ILM. XI
§. IV» Fentt régnons.
D'avril en octobre , les vents se tiennent assez constamment dans les rumbs da oord et de 1 ouest, et soufflent ayec assez de force. Par cette mousson , il est moins facile de remonter la mer Rouge , surtout vers le fond du golfe, où le lonvoyage devient dangereux. Cette monsson d'ëte, propres à la sortie de la mer Rouge ^ coïncide avec la crue du IXil, dont le terme est en septembre. Les vents sont variables, mais plus souvent dans la partie du sud-est , de novembre en mars ; c*est par ces vents qu ont toujours lieu les gros temps , les pluies et les tempêtes ' : cette mousson correspond au dëcroissement du Nil.
§♦ V. ChenaU
Le chenal qui établit la communication dé la rade avec le port^ feonrt au sud-est; c'est un canal étroit de 5o à 60 toise3 de largeur , d une lieue et quart environ de longueur, dans lequel on trouve huit et dix pieds d*eau de basse mer : il pourrait être approfondi , son fond étant de sable vaseux , et ne pouvant offrir de résistance aux diasses qu'on pourrait opérer an moyen des écluses projetées.
Sa direction varie assez fréquemment par l'effet des vents et des marées sur les sables mobiles de son fond; ce qui exige de la part des pilotes une étude habituelle
■ PltDé , Arrien et Bmee oUfirent retour ; ellea loot mpperiées dani ^pelqnes Taritntea dans l'indication notre deactiption on périple de la dea flBOu pioprca a* départ et au mer Ronge.
àe ces variations. Le canallongenn grand banc de sable ,
qui découvre à mare'c basse, même en morte-eau; ce banc parait s*étre accru sensiblement depuis vingt aps. Il conviendrait d'ëtablir quelques balises pour en tracer le cours , et quelques amers sur la plage pour assurer lo mouillage en rade.
§• YI, Bade et mouillage*
La rade de Soueys est vaste , ayant environ 2000 toises de rayon; elle est éloignée de la ville de ^ de lieue au sud 5 et, quoique réputée foraine, elle n'est ouverte qu'aux vents du sud-ouest, qui y soufflent rarement: elle est fermée par des récifs dans la partie de Fouêst , et par un banc de sable à lest. Il y existe des courans de flot et de jusant, dont la plus grande vitesse n'excède pas trois nœuds à l'heure. On y trouve quelques bancs de roche et de sable , sur lesquels il reste peu d*eau à marée basse, et qui, n'étant pas assez bien connus des navigateurs , en rendent les parages difficiles et dangereux. On trouve dans cette rade depuis trois jusqu a douze brasses d'eau de basse mer. .
Le mouillage y est naturellement bon , le fond étant de sable fin, vaseux, et recouvert de sable pur ^ au large , le sable y est mêlé de gravier»
On y mouille par six brasses d'earf; et Ton se trouve entre une pointe basse, en>deçà de laquelle les petits bàtimens mouillent par quatre brasses, et un banc de roclie fort dangereux, distant d'environ dix encablures i louest de cette pointe
' Neuf tenoni eei diT«t8 reoseignemens da contre** «mirai Gcn-
i8o MÈMOIBE SUR LE CANAL
§• VIL Aiguades*
Uu des principaux obstacles à de grands établissement maritimes à Soueys, parait avoir é\à la dilficulté dV rëtinir une quantité d*eau potable suffisante pour les besoins de ses habitans et des nombreuses caravanes qui y passent.
Souejrs est , en effet ^ absolument privd d'eau ; et ses réserves étaient , à noire arrivée , de 5 à Gooo pieds cubes d*eair, repartis dans quelques citernes; quantité qui n'aurait pas sufli à sa population pendant six mois : mais , afin de pourvoir aux besoins journaliers , on recueille les eaux pluviales , et on achète des Arabes celle qu'ils vont prendre, dans le désert, aux fontaines dont il va être parlé; cette obligation établit une dépendance qui n est pas sans inconvénient , conime on s'en est convaincu dans plusieurs circonstances.
Cependant toutes ces sources et fontaines , les mares d'eau pluviale et les divers puits d'eau .sanmfttre dont on peut disposer , suffiraient aux hommes et aux animaux y si leur aménagement était bien ordonné : nous croyons mémeque ces eaux recueillies et bien distribuées
theamne, qui noos les donna peu- lama^yl-bey, alora cbejkh-eUbeled
dant noire aéjonr à Soqeya. Cet offi- da Kaire , et maitre de TÉgypte.
cier général y était déjà Tena par MM. Girard , ingénient en chef»
la mer Rouge, dix ans avant notre Devillicrs et Duchanoy, aoe coUà-
cxpécîition , en 1788 , après le voyage gues , profilant d\m séjour qu'ils
de TamiralRosily, qui avait été char- ont fait à Soucys, ont relevé , dans
gé par le gouvernement de négocier cette rade, une ligne de sondes, di-
auprès des beys en faveur de la com* rigée Tera la c6te, an and-ouest. Cea
pagoie des Indes ; négociation dont «Mides aont rapporléef aar la grande
U résnlta un traiié fofonble «Tee carie de l^Égyple.
DES DEUX MERS. i8i
pourraient encore alimonler quelque végétation , et faire disparaître l'aridîte de ces tristes plages.
Ces eaux appartiennent aux sources de Moïse, d'Erqedey et de Naba*, sur la cote d'Asie; aux puits d'Ageroud et de Bjr-Soucys , dans le désert , au nord-ouest de Soueys; aux ravines d'eau pluviale de Gesr et d'Oualâl, à louest et au sud-ouest de celte ville: et enfin à celles d'el-Touâreq , à l'enlrcc de la vallée de TEgareraent, sur la côte d'Afrique.
