueur, et dans son petit, 101°,o8 à partir du parement extérieur. Un petit avancement de 0"'o9, qui existe
(i) Voyez la planche -Ire,
(2) Comme il n'est guère possible de mesurer l'épaisseur des constructions que sur les axes, on avait supposé jusqu'ici que cette épaisseur était partout la même, et, par conséquent, que la façade extérieure était établie sur une courbe parallèle à l'ellipse intérieure. M. Aurès , ingénieur en chef du département du Gard, s'est convaincu par des opérations dont l'exactitude ne saurait être contestée, que ces deux courbes sont deux ellipses dont les axes sont les mêmes prolongés de 3^,™52 à chacune de leurs extrémités pour tracer la ligne sur laquelle devait être établie la façade.
sur les grandes entrées de l'est et de l'ouest , raotive la différence qu'on remarque avec la mesure que nous venons de donner des grands axes sur le tableau précédent.
C'est dans l'espace annulaire compris entre ces deux courbes parallèles que l'architecte avait eu à combiner le système de voûtes, de galeries, d'escaliers que réclamait la distribution de ce vaste édifice , pour que les spectateurs pussent arriver avec facilité à la place qui leur était destinée sur les gradins.
Au rez-de-chaussée, cette surface annulaire était divisée circulairement par deux galeries : l'une appelée extérieure (fig. 1" , planche 1") , parce qu'elle se trouvait située immédiatement après le mur de façade , était destinée à la circulation du public en général ; sa largeur est de ô"", 25 ; l'autre, D, plus rapprochée du centre, est désignée sous le nom de galerie consulaire, parce qu'elle était exclusivement réservée à la noblesse ; elle avait une largeur de 2", 95.
Nous devons faire remarquer ici que toutes les constructions circulaires de l'édifice sont établies sur des courbes parallèles à l'ellipse intérieure, tandis que celles qui sont dans le sens des rayons ont été tracées d'après un principe que nous allons faire connaître.
Le mur de façade est percé de soixante arcades à peu près égales, de 5'", 80, à l'exception de celles qui correspondent aux extrémités des axes de l'est,, du nord et de l'ouest, qui ont une ouverture de
4°'45. Les pieds-droits qui séparent ces soixante arcades ont une largeur de 2"', 42 sur l'°,50 d'épaisseur.
Après avoir adopté cette disposition , voici de quelle manière elle fut tracée sur le plan par l'architecte : il détermina, d'après ce principe, en partant des axes de l'ellipse , soixante points sur la courbe extérieure. Opérant ensuite une division semblable et proportionnelle sur l'ellipse intérieure, il joignit par des lignes droites les points correspondants sur ces deux courbes , et obtint ainsi soixante rayons qui, à l'exception de ceux qui formaient les axes , n'avaient aucun rapport ni avec les foyers ni avec le centre de l'ellipse intérieure. Chacun de ces rayons fut considéré comme l'axe d'un arceau clans toute l'épaisseur des constructions et détermina également la direction des murs latéraux sur lesquels devait reposer sa voûte. C'est d'après ce système qu'ont été étabhes toutes les constructions transversales de l'édifice.
Cialeries <1u rez-dc-cbaussée (I).
La galerie du rez-de-chaussée, A, ouverte à l'extérieur, peut être considérée comme le portique de
(-1) Planche U^, fig. -Ire. —Planche 2^, fig. -Ire, galerie A.
Pour l'intelligence du plan dans ses détails et pour simplifier les explications , nous avons donné à chacun des arceaux de l'amphithéâtre un même numéro d'ordre sur toute l'épaisseur des constructions, en prenant pour n» ^ l'un des deux arcs du gtand axe, en allant indifféremment à droite ou à gauche, pour
Famphithéâtre. C'était dans ce promenoir général qu'aboutissaient toutes les issues et les dégagements nécessaires au concours de la population qui s'y réunissait les jours de spectacle. L'architecte les avait combinées de manière que chacun pût arriver, sans confusion, à la place que lui assignait sa position sociale où la tessère dont il était porteur. Voici qu'elle était la disposition des soixante arceaux qui divisent la circonférence de l'amphithéâtre de Ni mes. Dans ce nombre, il n'y en avait que quatre qui communiquassent directement du portique extérieur à l'intérieur de l'arène.
