LONGUEURS
mèlrei. millimètre*.
1 Voir É. M, , vol. i*r, pl. a3.
6o4 MÉMOIRE SUR LA VALLÉE DU NIL
On oblienl donc , en sommant ces longueurs partielles, un total de 8 mètres 646 millimètres, dont le est de 54 1 millimètres (1 pied 7 pouces 1 1 lignes ^) et 20 pouces au pied de France, nombre rond, pour chaque coudée; on s'est cru d'autant plus fondé à les sommer ainsi , que leurs différences résultent évidemment d'un défaut de précision de la part de l'ouvrier; celui-ci, en creusant sur les faces de la colonne les traits de subdivision, qui devaient être aperçus d'assez loin, était forcé de leur donner une certaine largeur : ces valeurs variant elles-mêmes sur chaque face pour la même coudée , on a reconnu la nécessité d en agir ainsi , afin d'obtenir un résultat vrai et moyen pour la valeur de la coudée du meqyâs. En effet, l'architecte a dû présider, d'abord , à la mesure de la colonne entière ; mais le ciseau de l'ouvrier a pu altérer la précision dans la subdivision en coudées.
Nous renonçons à produire divers rapprochemens que nous avions faits de plusieurs coudées anciennes pour en conclure comparativement la valeur de la coudée du meqyâs; et nous donnons ce seul résultat , peutêtre hypothétique : c'est qu'elle paraît répondre à la coudée antique, rendue septénaire par l'addition d'un palme, et valant ainsi 539 millimètres, que toutefois nous croyons pouvoir porter à 54 1 millimètres, eu égard aux différences que présentent souvent entre elles les mesures d'un usage journalier dans les travaux des arts , dans le commerce , et dans les opérations géodésiques.
ET LE NILOMÈTRE DE L'ILE DE ROUDAH. 6o5 En effet , la valeur de la coudée antique étant admise
Pour om 462 (170 i1 o')
addition d'un palme o 077 (2 10 2 )
Total o 53g (19 ir 2 )
auquel ajoutant pour les motifs
donnés ci-dessus o 002 ( o 1 o )
nous retrouvons la coudée du
meqyâs de o 54-1 (20 02)
Si parmi les monumens conservés il en est un dont l'exécution paraisse avoir été soignée, c'est encore celui du meqyâs ; quoiqu'il n'ait que neuf cents ans d'antiquité, il nous confirme toutefois la valeur de la coudée à l'époque de l'invasion de l'Égypte par les khalifes.
Lorsque les eaux sont retirées et qu'on se propose de curer le puits , on descend au fond au moyen d'une suite d'escaliers et de paliers qui occupent ses quatre faces 5 chacune de ces faces offre un enfoncement carré en forme de niche, terminé par une voûte en ogive, avec une espèce d'archivolte portée par de petites colonnes engagées sur les angles : dans celle de l'est se trouve l'aqueduc qui , fermé par une claire-voie en pierre, est destiné à rejeter dans le bras oriental du Nil les eaux qu'on élève par épuisement quand on nettoie le meqyâs. •
Le seuil de cet aquéduc répond au milieu de la septième coudée de la colonne : au-dessus de cet aquéduc il en existe un second par où entrent et s'écoulent les eaux du Nil à mesure qu'il monte ou descend ; son seuil
répond à la seconde coudée de la colonne , on 5 pieds 4 ponces du fui; ce qui pourrait faire croire que le ze'ro de la graduation a été primitivement établi au-dessous des basses eaux actuelles , ou qu'on n'aurait jamais eu l'intention de tenir compte du mouvement du Nil audessous de ce seuil , quand bien même le Nil y descendrait ; ce qui n'a pas lieu , ainsi qu'on le verra plus bas
Ce puits est couvert par une voûte ou coupole de forme sphérique, un peu surmontée; elle repose sur des piliers en maçonnerie de brique aux quatre angles , et chacune des plates-bandes correspondantes aux parois du puits est portée par deux colonnes; ce qui en fait huit en totalité. Ces colonnes , de marbre blanc , avec leurs bases et chapiteaux composites , étaient toutes d'inégales dimensions et fort dégradées; nous les avions restaurées , et nous en avions même substitué de nouvelles , dont la pose s'effectuait au moment de l'évacuation du pays.
