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Mais ces données , quoique positives dans l'ëtat présent, sont encore susceptibles d'appréciations différentes, quant aux résultats qu'elles ont pour les récoltes; c'est-à-dire qu'on pourrait toujours , par un système raisonné dans la disposition des digues et la circulation des eaux, prévenir absolument la disette avec moins de 10 coudées, et l'effet désastreux des inondations avec 1 5 et 16 coudées de crues effectives : ce serait en se ménageant des moyens de faire écouler rapidement les eaux surabondantes , ainsi que les anciens l'avaient fait avec tant de succès par l'emploi du lac de Mœris , vaste récipient naturel, auquel ils avaient ouvert une communication avec le 3\il aux points de leur moindre distance. On peut , par des moyens analogues , remédier à l'irrégularité des crues ; mais il faut pour cela toute la persévérance dun gouvernement stable et réparateur.
Restauration du meqyâs.
Le meqyus avait été fortement dégradé pendant le blocus du Kaire, en l'an ix , par le service de la batterie attenante et par les dépôts de munitions de guerre formés dans la cbambre même et dans les vestibules de ce monument. Le général en chef Menou, connaissant la force de l'opinion religieuse du peuple, qui considère le meqyâs comme un temple, en ordonna la restauration ; les travaux dont nous fûmes chargés en conséquence, sont désignés et constatés dans la notice qui suit :
Ci 8 MÉMOIRE SUR LA VALLÉE DU NIL
Notice sur les réparations faites au meqyâs de Tîle de Roudah par les ingénieurs des ponts et chaussées , d* après les ordres du général en chef Menou, en Van IX de la république française ( I2i5 de l'hégire) ».
Les ingénieurs avaient dû voir avec intérêt le meqyâs, qui est un objet de vénération pour les Égyptiens. Voulant continuer d'y rapporter les crues du Nil, ils ont dû s'assurer de sa division en coudées et de la hauteur de la colonne , sur lesquelles les écrivains , les voyageurs et les habitans eux-mêmes ne se trouvaient pas d'accord. Dans ces vues , ils ont (ait curer le puits jusqu'à ses fondations, en présence de Moustafà , cheykh du meqyâs, et du saqqâ-bâcby : ils ont vu la première division inférieure de la colonne , dont le fût est divisé en 16 coudées ou dera\- les six premières coudées ne sont pas subdivisées, les dix autres supérieures le sont en il+ parties ou doigts; chacune de ces 16 coudées répond à 54 centimètres de la mesure linéaire des Français. Le chapiteau de la colonne a une coudée 4- doigts de hauteur; il supporte un nouveau dé en marbre blanc, qui a une coudée 2 doigts de hauteur.
Depuis quelques siècles la crue du fleuve s'élevait au-dessus de la seizième coudée. Afin de pouvoir estimer cet excédant des crues au-dessus du fût de la colonne, on a gradué le dé, au haut duquel on a 18 coudées 6 doigts, y compris le chapiteau. La poutre de soutènement que fit placer, en n§o de l'hégire, Ilamzah-pâchâ , qâymmaqâm du Kaire , tombait de vétusté ; elle a été remplacée par une nouvelle d'une seule pièce , qui traverse le puits de l'est à l'ouest : elle est supportée par le dé de la colonne. Le puits a été ragréé dans son pourtour ; la chambre à galerie tournante a été réparée , et la coupole repeinte : on a respecté les inscriptions koufiques et arabes. On a lait de nouvelles barrières au bord du puits, et deux chambres adjacentes à la galerie pour le cheykh du meqyâs.
On a construit un portique à l'entrée du monument. Sous son
1 Celte nolice a été adressée par à la demande du divan , conservée M. Le Père à M. Fourier, chef de dans ses archives, la justice, pour être, conformément
péristyle , au-dessus de la porte , on a placé une grande table de marbre blanc', sur laquelle était gravée, en lettres d'or et en
creux , l'inscription française et arabe ainsi conçue Voir
le Mémoire de M. Marcel, E, il/., tome XV , pour cette inscription et pour les traductions de toutes les inscriptions koufiques , karmatiqucs , en caractères soulous ou arabes , concernant le meqyâs».