I . . . I du canal; eosnite oa «tlellc doux
<> A*U hXiJl jms^ 3î^w bœufs avec des cordes au gouràfeh,
.ni II •! ...1 le côté sans rebord étant tourné vers
les bœufs. Lrf nomme niontc alor;»
8 Le gouru/cJi est un inslnimcnt sur cet instrument pour lui donner
que Ton emploie dans quelques lieux plus de poids j on fait avaucer les
CXFORD
5oo MEMOIRE SUR L'ADMINISTRATIOlf
A*det chejkhel^our^feh ' (usage pour le chef de ceux qui travaillent au moyen du gourâfeh).
Soghâr el'gourâfeh'' (usage pour les enfans qui travaillent avec le goarâ£eh).
Ce droit n est pajc que par un très-petit nombre de villages.
Matamsjrn el gouçour ^ (usage pour les gardiens des digues).
Ce droit est destiné aux hommes qui travaillent à
arranger les terres des digues , et qui les gardent pendant la nuit.
Les cinq derniers droits que je viens de nommer , sont destines aux travaux des canaux qui sont à la charge du sultan, et ne sont payes que par les mouUezim qui ont besoin de ces canaux pour que leurs terres soient arrosées ; encore il est fort rare qu'un même village soit charge de ces cinq impôts à-la-fois.
^ det taqiyr effendj el^ujldyeh^ (usage pour le qâdy de la province)
A'det nâjh rejheh^ (usage pour celui qui est charge de la police des filles publiques).
Peu de villages payent cette taxe , qui d'âilleurs n*est pas considérable.
Des dix-sept droits prëcédens , les uns sont établis
bonlk : la umt «ntra dant le goa- s 'tX/^' *
lAfeb par le o6té taoe rebord; et lorsqn^il est rempli, on la coudait ^ *J
hors des dieaes et on le vide. . , , .
, . iT , > Les qady ou jugea soDt aussi
> *5rj# ^ a^U ^ appelés ejendy.
' « O^li âiiU
Mi UÉGYPTE. Soi
depuis long-temps pour la milice des Ogâqiu : d'autres sont des augmentations plus récentes exigées par la milice eile-même^ d'autres, comme celui qui est établi ' pour les enfans qui travaillent à curer les canaux au moyen du gourâfeh , paraissent avoir été originairement des avanies que le temps aura consacrées comme des impàts légitimes*
Toutes les impositions pour les canaux, et une partie de celles pour la milice des Ogâqlu, sont prélevées maintenant au profit des commandans de province; ils ne font quelques réparations qu'aux canaux qui sont d'une nécessité absolue : tel est celui d'Alexandrie.
Chaque village ne paye pas toutes les taxes dont je viens de Ëiire Ténumération^ il y en a même qui sont usitées dans certaines contrées, et qui sont totalement ignorées dans d autres*
Le recouvrement de ces divers droits , et cdui du mâl kouclioufyeh payé par les moultezim, sont faits à différentes époques dans les villages mêmes. Les châhid et les serrâf en tiennent la note, afin de les déduire du mâl eMiourr , lorsque les mouUemm perçoivent cet impôt.
5^. Du myry etdes effendy.
Lst perception et 1 emploi du myry sont confiés à une administration coroposéede musulmans appelés ^éfi^^^ qui r&ident toujours^au Kaire. Le premier effendy est connu sous le nom de rouztiâingy ' ; il est choisi parmi les effendj, et nommé à vie par le grand-seigneur : il a
5oa MÉMOlllE SUR L'ADMINISTRATION
la dignité de nousf-saugdq ' ou demi^bey. Les autres places d'eilendy sont héréditaires et peuvent être vendues, pourvu toutefois que Tacheleur soit suffisamment instruit et reçoive lagrctnent du rouznâmgy.
Les fonctions du rouznâmgy sont celles d'administrateur gënëral et de receveur : nul autre que lui ne perçoit les fonds provenant du myrjj. ils sont versés i directement dans sa caisse. Le travail des autres effendj se borne à tenir les rc^iisircs de toutes les mutations des propriétés et des emplois qui sont assujettis à payer le myry , et à faire les comptes , soit de ce que chaque propriétaire doit en acquitter, soit des dépenses qui doivent être prises sur le produit de cet impôt. Tout ceci va s'e'claircir par le dénombrement des effcndy et par rindication des fonctions que chacun d*eux remplit. i
Le rouznâmgy. Je viens d'indiquer ses principales attributions. Il a sous ses ordres immédiats quatre ç^/i^^ nommes halfâ*, qui sont en quelque sorte ses commis, et que l'on désigne ainsi : le premier, bâch halfâ^ ; le 'Second I tâiij halfâ^; le troisième, iâlet haifà^} et le quatrième, râhe* hatfâ^.
Le bâch halfâest chargé de faire les comptes du niyry qui doit être payé par chacun des mouUezim qui possèdent des terres dans la province de Gyzehf, et parle 'gouverneur de cette province : de plus , il est chargé de
• UU jjlf 7 Ose-
4 IàU
IMS UÉGYPTE. 5y3
tàire le même travaîrpour le ^oaverneiir et pour trois
villages seulement de la provifice de Manfalout \ Gîs trois villages sont Benj r^fa'*, Benj liosejn eïraclwâf^, et Beft belâ ghejtK
L!effendj el-Charqjeh\ Ses fonctions par rap|)Oit aux provinces de Qiarqyeli, M^msourah^, Qeljoub'i, Atfyeh et Bahyreh , sont les mêmes que celles du bâck halla par rapport à celle de Gjzeli.
Ueffendjr el-Gharbyeh^ . Ses fonctions Sont encore les mêmes que précédemment, mais pour les deux provinces de Gbarbyeh et de Menoufyeb.
'^f'ffe^^ày eUchaher. Les attributions de cet effendy sont de deux sortes ; d*aLord il est chargé, dans toutes les provinces de la haute Égypte, des mêmes soins dont sont chargés les trois effendy précédens dans leurs arrondissemens respectilis. Ces provinces de la haute l^gypte sont Bahnaseh^, Fayoum, ^ehmouneyn*'', Man&lont, et Girgeli, cj^ui comprend les Oasis. Ensuite il fait les comptes du myry que doivent payer tous les fermiers et les douaniers de TÉgypte, tant ceux des ports de mer (jue ceux des ports intérieurs^ comme Boulâq et le vieux Kaire.
Ueffeiidy el-^lialâl^ \ Çest l'effendy qui est chargé
5o4 MÉMOIRE SUR ^ADMINISTRATION de faire les comptes de ce que chaque moultezîm de la haute Iigypte doit acquitter de xnyrj eu deurëes. Outre ce travail , il dent aussi les comptes d'un droit en argent assez, peu considérable , appelé mal moudâf el-ghaiâl, qui a élA ajoutë au mjriy en nature dans qudques villages.
Ueffeiidj ma^raf eUghaUV. Il est subordonne au précédent; les comptes pour la distribution des grains provenant du myry lui sont confies.
\2effcndef el-mohâsebeh*. Toutes les dépenses qui sont à la charge du grand-seigneur , comme les blés qui sont envoyés chaque année aux deux villes saintes, k. ^paration des canaux principaux, des ponts, des forts , etc. , toutes ces dépenses ne se font qu'après qu'il en a arrêté les comptes.