2 de ces arceaux, placés aux extrémités du grand axe n** 1 , étaient destinés aux préparatifs des jeux. A cet effet, ils conservaient, sur toute leur étendue, une largeur de 4",20. Leur sol, pavé de larges dalles, était plus bas que celui du portique; on y descendait par quatre marches, F, et son plan, légèrement incliné , atteignait le niveau de l'arène, situé à 2"','^ au-dessous du sol des galeries.
2 n" XVI, placés sur le petit axe, communiquaient
— également par^diverses marches et paliers, jus-
la suite des numéros , jusqu'au nombre xvi , qui tombe sur l'arceau du petit axe. Cette énumération comprend ainsi tout un quart de l'ellipse, et comme les trois autres sont identiques, tout ce qui sera relatif à un arceau quelconque s'appliquera nécessairement aux' trois qui ont avec lui une position syWi'étrique. Ces chiffres généraux sont en caractères roWûfiis s'ùlif' le plan.
4 repolit. — ; 68 —
qu'à l'intérieur de l'arène, par une porte carrée, a , de 1°,50 de large, qui ne devait s'ouvrir que dans certaines circonstances. Ces deux entrées étaient exclusivement destinées à conduire, chacune, à une loge d'honneur, s, placée sur le jwdiiim, à l'extrémité intérieure du petit axe. On montait à ces loges, 5, par deux petits escahers de 0'",75 de large situés de chaque côté de la porte , contre l'enceinte intérieure. Deux petites pièces voûtées, ménagées dans l'épaisseur du podium, avaient aussi leur entrée dans ces passages.
■4 arceaux portant le n° 11, contigus aux grandes entrées n" i, avaient la même destination que ces derniers, avec lesquels ils communiquaient, deux à deux , par une large arcade , i , de 5 mètres d'ouverture. C'était là des espèces de magasins de décorations dans lesquels on déposait les diverses machines relatives aux jeux de l'amphithéâtre, ainsi que les cages où étaient renfermés les animaux qu'on apportait du vivarium (\) , les jours de spectacle. C'était probablement aussi sous ces arceaux que se tenaient les ouvriers de tout genre et les esclaves employés aux innombrables exercices dont ces enceintes étaient le théâtre. L'un de ces quatre — arceaux sert aujourd'hui de logement au con-
(^) C'était un lieu clos de murs dans lequel on renfermait les lions et autres bêtes féroces réservés pour les spectacles, (Proc, Ue Bello Gothic, 'I.)
8 report,' — 69 —
cierge. Nous reviendrons sur celui du sud-est.
24 arceaux, portant les n"' ni, v, vn, ix, xi, xm (*), aboutissaient de plein-pied du portique extérieur A à la galerie intérieure D, qu'on désignait indifféremment sous le nom de galerie consulaire ou de retropodiiim . "< ''■^'''' Les
28 arceaux restant, n°' iv, vi, vni, x, xii, xiv, xv, conduisaient, au moyen de dix-sept marches coupées par un palier fortement incliné, jusqu'à la galerie d'entre-scl G, à laquelle on donnait aussi le nom de galerie équestre, parce qu'elle était destinée à l'ordre des chevaliers.
— C'est ainsi qu'étaient disposés les
60 arceaux dont se composait la circonférence
— entière de l'amphithéâtre.
La galerie intérieure D était percée, du côté de l'arène, par 50 vomitoires, b, f, dont la disposition offre une lésère différence entre les deux demi-ellipses que divise le grand axe. Sur le côté méridional, ces vomitoires étaient au nombre de seize, aboutissant alternativement à la première et à la seconde précinction. Les huit premiers, n"' n, vi, x et XIV, par un plan légèrement inchné, donnaient accès à un pareil nombre de loges, séparées entre elles ^ établies sur cette moitié du podium. Les
(1) Il y avait dans les murs latéraux do ces passages des ouvertures d'égouts, établies à une hauteur convenable, pour les petits besoins des hommes, et une dalle légèrement creusée y servait de récipient aux urines
huit autres, n"" iy, vui, xii et xv, au moyen de onze marchés €t deux paliers, atteignaient au gradin le plus bas de la seconde précinction.
