‹ Description de l'Égypte ou, Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée françaiseChapitre 38 sur 68 · On construit à Alexandrie quelques gros bâti · texte numérisé non relu

On construit à Alexandrie quelques gros bâti

mens de commerce, dés caravelles , espèces de frégates turques, percées de 40 à 5o canons, et desdjermes, qui font le cabotage à Rosette et à Damiettc par les bouches du fleuve '. La classe des habitans qui se livre au service de la marine, habile les rivages des deux ports, mais surtout ceux qui sont situés au sud de la presqu'île du Phare, et réservés aux constructions navales. Livrés à la pêche et au commerce de cabotage, les Alexandrins fournissent des marins intrépides : on trouve parmi eux d'habiles nageurs, et surtout des plongeurs de la plus grande force ; on en raconte des anecdotes assez étonnantes.

13. La population d'Alexandrie, à l'époque de notre conquête, pouvait être d'environ huit mille âmes ; elle était réduite à sept mille à l'époque de notre évacuation. Elle est composée d'Égyptiens proprement dits , de Turks , d'Arabes , de Maures , de Grecs , de Syriens, de Juifs, et de quelques chrétiens européens. C'est à l'ombre des bazars ou quartiers marchands de cette ville qu'il est curieux d'observer la réunion de tant d'individus de nations diverses, que l'intérêt des relations commerciales rassemble en paix, et qu'il divise avec éclat dix et vingt fois en uu seul jour. C'est là que, comme dans un tableau mouvant, on peut juger des nuances infinies que la nature imprime sur le front

1 On peut voir, dans le Mémoire la description des diverses espèces sur le canal des deux mers, article de bâtimms que Ton construit en de la navigation du Nil (section n , Egypte

vi, E. M., tom. si, page 3?),

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comme sur toute l'habitude du corps de l'homme, ainsi que des différences morales que les climats , 1 éducation et la religion apportent dans son caractère , dans ses opinions et son existence. Je n'essaierai pas d'en donner une esquisse; elle serait trop imparfaite, si elle restait privée du coloris que demande un pareil sujet : le trait le plus vigoureux ne saurait suppléer au défaut du pinceau; et, en essayant de peindre, je sortirais des limites où je dois me renfermer.

14. Je m'abstiendrai encore de parler de l'administration civile et de la force du gouvernement militaire qui veillaient à l'existence comme à la sûreté' des habitans de cette ville : je me contenterai de dire que les institutions qui concernaient particulièrement l'administration civile de l'Egypte , étaient anciennement liées à la religion, et qu'à cet égard les choses n'ont pas changé; ainsi aujourd'hui le Qorân est tout -à- lafois pour les muftys et les qadys, prêtres musulmaus, le livre de la religion , le code des lois , la règle des mœurs et des usages. Quant à la force militaire, elle n'était le plus souvent que le soutien des abus affligeans qui en dérivent, quand elle n'est pas contenue par une sage modération , et surtout par une discipline sévère.

15. Le commerce d'Alexandrie ne consiste plus aujourd'hui , pour ainsi dire , que dans l'exportation des grains, des riz et du natron de l'Égypte, dans celle des calés de l'Arabie, et de quelques marchandises de l ïnde, qui y arrivent par la mer Rouge. C'est par les ports de cette ville que l'Egypte et l'Abyssinie reçoivent en échange les draps , les soieries , les verreries et autres

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objets de Marseille , de Livourne , de Venise , de Constantinople et des autres échelles du Levant.

Alexandrie, qu'on ne doit considérer aujourd'hui que comme une ville d'entrepôt, renfermait, avant notre arrwée en Égypte , d après M. Olivier,

88 mosquées , dont £6 du premier ordre et 4-2 du second; aoo métiers à (aire des étoffes légères en soie , propres aux vêtemens des gens aisés de l'un et de l'autre sexe ; 4-oo métiers à toile dite moghrebine , pour faire des chemises à l'usage du peuple ; 5o métiers à faire des étoffes d'un gros tissu en laine , à

l'usage des Arabes ; 3o savonneries, dont les huiles étaient importées de la Moréc , de Crète et de Syrie.

On y fabrique encore des peaux en maroquin rouge, qui sont très-eslimées , et qui trouvent un grand débit au Kaire et dans d'autres villes de FÉgypte et de l'intérieur de l'Afrique.