Ueffendy el-joumyeh. Sa place €St l*une des principales j il est le chef de dix autres ejfcndj qui sont char- . gés de Êûre les comptes des dépenses suivantes : l'un pour les hommes pauvres et impotens (^kâckedy) ^ 5 un autre pour les veuves et les orphelins (^ajtâm)^-, un troisième pour les aveugles de la mosquée ehAxhâr^', les grands cheykhs, etc. (^gaouâdj)^ -, et enfin les sept autres pour les sept corps de la milice des Ogâqhu
Ueffendy elrmoqâbelèhi * Il est Fexaminatenr et le vérificateur de tous les comptes de l'article précédent.
• jAJt ci>^ iS^\ »>jVf
4 ^Urft
DE UÉGYPTE. 5c5
Ueffendy eUkourekgy ^ Il &it le compte de ce qae chaque moiiltczim doit ppyer pour les frais de transport des décombres du Kaire aax boghât^'' de Rosette et de Damiette. Cette taxe, qui est comprise dans la somme du mjry , se nomme mal kourehgy : elle est peu considérable, car die ne s'ëlève pour toute l'Égypte qu'à vingt-huit bourses.
Les neuf effendy principaux que je viens de nommer , ont diacun, ainsi que le rouznâmgy , quatre haî^à .« réffcndy el-moqâbeleh , dont le travail est très-considérable , .èu a cinq. Ces mêmes ^/^n^^ayec le robznâmgjr et son bâch halfâ, ont chacun un hysehââr^, ou jïCMrteur du sac qui contient les livres de comptes ; ils sont considérés commes gardiens de ces livres 3 ils savent écrire et sont comptés parmi les effendy.
Le rouznâmgy a de plus avéc lui quatre châkird^ ou disciples, qui sont aussi compris parmi les effendy.
Ce ne sont pas encore là tous les membres de cette nombreuse administration : on y compte quatre houadh kliazyneh ^, ou écrivains du trésor. Deux de ces écrivains sont turks, et supérieurs aux deux autres, qui sont de la nation juive. Autrefois ils étaient tous les quatre de cette dernière nation, et Ton raconte que cela n a changé que depnb que Fun des écrivains }ui6 a abandonné sa
csL UQ mol turk qui veut dire rame.
L'effcndy chargé de rimpôt affecté *
au traûsport dos décombres est a()->
pelé kourekgy , parce que ce trans- 4 2^j£eJ^
port, qniaen lien aatrefoiSyaefii^
saitareodeabarqaes. 5 4&^J& ç>U£»
5o6 MEMOIRE SUR L'ADMINlSTRATlOrC
itîligion pour se faire musulman : deux de ses ûls lui ayant suocëde , il s'est ti-ouvé deux écrivains tnrks.
Deux des écrivains du pucliâ font partie de Tadministration^ ils sont appelés 'tezierchgy', d*an mot tuik qni signifie écrivain des ordres, Unn ëcrit en langue turque^ il est considéré comme le premier:! autre écrit en arabe.
Enfin trois senâf sont attaches à Tadministration du myry^ ils sont tous les trois juifs : l'un d eux est serràf-b&chy on premier serrftf; lenrs fonctions sont de compter l'argent et de vérifier les espèces.
lies kauuâb jdiazjnek et les serré^ sont sons les ordres immédiats du rouznâmgy, mais payés ^ ainsi que tou^ les autres membres de l administration ^ aux dépens da myry. Ils peuvent prendre , pour le&aider, autant d'écrivains et de serrâf qu'ils en ont besoin ^ mais ceux-ci sont payés par eux , et non par le myry.
On distingue le mjo-y en deux parties principales : le mâl chetaouf, ou droil d'hiver; et le mâl s^y, ou droit d'été. Les revenus du premier sont pris sur les récoltes de fèves , d'orge et de blé : ils . sont les plus considérables et les premiers recueillis ; aussi sont-ils affectés aux dépenses intérieures , qui sont toujours les plus urgentes. Les revenus du droit d'été , qui sont pris sur les rizières , sont plus tardifs et sont affectés aux dépenses extérieures.
Les comptes des eff end/y et les versemens du myry se fout quatre fois dans l'année, à trois mois de distance
DE L'ÉGYPTË. S07
les uns des autres; le premier a lieu vers le temps ou le Nil est à son plus haut point d'élévation. Les trois premiers paiemcns sont pris sur le droit d'hiver , et le quatiièmc sur le droit d'été. Voici comment se fait le versement : l'efifendy envoie à un moultezim ou à tout autre redevable , par un domestique du djouân ^, appelé tchâouch, la note du myry qu'il doit payer; le moultezîm se transporte avec ce tchâouch chez le rouznâmgj, qui, après avoir perçu la somme, donue un reçu provisoire, d'après lequel reffendy délivre un reçu définitif.
Les effendj ont une manière de tenir et d'écrire leurs comptes qui leur est particulière, et qu'ils disent ètr^ aussi en usage parmi les effendy de Constat! tinople. Leur écriture, qu ils appellent kennah'^y parait, au pre* mier ahord , ressembler assez peu à celle des Arabes \ elle n'en diffère cependant qu'en ce que les caractères en sont beaucoup moins élevés , et plus étendus horizontalement. Cette manière d'écrire permet de serrer beaucoup les lignes les . unes contre les autres , et c'e^ là aussi tout ce que les ^Jfenày y trouvent d avantageux; toutefois il n y a qu'eux qui puissent la lire iacilemenl.
Les Qobtes tiepnent leurs comptes en écriture arabe ordinaive , et écrivent les sommes au-dessous des indications ; ce qui rend les sommes totales fort difficiles à former. Les ejfenàjr, qui tiennent probablement leuï melliode de Constantinople, suivent la manière européenne ; ils écrivent les sommes dans la même ligne que l'indication , en ayant soin de ranger toutes celles qui
5o8 MEMOIRE SUR L'ADMINISTRATION
doîveot être additionnées ensemble , les mies an-dessois
des autres. Ils paraissent fort satisfaits d*être en posscssion de cette méthode; et dans tout autre pays que rÉgypte, on anraic lien d'être étonné de ne pas la voir adoptée généralement , surtout par des hommes comme les Qobtes, dont le plus grand travail consiste à £iire des additions : mais en Egypte , où l'habitude prévaut par-dessus tout , cela n'a rien qui doive surprendre.
Le ronznftmgy prâente les comptes de toute son administration au pâchâ, au defterdâr"^ ou chanceHer, qui est toujours un bey*, et au dieykh el-beled du Kaire. Quand ils sont approuvés, on les envoie & Gonstantinople , écrits en langue turque kermah. Quelquefois aussi le grand-«eignenr les £iit vérifier psur un nghây qu'il dépêche à cet effet.
Lorsque toutes les dépenses qui doivent être l^itimement prises sur le myry sont prélevées , il reste en- • virondouzemiilebom^es.Gettesomme,appeléeÂÀd!2/<€/< i ou trésor, forme le revenu du grandnseignenr, et Im est apportée par un bey. C'est en Tannée iijS de lli^yre que le dernier envoi a eu lieu.
• Les dépenses publiques qui sont prises sur le myry, peuvent être divisées en quatre parties principales:
1^. Gdmfyeh el-masr^. Sous ce titre on comprend les pensions et les payes accordées dans toute Fétendue de rÉgypte : telles sont, la paye des troupes, celle
* Le dernier deCMfd&r a él« Ayoub-bej le pelii , qui a péri à la bataille det Pyramides.
