‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de Samos (volume 2)Chapitre 11 sur 122 · Mb, xxx · texte numérisé non relu

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2, Saint Jérôme, Catalog. des écrivains ecclésiast., ch, 1%

Domitien fut tué, le 48 septembre, et que, le sénat ayant cassé ses actes et Nerva ayant rappeié les bannis, saint Jean retourna, sous ce prince, à Éphèse, el qu’ainsi son exil dura à peine dix-sept à dix-huit mois. |

. Que dire, enfin, du récit singulièrement étrange et invraisemblable de la mort du saint évangéliste, se couchant vivant dans sa tombe, et dont le cadavre n’est plus retrouvé le lendemain?

Saint lrénée' se conténte.de dire que saint Jean vécut jusqu’au temps de Trajan, el saint Jérôme répète la même chose, sans y ajouler le merveilleux qui, dans le manuscrit, précède et suit la mort du saint. 7

J'oubliais de faire remarquer que, d’après ce même manuscrit, saint Jean aurait composé son Évangile à Patmos, tandis que saint Irénée ? afiirme qu'il Péerivit à Éphêse, pour l’opposer aux erreurs de Cérinthe et des Nicolaites, qui niaient la divinité de Jésus- Christ.

Ges raisons, el d’autres encore, m'inclinent à regarder comme apocryphe ce prétendu ouvrage de Prochore, et je ne puis reconnaître dans l’auteur de cet écrit le disciple de saint Jean. Je serais plus volontiers porté à croire qu'il ne fut composé que plusieurs siécles après cet évangélisie, ou du moins qu’il reçut alors des additions et des changements considérables.

Toutefois je n’irai pas jusqu’à rejeter comme égales

4. Saint Jrénée, Contre les hérésies, 1. IT, ch. xxxix. 2. Saint Irénce, Contre les hérésies, 1, IH, ch. 1 et 1,

ment faux tout ce qui est renfermé dans ce manuscrit, et je pense, en particulier, que, pour ce qui concerne la géographie de l'ile de Patmos, il peut être intéressant et utile à consulter.

Avant de lerminer celte analyse, je vais présenter la liste de tous les noms de lieux qui sont citès dans cet ouvrage comme se trouvant à Patmos :

4° Saint Jean débarque à Phora (Dos). Ce port doit être celui de La Scala, ainsi que je lai déjà dit plus haut, et l’ancienne capitale de l'ile, ou du moins un de ses quartiers, probablement celui de la marine, portait le même nom".

2 Endroit appelé Votryi (Borpu). I y avait sans doute quelques vignes (Bérous, grappe, raisin).

3° Autre endroit nommé Lithovoli (A:0666).

Je les place l’un et l’autre au N. E. de la capitale, près du port de La Scala, Votryi étant actuellement Rouvali, et Lithovoii Pernera.

4° Catapañsis (Karéravors), lieu où l’apôtre compose son Évangile: Il faut le chercher sur la pente de la montagne de saint Jean, à un mille de l’ancienne capitale, sur le petit plateau de la grotte de l’Apocalypse. :

Jusqu'à présent saint Jean n’a pas encore visité les bourgs, mais seulement les environs de la ville.

Énumération des bourgs parcourus par saint Jean.

4. Ce qui me ferait croire qu'un des quartiers seulement de la ville s'appelait Phora et que le nom de celle-ci était Patmos, c'est que la plupart des îles de la mer Ægéc avaient des capitales nommées comme elles.

4° Agrikia (Ayporxta).

À l'Ouest, et près du port de Gricou, j'ai remarqué sur une hauteur quelques débris anciens, qui me semblent devoir être les restes de ce bourg. La ressemblance des noms (Agrikia, Gricou) est frappante.

2% Autre bourg, mais dont l’auteur n'indique ni le nom ni la place : il dit seulement qu'il y avait un temple de Jupiter.

3 Myrrhinousa (Muphivoüsa). Au N. O. de l'ile, dans un endroit appelé actuellement Myrsum, il y a quelques faibles ruines que je suppose être celles de Myrrhinousa : les deux noms sont les mêmes (puprée; pubblvn Où pupaiyn, myrte).

4 Caro (Käpo), bourg qui, suivant le manuscrit, était à la distance de 13 bornes de Myrrhinousa (àro cnueloy detarpuy), Non loin du cap Geranos; à cette distance de Myrsini, on distingue, au milieu des broussailles, des débris épars qui ont pu appartenir à ce bourg.

9° Tykhi (Tüyn), petit village dont l'emplacement n’est pas marqué dans le manuscrit.

6° Proclos (Ioéx2os). L'auteur se contente de dire que ce lieu était près de la mer.

T° Phygi (&uy4), position non indiquée.

Manuscrit de Nikitas, archevêque de Thessalonique; intitulé également : Hepiodor +05 Oco)opov:

La bibliothèque du monastère de Patmos possède un abrégé de l’ouvragé attribué à Prochore, par Nikitas, archevêque de Thessalonique. D’après cé manuscrit, saint Jéan est exilé à Patmos par Adrien, et non par Domitién, ce qui ést une grave erreur. I aborde à Pthora et non à Phora (9054).

L'histoire de Kvnops est identique : quelques détails seuls varient. : |

Quand saint Jean est rappelé de lexil, 1] compose, suivant Nikilas, son Évangile, et ensuite son Apoca lypse. Dans le manuscrit précédent, il n’est nullement question de ce dernier ouvrage.

