‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 2)Chapitre 34 sur 87 · QI · texte numérisé non relu

QI

Lxxxy 111.

Digitizc

3o4 MÉMOIRE SUR LE CANAL

Il suffit de considérer ces résultats, pour en reconnaître rinexactitude. Ne pouvant donc pas compter sur les tables de Ptole'mee , nous chercherons à rétablir et à compléter la géographie ancienne de l'isthme de Souejs diaprés les indications textuellesdes auteurs et les divers itinéraires 5 mais, en avouant combien ont e'tc faciles et fréquentes les omissions qu*on peut attribuer à l'emploi des chiffres romains dans ces ilinc'raires, nous reconnaissons que souvent ces erreurs se vérifient par les distances inverses des lieux du même itine'raire

La route de Babylone à Cljsma de l'Itinéraire d'Antonin , déjà produite , fournit sept distances ou mansions dont la somme est de cxxxxvi milles romains. Cette roule, qui paraît suivre le développement de lancien canal , offre toute l'exactitude d'un itinéraire dans son ensemble et dans ses parties; car elle assigne à chacune des stations la place qui paraît lui convenir encore par d'autres considérations.

En effet, de rancicnnc Babylone d'Egypte', dont les vestiges existent au sud du vieux Kaire, à Hcliopolis, dont l'emplacement n'est pas moins connu, on compte par l'itinéraire xii. i»p. , qui repondent à la distance qu'on retrouve entre les ruines de ces deux villes.

La mansion qui suit donne xviii. ap. pour arriver à

' L''cdilion latine tle rilinérairc tat), aujourd'hui le vieux Kaire,

romain, parliculicTcmcnl, coniient un vieux cliàltau appelé Qnsr~cl-

beaucoup ilc ces omissions, qui se Chaîna' , ou Forteresse des Flam-

vériGcDt par Tcdiiion de Berlîus, beaux , qui renfermait un ancien py-

à laquelle nous avons donné la pré- réo, que Jacuti, cité par Goliiis

férence. (m Aljevg. p. i5a), appelle Kob-

* On trouve encore au milieu des bat-Addohhan , ou Temple de la

ruines de rancicnnc Babylone ( Foi- Fumée (dWnvillc, pag. 112). Il y

DES DEUX MERS. 3oS

SceiuB veteranorum, qui paraît avoir été un poste de Tëtéraos 4n temps des Romains $ distance qpe d'AnviUe a conîgée et réduite \ pour la faire correspondre au Birket-el-Haggy. Or, cette distance de xviii. sp. coïncide avec el-Menàjr, et rien ne s*oppose à oetteuapplication*.

Le Vicus Judœorum , qui suit la mansion précédente , doit, à raison de xn. jyp. , avoir été près de l'ancienne Pharbœthis (aujourd'hui Belbeys),et rcpondie à des ruines très étendues qu'on retrouve à unelieoe au sud-est de Belbejs , le Ficus Judœorum ne devant pas être pris* pour le Castra Judœorum, situé dans un canton qui dépendait du nome d'Heiiopolis , et où le pontife Onias, sons le règne de Philometor, âeva un temple dans lequel les Juifs pratiquèrent, pendant plus de trois siècles, les cérémonies de leat culte. On sait que les Jnifs, dont la population s*était prodigieusement accme, occupaient une grande partie de la province Augostamnique* UChnon > ou Castra Judœojrum, doit cor- '

eiiilet, eoefifot, vnerotoaâe conpo- la Tarittioq sur lâ diatanoe d'Helio-

sée de six coloDoei» de ttjrle £gjp- polît à Semm veUmnanmf ear on

tien, dont reiécation peut remonter troore xvm dans no endroit, et

A répoque de la conquête de FÉgypie xxt seulement dans on auire : maia ,

par Cambysc. si ce n'est pas une erreur de copiste , » D'Anville se vit autorisé à cette on peut encore expliquer celte varéduction, pour retrouver les i8o riante, en admettant deux routes; stadesqui, suivant Joseph, faisaient Tune, ]ilus directe, dans le bas Nil j )a distance de Mempbis à Onion, et Tauirc qui servait pendant Tinonet qu'il évalue à vingt-un ou vingt- dation, et qui , d'Heliopolis, oblidenz miika s mais cette donnée est geait de toomer le Birket>el»Hlggy , elle- même inesacte; car eUe doit qui offre nn aaiUant considécabla être portée A trente-trois miUes en A Test} et ees Tariations eiistcnt en Ugne directe. effet entre Hdiopolîs et etMenIjrr. * L'Itinéraire romain préiMte de