ME UÉGYPTE. 509
des ^endy, etc* , les pensions venyes, des orphelins, des aveugles de la grande mosquée, des grands cheykLs , etc.
a®. Masdrif el-haramejn^. Ce sont les dépenses qui
se font pour les deux villes saintes , la Mekke et Mcdine.
3^. Masdrif emyr hdggy Sous cette dénomination Ton comprend non-seulement ce qui est accordé à Témyr Iiâggy, mais encore la paje des troupes qui protègent V la carayane , et les cadeaux qui se font à diverses tribus d'Arabes qui sont sur la route, poui* le$ engager à la respecter.
4^. Masdrif eUsa*rah^. Ce qui signifie dépenses acci^ denteUes, comme, par exeniple, le sucre ou le riz qui sont quelquefois demandés par le grand-seigneur, les réparations des canaux, des forts, etc. On comprend encore dans cette quatrième division les donations Ëdtes à certaines mosquées ou à certains cheykhs, mais qui sont plutôt d*usage qu obligées.
Ce qui re^ après l'acquittement de toutes ces dépenses, forme, comme je lai déjà dit, le revenu du grand>seigneur : mais les beys , depuis plusieurs année^^ sanrent arranger leurs comptes de manière qu'il ne lui revient rien du tout i et comme ils disposent à leur gré du pàchà, ils obtiennent de lui un firman pour toutes leurs de'pen ses feintes ou réelles, en sorte qu'en apparence ils sont toujours en règle vis-à-vis du grandsdgneur.
5io MÉMOIRE SUR L'ADmMSTRATIOiy
Voilà ce qu*il y a de ffénénï sur Femploi da myry en
argent j je viens au myry en nature.
11 avait été institué pour la nourriture des sept corps âiOgdqlu, et il leur en est effectivement distribué une partie; mais une foule d'ékablissemens pieux, les etu* dians de diverses écoles , un ^nd nombre de/amilles , comme celles el-Sdddt\ el-Behry*, etc., y ont des droits. Les ftffendy, le pàchà, le qddy a'skar^, etc., participent aussi à la distribution du myry en nature. Des dépenses d'un autre genre, comme la nourriture des fabricans de poudre du gouvernement, celle des bœufs qui font mouvoir les machines qui douuent do l'eau à la citadelle, sont encore prises snr lé myry en nature. Enfin on peut évaluer à plus de cintpiante mille le nombre des individus qui participent à la distribution des denrées provenant du myry de la haute Egypte.
Cette distribution est confiée à un ogâqlu du corps des Tchdouch, appelé émyn el^chououh; ce qui veut dire fidèle dépositaire. 11 est chargé du soin de la perception , de lemmagasinement au Kaire, et de la distribution. Les bey$ sont obligés de le protéger lors dû reconvrement et du transport, et ils se sont fait accorder poui^ cela une quantité considérable d'orge et de blé.
Je ne croîs pas devoir entrer dans plus de détails sur la nature des dépenses qui sont à la cbaige du myry, ni publier le tableau de toutes les personnes et de tous les établissemens qui ont des droits aux pensious en
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DE LÉGYPTE. Su
argent et aux distributions en nâtnre : ce tniTail ne
pourrait oLlenîr quelque înte'rêt, qu'autant qu'il serait joint à toutes les autres parties des finances de FÉgypte, afin de oomposer nn ëtat complet des revenus ^t des dépenses de ce pays avant sa conquête par les Français. Bailleurs je me suis moins proposé déparier, dans ce mémoire , de l'imposition en elle-même, que du système d'imposition ; encore me suis-je borné au système d'imposition territoriale.
J'ai dit que les effcndj tiennent des registres exacts de toutes les niutations des pjropriétés territoriales, afin de pouvoir faire chaque aTinec le compte du myry pour tous ceux qiiiy sont assujettis. Les effendj, ayant pai-là une entière connaissance détentes les propriétés, sont les hommes les plus propres à être employés à l'administration de l'enr^istrement : aussi c'est à eux qu'elle est confiée.
Les mutations de propriétés peuvent être divisées en trois classes; celles par décès, celles par ventes absolues
ou temporaires, et celles par donations.
Lorsqu'un moulteiim est mort, ses enfans, ou ceux en faveur desquels il a testé, fout leur déclaration à l'efTendy dans le département duquel se trouve la succession. Celui-ci en avertit le pftchâ, afin qu'il donne son agrément aux héritiers ; agrément qu'il leur accorde toujours moyennant le droit appelé haloudn ' qu'ils lui payent. Ce droit, qui n'est pas toujours bien détermine', n'excède jamais trois années de l'imposition appelée
5ia MÉMOIRE SUR L'ADMINISTRATION fdyz, qui est, comme nous l'avons vu, le revenu net et it^itime du moultezîm. Les ejfendy délivrent ensuite aux liâritiers nn certificat de déclaration on enregistre^ menty appelé tagsjd % en vertu duquel ils sont légitimes possesseurs; les ejfendj reçoivent un pour cent dn myry paye par les terres.
Les sommes provenant du droit halouân sont reçues par nn caissier do pâchft : c'est le kâtib eUmdl houU% dont j'ai parlé au commencement de ce mémoire.
Pour les mutations de terres par vente et par donation , il n'est rien accordé au pâchâ lui-même; mais on paye à ses écrivains vingt-huit medins par qyrât de tOTCS achetées ou reçues, comme droit de confirmatioD. IjeBeffendj enregistrent ces mutations, et reçoivent un pour cent du prix de la vente ponr les choses vendues, et un pour cent du montant du myry , pour les terres données. Pour ces deux espèces de mutations, le qâdjr donne un hoggek^ on sentence légale, et perçoit deox pour cent*
Les ouaqf de terre en faveiur des Csimilles sont regardés comme de simples donations et sujets aux mêmes formalités i ceux en faveur des lieux saints sont faits par-devant le qudy a'skar-et enregistrés par les ef" fondj'. Les ventes de terres , de iellâh à fellah , et les hharouqah, sont du ressort des ^jddy : en$n les suc-
cessions, les ventes de maisons et de meubles, ne regardent que les qddj, qui perçoivent im droit quils
» 4> JUI oJU^
DE L'ÉGYPTE. 5i3
règlent e^x-mèmes avec ëquitë d'après la richesse des diens.
Les feUdh font encore entre eux une autre espèce d*édiange; ils louent leurs terres pour une année seule* ment : cet arrangement se conclut de grc à grë et sans l'intervention du qâdjr. Eu gênerai, toutes les fois qtie les moulteeim on hsfeUdh ont entre eux quelque cdiifiance réciproque, ils terminent leurs affaires par-deyant lemoins, sans appeler le qâdjj ou bien ils ne lui demandent une sentence que pour une faible partie des biens qu'ils viennent d acquerii* , afin de diminuer les frais.
J'ai eu occasion de dire, au commencement de ce me- . moire, que les biens de ceux qui menrènt sans héritiers appartiennent au fisc. J'ajouterai ici qne le droit du fisc est connu sous le nom de bejt eUmdl^ ^ qu'il était autrefois destiné en grandepartie pour les pauvres ^ et qu'lbràhym-bey, qui l'a affermé, en donne encore une p(»tion, fort petite à la vâ'ité; pour rentenrement de ceux dont les familles sont trop indigentes poui^ en fiiire les frais.