L'architecte avait eu soin de disposer tous les vomitoires de la galerie consulaire de manière à ce qu'ils ne se trouvassent pas vis-à-vis les vingtquatre arceaux ouverts sur la façade, afin que les places priviligiées auxquelles ces vomitoires conduisaient, ne fussent pas exposées aux vents impétueux si fréquents dans nos contrées.
Dans la demi-ellipse septentrionale , les vomitoires de la galerie consulaire avaient une disposition semblable , avec cette différence qu'au lieu de huit, il n'y en avait que six communiquant directement aux loges du podium, bien que le nombre de ces loges fût également de huit, comme sur le côté opposé. L'irrégularité n'existait donc réellement qu'à l'intérieur de la galerie, ce qui fait que, jusqu'à présent, cette différence est passée inaperçue : elle tient à ce que, dans la moitié septentrionale de l'elHpse, les deux loges extrêmes (in podium, c'est-à-dire celles qui sont les plus rapprochées du grand axe , avaient chacune une entrée particulière ouverte , non pas , comme les autres, sur la galerie consulaire, mais aboutissant au niveau de l'arène dans les grandes entrées de l'est et de l'ouest, destinées, comme nous l'avons dit, aux préparatifs des jeux amphithéâtraux. Cette disposition étrange doit suffire pour démontrer que ces deux loges n'étaient pas destinées à classe .privilégiée des citoyens, qui, seuls ^
avaient le droit de s'asseoir sur le podium.
Ces places de distinction, formant la première enceinte de l'arène , étant établies sur un massif; compacte de maçonnerie, à l'exception des deux loges dont nous venons de parler et des deux loges correspondantes sur la demi-ellipse méridionale. A ces cpiatre points, les gradins du podium reposaient sur des voûtes couvrant des espèces de chambres irrégulières d'environ 16 mètres de sur-, face , symétriquement situées deux à deux aux extrémités des demi-ellipses du nord et du midi. Les deux premières sont parfaitement semblables dans leurs dispositions, à cela près qu'il existe dans celle de l'ouest un puits qui ne se trouve pas dans l'autre ; elles étaient éclairées par un petit ciel-ouvert ménagé dans l'épaisseur du mur qui le sépare des grandes entrées. Chacune de ces pièces avait deux portes : l'une ouverte sous l'arceau du grand axe, se fermant en dedans , l'autre débouchant directement sur l'arène ; ces dernières, maintenant détruites, sont encore indiquées par le passage voûté qui communique à l'intérieur. Nous indiquerons bientôt quelle était la destination de ces deux chambres et des loges placées au-dessus.
Quant aux deux pièces situées aux extrémités de la demi-ellipse méridionale, elles n'étaient point éclairées par un ciel-ouvert, comme les précédentes, mais elles avaient aussi deux issues, l'une sur l'arène , l'autre dans les grands passages de l'est et de l'ouest; c'était là probablement que se tenaient les divers employés dont la présence
pouvait être instantanément nécessaire dans les jeux, soit pour faire sortir les animaux de leurs cages, soit pour retourner le sable pour faire disparaître les traces du sang ('). Il se pourrait aussi que ces places fussent destinées à cette classe de bestiaires (^) , composée, dit Senèque , déjeunes gens qui combattaient tantôt entre eux, tantôt contre des bêtes, et de braves qui, pour faire parade de leur courage et de leur adresse, s'exposaient à ces dangereux combats (''). Dans cette hypothèse, l'ouverture qui donnait sur l'arène aurait été, comme celles qu'on voit dans une position analogue à l'amphithéâtre de Capoue , une fenêtre grillée d'où ces bestiaires pouvaient étudier, mieux que dans leurs écoles ('), toutes les finesses de leur vile profession. Les murs latéraux de ces deux chambres existent encore en partie^ mais l'on ne trouve aucune trace de leur porte de communication avecl'arène; elles ont éprouvé le même sort que les portes hbitine etsanavivaire. Cette destruction paraîtra toute naturelle , si l'on considère que , sur ces quatre points , les gradins du podium, établis sur des voûtes, n'ont pu opposer au temps ou à la main des
(1) Martial , lib. ii, ep. 75.