16. Le climat d'Alexandrie est assez sain ; quoique très-chaud en été, il est tempère' par les fraîcheurs des nuits : les rosées du soir, surtout dans la saison des vents étésiens, y sont, ainsi que dans toute la partie maritime de l'Égypte, d'une humidité saline qui pénètre tous les corps. L'hiver est très-pluvieux à Alexandrie : c'est toujours dans cette saison humide que les maladies épidémiques s'y manifestent avec plus ou moins d'intensité ». Strabon dit, en parlant du climat de cette ville :

« La salubrité de Pair est remarquable : elle est due

* L'armée a dû remarquer avec tude la perte que noua fîmes de seize autant d'élonnemeat que d'inqaié- cent cinquante hommes de la garui-

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à la situation de la ville , qui est baignée de deux côtés , et à l'avantage qu elle retire de la crue du Nil ; car, dans toutes les autres villes qui sont placées sur le bord

son d'Alexandrie, durant les trois •mois du premier hiver que nous avons passé dans cette ville, c'està-dire en décembre 1798, janvier et février 179g, quand cette année la peste n'atteignit qu'un très-petit nombre des ha bilans du pays.

Quelques voyageurs qui ont parlé des causes et de l'origine de la peste en Égypte, ont avancé qu'elle n'y était point endémique , et qu'elle n'y était apportée que par des bâtimeos venant de Constanlinople, ou de quelques autres échelles du Levant, ou même de l'intérieur de l'Afrique. Je crois que les premiers officiers de santé de l'armée, MM. Desgenetles, médecin en chef, Larrey, chirurgien en chef, Savaresy , Franck et Balme , médecins ordinaires, et autres, qui ont observé et traité en Egypte celte maladie, sur laquelle ils ont publié des écrits, ne partagent pas cette opinion.

Pourquoi cesserait -on d'adopter, en effet, celle dont on trouve dans Strabon les causes exposées d'une manière si claire , si simple et si naturelle? L'esprit humain ne marchet-il donc que de systèmes en systèmes , toujours admis dans un sièele , et toujours combattus et détruits par de nouveaux dans le siècle qui lui succède ? Cependant, ai, cessant d'isoler des faits, on vient à les généraliser, on reconnaîtra, ce me semble , que la stagnation des eaux et l'humidité qui en résulte, sont, dans tous les pays chauds , le germe de toutes les maladies endémiques

et épidémiques qvi y ftgnent constamment. Que l'on cite les pays où ces maladies exercent leurs ravages , la Guiane, Saint-Domingue, l'Égypte, la Hollande, etc., la France dans ses parties marécageuses, telles qu'à G ra vélines et à Kochefort , et l'on sera convaincu que ces maladies y sont produites par les vapeurs pestilentielles que le soleil pompe dans des eaux stagnantes, qui laissent à découvert des terres fangeuses. Qui pourrait douter que les épizooties, ces maladies si funestes aux bestiaux, ne soient des espèces de peste produites par les eaux stagnantes que boivent nos troupeaux dans les temps de grande sécheresse?

On objectera que, dans la haute Egypte, où il ne pleut presque jamais et où il n'existe pas de marais, la peste s'y manifeste également. Cela est vrai; mais on a remarqué qu'elle n'existait le plus souvent qu'après une inondation extraordinaire du fleuve, et sans doute par l'effet d'une trop grande humidité des terres , suite d'un trop long séjour des eaux. La peste y est alors d'une force et d'une intensité terribles ; elle y ravage des villages entiers, comme il est arrivé l'année même où nous avons évacué l'Égypte , en iboi. On observe qu'avec le fleuve elle descend dans la basse Egypte , quand , dans les années d'une mortalité ordinaire , elle a une marche opposée de la mer vers l'intérieur au sud.