Puis il parcourt les bourgs dé l'ile, etil retourne à Éphèse. Son séjour à Patmos avait duré quinze ans; erreuf que j'ai déjà rélutée.

Le récit de sa mort, où sont reproduites les circonstances principales du récit original, y ajoute quelques nouveaux details. Quad saint Jean à fait creuser sa tombe én sa présence, il y descend lui-même, et s’y couche tout vivant; puis il ordonne à ses dis= ciples de rejeler la terre sur son corps: Céux-ci hésitent longtemps; enfin, obéissaänt quoidW’à regret À ses ordres formels, ils couvrent de terre ses pieds, et ensuile; après de nouvelles injonctions, le reste de son corps jusqu'au haut de Sa poitrine; mais ils he

veulent point se décider à en jeler sur sa tête, etil faut que le saint le leur commande avec autorité et à plusieurs reprises, pour qu’ils consentent à se prôtér jusqu'au bout à ce cruel et douloureux ministère. Le lendemain ils retournent pour le voir, mais ils trouvent la fosse vide.

Je vais transcrire de ce manuscrit le passage dans lequel il est question de l’'Apocalypse et de la grotte où cet ouvrage fut composé. Ce morceau tout entier est une adjonction au texte de l’autre manuserit.

€ E0évres oùv êmi ru omhauoy, dv dm CALELOY TO Tâs Tosos Eyoy Ddwp, éuelvapey net Era pépas * nat 0 DEV lodyvne dairos dieréher ATUYACOY za TPOTEUYOUEVOS éyo dE éy Th TOÂEL TOPEVOUEVOS, ANLOULEVNS TS AUÉDAS, #oQiov perd roy ddeloév * TZ oùv dexdrn pépa, nrolovde ai à locdyvne èv Th moe * nai xAiVas TA YOVATX TPOGEUYETO * Éyévero DE quvn Tpôs avroy épousa * lodvn, locduvn * 6 dE eine * Ti éort, Kopue; 6 0e einey avr * Iloinaoy éy T@ crnain das déra pépas, nat aroravoU serai co puarapre pEyäla not mheïora * T@ Àcyc oùy TOUTW, MAL ÉTONGEY das dExo ApEpas doutos diarelGy ra Éyévero éy be: psyhn rat eide duvdues peydhas xal dyyehoy Oeod diupivoyTa adT@ à eide nat rouge * xal TA Tposxa ET EvOS pe eirey* elos}0e èy TÂ node rat RxGE Xäpras nai pékay nai EA0E éyrab0a" rai Emoinoa obroc 0 dE Aéyer pou” dmep dxovets ÊX TOÙ GTOUATOS LOU, yodpe ERI TOUS HAT * AA ÉTOUMIGAUEY dun fuépas aùrès kéyov xdyo ypdqoy, rail ré sicfl0ouey éy Th moe rat aTeüoauey &v TO ox Ewaimärpou. »

« Étant donc arrivés à une grotte qui était à trois bornes de la ville et où coulait une source, nous y de-

meuràmes dix jours. Jean resta sans nourriture, dans le silence et la prière : pour moi, j'allais à la ville, vers le soir, et je mangeais avec les frères. Le dixième jour, Jean lui-même désirait retourner à la ville, et, fléchissant le genou, il se mettait en prières, lorsqu'il entendit une voix qui lui dit : «Jean, Jean!» « Qu’y «at-il, Seigneur? » s'écria-t-il. Le Seigneur lui répondit : « Denieure dans la caverne dix autres Jours, de «grands et nombreux mystères te seront révélés. » Obéissant à cet ordre, Jean resta encore dix jours sans nourriture, et 1 tomba dans une grande extase, el il aperçut de grandes puissances et un arge du Seignçur qui fui indiquait ce que ses yeux voyaicnt et que ses oreilles entendaient. M’appelant de nouveau, il me dit : «Va à la ville, prends du papier et de « l'encre et reviens ici. » Je le fis; alors il m'ordonna d'écrire sur le papier toutes les paroles qui allaient sortir de sa bouche, et nous passâmes ainsi deux jours, lui parlant, et moi écrivant; puis nous reprimes le chemin de la ville, et nous allâmes loger dans la maison de Sosipater. »

Nikitas place la grote de Apocalypse à trois bornes de la ville. Si, par une borne, il entend un mille, il a exagéré la distance, car cette grotte est à 20 minutes à peine du port de La Scala, c’est-à-dire du port même de l’ancienne ville. Il ajoute qu’elle renfermait une source. Gelte source est tarie maintenant, mais la trace en est encore visible, et l’on distingue très-nettement deux rigoles creusées dans le roc, qui servaient à l'écoulement des eaux.

À HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE SbyaEapiorns OU Vie des Saints.

Dans un ouvrage imprimé, intitulé lé SuéÉooterne roy dodexd pv oÙyypagets ro Mavpikiou diaxdvod rie peydns Exxdnotas, et qui à été tradüit en lahgüe vulgaire par un moine du mont Athos nominé Nicodème, ét publié à Venise, en 1819, se trouve, à l’article Saint Jean, une compilation faite d’après les deux précédents manuscrits. Ce résumé assez fidèle reproduit la plupart des faits qui y sont contenus. Le traducteur a ajouté au bas de chaque page quelques notes, dans lesquelles 1l se borne à discuter certains points de détails, en paraissant admeltré comme vrai et authentique tout le fond du récit:

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