A la hauteur de l'architrave existent douze fenêtres en grillage, façonnées à la manière du pays; des pendentifs de forme pyramidale rattachent le passage du carré au dodécagone, et de nouveaux pendentifs analogues rattachent encore cette nouvelle base du polygone à la base circulaire de la coupole.
La décoration de cet édifice se compose de vases, d'arabesques, de frises et d'inscriptions, le tout peint assez grossièrement sur le bois et sur le plâtre dont l'intérieur est enduit.
« Voyez É. M. , vol. i«r, pl. 25.
On doit avouer que l'exécution est loin de répondre à ce que semble exprimer lé dessin , dans lequel on a dû rétablir la pureté primitive des formes 5 la fraîcheur seule des couleurs et une certaine ordonnance ont pu donner aux voyageurs qui l'ont vu rapidement, une 1 haute idée de cet édifice : cependant , en ne considérant que l'objet auquel il faut en rapporter l'usage, on doit croire qu'il a toujours été d'un grand intérêt, et, sous ce rapport, le meqyas est encore un monument public; son état présent même, quant au puits, atteste, après neuf siècles, sa bonne construction.
Ce monument, d'un style bizarre, arabe et romain, rappelle assez l'époque de sa fondation, celle où les Arnbes, sous les khalifes successeurs de Mahomet, conquirent l'Egypte , y portèrent la destruction , et crurent encore commander l'admiration de la postérité , en élevant de nouveaux édifices avec les débris informes et mutilés des anciens monumens.
Les eaux, en entrant obliquement dans le meqyas par Paquéduc inférieur, dont la prise d'eau est dans le bras oriental du Nil , vis-à-vis le vieux Kaire , éprouvent des remous violens, et, en creusant au pied du mur, se chargent de beaucoup de limon qui finit par encombrer l'aquéduc : c'est ainsi qu'il s'est formé dans le puits même un dépôt de plusieurs pieds d'épaisseur.
On est donc tenu de le curer tous les ans. Ce travail a lieu assez régulièrement à l'époque du bas Nil : mais, comme il tient beaucoup aux idées religieuses du peuple, nous crûmes devoir en laisser l'exécution aux anciennes autorités , nous réservant d'en suivre la marche
et les progrès, pour en déduire les conséquences qui faisaient l'objet de nos recherches; nous nous bornâmes alors à protéger cette opération et à fournir les fonds nécessaires. Mais les chefs turks , qui étaient, en quelque sorte, les entrepreneurs de ce travail, lavaient considéré comme achevé, aussitôt que le fond de l'aqueduc, répondant au n°. 2 de la colonne, eut été mis à découvert, parce qu'en effet on ne porte jamais le dévasement au-dessous de ce niveau; et ils semblaient avoir saisi le moment où les ingénieurs venaient de s'absenter, dans la confiance que le travail devait se prolonger pendant la nuit, pour cesser les épuisemens et faire remonter les ouvriers. Cependant nous ignorions encore de combien de coudées la colonne était haute, comment elles étaient subdivisées , si elles variaient dans leurs subdivisions, et quel pouvait être enfin le genre de fondation de l'édifice. Impatiens d'être éclairés sur tous ces points , nous reprîmes le travail avec une nouvelle activité , malgré les obstacles que nous opposa l'abondance des eaux , qui rendait l'épuisement et le nettoiement fort difficiles dans un emplacement aussi resserré, où ces deux opérations devaient se faire en même temps. 11 nous fallut vaincre encore la répugnance des officiers turks , qui , n'ayant jamais pu ni vu faire au-delà du travail accoutumé, semblaient sourire de la présomption de notre entreprise : ils se croyaient d'autant plus fondés à désespérer du succès, qu'ils se rappelaient la tentative infructueuse d'un pâchâ qui avait , disaient-ils , cherché un trésor au pied de la colonne, et ils nous supposaient la même intention.
Cependant nous exigeâmes qu'ils reprissent le travail; et ils y mirent tant d'activité pendant soixante heures consécutives , que nous découvrîmes enfin le pied de la colonne , ainsi que son dé et sa base , que nous avons alors mesurés très-facilement.