On doit encore penser que l'al-

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des lacs, on ne respire, pendant les chaleurs de l'été, qu un air épais et étouffant , produit par les vapeurs que le soleil y élève : la vase séjourne sur les bords de ces lacs; il s'en exhale des émanations marécageuses, qui répandent dans l'atmosphère le germe des maladies et font naîtrela pesle. Mais , à Alexandrie , le Nil , qui croît annuellement au commencement de l'été, fait hausser les eaux du lac, et ne laisse à découvert aucune partie vaseuse d'où il puisse s'élever des exhalaisons nuisibles. Alors les vents étésiens , qui souf-

ternative continuelle de la grande chaleur des jours et de la grande humidité des nuits, surfont dans la saison des pluies et dans celle de , l'inondation . dérange l'équilibre des humeurs, et que les effets d'une variation si brusque et si fréquente tendent à décomposer le sang, déjà trop affaibli par des transpirations excessives et habituelles : c'est dans cet état que le corps , disposé à recevoir les moindres influences d'une atmosphère chargée les soirs et les malins d'exhalaisons putrides, les pompe par tous les porcs; car le sang, comme l'air et l'eau, est un fluide qui se vicie et se décompose par la stagnation. Cependant je suis bien loin de prétendre que la pesle ne puisse être apportée quelquefois en Egypte du dehors, et surtout de l'intérieur de l'Afrique ; car, si cette maladie semble, dans beaucoup de cas, se gagner par le contact, on doit être assuré que les venta, qui sont le véhicule des vapeurs malignes et délétères dont est chargée l'atmosphère, la transportent aussi souvent de contrée en contrée: la rapidité de ces pestes terribles qui ,

u diverses époques, en 176, an, a5a, 539, 54a, 558, 747» 1006 et i348 de notre ère, ont moisonné près d'un tiers de la population de l'Europe, et ont menacé le reste du globe, ne doit pas laisser de doute à ce sujet, quand Tune de ces pestes surtout , sortie de l'intérieur de l'Afrique,'fut transportée avec la rapidité des vents en Egypte et en Syrie, d'où elle se répandit en Europe. J'admets donc que la peste est endémique cl épidémique tout-àla-fois ou séparément, suivant l'eiat atmosphérique des climats , mais principalement eu Egypte. L'opinion de Strabon , qui m'a conduit à ce développement de considérations physiques sur la peste, me confirme dans celle que j'émets ici, d'après les propres observations que j'ai été à poi lée de faire dans les deux atteintes que j'ai éprouvées de celte maladie on Egypte, et auxquelles je n'ai échappé que par une grande activité, par la force de l'âge et de mon tempérament , et par dis transpirations excessives que je me suis procurées à propos.

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fient de la partie du nord et de la haute mer, apportent la fraîcheur aux habitans d'Alexandrie, qui passent agréablement Tête'. »

On ne peut rien dire, à mon sens, de plus précis et de plus exact 5 on doit conclure de ce passage du géographe grec, que l'inondation du lac Mareotis, resser-r rée dans de justes limites , en recouvrant le sol fangeux de son bassin dessèche, ainsi que nous l'avons dit dans notre Mémoire sur les lacs d'Égypte, article Mareotis, doit rendre à cette ville les avantages de son ancienne salubrité. On dit son ancienne salubrité , parce qu'il semble que les maladies épidémiques qui ravagent trop souvent cette ville, ainsi que l'Ëgypte en général, étaient alors bien moins fréquentes , ou qu'elles avaient bien moins d'intensité, que depuis que cette contrée est tombée sous la domination d'un peuple que rendent insouciant au dernier degré ses opinions religieuses sur l'inévitable destinée des choses humaines.

Après avoir traité de tout ce qu'il importait de faire connaître de la ville moderne, nous allons poursuivre notre marche et nos recherches en parcourant des yeux le plan de son ancien site.

17. Quand on quitte le sol d'atterrissement de la nouvelle ville pour passer sur l'ancien continent, on entre par des portes élevées dans une vaste enceinte fortifiée, qui ne renferme plus que les restes de l'ancienne Alexandrie. Les ruines des villes antiques attirent en général l'intérêt et la curiosité des hommes. Il semble qu'à l'ombre de ces vieux monumens des générations passées , l'esprit trouve quelque charme dans

les souvenirs pleins de regret qu'ils rappellent : leur aspect silencieux porte dans 1 ame une émotion secrète qui l'agite et l'élève; on aime à les contempler; on les quitte avec peine , on y revient avec plaisir. Les ruines