Les effendj jouissent en Égypte de beaucoup de considération sous les rapports de la probité, des mœurs et de l'instruction. La plupart parlent et écrivent la langue turque, outre celle de leur pays, qu'ils connaissent trèsbien. Ils ont tous une somme de richesses qui les place daiis la classe des gens aisés; et ceux qui occupent les premières charges, sont regardes comme des hommes
5i4 MÉMOIRE SUR L'ADMINISTRATIOI»
riclies. Outre les émolumens qui leur sont accordes pour chaque eoregislrement j ils ont une re'trUmtion annuelle qui est prise sur le myry ; die est de cent cinq bourses, ou 95750 francs , pour toute la corporation des effettày: h rëpartition en est fiiite entre eux, suivant Timporr tance de leius charges respeclives.
On a pensë que les Turks avaient laissë la gestion de leurs biens entre les mains des Qobtes , par lespèce d'incapacité des musulmans pour un pareil emploi : cela n*est pas exâct, et il suffit de radministration du myvy pour le démontrer. C'est plutôt par la répugnance des Turks pour les innovations, et surtout par rintéréc que les Mamlouks avaient à conserver pour percepteurs des hommes qu aucun motif ne portait à ménager le fxnrpfi de.la nation , qu'il faut expliquer pourquoi ks QoLtts n ont pas cesse d'administrer les propriétés prticulieres.
Je terminerai ce mémoire par quelques remarques sur rhét édité des emplois publics, et même des métiers particuliers, chi» les Égyptiens.
Il n'y a en Egypte aucune fonclion publique qoi doive, par son institution, être héréditaire, et cependant elles le sont presque toutes : cela tient an caractère de cette singulière nation, chez laquelle tout semble tendre vers la constance et Tuniformite. Peut-^tre le climat de l'Égyple , toujours si semblable à lui-mémè, et dont les saisons se succèdent chaque année précisément aux mêmes époques astronomiques, en présentant toujours la même série de phénomènes, doit être regardé comme Tune des causes de cette disposition, et
DE L'ÉGYPTE. Si5
comme ayant donné sa teinte d'unifornoité au caractère des habitans : da moins ce caractère n'est jfias TefiGet de leurs nouvelles institutions; et tout ce que les anciens ;royageuTS nous ont appris toacbant rbimieiir tranqnîlle et presque apathique des Égyptiens de leur temps , nous le retrouvons dans celle des Egyptiens d aujourd'hui. Ainsi ils ont conservé leur peu de curiosité et leur éloignement pour les voyages; jamais on ne les voit s expatrier, tandis qu'il se r^ chez eux un grand nomhe d'étrangers, et que beaucoup de Syriens et dlabitans de la côte septentiîqnale de TAfrique viennent sjr établir*.
: Remarquons encore , au sujet de la tranquillité du caractère des Iigyptiens, que toutes les révolutions arri- •vées dans leur pays , tous les -changeuens que leur gouvernement a éprouves, sont dus à des étrangers , même dès les temps les plus reculât dont Thistoire ait gardé le souvenir, et que le plus grand calme a rëgnë parmi eux tant qu ils ont été gouvernés par des princes de leur nation.
. Ce besoin de Tuniformite s était tellement manifesté, qu*il avait donné naissance à de certaines lois ; car il est évident, par exemple, que celle qnî divisait les Égyptiens en sept classes, dans lesquelles les enfans devaient succéder à leurs pères et pratiquer le même métier, lui doit bien certainement son origine. Aujourd'hui les
* Il n^y a que les Alexandrins qui eux, et la nécessité de se lirrcr aa ne soient pas aussi sédeniaires : les commerce extérieur, toutes ces cao^ relations plus souvent répelées quHls ses ont Q^cessairement ua peu moont avec lei antres peuples , la Ta- difii leur Iniiiieiir» riélé des natioat fp& Jubitcnt panai
5 16 MÉMOIKE SUR UADBIINISTRATIOir
chom ne sont pu esBenlieUement difiEéventes sur ce point : les divers mëriers forment dans chaque ville ai^ tant de corporations, qui ont un chejkh particulier^ et il est rare qoe les enfiuis sortent de celle de lenrs pères et n'embrassent pas la même profession. ?
Cest par cet empire de riiafaitude , par cette propension à laisser -tontes choses dans le mAme^tat, que les places de cheykh, de châhid, de khaouly , etc. , que j ai dit élfe i la nomination des moukezim ou au choix des felldh, sont presque toujours héréditaires; on ne trou^ qne rarement la nécessite de les iaire sortir des familles où >elles sont , et jamais on ne le fait^parpnr eapÉlÉI^ '
Mais qette puissance de l'habitude est encore plus marquée pàr rapport à la place de premier cheykh elbeled d'un village. Le plus communément elleest entre les mains du cheykh le plus riche , qui se tronve élre ausR le pins estimë', parce que , ne tenant son ptovoir qne de la considération qu'il inspire, il lui importe de Ûen. -vivre pour le conserver : aussi l'on voit rarement un premier cheykh perdrë «on autorité; et les/e/ûtt aiment mieux qu'elle soit confiée au jeune ûls du cheykh qn'ila révéraienti, que de la voir passer j&i fSwfM n^aios qui peut-être seraient plus expertes. >
U arrivait cependant que les Mamlouks, toujours étrangers chez la nation qu'ils gonvemaient , et dont ils foulaient aux pieds les usages quand ils en étaient contrariés , enlevaient arbitrairement cette place de premier cheykh à celui qui la possédait , pour la donner à quelques-unes de leurs créatures ou à quelques-uns de leurs domestiques qu^ils voulaient récompenser^
DE L'EGYPTE. 5in
Ceci me conduit à une dernière réflexion qui se pré* sente natnrellenient : c'est le peu de confiormité qu*il y avait entre le gouvernement essentiellement destructeur des Mamlouks et celui que le caractère des Égyptiens semble demander; c'est la perpétuelle opposition qui existait entre l'humeur de ce peuple, telle que je viens de l'esquisser , et celle de ses maîtres inquiets et ambitieux. Quelle étrange différence, en effet, entre ces Égyptiens craintife, même pusillanimes et si faciles à soumettre au joug , et ces Mamlouks entreprenans et guerriers y toujours rivaux les uns des autres, ne connaissant aucun des liens du sang , redoutant ceux de Famitié , n'agissant absolument et directement que pour eux seuls , etdout toutes les actions étaient arbitraires, capricieuses , et déterminées par les circonstances du moment' !