Enfin , après avoir bien examiné la colonne et le. pied des parois du puits, nous fimes cesser les épuisemens \ les Turks, étonnés du succès de l'entreprise, dû à notre persévérance, disaient que, depuis des siècles et même depuis l'érection du meqyâs, on ne l'avait jamais obtenu. Il est certain que le cheykh directeur du meqyâs , et le saqqâ-bâchy même1, attaché à ce service depuis quarante ans, virent pour la première Ibis la base de la colonne, et nous prouvèrent par leur étonnement qu'ils en ignoraient absolument les dispositions et la graduation ; mais nous fûmes pleinement convaincus de leur ignorance à cet égard, en comparant le tableau de leurs criées publiques avec les crues effectives et les mouvemens vrais du Nil, observés par nous-mêmes au meqyâs avec le plus grand soin.
On y voit, parmi ces résultats comparés*, i°. que,
1 Officier turk chargé, dans la que, l'aquéduc inférieur étant tou-
fête du Nil, de l'ouverture de la jours encombré par la vase, Tean
digue , de porter de l'eau du Nil au descend moins vite dans lo puits que
pàchà ; il seconde aussi le cheykh dans le Nil.
du meqyâs dans ce qui est relatif Celte circonstance, méconnue par
aux criées du Nil. des voyageurs, a pu les induire en
a Les ingénieurs Gratien Le Père erreur quand ils ont cru lire sur la
et Saint-Gcnis, qui dirigeaient ce colonne le mouvement vrai du Nil
travail, s'étaient assurés, par un au dehors; cette considération , ce-
nivellemcnt, de la correspondance {tendant, n'est applicable qu'au-
exaetc du Nil avec la baisse des dessus du palier de l'aqueduc supé-
caux dans le puits. Cette opération rieur, leur avait paiu indispensable, en ce
É. M. xvm. 39
6io MÉMOIRE SUR LA VALLÉE DU NIL
le 23 moharrcm (2 juillet 1799) le cheykh fait publier que le Nil a cru, tandis qu'il reste étale (sans mouvement sensible) à 3 coudées 10 doigts, jusqu'au 4 safar (8 juillet);
20. Que, le 19 raby' (21 juillet 1799) , le cheykh fait publier 16 coudées et annoncer la coupure de la digue, quoique le Nil ne repondît réellement qu'à 14 coudées; annonce qui supposait une crue effective de 16 coudées, quand elle n'était encore que de 10 coudées 14 doigts, à cause de la déduction à faire des 5 coudées 1 o doigts au-dessous desquels leNil n'avait pas baisse à son e'tiage?
3°. Que le lendemain on coupa la digue, et que, par le procès- verbal des grands officiers du Kaire, constatant la dette du myry, il est dit que le Nil avait cru de 16 coudées 7 doigts;
4°. Que le Nil, parvenu à sa plus grande hauteur de 16 coudées 2 doigts le icr vendémiaire an vin, commençait à baisser le 2 ; que cependant le cheykh annonce une augmentation de crue jusqu'au 24 second raby*, peut-être parce qu'il correspond au 25 septembre, terme ordinaire des criées , quel que soit pour les chre'tiens
l'état du Nil;
5°. Enfin que , pendant quatre-vingt-six jours de
criées et d observations, le cheykh, qui nous remettait
exactement le bulletin des criées publiques du jour et
de la veille, a toujours exposé un résultat différent du
nôtre, dont l'exactitude est suffisamment garantie.
Voulant connaître la cause de ces différences, nous
lui avions demandé s'il avait la mesure portative dont
il s'était servi pour les criées; après des demandes réi-
tërëes plusieurs fois, il nous montra cette mesure dite dera el-qyâs ou el-bahr 1 , divisée en quatre parties : l'ayant mesure'e , nous l'avons trouvée de 1 3 pouces 4 lignes (pied de France) ; ce qui correspond aux deux tiers de la coudée du mcqyâs (de 20 pouces) : tel était le pied grec de 1 1 pouces 4 lignes }, égal aux deux tiers de la coudée qui valait 17 pouces 1 ligne ) et le cheykh, en effet, devait proclamer vingt-quatre de ces pieds de coudée, pour correspondre, sur la colonne du meqyâs, au terme de 16 coudées, qui, d'ancienne date, était censé' constituer les bonnes crues.
