‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 2)Chapitre 68 sur 87 · CO CO (V) CO · texte numérisé non relu

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DE FAIRE ÉGLORE LES POULETS, 4a5

Les Egyptiens n*excellent pas seulement dans Tart de ùire ëclore les œufs, ils savent anssi élever les poulets sans le secours des poules. Ce soin ne regarde plus ceux qui dirigent les couvées^ il est confie à quelques femmes dans les maisons des particuliers. Elles n'en ëlèvent jamais plus de trois ou quatre cents à-la-fois ^ et souvent, beaucoup moins. Ce n*est qu au bout de quinze ou vingt jours , lorsque ceuz-*ci peuvent se passer des premiers soins , qu'elles vont en chercher une nouvelle quantité' dans les couvoirs.

Pendant le jour, on les laisse sur un terrain sec, expose au soleil et couvert de déblais. On leur donne pour nourriture, du blé, du et du millet concassés j et de Teau pour seule boisson. A l'approche de la nuit, on les ramène dans l'intérieur des maisons y où on les tient en&rmés dans des espèces de fours de terre , afin de les mettre à l'abri des fraîcheurs de la nuit , et de les garantir de la poursuite de diffëreus animaux qui pourraient tes détruire : ils exigent ces soins particuliers pendant environ un mois; après ce temps on les laisse courir avec les poules.

Malgré l'opinion contraire de plusieurs voyageurs , la cbair des poules et des poulets ainsi élevés est tendre et succulente^ Les Égyptiens s'en nourrissent avec délices , et n*ont aucune préférence pour ceux qui proviennent de Tincubatiou des poules. A la vérité , les poulets sont rarement gras'; les poules sont petites, et les œu& moins gros que la plupart de ceux des poules d'Europe :

* Oan'cDgraissejamainlespouleU petits coqs. Oo 7 mange toute espèce en Égypic j on n'y cbaponne paa les de volaOÛ dans Féut natiire].

4a6 MÉMOIRE SUR L'ART

mais cela vient plutôt de rcspocc ou de la variété par-

ticuliëre des poules de l'ILgypte, que des moyens employés pour les ùAre ëclore. ^*

Lorsque ion examine tous les avantages que les Égyptiens retirent de leurs fours à. poulets , on regrette de ne point trouver cet art établi en Europe , et principalement en France, où il sersgit presque aussi praticable qu*en Égy pte ' .

Avec quelques soins, il sera toujours facile de faire

de tous les estais faits en Europe

pour y pratiquer cet art, et surtout le ilécouragrmpiit (îc ceux qui, A différentes éj)oques, ont fait Its plus grands efforts pourrétablireu Frao»

oe. lUaumar éisît tm de oriix qui rénoisssient le plus de moyens pour y réussir. Ses expériences étaient aussi ingéniensea «que la inéthode décrite dans sou ouvrage est savante ( voyez VAi i de faire colore les œufs, par Rcaumur) : mais ceux qui lui avaient appris celle des Egyptiens, lui ont laissé ignorer beaucoup de détails qui pouyaient éiie utiles à ses recherches, et lui assurer des résulti^ts plos «vantageuz.

Pour bien connaître cet art, il fallait non-seulement examiner la construction du bâtiment principal , et la distribution des couvoirs et des fours particuliers, mais encçre s'assurer de répoque à laquelle on com" menoe à opérer, vmr trarailler cha* que jour ceux qui sont chargés de la direction des fours, connaître, à Taidc d'un thermomètre, le degré de chaleur quMIs y entretiennent pendant le temps dos couvées; il fallait suivre ;\ plusieurs époques, et dans des fours diffcrcns , une se^

' Les voyageurs qni ont -visité les fours à, poulets de TEgyple, et qui en ont vu sortir de nombreuses couvées, ne doutent pas que cette méthode ue puisse égykuu ut réussir dans tons les pays ; mais personne ne s^est appliqué à bien examiner ces sortes d^étabUssemens, et à en recneîllir exactement les procédés.

Les voyageurs ne les ont jamais vus qu^unc fois, et, le plus souvent, lorsqu'ils n'étaient pas en activité :

aussi la plupart n'ont recueilli que des renscigneuiens inexacts , insuHisans, et pris au hasard.

Quelques voyageurs, tels que Wesling , Miebuhr et Nordeo , ont assez bien décrit les fours qni ser- TCnt A faire éclore les œufs. Ces trois auteurs, auxqtiels on peut réunir Thévcnot et le P. Sicard, rapportent aussi d'une manière assez conforme à la vérité, la méthode générale d'opérer; mais, en parlant des détails qu'exige te soin des fours pendant la durée des cou v ées , ils on t commis une quantité d^errcurs qui leur-sont communes avec beaucoup de voyageurs. Crst à la plupart de ces erreurs qu'il serait jKruiis d'attribuer aujourd'hui le peu de succc:j

eclore des œufs par rincubation artificielle. L'éducation des poussins présente seule plus ou moins de difûcullës, selon le climat et la saison. Mais Tindustrie des Européens ne surmonte-t-elle pas tous les jours des difficultés semblables, en naturalisant dans nos climats des plantes et des animaux étrangers?

Pour parvenir à l'aire eclore des œuis par l incuLation artificielle, et à élever les poussins sans le secours des poules , il serait , en quelque sorte, nécessaire de se coiiiormer à la méthode simple et industrieuse des Égyptiens : il faudrait surtout renoncer à ces grands étahlissemens , où l'on espérait faire eclore et élever en même temps plusieurs milliers de poulets.

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conde et une troisième ooavée. G^est j''ai rapporté mr Ififl foQrs à poulets à Taide de ce plan d\jbserTation que de TEgypte. je suis parvenu à recueillir ce que

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