(2) Sénèque , ep. 70.
(3) Auguste fit descendre dans farèiie des jeunes gens de la première noblesse. (Suét, , in Aug. , 45.)
Néron s'y exposa lui-même (ibid. ,Néro. , loS), et c'était pour avoir tué des bêtes dans l'amphithéâtre , que Commode fut appelé VHercule romain.
(4) Testis, et Tiberis . et Sdiolœ bestiariiun. ( TertuUien , Apol. , c. 55.)
hommes, la même résistance que présente le massif sur lequel repose le restant des gradins de cette partie du monument.
L'analogie vient nous démontrer encore l'existence de ces quatre portes sur l'arène ; à Arles, à PuzoUe et à Capoue^ on retrouve une disposition parfaitement semblable, et nous devons supposer qu'elle était commune à tous les amphithéâtres (/).
Après avoir fait connaître sur le plan par terre quelle était la disposition des soixante arceaux à travers l'épaisseur des constructions; voyons de quelle inanière ils se distribuaient dans les trois galeries circulaires qu'on trouve dans ce monument , à des hauteurs différentes.
CJâsEcrîe «l'enlresol (2),
Nous venons de voir que, par 28 arceaux de cette galerie , G , on communiquait avec le portique du rez-de-chaussée par des escahers, 5, établis dans les arcs n"' iv , vi, vni, X, xn, XIV et xv f').
Les 26 arceaux intermédiaires, n"'ni, v, vu, tx, xi, xm et — XVI, étaient occupés par une série d'escahers, 7, M
(1) Sotto il poiJio vi esistevcino moite picciole porte destinate a (liirerenti usi , una délie qiiali ère detta lib/finensis e l'altra sanavivaria. (Mazzochi . Amp. di Capiia, lib. vi.)
Juste Lemps, de Ampli., 21 porta mortualis vel libitinensis.
(2) Planche I , fig. 2, galerie G.— Planche 2, fig. 2, galerie G.
(3) Les marches de l'arceau vi au nord-ouest, ont été refaites à neuf, en -1820,
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qui, partant de la galerie d'entresol, arrivaient à la galerie, H, du premier étage, au moyen de vingt-deux marches coupées par deux paliers inclinés (*).
Les 6 autres arceaux n°' i et n , placés trois à trois aux extrémités du grand axe , étaient entièrement fermés et sans issue sur la galerie d'entresol. Il résulte de là que , sur les 60 arceaux de l'amphithéâtre, il n'y en avait queo4 ouverts sur cette galerie , à travers son mur latéral le plus rapproché de la façade.
Le côté opposé était percé de vingt-huit vomitoires, c, par lesquels, au moyen de trois marches, an arrivait au gradin le plus élevé de la seconde précinction ; ces vomitoires c , placés dans les arceaux n°' ii, iv, vi, vni, x, xii et xv, étaient combinés de manière à se trouver vis-à-vis les escaliers ascendants , 5 , sauf les quatre placés dans le n" n , qui faisaient face à un mur plein.
Galerie du premier étag^e (2j.
Cette galerie , ouverte sur la façade , avait k^ même largeur que le portique du rez-de-chaussée,* au-dessus duquel elle était située ; c'était en réalité le portique du premier étage , H , d'où l'on com-
(^) Les escaliers de l'arceau v et vu ont été refaits en -185^ , dans le quart de l'ellipse nord-ouest.
(2) Planche ^ , fig. 5, galerie H.— -Planche 2, fig. ^ , galerie H.
ppfljpiquait aux deux précinctions supérieures par trente-deux escaliers combinés, comme nous allons rindiquer.
Du côté de la façade, toutes les arcades de cette galerie étaient entièrement ouvertes et garanties par un garde-fou d'un seul bloc , portant à l'extérieur des bas-reliefs retraçant les divers jeux de l'amphithéâtre Ce n'est donc que sur le côté intérieur de ce portique que nous allons étudier la disposition de ces arceaux.
