PLANCHE XXVII
FlG. ï. LE FAISEUR DE TUYAUX DE PIPE.
On appelle chovbouq les tuyaux de pîpe (àitscn boîs de diffcrentes espèces , tels que le noisetier , le cerisier, le lilas ou le jasmin ; on les paye soixante , quatre-vingts et jusqu'à cent pataquès, lorsqu'ils ont dix fetr de long (dix-neuf décimètres environ). Les tuyaux en roseau sont plus ordinaires, et s'appellent bous dohhân.
L'ouvrier qui perce les tuyaux de pipe, soit de bois, soit de roseau , se nomme dioitbouqgy ; il y a au Kaire un quartier appelé Choubouqgjeh , auprès du Mouristân , où l'on ne voit que des boutiques occupées par cette espèce d'ouvriers. Le chouboukgy se sert d'une petite machine en forme de châssis, qu'il maintient avec le pied, et qui est garnie d'un gros fil d'archal, appelé metqàb. Au moyen d'un archet , il introduit ce fil dans le tuyau , qu'il tient perpendiculairement de la main gauche , et la mèche pénètre successivement jusqu'à l'extrémité. D'après la position du bois ou du roseau , l'on voit que le tuyau se vide de lui-même , sans que l'ouvrier perde du temps à' le nettoyer , tellement que cette opération est ûiite en une ou deux minutes. On a aussi un calibre sur lequel on ajuste le tuyau quand il est percé , ainsi que le représente la figure.
Les tuyaux de bois précieux sont garnis de soie plissée , et à la base , de fils d'argent et de soie entrelacés plus ou moins richement. Quelquefois on les lait de deux parties , pour les rendre plus portatifs ; quand on veut fumer, l'on rejoint les deux bouts à l'aide d'une vis.
Voyez le détail de la machine planche xxx , figure 17, et l'explication de la même planche.
PLANCHE XXVII. 487 L'examen de cette planche donne lieu de renouveler la remarque de l'usage habituel que l'Egyptien fait de ses pieds. Cette habitude appartient à presque tous les ouvriers. On peut l'attribuer à ce que les gens du pays sont très-souvent déchaussés ; par-là ils ont de fréquentes occasions d'employer le pied à divers usages. Les orteils étant libres, souvent exposés à l'air, et de plus toujours propres' et bien lavés , conservent leur souplesse , leur mobilité naturelles, et acquièrent de la force par un exercice constant, comme cela arrive à tous les organes qu'on exerce. L'habileté de certains ouvriers est telle, qu'avec le pied ils saisissent leurs outils , les maintiennent sur un point , et les dirigent même où il faut. A cet avantage , les Égyptiens en joignent un autre, c'est d'avoir les pieds et les ongles bien faits , et non déformés comme chez les Européens qui usent d'une chaussure serrée. Voyez les planches XV, XVII , XX , XXI , XXV.
E. JOMARD
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FlG. 3. LE PILEUR DE TABAC.
Les Égyptiens font usage de tabac pilé et non râpé ; ils y mêlent un peu de natroun pour le tenir humide. Ce sel attire l'humidité de l'air et n'est point malfaisant.
Les mortiers dont ils se servent sont de bois et ont la forme des
nôtres ; leurs pilons sont fort différens. Ils emploient pour pilon
une massue fort longue , dont l'extrémité la plus étroite est celle
qui frappe le mortier et broyé le tabac, tandis que l'extrémité
supérieure, qui est la plus large, augmente l'action du pilon par
le poids plus considérable qui en résulte. Les mortiers et les pilons avec lesquels les Égyptiens pilent le café et diverses drogues ,
ne ressemblent point aux mortiers ni aux pilous usités pour le tabac.
A. Delile.