On lit dans Kalkasendi que , dans les premiers temps que les Arabes occupèrent l'Égypte, ils s'aperçurent que, quand le Nil n'atteignait pas le terme de l'abondance , chacun s'empressait de faire sa provision pour l'année3, ce qui troublait incontinent l'ordre public; qu'on en porta plainte au khalife O'mar, qui donna
* L'emploi de ce dera? el-qyâs La grande variation des récoltes «hait déjà connu ; car Fréret fait a souvent déterminé le gouvernemention d'un pied de la coudée du ment à former des magasins pour meqyâs, qui avait, dit-il, i3 pouces prévenir la disette dans les inaude France environ. vaises années, et pouvoir, au moins,
a Les riches font encore des pro- ensemencer les terres; car une bonne
visions pour un an, et ils ont des récolte suffit aux besoins des liabi-
. moulina à manège dans leurs mai- tans pour deux ans : mais l'exécu-
sons; d'autres font aussi des provi- tion de cette mesure n'a jamais ré-
siona, et n'ont que des moulina à pondu à la sagesse du principe. Il
bras. Les inquiétudes sur la crue est cependant certain que , si les
donnent lieu encore à des accapare- gouverneurs savaient et voulaient
mens qui opèrent souvent les maux régler les exportations et n'en pas
d'une disette réelle , soit en rehaus- faire l'objet d'un monopole aussi
sant le prix des denrées, soit en dangereux , on n'éprouverait jamais
empêchant leur vente et leur circu- de famine en Egypte, lation.
6i2 MÉMOIRE SUR LA VALLÉE DU NIL
ordre à À'inrou d'examiner la chose. Voici ce que A'mrou lui manda :
« Ayant fait les recherches que vous nous avez prescrites, nous avons trouve que quand le Nil monte à 14 coudées, il procure une récolte suffisante pour Tannée; que, s'il atteint 16 coudées, elle est abondante; mais qu'à 12 et 18 elle est mauvaise : or, ce fait étant connu du peuple par les proclamations d'usage, il s'ensuit des mesures qui portent du trouble dans le commerce. »
O'mar, pour remédier à cet inconvénient, aurait peut-être voulu abolir les proclamations; mais la chose n'était pas praticable, et il imagina un expédient qui devait produire le même effet.
Un changement subit n'aurait été propre qu'à alarmer le peuple; car, comme il n'y avait pas de cadastre applicable aux différentes crues, il n'eût pas été possible d'établir pour l'impôt un tarif dont les élémens fussent proportionnels aux récoltes : l'esprit superstitieux du peuple, esclave de ses usages, paraît avoir toujours exigé l'admission du terme de 16 coudées, qui a pu, dans un temps, constituer l'abondance1, quoiqu'il ne fût déjà plus le même depuis dix-sept siècles. En effet, Petronius, gouverneur de l'Egypte pour les Romains, voyait régner l'abondance au terme de 1 5 à 14 coudées , qui , comme à présent , constituent la crue effective du Nil.
1 La note insérée dans le tableau terme de 16 coudées comme celui
chronologique de Bcn-Ayâs continue d'une crue abondante , on fait la
cette assertion ; il y dit : « Suivant fête du Nil à l'époque où le fleuve
l'ancienne coutume de regarder le a atteint cette hauteur. »
ET LE KILOMÈTRE DE L'ILE DE KOUDÀH. 6i3
C'est peut-être afin de lever la difficulté qu'il y avait de représenter par iG coudées le terme de l'abondance, que l'on imagina, lors de l'établissement du meqyas, de fixer le zeïo de la colonne à environ 5 coudées audessous du bas Nil , de manière que le n°. 16 coïncidât avec le niveau de la crue, et qu'on obtint une valeur nominale de 16 coudées ; car celte crue, quoique faible aujourd'hui dans cette hypothèse, puisqu'elle se réduit en effectif à 12 coudées 14 doigts, est reconnue suffisante pour rendre exigible le paiement du myry, ainsi que cela eut lieu, pendant notre séjour, en juillet 1800 (12 14 de l'hégire) , le Nil n'étant monté que de 2 doigts au-dessus du n°. 16 : il a pu se faire cependant qu'on ait formé des demandes en réduction d'impôt.