É. M. XK ao

doG MEMOIRE SUR LE CAXf AL

respondre aux raines dites anjourdliui TeUrel-rhoudj

(la colline des Juifs)

Après-, yieDt Tohum ou Thou, qui, dans Tliinéraire, est à xn. wp, du Ficus Judœomm; il doit corres* pondrq à A'bbâçeli. iVIais Toimm, dans la Notice de l'empire , était un poste militaire; ^ le site d'A'bbâçeh, qui, à l'entrëe de TOuâdy, fermait par une levëe (la digue de Seneykah , aujourd'hui Gesr-Soukânjeh ou la digue des Sultans) le seul point de passage pendant rinondation de la route de Pëinse à Memphis , a toujours du être considère militairement.

Le nombre xxit de la mansion suivante doit &ire correspondre à Heroopolis ou Pilhom. Cest, en effet, la distance d'A'Lbùçeh à Abou-Kejcheyd, où nous ayons fixé la ville des Héros.

Les XVIII. yp. qui suivent, portent encore aux ruines que nous avons admises pour celles du Serapeum, à la ttte des lacs amers, au nord.

Enfin , les l. ivt. de la dernière mansion peuvent rigoureusement porter I à-la-fois ^ à Souejs, en tournant au sud le lac amer, et plus directement aux fontaines de Moïse, par le nord du même lac.

En effet, si Cfysma doit correspondre à Soueys, les L. peuvent exister par une route. sinueuse, au sud du lac amer. Mais cette fixation , que nous n admet' tons pas , serait légèrement fondée sur un rapport de

' A pea ât dislAiice et à V<Mest ticales asMs oooâdAniblef de frèi

de TcII-el-Ybooâj, nr la luière da noir et de granit , qai ae rattachent

Hcscrt, on remarque tm site conrrrt au Tcll-cl-YIioudy par UM levée

(Iç ruines, et occupe en ])ariic par actacUcoiCDt dégradée, des Arabes , on y observe des moQ'

signification que Golius * a remarque entre le Qpizoum delà langue arabe et le Cfysma de la langue grecque: car l'un signifie ablution, lavage; et Tautre désigne une submersion, avec la tradition locale que c'est vers cet endroit que l'armëe d*un Pharaon a été eoglouiie sous les eaux du golfe'.

Si , au contraire , Qjsma doit avoir nne position dif* férente du site c<mimnn an Patumas d'Hérodote, au Posidium, à Qolzoum, à Arsinoé ou Cleopatris, au Daneon de Pline, à Soueys, comme le dit positivement Ptolémee, qui le porte à nne latitude pins méridionale de 0° :2o' (détermination sans doute exagérée) , nous serons disposés à fidre correspondre Qjsma anx fon* taines de Moïse, et nous appuierons cette opinion de l'autorité de la Table théodosienne , qui, plaçant Arsinoé à Touest du golfe, et Clysma à l'autre bord, semble encore porter cette dernière ville aux fontaines de Moïse , comme première station de la route du mont Sinai,

Gijsma, placé aux fontaines de Moïse, devait être, comme il est indiqué par le mot prœsidium, un poste militaire. Enfin , une route qui ne comporte pas autant

de sinuosite's au nord-nord-est du lac amer, fournit encore les L. irp. de lllineraire, du Serapeum à Clysma. Nous ajouterons que c*est plutôt anx fontaines dte Moïse qu'à Qolzoum , que les termes ablution et lavage , dont Golius s*est prévalu , trouveraient leur application, attendu qu après le passage du bras de mer à Soueys ou

* Jn alfirg, p. 144. ^

* FôfM'le texte ètoB PAppendiee, $. it> n*. zi.