' ■ n n*e8t pdit-élre pat iantile d« . de ces objets, et sur les notes qu'elles
dîreici que les renseignemensd^apTès ont bien voaln me commnniqner.
lesquels oe mémoire a été rédigé. Quelques soins que j'aie mis à
m*ont élu donnés, pour cbaqnepar- prendre ces renseignemens, quelque
fie , par les hommes qui y sont ré- nombreuses qu'aient été mes infor-
pulés les plus versés, er. que je n'ai mations, \t n^ose pas me flatlcr
rien ccrii sans avoir toujours eu plu- d'avoir toujours rencontre la vérité;
sieurs réponses semblables sur la mais, sMl s'est fjlissé quelques inexac-
XDcine question. J'ai consulté les titutles dans ce mémoire, le temps
qàdy-i les effendy^ les cheykbs les et de nouvelles iuformatious me les
plus instruits du Ksire, les princi- feront découTrir.
pMix Qobtes , et surtout ceux dont VmOma' de ete écrit m piropostâi
la probité est la moins suspectée* de le levoir et (fy faire plusieurs
Les cheykhs, les serrâf de villago ûdditions; mais les soins qu'il don^
ont été interrogés; je n^ai pas non naît à la direction de l'outrage ^ et
plus négligé de questionner les Jel" lajin prématurée qui l'a ravi à ses
lah. J'ajouterai (ce qui n'est yias saus trat^aux , l'ayant empêché d'accom-
quelque importance) que j aj lou- plir ce dessein , L'on a J'ait imprimer
jours eu de très - bons interprèles, son mémoire, tel qu'il l'avait lu à
Enfin j'ai eu ooeasion de vérifier les PTmtim d'Égypte , le \fnmain
réponses que j'ai obtenues, auprès an ix (a2 notvmbre iSoo}.'
des personnes qui se sont occupées £• J.
• tf*
Dirais
VA RECOi>iNAISSANCE FAITE EN VENDÉMIAIRE AN VII
(septembre et octobre 1799)';
Par M. LE GÉJSÉUAL ANDRÉOSSY.
L'ËcYFi E a ete le berceau des arts et des sciences. Leurs principes étaient recueillis par les colites des prctres, ou consignes dans ces hieVoglyphes dont la langue n'e&t plus connue. Les prêtres égyptiens, occupés spécialement de Tobseryation du ciel, faisaient moins d'attention aux faits naturels qui se passaient sous leurs yenz : aussi, lorsqu*Hérodote fut àMemphis, il s'aper« çut, en conversant avec les prêtres, qu'ils ignoraient les causes des cliangemens qui avaient dû survenir dans la partie inférieure de leur pays comprise depuis l'en*^ trée de la plijiine jusqu'à la mer.
Une circonstance remarquable, c'est qua 1 époque où ce père de l'histoire voyageait en Kgyple , on sortait d une longue guerre , pendant laquelle tout ce qui tient à réconomie publique avait été néglige , Tentretien des
> Ce mémoire • déjà élé puUié dm U.IDécide égyplîooiie , imprimé M Kaife.
canaux s'en était consëquemment ressenti. Cette contrée
gémissait, en outre, sous un gouYernement militaire pareil à celui des Mamlouks, et les parties voisines du
<leserl étaient infestées de brigands , comme elles le sont encore.
He'rodote trouva donc TÉgypte à peu près dans le même état où elle a été depuis ^ et il ne put pas voir et recueillir un très^rand nombre de &its : ceux que rènferme son Euterpe , sont précieux ; mais il nous laisse dans 1 incertitude sur beaucoup d autres* Strabon et Diodore de Sicile ont ajouté peu de chose aux récits d'Hérodote. Abou-l-fedâ, en. nous faisant connaître la géographie de son temps ^ ét les autres écrivains du trei* zième siècle, en proposant des conjectures, n*ont fait qu'augmjBnter les doutés. D'ailleurs l'Êgypte , tant de Sois asservie , après avoir changé de donûnateiNrs, devait aussi changer de laugage j et les diverses dénominations d'objets qui avaient subi des modification^, ou qui ne subsistaient plus , ne tendateat qu*à jeter delà oon&sioii dans les idées*
Les auteurs de nos jours n'ont pu que compulser les anciens écrivains et les voj^ageurs modernes. 11 était ré* suite de leurs rechei*cheS| principalement de. celles de d'Anville, des dissertations savantes, d*api;iès lesauelles cecélèbregéograpbejivaitconstruitses cartes deTEgypte ancienne et moderne, qui étûent les seules détaiUées qui existassent avant larrivée de Tarmée dans ces contrées. On s'était aperçu d abord , par lusage qu'on avait ^ bit de ces cartes, qu'elle^ contenaient beaucoup d'erreurs, et il était difficile, malgré la profonde critique
SUR LE LAC MËNZALEH. 5a i
qu a employée d'Anville, que cela eût pu être autrewmU 1^ séjour de Tarmée «n-Égypte a donné les moyen» de rectifier le plus grand nombre de ces erreurs , de lever bien des doutes j et de rétablir des faits tombés presque dans Toubli par le laps de temps, et parce cpie la barbarie des gouvernemens avait éloigné touie recherche.
Le général en chef m*ayant ordonné de faire la re^
coDuaissance du lac Men2»aleh y les bases de Tinstruction qu'il m*ayait remise, et les secours en sujets intelligens qu*on m avait procurés , m'avaient mis dans le cas de donner à mes opérations un peu plus d'étendue et de précision que n*en peuvent avoir ordinaircmoD'; les re« connaissances militaires Je vais rendre compte de mes observations; je proposerai mes conjectures, je les ap* puierai des recherches qui se sont présentées. En m'aidant, sur quelques faits de géographie physique, de Fautorité des premim écrivains, je ne les ai point adoptés exclusivement mais j'ai consulté la nature , qui était plus ancienne que ces anteurs, et qni est, en même temps , notre contemporaine.
§• I. Ancienne branche Tanitique retrouvée»
* LV)pinion des anciens était que le Nil déchai geait ses eaux dans la mer par sept embouchures; il y avait donc sept branches*, qui prenaient les eaux au sortir des montagnes , et les conduisaient à ces sept ouvertures.
__^jis, ljic«ned«fielaoa^ elle Gntil.( h enrte topo» lerée «rce beaucoup do loia ot lo gniidilc|oe de r^fgrpto.) plos grind déuul ptr KM. Joeotin « Lei poètes ont appeU ooi lept
L'ordre dans lequel les anciens les connaissaient, était', en allant d'orient en occident,
1**. La branche Pélusiaque ou Bubastique; .
2^. La branche Tanitiqne ou Saîtiquei <|Qi porte aujourd'hui le nom ^Omm'fâreg;
5^. La branche Mendesicnne ou de Dybeh^
4^. La branche Phatnitique, qui est celle de Dajniette;
5^. La branche Sebennytiqne ou de Bourlos }
&. La branche Bolbitine on de Rosette;
. 7^. La branche Ginopique ou d'Abouqyr.
Ces branches existent-elles en entier ou en partie, et peut^-on en retrouver les traces? C'est ce que nous allons examiiier pour les trois premières, qui sent comprises dans la reconnaissance qne noos ayons faite.
La branche Pélusiaque était navigable lor squ'Alexan- dre pénéira en Égjpte; il fit remonter par ce canal sa flottille, qu'il avait fait venir de Gliahza : mais aujourd'hui cette branche est comblée. On en voit encore , devant Pélnse, l'extrémité qui aboutissait & la mer; die est remplie de fange. J'avais été amené à indiquer que les traces de cette branche devaient se trouver et elles se trouvent réellement dans la province de Charqjeh, eu
bnodiei )«• UmeliM du Mil ( ona) : cAe«, lei oiiTeniaret de ces mlmM
oettedAnomîoation éuut dnei Hdée bfanebei dauh mer. Cette dietino-
de grandenr quMls Toulaîent donner tioa eH dWtant plus nécessaire,'
de ce fleuVe. Mais , eo traitant de la que qnelqaeS'unes des branches prî^^
géographie physique de TÉgjpte, mitivet sont supprimées en totalité
nous sommes forcés d'établir une ou en pariîo, et qu'on retrouve leurs
distinction : nous appellerons ôm/i- bouches isolées, ou bien formant
ches, les canaux qui , de la partie le.scommunicationsdesdifférÇQslaca
au-dessous de Memphis, se ren- de rËgjplc avccla mer. ' daieol à la Méditerranée, et bow
8e dirigeant vers Basta , ville ruin^ , ancieuneineiit connue sons le nom de Subtute, et qu'on aperçoit à quelque dislance à gauche de Belbejs , en allant vers la Syrie.