d'Alexandrie , au contraire, n'inspirent qu'une tristesse amère et profonde; car elles n'offrent que l'image hideuse de la destruction absolue de l'homme et de ses ouvrages. En effet, dans un vaste espace, fermé d'une double enceinte flanquée de tours élevées , le sol n'est couvert que des ruines de vieux monumens ensevelis sous des monticules de décombres, de colonnes et de chapitaux brisés ou renversés , de pans de murs écroulés , de voûtes enfoncées , de revêtemens de murs dont les pierres défigurées sont rongées par l'humidité saline du salpêtre et de l'acide marin : partout on trouve des puits et des citernes à demi comblés, ou des fouilles profondes, d'où les habitans retirent des pierres calcaires qui portent encore l'empreinte du travail des hommes, et qu'ils réduisent en chaux; partout on ne marche que sur des débris de poteries, de verres, de scories métalliques, sur des fragmens de toute espèce de marbres, et au milieu d'une poussière blanchâtre, que les vents ou les pieds des voyageurs élèvent et promènent toujours en tourbillons. Au milieu de ce chaos, quelques habitations solitaires, environnées de tombeaux, semblent ne s'élever du sein de ces ruines que pour couvrir de leur ombre l'asile de la mort. Ces tombeaux, formés de petits caveaux, renferment des corps qui reposent sur un sol de cendres, derniers restes de la fragilité humaine. Enfin , l'intérieur de cette enceinte

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ne renferme plus que la poussière (Tune immense cite', que l'on cherche en vain au milieu de ses murs.

18. Les premiers objets -qui se présentent aux yeux du voyageur dans ce champ de ruines , sont deux monticules dont 1 élévation, de cinquante à soixante mètres, permet aux navigateurs de s'en servir comme de points de reconnaissance des atterrages de Tunique port de l'Égypte : l'un de ces monticules , celui qui est le plus à l'est, porte le nom de butte Sainte- Catherine, que lui donnent les Francs ou chrétiens du pays; l'autre à 1 ouest, dominant le port vieux, avait à sa sommité' une tourelle qui servait de vigie : ces deux hauteurs ne sont composées l'une et l'autre que de débris de poteries et autres décombres qu'y apportent journellement les habitans de la ville ; leur sommet , d'où la vue se porte au loin sur terre et sur mer, a été couronné d un fortin et de lignes de retranchement qui les contournent et en défendent les approches Ces mônti-

• Le général en chef Bonaparte qu'il avait faite d'une jambe au

avait honoré la mémoire de deux premier siège de Mayencc en octo-

olEciers supérieurs de l'arme du gé- bre 1795, l'activité la plus éton-

nie , morts au champ d'honneur, en nante. Recommandable également

donnant leurs noms à chacun de ces par les plus belles qualités de l'àme

forts. Celui de l'est était appelé et par ses connaissances variées et

fort Crétin , du nom d'un colonel étendues dans les sciences physi-

du génie tué au combat d'Abouqyr ques, dans la morale et dans la po-

en juillet 1799. Le second était ap- litique, il emporta en mourant les

pelé fort Cafanttij du nom d'un regrets de l'armée, et fut pleuré de

général de la même arme, qui mou son premier chef comme des géné-

rut des suites des blessures qu'il raux et du soldat, et des membres

avait reçues à Tune des affaires du de la Commission des sciences et

siège de Saint- Jean-d'Acre en Sy- des arts, dont il fui en Égypte le

rie, le 27 avril 1799. Aussi brave père et l'ami tout à-la-fois. Ce n'est

militaire qu'habile ingénieur, Caf- pas ici un hommage rendu à la mé-

farelli conservait , malgré la perte moire de Caffarelli dans la vue d'ac-

SUR LA VILLE D'ALEXANDRIE. &i i

cules ne doivent avoir été forme's que depuis peu de siècles : il paraîtrait , d'après le rapport de Léon d'Afrique, que nous avons rapporte ci-dessus, que le plus occidental existait du temps de Selym , en 1 5 1 7 . On sait que ce sultan , pour remédier aux inconvénicns de ces montagnes de décombres sous lesquelles le Kaire et toutes les villes de l'Egypte semblaient déjà à cette époque devoir être ensevelis un jour, fil publier un édit qui ordonnait de transporter toutes les immondices des villes par terre et par eau jusqu'aux bouches du fleuve. Nous dirons quel parti avantageux Ton pourrait retirer de ces montagnes, que les vents dépouillent d'une infinité de parcelles qni retombent souvent en pluie de cendres sur les villes qu'elles enveloppent et dominent en grande partie.