Ayouii'cl-Mouça. ... Le 7 pluviôse an vu ( 26 janvier lygc)), les ingénieurs Gration Le Père, Saint-Genis, Dubois, et moi, accompagnant le général Junot, le contre-amiral Ganlheaume et d'autres officiers, nous nous rendîmes par mer à des sources d'eau vive, situées à trois lieues et demie, au sud-sud-est dcSoueys, sur la côte d*Arabic; nous y fîmes les opérations tendant à > constater le site et le niveau respectif de ces sources , que les Arabes nomment Ayoun-el-Mouga , les Sources de Moïse. {Voyez la pl. 10.)
Gîs sources présentent, à la surface du désert, de petits tertres ou monticules de forme conique, dont le centre, creux de quelques pieds, en est la bouche ou le bassin. Quelques-unes ont leurs bords sablonneux et garnis naturellement de gazon ; d'autres ont les leurs revêtus en maçonnerie. L'eau qui sourd des bouches de ces monticules', s'écoule à la surface par des rigoles naturelles, se répand sur la plage, et y entretient une
' La forme de ces bouches rc- génie qui la délerniine dans ces présente pnrfaileinent celle des cra- sources , comme celle du feu dans lèrcs : c'csl raclion de l'eau assur- les > olcans.
i8» MÉMOIRE SUR LE CANAL
végetaiion d arbustes et de palmiers dont 1 aspect contraste agréablement avec le sol aride de la côte. Les abords de (juel(jucs-imes cje ces sources sont marécageux : Feau a quelques degr&de chaleur*. Quelques autres sources nont pas d'écoulement, parce que Feau s'y trouve naturellement elcvce au niveau des réservoirs qui les alimentent suivant labondance des pluies , et qu elle y est dans un état d'équilibre.
Les nivellemens de ces sources ont donné 54 pieds pour la difSsrence de niveau de la plus haute à la plus basse, déterminée à la suriacé d*eau de leur bassin; cette élévation, jointe à celle qui constitue la pente du petit aqueduc qui, sur i5oo mètres de longueur, conn municjue des sources à la citerne de l'aiguade, distante de 123 mètres des bords de la mer, est de 53^^^ 4^ audessus de la pleine mer , que noqs avonf repérée dans cette* partie du golfe.
Ces sources , actuellement au nombre de l^uit , pourraient être réunies de nouveau et conduites au rivage pour faciliter l'aiguade aux navires, en réparant le petit aqueduc en maçonnerie, assez bien conserve, et la ci-f terne dans laquelle il aboutissait sur le bord de la mer« Le ge'ncial en chef, pour s'assurer par lui-même de 1 état de cet aqueduc , dont la direction est encore sen* sible sous les sables de la plage , fit £nre des fouilles i des distances trës-rapprochëes jusques à l'aiguade , et reconnut qu'il était seulement encombré , et si^sceptiMa
' Les tonrcea 011 fontaioM de tièdee et eolfarenfes} la dernière Molae , de Cocoodel , de Faran et de est brûlute et TÎtriolifae. Hammàm-MoaçH , anr la o6lé| wmt
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d'être répare à peu de frais. Ce site est représenté sur la pl. 1 5. On y a ioscrit les bauteurs respectives des sources
On ne peut pas douter , en consideVant les décombres d'anciennes fabriques et les vestiges de fondations d'aquedncs , de citernes , et d'nne petite enceinte fortifiée , qu il n ait existé autrefois daos cet endroit , aiusi que Font pensë différens Tojageui*s,,un grand établissement d aignade , qui peut appartenir au temps où les ^ Vénitiens faisaient le commerce des Indes par la mer Rougé.
Dans rintention de râablir et de protéger laiguade ,
* Ces sources fOQtnnmérotéM sur. saanltre et très-potable (30** 6^
lé f»lsD, et cotées parraf^rt au a lignes).
DÎTean de la mer, qui en est dis- VI. Source peu abondante
tante de 1G28 luèircs ; elles y sont près d'un puits; elle est maçoniléa
désignées daus Tordre sui\ant, le el comblée ( aô*** 5" 6^).
point de haute im r élant o. o. o. N°. VU. Source enreinle de ma-
M". I. Petit tertre boisé, renfer- çonnerie, de 9 à 10 pieds de dia-
maat «ne lonice profonde de 4 ^ xnèire , donnant peu d^eaa , presque
5 pieds ; Pean en est peu saumàlre, comblée (a8^* 8* }.
très-potable et abondante. La cote N** VIII. Sonrce donnant très-
du niveau de ces eaux est de 53*^' peu dVau, pres<{ae comblée (itt^*
3*> 11^ au-dessus du niveao de la 4° 5^).
bautc mer. La cote de la haute mer élant de N®. II. Source environnée de rui- o* o** o\ les cotes ci-portées donnes et de parties marécageuses cou- nenirélévalion de chacune des sour> ▼ertes de végétation jellecst la pins ces désignées. dn dessus dt abondante de tontes. La cols est de Paqueduc , à son entrée dans Pai- 54*" 3*> 10^. ■ guade , est de «* 4* an-dessons
N®. III. Source assez considéra- du niveau de la baute mer.
ble,profon(lcde4ii 5pieds; rcaiicn Toutes ces sources réunies pru-
est abondante et peu saumâtre : vent suffire aux plus fortes carava-
cette source est environnée de rui- nés qui fréquentent celte côte ; on
nés (a8** 5® 6^). pense que , si elles étaient curées et