Apollonius de Rhodes, I. XI, vers
Celui d’Anthémusa (Avdeuéesse, contracté AyDeuodce) dérivait des fleurs dont elle était émaillée.
Anthémis (AyGeuis) signifie fleur en général; c’est aussi le nom d’une plante particulière appelée Argémone.
Mélanthemus (Msh4y0euoc) est le même mot, avec une épithète adjointe. |
Les dénominations de Mélamphyllus (Meléuguhoc) et de Phyllas ou Phyllis (ŒuAlge, Due) rappellent la fertilité naturelle de son sol et les épaisses forêts dont elle était ombragée.
L'épithète de Cyparissia (Kuréoisoos, cyprès) indique qu’autrefois les cyprès y étaient en grand nombre.
Pline ajoute que, suivant quelques-uns, elle s’appelait également Parthénoarusa et Stéphane. L’étymologie du premier nom me semble être Iécevos, vierge, et apéro, plaire, comme qui dirait : la terre agréable à la Vierge, c’est-à-dire à Junon, à laquelle elle était consacrée.
La qualification de Stéphane (Er:oyn, couronne) faisait sans doute allusion à sa forme; car, de loin et vue d’un point élevé, elle affecte un peu la figure ronde, principalement vers l'O.
Le nom de Samos, enfin, qu’elle porta ensuite, et qui lui est resté, a pour racine le radical du verbe cauaiyw, Signaler, d'où cäuz, et, en dorien, cäuæ, Gaäpos, signe, tombeau, et, en général, tertre, hauteur. | .. Ce que Strabon dit au sujet de l’étymologie de la Samos de Thrace se rapporte également à la Samos lonienne. Après avoir réfuté la tradition d’après la-
quelle la première aurait dû sa colonisation el son nom à la seconde, 1l ajoute :
€ [ifaverepor d’eiciy oi àmo Toù Xduouc xahsïicdou Ta Un pioavres evpñoba Tobro Toëvoua Thy vacov.
« Il faut plutôt ajouter foi à ceux qui prétendent que l'ile fut ainsi nommée, parce qu’on appelle Zéuovs les hauteurs. » |
Il est, en effet, à remarquer que les trois îles qui, dans l'antiquité, portaient le nom de Samos étaient montagneuses, la Samos de Thrace, la Samos Ionienne ou celle qui nous occupe en ce moment, et l’île de Céphallénie qui, à l’époque d'Homère, s'appelait Samos ou Same. La ville de Samos en Élide était pa reillement située sur une hauteur.
CTo pëy oùy Sauxdy, it Strabon?, écris épuuæ mporepoy DE at môlis Dduos rpocayopeuouérn dit To Üboc Yrwe, med Zauous Enclouy T& Un. »
«Samicum n’est plus qu'un endroit fortifié. Autrefois c'était aussi une ville appelée Samos, sans doute à cause de son élévation; car les anciens désignaient de la sorte les hauteurs. »
Il faut, je pense, s’en tenir à cette étymologie, à moins qu’on ne préfère, avec Bochart, y voir un vieux mot phénicien, qui, du reste, signifierait la même chose.
Si maintenant nous consultons la fable, elle nous apprendra que l'ile tirait ce nom, soit d’un héros indigène, soit d’un guerrier venu d’Ithaque et de Céphallénie.