U règne une obscurité impénétrable sur les branches Tanitique et Mendesienne, qui venaient apiès^ Pelusiaque, et qui se trouvaient dans l'emplacement ^'oo« cupe le lac Mensaleh , appelé autrefois lae Tem^s^
Lorsque j'ai pénétré dans le lac Menzaleh, par la bouche de Dybeh, le la vendémiaire (4 octobre) , j'ai , été' frappe de la largeur et de la profondeur du canal qui est à droite» après avoii* passé la bouche. J'ai commencé i soupçonner que ce pouvait être Textrémité de Tan-» cienue branche Mendesienne, et j ai cherché à en retrouver la direction par des sondes fréquentes. Les cirt constances de mon entrée dans lè lac ne m'ont point . permis d'achever ce travail.
Ce que je n*ai pu exécuter pour la branche Mendé^ sienne, je crois l'avoir fait pour la branche Tanitique ^ dont la boudbe est celle d'Omm-fftreg. En allant de cette bouche à Samnah , on passe à droite des ilës de Tounah et de Tennys , et Ton pénètre dans le canal de Moueys. L'entrée de la boudie a beaucoup d'eau j et le fond est de vase noire. On mouille à droite des iles de Tennjs et de Tounah, par seize à vingt décimètres d'eau : la partie de gauche n'est praticable que pour de très-petites germes, et la ligne de la limite de la navigation du lac Menzaleh ne passe pas loin de leur direction. Les Ilots, les bas-fonds , qui se rattachent au sud de ces iles , font soupçonner un continent submei^.
Le canal de Mouejrs , qui inonde la province de Qm^
qydi, pénèlre dans k lac Menzaldi, aa stid-<mett des
lies de Mataryeli. Ce canal , depuis Samnali jusqu'au lac 9 a depuis cinquante jusqu'à cent vingt mètres de largeur, et depuis XroU jusqu'à quatre mètres de profondeur^ il communique avec le JXil, et il verse dans le lac, godant Jinondation» nn Tolame d-eau considérable, qui pénètre assez loin sans prcndrede salure; Lies rives de ce canal sont plates^ ce qui annonce quil n'appartient point à des temps modernes i^oomme nous le verrons §. V,
Tous ces indices étaient plus que sùfiBsans pour me &ire soupçonner que le canal de Moueys n'est autre chose qu'une partie la branche Tanitique, qui se prolongeait jusqu'à la bouche d'Onun-âlreg , et qui avait sur sa rive droite les villes de Samnah , de Tounah et de Tennys. Je fus confirmé dans mon idée, lorsque, de retour, et en construisant , d après Tes notes des opérations qui avaient ëte faites, la carte du lac qui fut dressée alors , la direction du canàl deMoueys , les îles de Tounah et de Tennys, et la bouche d'O m m-fâreg, sont venues se ranger non sur une ligne droite , mais ont pris cette courbure naturelle qu'affectent les coursd'ean.
J'indiquai de même que les traces de la branche Mendétenue, dont la bouche est celle de Dybdi, devaient se retrouver en $e dirigeant vers le canal d'Achmoun.
§• IL Etat actuel du lac MenzaUlu
Le lac Menzaleh est compris entre deux grands golfes découpés chacmi eu d'autres petits golfes ,.et une longue
bande de terre basse et peu large, le sépare de la
mer. Les deux golfes, en se réunissant, rentrent sur s eux-mêmes , et forment la presqu'île de Menzaleh , à la pointe de laquelle se trouvent les ties de Matarj^ , les seules du lac qui soient habitées. La plus grande dimension du lac, dans la direçtion ouest-nord-ouest, est d'environ 8385o mètres (45ooo toises); elle s^écend de Damiette à Péluse : sa plus petite dimension, sur une direction perpendiculaire à la prèmière, en partant de Mataryeh, est de 17000 mètres (8722 toises).
Les lies de Mataiyeh sont très-populeuses. Les cahutes qni recèlent leurs habitans, bâties de boue, ou partie eu briques et partie de boue , couvrent entièrement ieur sur&ce. Dans Tile de Mjt el-Mataryeh, les cahutes sont pêle-mêle avec les tombeaux; elles paraissent plutôt des agglomérations de tanières que des • habitations d'hommes. La population de ces iles comprend, outre les femmes et les enfans, onze cents hommes occupât à la pedtte, et -à la chasse des oiseaux aquatiques.
Ils sont sous l'autorité de quarante che£s^ et ceux-ci dépendaient de Haçan-Toubâr, qui avait la pèche du lac Menzaleh sous la redevance qu'il faisait aux bejs : il e'tait en outre nn des plus riches propriétaires <le l'Égypte , et peut-être le seul qui eût ose accumuler des biens-fonds aussi considérables que ceux qu'il avait. Sa &mille était de Menzaleh ;^elle comptait quatre à cinq générations de chcykhs. L'autorité de Haçan-Toubâr était ti'ès-considérable; elle était fondée sur son crédit; ses richesses, une nombreuse parenté, la grande quau-
5a6 MEMOIRE .
titë de salaries qui de'pendaicnt de lui, et Tappui des BédooinSy auxquels il dounait des terres à cultiver 9 ec dont il comblait leé diefs de prësens. Ces diverses populations d'Arabes pouvaient se rendre dans le canal de Mouejs par le canal de Sàlehyeb, qui en est dérivé , et de là déboucher dans le lac, pour se joindre aux liabitans de Menaaleb et de Mataryeb.
Ces derniers, avec de pareils voisins, et seuls proprielaires d environ cinq à six cents barques qui naviguent sur le lac Menzalehf étaient les tyrans du lac ei des pays riverains. Leur commerce consiste en poisson fiais t poisson salé, et boutargue. La pèche du mulet , dont les œnfr donnent la boutargne, se &it près de la bouche de Dybeh : quarante à cinquante pécheurs habitent pour lors, avec leurs familles, sous des cabanes en nattes, aux pointes des îles qui avoisinent cette bouche.
Les pécheurs du lac Menzaléb et les Bédouins des
villages sont très-cupides , et profondement ignorans. Ils ne connaissent point la division du temps en heures , ni, comme les Arabes du d^rt, par la mesure de leur ombre. Le lever, le coucher du soleil , et le milieu du jour, sont les seules parties qu'ils distinguent dans les vingt-quatre lieuresj et ccst en les supposant places cheK eux, e% en rapportant à ces divisions l'estime des dislances, qu'on peut obtenir quelques renseignemens sur la position des lieux de leurs cantons.