3o8 MEMOIRE SUR LE CANAL

Qolzonm, les Israélites trouvèrent aux fontaines de Moïse les moyens de faire leurs ablations religieuses. 11 serait à désirer que Ion connût mieux la signification du mot grec Clysma; et si , comme on le suppose, c'est un terme générique, on pourra admettre plusieurs Clysma : mais nous ne croyons dans aucun cas, qu'il convienne de placer Clysma à l'entrée de la vallée de l'Égarement, comme l'ont fait d'Anville, et plus rc'cemment M. le major Rcnnell , en considération des o** 20' au sud données par Ptole'me'e.

L'Itine'raire fournit une route du Serapeum à Pe'luse par Thauhastum , Sile et Magdolum , de LX ivp. En voici les points et les distances intermédiaires :

DISTANCES

INDICATIONS DES LIEUX

KILLEI mOVAlK«.

TOtf ■«.

MÈTStf.

^Serapeum.... ù Thaubastum.

xxvin.

It2.

Go.

453ÛO.

On est d'abord surpris de l'inflexion que présente cette communication , qui porte tant à l'ouest et jusqu'à Sile ou Selœ (Sulehyeh), quand la route au nord, la plus directe , du Serapeum à Pe'luse , pouvait n'être que de xxxxviii. ivp. Mais si l'on considère que ces itinéraires

Pini*'^'^^ hy

étaient plus ordinaîrement assujétis aux étapes et aux inouvemens tics troupes , et que les lieux qui y sont désignes, e'taient presque tous des postes militaires, on ne sera plus surpris de ce de'tour ; on le sera moins encore, si l'on considère que cette route directe e'tait plus diflicile pour la marche , à cause des sables mouvans et des lagunes qui l'interceptaient.

A une distance de viii. wp. environ au nord du Serapeum, se trouvent des ruines qui nous paraissent convenir au site de Thaubastum : une conjecture d'Ortelius ^ qui dit à cet e'gard, circa paîudes- Ardbiœ videtuVy est très-heureuse , et convient à cette situation adjacente aux lagunes qui reçoivent un canal dérive' du Nil. En effet , on retrouve encore une dérivation de plus d'un mille , et qui, partant du grand canal, dirigée à l'est sur des ruines, à travers ces lagunes, offre encore de grandes dimensions.

Saint Jérôme, écrivant la vie de saint Hilarion, dit que ce solitaire , e'tant parti de Babjlone , se rendît le troisième jour à un cliâlcau nomme' Thaubastum, oii Dracontius, e'vêque d'Hermopolis, e'tait exile'. Cette citation et la pre'cëdente sont très- favorables j et si d' Anville les a fait valoir pour motiver le placement de Thaubastum à A*bbaçch , c'est qu'il ne pouvait connaître toutes les convenances que le site oii nous reportons Thaubastum, prc'scnte plutôt que celui d'A'bbâçeh : car, si cette position , dont on a dit , circa paludes Ara* 5iiB, devait repondre à A'bbâçth, on ne pourrait pas dire sans inconséquence d*A'bbaçeli ce que d'Anville cite d'un ilîne*raîre de la Palestine , que l'on trouve dans

3io MEMOIRE SUR LE CANAL

Sanut ' , terra est fertilis, et villa ahundat omnibus bonis ; ce qui est encore aujourd'hui fonde' par rapport au territoire d*A*bbâçeli.

La mansion suivante satisfait dans les xxviii. m», qui font repondre à Selœ ou Sâlehyeh. Mais les xxiv. nr. restans, pour la distance indiquée de Sclœ à Peiuse, par Magdolum , devraient être portes à xxxxiv. ivp. pour repoudre à la vraie distance de ces deux villes j sans pouvoir assigner cependant le site de Magdolum , quoiqu'il existe sur cette direction des ruines auxquelles nous pouvons le rapporter , et qu'on trouve à xii. lyp. environ de Peluse; mais la distance de Selœ à Magdolum serait alors de xxxii. y?.

Une autre route du même itinéraire , de Peluse à Mcmplns , y est ainsi de'taillec :

DISTANCES

mOICATlONS

DES LIEUX

MILLtl ROMAINS.

TotSCt.

ia(X)6.

XTIII.

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