De ce que nous venons de dire sur la galerie d'entresol , il résulte que nous connaissons déjà, dans celle du premier étage ,
26 arceaux,?, occupés par les escahers de communication entre ces deux galeries; par conséquent, la nouvelle série d'escaliers destinée à conduire de la galerie du premier étage à la troisième et quatrième précinction, ne peut être combinée que dans les arceaux intermédiaires.
Dans cette combinaison , l'architecte avait adopté deux modes différents de rampe, alternativement disposées d'une manière symétrique , comme nous allons l'indiquer.
16 de ces escaliers, 11, placés dans les arceaux ii , VI , X et XIV , partant de la galerie du premier
— étage, arrivent par une seule rampe continue (')
H) Il ne s'est trouvé , clans tout le monument , aucun de ces escaliers entièrement conserve, mais seulement quelques-unes des premièreset des dernières marches. Celui qui existcau nord-
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de 1 7 marche s , à un vomi toi re ou ver t sur l'avantclernier gradin de la troisième précinction ; à la huitième de ces marches, on trouve, des deux côtés, sous les gradins, un réduit de quelques mètres de surface disposé pour les petits besoins. Le second mode de rampe adopté pour les 16 autres escaliers, 10, étabhs dans les arceaux vi,
— vin, xn et xv, avaient un double but^ celui de
ouest, dans l'arceau no vi, n'a d'antique que les deux marches supérieures; toutes les autres sont neuves. Nous pensons qu'on a eu tort , dans cette restauration , de ne pas laisser , à la huitième marche, un palier que la disposition des lieux et la régularité semblent indiquer. On aurait obtenu ce résultat en donnant aux sept marches neuves qu'on établissait à la partie supérieure de cet escalier la dimension des deux marches antiques qui existaient encore comme pour servir de modèle , c'est à dire 28 centimètres de largeur au lieu de 30 et 32 qu'on leur a donnés en les rétablissant. On obtenait par là, à la huitième marche, un palier de 91 centimètres de largeur, indispensable d'ailleurs pour entrer commodément dans les deux réduits établis à cette hauteur. Une l'emarque importante que nous devons consigner ici, c'est qu'en septembre 1830 , l'arceau no xiii, au sud-ouest, a été l'objet d'une réparation tendant à soutenir quelques gradins placés au-dessus , et que , dans les constructions nouvelles, l'architecte, ne tenant aucun compte de la disposition primitive de cet arceau , a négligé dans rétablissement des murs latéraux refaits à neuf, d'y indiquer les ouvertures qu'ils devaient avoir à droite et à gauche, à la hauteur de la huitième marche, pour comniuniquer dans les petits réduits dont nous a\ons parlé. Cette remarque est d'autant plus importante, que les murs modernes ont été construits en moellons smiilés imitant parfaitement la construction romaine, et qu'après un certain laps de temps, ils pourront facilement être considérés comme antiques et faire supposer aux Sommaises futurs que la disposition symétrique des arceaux de notre amphithéâtre n'avait pas été observée au premier étage.
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conduire à la troisième précinction et, de plus, à la galerie supérieure , R. Voici comment il atteignait ce résultat :
Par une première rampe de huit marches, on arrivait sur un palier horizontal, sur le milieu duquel s'ouvre un vomitoire à la hauteur du septième gradin de la troisième précinction. Ce paher avait également pour but de distribuer deux escaliers de quinze marches , 15 , taillés dans l'épaisseur des murs latéraux pour conduire à la galerie supérieure, R. La disposition ascendante de ces escaliers, dans le sens du mur extérieur, avait permis de les éclairer, de ce côté, par des espèces de meurtrières, évasées intérieurement, ouvertes sur la façade au-dessous de l'architrave du premier étage. Un objet que nos mœurs ne toléreraient point aujourd'hui, c'est qu'au pied de ces deux escahers, sur le palier même qui les distribue, se trouvent des égoûts semblables par la forme et probablement aussi pour l'usage , à ceux que nous venons de voir sous les réduits latéraux des précédents escaliers. Nous concluons seulement de leur situation respective, que les premiers étaient exclusivement à l'usage des femmes, et que les autres, placés sur un passage commun à deux précinctions, étaient particuhèrement destinés aux petits besoins des hommes.