On a mieux aimé sacrifier à l'usage , à cause de la difficulté de rectifier les vieilles erreurs : les changemens qui ont dû résulter de l'exhaussement du lit du fleuve ont d'ailleurs été extrêmement lents; ils ont été insensibles d'année en année, et si peu importons, que ceux qui dirigeaient l'assiette de l'impôt n'ont .pas cru qu'ils dussent y avoir égard. Toutefois , après plusieurs siècles, tant d'erreurs cumulées ont été appréciables et n'ont pu être plus long-temps négligées : peut-être . on aura trouvé dans cet abaissement de la colonne le moyen de conserver l'expression de 16 coudées pour les criées publiques , quoique la crue effective eût cessé d'être aussi considérable
Mais on a eu encore un autre motif pour dissimuler la bonté des crues : nous le trouvons dans la cupidité
1 Plusieurs de ces considérations avaient élé énoncées par Dolomieu.
6i4 MÉMOIRE SUR LA VALLÉE DU NIL
des gouvernans et dans leur désir de réduire les subsides dus au gouverneur, subsides dont la quotité' est relative à l'abondance des récoltes; ce qui avait lieu sous les gouverneurs arabes à 1 égard des khalifes, et n'a pas cessé, sous les beys, à l'égard du grand-seigneur, d'autant qu'ils retrouvaient aisément pour leur compte, par les avanies sur les denrées, ce dont ils privaient leur métropole en n'avouant pas toute l'abondance des récoltes. Selon la remarque de Pococke (en 1758) , les Egyptiens cachent , autant que possible , au pâchâ même, le moment précis où le Nil parvient au terme de 16 coudées, afin que, s'il venait à décroître subitement, le souverain ne pût pas se prévaloir, pour exiger le tribut , de Youafà 1 qu'on aurait publié a.
Dès-lors on voit comment divers intérêts produisaient ce mystère dont se sont plaints tous les voyageurs, à l'égard du meqyâs, où il était si difficile de pénétrer. Le pâchâ avait bien le droit d'y entrer : mais la cupidité lui faisait souvent trouver plus d'avantage à fermer les yeux qu'à constater fidèlemeut les droits du souverain , bien qu'il en fût le délégué spécial ; les sacrifices que faisaient les beys en faveur du pâchâ étaient, au reste, bien moindres que le tribut auquel aurait eu droit le grand-seigneur. Il était aisé, à la vérité, de se créer un nilomètre sur les bords du Nil; mais un résultat obtenu par quelques individus ou par des étrangers ne pouvait être d'aucun poids sous un gouvernement arbitraire et absolu.
• Ouafà Allah, c'est-à-dire Dieu a tenu sa promesse.
* Dans le cas d'un décroisseruent subit, l'Egypte est dispensée du tribut.
ET LE KILOMÈTRE DE L'ILE DE ROUDAH. Gi5
Pococke, si judicieux d'ailleurs, a écrit sur le mcqyâs un demi-volume , qui n'a fait qu'embrouiller la question. Ce qu'il dit concernant l'escalier de Moïse est vrai , quant à ses vingt-huit marches , assez inégales entre elles , mais qui forment une sorte de meqyûs dune précision suffisante pour prévoir l'effet des crues : ce qui est toujours facile, quand à certaines époques elles n'ont pas atteint des repères connus ; car cette correspondance des hauteurs et des temps règle assez bien l'espérance des récoltes , si l'on considère en même temps d'autres circonstances qui présagent aussi la quantité des crues. En effet, les gens du pays, ayant observé en juin et juillet 1800 (an ix) que la quantité de nuages portés par le vent vers le sud avait été plus considérable qu'elle ne l'est communément , nous prédirent une crue considérable ; et quand l'événement eut confirme leur prédiction par une crue qui fut surabondante , ils annoncèrent encore l'invasion de la peste; et l'on sait en effet qu'elle a fait des ravages affreux jusque dans la haute Egypte. Quelle confiance méritent alors les théories contraires à, ces résultats prévus?
Pour fixer l'opinion sur la mesure des crues favorables ou nuisibles à l'agriculture, nous donnons , dans le tableau qui suit , les termes correspondais aux crues effectives, à celles qui sont déduites du meqyâs et aux criées publiques, en les considérant (pour la latitude du Kaire et dans l'état des choses) comme insuffisantes , faibles , bonnes ou trop fortes , sous les rapports combinés des irrigations et de la salubrité.
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