19. Un objet vers lequel on se porte avec le plus d'intérêt, est un obélisque que l'on aperçoit dès l'abord du port vieux. Sa flèche élevée, qui appelle les regards du voyageur, m'invite à commencer ma description par ce monument, le seul ou du moins le plus intact des restes de l'ancienne ville.

Près et au sud de l'une des tours de l'enceinte , dite tour des Romains , donnant sur la côte orientale du port neuf, on trouve deux obélisques en granit , que . la tradition appelle vulgairement les aiguilles de Cléopâtre , du nom de cette reine superbe, la dernière de la

quitter la dette de la reconnaissance et de Syrie , se plut à rendre aux

particulière ; c'est le témoignage grandes qualités de cet officicr-gé-

méme de la justice que le chef de néral, l'un des plus distingués de

Tétat-major de l'armée , dans sa l'armée d'Egypte. Relation des campagnes d'Égypte

race des Ptolémées , qui , occupant seule alors le trône des successeurs d'Alexandre, fut contrainte d'abandonner à-la-fois les rênes du gouvernement et les délices d'une vie quelle venait de sacrifier au rival d'Auguste, après la bataille d'Actium.

Les aiguilles de Cléopâtre sont deux obélisques en granit oriental , dont l'un est renversé et l'autre reste encore élevé sur son piédestal : de dimensions à peu près semblables , leurs faces quadrangulaires sont chargées d'inscriptions hiéroglyphiques. J'ai dessiné une des quatre faces de celui qni est renversé.

Parmi ces signes d'une écriture symbolique, on remarque, parfaitement imitées et sculptées en relief sur creux, les figures du bœuf, de l'épcrvier, du serpent, du scarabée, du hibou, de la chouette, du lézard, de l'ibis , de la cigogne , du canard et d'autres oiseaux et insectes ailés peu connus. Parmi ces figures placées dans des cadres qui forment des tableaux symétriques, on ne peut méconnaître celle des signes sexuels de l'espèce humaine. Hérodote dit à ce sujet que Sésostris avait fait sculpter sur ces monumens ces figures caractéristiques, à la honte des peuples qu'il avait vaincus sans gloire, lorsqu'il les avait soumis sans combattre.

Les dimensions de l'obélisque renversé que j'ai mesuré, sont de 57 pieds ( i8m5i6 ) de hauteur, jusqu'à la pointe dite pyramidiçn, dont. les arêtes quadrangulaires ont 7ds 4° (2m382 ). Quoique les angles de la base de cet obélisque soient cassés et même déformés, j'ai calculé que l'arête inférieure du côté que j'ai dessiné, était de 6as 10 0 ( 2mMO ) , quand celle du côté

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adjacent, que M. Balzac a également dessiné, aurait 7da 5° 51 ( 2m420 ). Ces différences dans les largeurs des deux côtes adjacens des faces quadrangulaires des obélisques , paraissent exister assez généralement dans ces monolithes , comme dans les côtés des pyramides. Aux quatre angles du plan de la base de cet obélisque, on remarque quatre entaillures ou mortaises , de 20 à 25 centimètres de côté, et d'autant de profondeur, qui étaient destinées sans doute, comme dans d'autres, à recevoir dans leur érection les tenons qui devaient les maintenir sur leur soubassement.

On sait que les empereurs d'Orient et d'Occident , à diverses époques, ont fait transporter des obélisques , de l'Égypte à Rome et à Constantinople Dans le

* Voyez A. , vol. y, pl. 3a et 33. évalués à quinze mille livres ster-

On lit dans l'ouvrage de M. Wil- ling. (Histoire de P expédition de

son que lord Cavan , pendant qu'il V armée britannique en Ègypte, en

commandait à Alexandrie, fil faire 1801 et 180a, par Robert-Thomas

des travaux pour le transport de "Wilson , Londres, i8o3, a vol.

l'obélisque renversé de celte ville à in-8°. )

Londres : mais des difficultés de di- L'obélisque renversé d'Alexan-

vers genres s'opposèrent à l'exécu- drie ayant été entièrement décom-

tion de ce dessein M. Wilson dit bré , les mesures en ont élé prises

que les frais de transport furent avec exactitude ainsi qu'il suit :

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