Menzaleh , qui a donné son nom au lac , est une ville peu considérable, en partie ruinée, située sur la rive droite du canal d'Achmoun, à trois lieues de Matarych,
et six de Damiette^ sa population est à peu près de deux mille habitans : on y trouve des mannfiictures d*éioffes
de soie, et de toiles à voiles, qui fournissent à Matarjehj elle a des teintureries , et cpidques autres &biiq[ues de peu de conséquence.
On voit dans le lac Menzaleh des îles anciennement habitées, couvertes de décombres : elles pësentent un relief assez considérable au-dessus de Teau^ ce qui leur fait donner par les habitans le nom de moRtagnes ' , Nous ferons voir plus bas que ces lies étaient des villes qui appartenaient à un continent quia etë submergé. -
Les îles de Tènnjs et de Tounah paraissent être les plus considérables. La première a conserve' son ancien nom; celle de Tounah a pris celui de Cheykhrjd(*bdaUah, du nom d'un cheylch ou santon auquel on a élevé un tombeau dans celle île. D'après l'observation de M. de Volngr, les dénominations de chiyfih, santon, fou, imbécile, sont synonymes. Les santons, ces personnages qui fixent pendant leur vie l'étonnement des peuples de l'Âsie par la sombre extravagance de leurs actions, ont après leur mort des tombeaux révères , parce qu'ils excitent le zèle des fidèles, et que la piété y dépose quelques aumdnes pour les pauvres. Nos chapelles , nos oratoires isolés dans les campgnes ou sur les routes, avec leurs troncs, leurs lampes sdlitaires, et les images tracées sur leurs murs par le pinceau de la superstition , n'avaient-ils pas le même objet ?
Les îles du lac Menzaleh, qu'on voit à fleur d'eau,
* Ils discal la montagne de Tennys, la montagne de Tounah, la montagne de Samnah,
5a8 MÉMOIRE
sont incultes , stériles, et Ion n'y trouve d autres productîoiis que des plantes marines* Qaekjiiee-iiiies ont des tombeaux àë santons , qui , sur cette surface unie j sont les seuls points de repère que nous ayons pu trouver pour la constmction de notre carte*
Les eaux du lac Menzaleli ont une saveur moins desagréiUe que celles de la mer. Elles sont potables pendant Tinondation du Nil , a une assez grande distance de lembouchure des canaux qui , tels que celui de Moueys , se déchaînent dans le lac. On les trouve légèrement saumâtres, ou d'un goût fade, sur les bords où pénètrent les eaux qui découlent des rizières.
Lès eaux du lac sont phosphoriques.
L'air du lac est très-sain : il y a plus de trente ans que ks faabitans de Matarydi n*ont point en h peste dans leurs îles.
La profondeur générale du lac Menzaleb est d*un mètre : on trouve depuis denx j usqu'â cinq mètres d'eau dans la direction des anciennes branches Xanitique et
Le fond du lac est d'argile mêlc'e de sable , aux embouchures^ de boue noire , dans les canaux de Dybeh ou d*Omm-{® de vase, ou de vase mélëe de coqnil- - Isges ) partout ailleurs : le fond , dans bien des endroits , est tapissé de mousse.
Le lac Menzalèh est très-poissonneux; ^'entrée des bouches est fréquentée par des marsouins. Nous n avons pas vu beaucoup d'oiseaux sur le lac , mais bien sur la plage , le long de la mer, dans les parties que les eaux venaient d'abandonner.
SUR LË LAC MËNZALËH. Sikg
On navigue sur le lac à la voile, à la rame , et à la perche; le vent ^nlraire double ou triple le temps d'un trajet , selon que le vent est fort. On mouille en s'amarrant à deux perclies, qu*on enfonce .ti^ès-aisement. Tune de lavant et Tautre de l'arrière.
Les bateaux pêcheurs du lac Menzaleli ont à peu près la même forme que ceux du Nil, c'estrà-dire que leur proue est plus élevée d'environ sept décimètres que leur poupe. Dans la première , larrièie trempe encore davantage dans l'ean;* ce qui donne plus de &cilite au pécheur, debout sur le pont, d assembler sou filet, de le jeter et de le retirer. La quille est concave sur sa longueur, à cause de l'echouage, assez fréquent dans un lac qui se trouve avoir autant de bas-fonds.
Lorsque les habitans de Mataryeh vont &ire la pêche loin de leurs îles , ils prennent de l'eau douce dans de ' grandes jarres qui sont amarrées au pied des mâts de leurs germes : chaque germe a une de ces jarres.
Les pêcheurs de Mataryeh paraissent former une classe particulière. Comme ils interdisaient la pêche du lac Menzaleh à leurs voisins , ils avaient avec eux peu de communication. Presque toujours nus, dansreau,e.t livr& i des travaux pénibles , ils sont forts, vigoureux et déterminés. Avec de Ijclles fuîmes, ils ont un air sauvage leur peau brûlée par le soleil, leur barbe noire et dure, rendent cet air plus sauvage encore. Lorsqu'ils se trouvent en présence de leurs ennemis , ils poussent millecris barbares avec l'accentdela fureur ; frappent sur une sorte de tambourin , sur le pont de leurs bateaux, et sur tout ce qui peut faire du bruit 3 ils em- É.M. XT. 34
ô3o MEMOIRE
bouchent le buccin , et développent le fameux rouhli ' dans la conque de ce coquillage. «rSi nous étions des miliciens, disaient les Tolontaires, ce vacarme nous ferait peur , et nous nous jetterions à Teau. » Ainsi le soldat français conserye partout sa gaieté y et sauve par un bon mot l ennui) ou l'idée du danger des circoustanœs où il se trouve.
Le lac Mensaléh ne communique avec la mer que par deux bouches praticables, celles de Dybeh et d'Ommfâreg , qni sont les bouches Mend^enne et Tanitique des anciens.
Entre ces deux boudies, il en existe une troisième, qui aurait communication avec la mer sans une digue factice formée de deux rangs de pieux , dont Tintervalle est rempli de plantes marines entassées. On trouve une bouche semblable, mais comblée, au-delà de celle d*Omm-iàreg. Ces ouvertures .étaient connues des anciens, et Strabon les désigne par le nomde<^^0çc/^<xr« (pseudostomata) , fausses bouches.
La langue de t^rre qui sépare la mer d'avec le lac, et qui 6*étend depuis la bouche Phatnitiqne, on de Damiette , jusqu a la bouche Pélusiaque , n'a , sur un développement d'envircm gaooo mètres, qne quatre interruptions. Cette langue, assez largo entre Damiette et Dybeh , entre Omm-iàreg et Péluse , n a que très-peu de largeur entre Dybeh et Omm-â^reg; elle est trèsbasse, sans culture, et, comme les lies du lac, couverte en quelques endroits de plantes marines. La pbge n*est poiut riche en coquillages; on n*y voit ni cailloux rou*
* Xauhh t^nigryà ktii l Relit e-toi de moi , chien !
les ni d autres piernes, mais seulement quel({ues ponces que la mer y amène. Les coquillages leaplns communs
sont les buccins et les bivalves de la petite espèce.
