‹ Description de l'Égypte, ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française (volume 3)Chapitre 64 sur 95 · VUE, PLANS ET COUPES DU MOULIN A SUCRE · texte numérisé non relu

VUE, PLANS ET COUPES DU MOULIN A SUCRE

Fîg. i. Vue perspective d'un moulin pour pressurer la canne à sucre , mis en mouvement par un bœuf.

Ce moulin a été dessiné à el-Bayâdyeh, village chrétien audessus de Minyeh , dans l'Egypte moyenne.

Au-dessus d'une fosse circulaire de 70 centimètres environ de profondeur, est placé un beffroi, qui porte deux cylindres avec leurs axes, posés horizontalement l'un sur l'autre : deux roues d'engrenage verticales sont adaptées à ces cylindres : elles sont d'un diamètre différent, parce que l'une est fixée au cylindre du bas , et l'autre à celui de dessus. Ces deux roues sont disposées de manière à engrener avec une roue dont l'axe est un arbre vertical auquel on a conservé une branche pour servir de point d'appui au levier auquel le bœuf est attelé.

Dans la fosse au-dessous des cylindres est une grande jarre en terre dans laquelle tombe le jus de la canne à sucre. Un homme debout dans la fosse prend les cannes deux par deux sur un tas placé à sa droite , et les fait passer entre les cylindres : un autre homme puise dans la jarre le jus de la canne , et l'emporte dans un vase fait en forme de sébile; il le verse dans de petites gouttières par lesquelles ce jus coule dans des réservoirs placés dans une pièce voisine.

Ce moulin, quelque imparfait qu'il soit, et quelque grossière que soit son exécution , est cependant une preuve de l'intelligence des Égyptiens. Malgré leur ignorance des principes de la mécanique, et de l'art de calculer les effets des machines, ils ont

4*o ARTS ET MÉTIËRS.

néanmoins senti qu'étant obligés d'avoir deux roues d'un diamètre différent, et par conséquent d'une vitesse différente, ils devaient donner également à leurs cylindres un diamètre différent : on voit, en effet, que celui qui est attaché à la grande roue, est plus gros que l'autre.

Fig. 2. Plan général de la sucrerie.

A , B, deux pièces ayant chacune un moulin à sucre.

A est le plan de la partie basse du moulin où se trouve la jarre qui reçoit le jus de la canne à sucre ; B est le plan au-dessus , avec les rouages d'engrenage.

a. Pièce où le jus de la canne est réduit en sirop.

b, b. Gouttières où l'on verse le jus de la canne, et par lesquelles il coule dans les vases que contient la pièce voisine.

Cj C. Jarres en terre cuite, servant de réservoirs, et placées sous les gouttières pour recevoir le jus de la canne, qu'on porte ensuite dans la chaudière.

C Chaudière pour la fabrication du sirop.

d , d. Formes ou moules pour les pains de sucre.

Fig. 3. Coupe de la pièce a {fig. 2) où se fait le raffinage, prise sur la ligne CD.

a. Chaudière.

Fig. 4. Plan détaillé du moulin à sucre sur une échelle double, a. Fosse où se place l'homme qui fait passer la canne entre les cylindres.

Fig. 5. Coupe du moulin à sucre sur la ligne AB , fis:. 4- , et sur la même échelle.

Le moulin est composé de deux cylindres horizontaux a b 7

PLANCHE m 4ai d'un diamètre différent, ayant chacun une roue verticale à son extrémité : ces deux roues engrènent dans «ne roue horizontale adaptée à un corps d'arbre où est fixé le levier du moteur.

Le diamètre de chacun des deux cylindres est proportionnel au nombre de dents dont est garnie la roue verticale concentrique à ce cylindre, de manière qu'en supposant les dents également espacées sur les deux roues, leur vitesse de rotation soit en raison inverse de leurs diamètres.

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