La disposition symétrique des escaliers quô
— nous décrivons éprouvait une légère modifias
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cation pour les arceaux n*^ xvi qui sont ceu!x du petit axe. On a vu, par ce que nous venons de dire à propos de la galerie d'entresol, que ces deux arceaux servaient déjà de communication entre cette galerie et celle du premier étage. Or, cette communication n'aurait pu exister, si l'on avait établi dans cet arceau les huit premières marches qu'une disposition rigoureusement symétrique aurait dû faire étabhr dans l'arceau li^ xvi,au premier étage.
Pour parer à cet inconvénient, sans rien changer aux distributions générales adoptées pour les dégagements , l'architecte n'avait conservé dans les arceaux xvi, au premier étage^ que le paher, dont la hauteur ne gênait en rien la circulation, et avait établi dans chacun des arceaux contigus, n" xv, les huit marches par lesquelles on arrivait sur ce palier, à partir duquel la symétrie se trouvait entièrement rétablie.
Enfin , les â derniers arceaux , n" i , situés aux extrémités du grand axe , n'avait aucune issue directe sur la galerie du premier étage ; ils étaient fermés par un mur en pierres de taille derrière lequel on voit une pièce , N, de 6^,20 de longueur sur l'°,5ô de large, dont il est difficile aujourd'hui de comprendre l'usage et même d'indiquer la manière dont on pouvait y pénétrer.
— Voilà de quelle manière étaient disposés les 60 arceaux dans^ la galerie du premier étage.
Galerie supérieure, au second élag^ (I).
Cette galerie R , placée sous les gradins les plus élevés, n'a^ dans ses dispositions , aucun rapport avec les quatre autres; sa largeur n'est que de l^'SS; sa voûte en moellons smillés , forme un quart de cercle qui vient s'arc-bouter contre le mur de façade. Le sol n'est pas établi sur un plan horizontal , mais entrecoupé de marches. Cette disposition bizarre fut commandée par la difficulté' d'atteindre le dessus des voûtes du premier étage' dans l'espace étroit que laissait à l'architecte la déchvité des gradins.
En décrivant la galerie du premier étage , nous^ avons indiqué seize arceaux , iv , vin , xn et xvi ,i renfermant g dans l'épaisseur de leurs murs laté-raux, vingt-huit escahers , 15, destinés à conduire' à la galerie supérieure. Nous devons ajouter que , nonobstant la rapidité de leur rampe, ces escahers n'arrivaient encore qu'à la naissance des voûtes du premier étage , sur lesquelles devait reposer lêsol de notre dernière galerie. Il avait donc fallu nécessairement établir à la quinzième marche un palier pour distribuer , à droite et à gauche, deux nouveaux escaliers de cinq marches , 15 , qu'on avait taillés dans l'épaisseur des voussoirS'. Au^ moyen de cescombinaissons diverses, on atteignait le sol de la galerie supérieure^ qui se trouvait ainsii
(f) Planche f, fig. 4. ---Planché 2, fig. r , ^Terie^R.
symétriquement coupé dans son niveau par les cinq marcUes qu'il fallait monter et descendre alternativement aux points où aboutissaient les vingt-huit escaliers, 15, situés dans l'épaisseur des murs.
L'un des murs latéraux de cette galerie était percé, sur la façade, de cinquante-six ouvertures placées deux à deux en face de ces vingt-huit escaliers. On trouve également de ce même côté au-dessus de l'arceau xv , au nord-est, une porte de 80 centimètres de large ouverte sur cette galerie, donnant accès à un petit escalier de 6o centimètres de large, 16, taillé dans l'épaisseur du mur de façade, pour arriver au-dessus de l'attique, à l'aplomb de l'arcade principale du nord. On suppose , avec raison , que cet escaher , unique sur toute la circonférence, n'était destiné qu'aux marins commis au service du velarium.
Sur le mur opposé, s'ouvraient, dans la même galerie, trente vomitoires , e, destinés à conduire sur le cinquième gradin de la quatrième précinction^ au moyen de six marches étabhes dans leur embrasure. Ces vomitoires correspondaient aux arceaux n°' ii, iv, vi, vm^ x, xu, xiv, xvi.