Chaque bouche est fermée, du oàté de la mer, par une Leiiic en portion de cercle, dont les extrémités se rattachent à la côte, à l'endroit des reafs. Ces banes dilfêrent de celle qui se trouve à Tembouchure du Nîl*à Damiette, et qui d ailleurs a la même figure et la rnéme position, en ce qu'elles n'ont point de boghâz. Mais, comme le vent élève les eaux d'une passe de près de six décimètres , et quelquefois plus , on peut &andiir ces barres avec des embarcations d'un tirant d*eau assez avantageux. * '
Pour que ces barres, eussent des bogbâz, il faudrait qu'il existât aux bouches des courans considérables; ceux qu on j voit sont dëtermuiës par une sorte de balancement des eaux du lac et de celles de la mer pendant et après le solstice, comme nous allons le faire voir.
Durant le solstice d*ëtë, le vent du nord-onest pousse les eaux de la mer sur une partie des côtes de Tligypte, . les y tient suspendues, et fiiit .refluer les eaux du lac Menzaleh sur les îles basses et sur ses Lords j le lac luimême reçoit les eaux de Tinondation qui lui sont fournies par les canaux qui y aboutissent : c'est le moment de la plaine pour ce vaste bassin. Lorsque le vent du nord-ouest cesse, les eaux de la nier, en retombant par leur poids, laissent à de'couvert une plage d'environ deux cents mètres; Tinondation du Mil commence à baisser^ leseaux.du lac se retirenl de dosas la pa/tie
53a MEMOIRE
des iks qu'elles recouviaient, comme les eaux de 1 luoodation alandonnent'le sol de TÉgypte, et il se fonne aux deux bouches de Djbeh et d'Omm-fureg un cou- Tant da lac dans la mer, dont la vitesse est d'envinm
trois raille mètres à l'heure; ce cpii doit bccasioner, an bout d'un certain temps , une baisse sensible des eaux da lac;
L'Egypte demande doue à êti^e considérée dans deux états : le premier , à Tépoque ou les eaux de rinondation coQYrent le pays; le second » lorsque les eaux sont entièrement écoulées.
§• III. Etat actuel des terres qui avoisinent le lac
Menzaleh*
Les contours du lac Menzalch sont eu partie stériles et en purtie cultiyës. Depuis Temboudittre du Nil jusqu'à la Louche Pélusiaque, les langues de terre qui régnent le long de la mer sont stériles; la plaine de Péluse et les bords du lac, en remontant vers la province de Charqyeli, sont un désert. Cette province est inondée par le canalde.Moueys; le même canal et celui d*Achraoun inondent une partie du canton de Menzaleb* Le canton de Fâreskour reçoit les eaux du canal de ce nom. Les presqu'îles de Damietle et de.Mennldi sont couvertes de belles rizières alimentées pai* des canaux d'irrigation qui ont dans leor voisinage des canaoi d'écoulement.
Le rapprochement des canaux d'£usab el-Kache (Qassâb d-Qacfa) et de Donâr-Selânieii, i une lie»
aa-dessus de Damietle, m*a donné la clef dp système d'irrigation suivi dans celte partie , et en même temps la facilité de, connaître à peu près, sans nivellement, la dififàrence de hauteur des eaux du Mil' et de celles
du lac.
Le premier canal tire ses eaux du Mil, se dirige vers le lac , et n'a point de communication avec lui : il est
enferme entre des déblais delerre, et fournit , au moyen de coupures, des rigoles pour FarrosemenL
I.e second communique avec le lac seulement j il est plus bas que le canal d'£usab el-Kache (Qassàb el- Qach), sur le ^Ôté duquel il vient aboutir, et dont il n'est séparé 'que par une digue de peu d épaisseur : ce canal est destiné à recevoir Técoulement des eaux de ces rizières.
En rapportant la hauteur des eaux de ces deux canaux à la partie supérieure de la digue qui les sépare, on a trouvé, le 1 5 vendémiaire (7 octobre), Irentc-cinq centimètres pour la différence de hauteur des eaux du premier canal sur celles du second : ce qui a donné, pour ce jour , l'élévation du ]Nil sur la ^)artie correspondante du lac Menzaleh ; car le rapport entre ces deux hauteurs doit varier suivant les quantités dont baissent les eaux dii Nil et celles du lac. On voit au-dessous de Menzaleh deux canaux qui ont un pareil rapprochement , et il doit en exister de semblables dans le goii'e de Fàreskour. Uu nûomenzahmètre placé à chacun de 'ces points donnerait journellement le rapport de ces variations.
Le terrain pour les rizières est divisé en compartimens cernés de petites digues dans lesqudles existait
des coupures qu'on ouvre et qu'on ferme à volonté, pour
&ire entrer les eaux et les laisser léconler.
Les champs pour enseméncer les terres , les carrés pour rctii er le sel marin par évaporation , sont disposés i de la même manière. Dans ce dernier procéclé, Fean subit seulement une première ëvaporâlion par son séjonr dans un réservoir sépare : quand elle est ainsi conceatr^ , oii riiitrodait dans les compartimens, où die se répand en surface, et conserve peu de profondeur. Les eanx mères se rendent dans mi ràeryoir plus bas.
Lorsqu'on veut semer, on commence par donner une première façon -, on inonde ensuite le champ qu'on a préparé :'au bout de vingt-quatre heures/ét après qœ la terre est bien humectée , plusieurs liouimcs y entrent, fouillent le terrain avec les mains, réalisent , et jettent en dehors les mottes trop dures. Cette op^tion terminée, on fait écoulei* les eaux : peu de temps après on jette la semence ; et au bout de qudques jours le champ se couvre de verdure. Nous avons obseiTC que la terre des déblais qui borde les canaux d irrigation, est employée comme engrais : ou la place par tas dans les champs, avant de tracer les sillons, de la m^me manière qu'on dispose les tas de fumier en Europe.
On voit que, dans ce système, il existe un canal supérieur, pour les eaux qui alimentent, et un canal inférieur , qui reçoit le déversement de ces mêmes eanx, après qu'elles ont été employées.
Lorsqu'on ne peut pas se procurer ce niveau supérieur, on âève les eaux par le moyen de roues à pots ou de roues à jantes creuses : ces dernières servent de
préférence, lorsque le niveau du canal alimentaire n'est pas trop bas.
Tdie est la mani^ de colther les terres ans envi- *
. rons de Damietie et de Menzaleh. Ce dernier endroit possède près du lac , et dans la partie comprise entre les deux branches dans lesquelles se divise le canal d'Achmoun j au-dessous de la ville ^ deux marais salans^ qui fonmissent une grande quantité de sel, qu'on obtient parles procèdes ci-dessus, très-blanc, et cristallise par coucbes de six à buit millimètres d épaisseur. .
Une des branches du canal d'Achmonn se dirige vers el-Sairab : ses eaux servent à alimenter les rizières , et à abreuver, pendant la durée de Tinondation, la population des îles de Mataryeh et celle des villages voisius. Les liabitans profitent de ce moment favorable pour remplir les citernes publiques , qui sont de grands ré* seryoirs à ciel ouvert, construits en maçonnerie, et revêtus, dans llntérieur, d'un très-bon ciment: on y introduit jusqu'à cinq mètres d eau. Quand ce secours est épuisé, on ouvre, dans la campagne, des puits d'environ trois mètres de profondeur , qui deviennent très-abondans. 11 n'est pas extraordinaire que ïeam afflue dans ces citernes artificielles, creusées dans un terrain imbibé d eau pendant quatre mois de Tanne'e,- et dont les coucbes inl'érieures d'argile tenace sont imperméables.