Diodore de Sicile, 1. V, ch. ziv
D'un autre côté, nous savons par Strabon‘ que l’île de Samos, située au N. E. de Patmos, fut primitivement occupée par des Cariens. 11 est donc vraisemblable que cette dernière île, placée entre les deux précédentes, eut également des Cariens pour premiers colons.
Hérodote” nous avait dit déjà que les Cariens, sous le nom de Lélèges, avaient été maîtres des îles, avant d'en être chassés par les Doriens et par les Ioniens : témoignage qui me semble prouver péremptoirement que la population primitive. de Patmos était Carienne : cette île put recevoir ensuite une colonie Dorienne, et rien n'empêche qu'Oreste, en y bâtissant un temple en l'honneur des dieux, n’y ait laissé quelques Argiens.
Plus tard, il est probable que des colons Ioniens vinrent aussi S'y fixer, car la langue ionienne paraît y avoir été implantée de bonne heure, comme on peut le conjecturer d’après l’ancienne inscription conservée dans la bibliothèque du monastère.
Si l'histoire de la colonisation de Patmos est trèsobscure, le même silence et les mêmes ténèbres enveloppent celle de son développement, de sa décadence et de sa ruine complète. Les débris de son acropole attestent seuls un certain degré de puissance et de prospérité relatives, sur lesquelles l’antiquité se tait complétement. À l’époque romaine, c’était un lieu de déportation, et saint Jean l'Évangéliste y fut relégué par l’empereur Domitien, 95 ans après J.-C. Cet exil
À. Strabon, |. XIV, ch. 1.