Tous les dégagements dont nous venons de donner les détails étaient si bien combinés , qu'il ne pouvait y avoir le moindre encombrement dans la circulation des nombreux spectateurs réunis dans l'enceinte de ce monument; les escaliers et les paliers étaient disposés de telle sorte, qu'en descendant des précinctions supérieures, leur largeur ,
augmentait dans une proportion en rapport avec le nombre de personnes qui arrivaient des précinclions inférieures.
Division des gradins*
L'ensemble des gradins compris entre Tattique et le mur d'enceinte de l'arène, formait ce que les Romains appelaient la cayea. Ils donnaient le nom de prœcinctio ou balteus à des gradins plus larges et plus élevés, partageant cet ensemble en sections horizontales^ formées de plusieurs rangs de gradins, ayant chacune leurs^vomitoires particuliers, et destinées aux diverses classes de la société romaine. Aujourd'hui, ce n'est plus au marchepied que les auteurs modernes donnent le nom de précinction, mais à ces grandes divisions horizontales que l'on distingue, de bas en haut^ par première, seconde , troisième et quatrième précinctions. Nous nous sommes conformé à cette nouvelle acception dans le cours de cet ouvrage.
Les gradins de l'amphithéâtre de Nimes étaient aa nombre de trente-quatre , divisés en quatre précinctions par un pareil nombre de paliers ou marchepieds , ballei. Pour faciliter l'écoulement des eaux, chaque gradin était incliné d'un centimètre sur le devant. La hauteur de ces derniers varie entre 48 et 51 centimètres, et leur largeur de 75 à 80, attendu que chacun d'eux servait en même temps de siège et de marchepied pour celui qui était placé au-dessus de hii.
Première précinctlon.
La première précinction , infima cavea , était appelée podium (^), parce quelle se composait des gradins les plus bas. A Nimes, cette partie se trouve parfaitement conservée. Le poâfi«?« comprenait les quatre premiers rangs de gradins (^). Ces places, uniquement destinées aux principaux personnages de la colonie, étaient ici divisées en dix-huit loges, séparées les unes des autres par d'espèces d'accoudoirs, dissepimenia , en dalles de 15 centimètres d'épaisseur. Seize de ces loges avaient leur entrée particulière dans la galerie consulaire ; les deux autres étaient des loges d'honneur placées aux extrémités du petit axe, ainsi que nous l'avons indiqué ; celle du côté du nord était réservée au consul ou au gouverneur de la colonie ; l'autre, du côté opposé, était destinée aux vierges ou vestales qui présidaient ordinairement aux jeux publics. Ces deux loges n'avaient pas de vomitoires; on y arrivait par des escaliers particuliers établis aux extrémités des arceaux du petit axe^ à droite et à gauche, derrière l'enceinte intérieure. On voit encore sur le marchepied de la loge du nord la trace du. cubiculum entouré d'une élégante grille do rée(')
(^) Depodex, pied.
(2) L'amphithéâtre de Puzzole avait sa première précinction composée de sept rangs, de gradins; à Pompéï, \e podium était divisé en six loges , les deux sur le petit axe avaient quatre gradins, les quatre autres en avaient cinq plus étroits.
(5) Suét., inNero.
sur lequel était assis le prêteur ou son représentant.
Ce n'était pas seulement à la noblesse que le podium était réservé; les hauts fonctionnaires, les services rendus à la chose publique , obtenaient aussi la faveur d'y être admis. Dans ce cas, c'était par un décret des décurions que cette prérogative était accordée, ce qui était indiqué par la formule D. D. D.N. : datadecrelo deciirio7iumNemaiisensium, précédée d'un chiffre indiquant le nombre de places données. Ce fait est confirmé^ dans l'amphithéâtre de Nimes , par les inscriptions suivantes , gravées en belles lettres onciales de 7 centimètres de hauteur sur le couronnement des dalles de l'enceinte intérieure.
On lit sur trois fragments séparés, trouvés à côté les uns des autres , disposés de la manière suivante, sur une même hgne horizontale (^) :
N. ATR. ET ODIVIS. LOCA. N. XXV.