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bœufs, mais en pelit nombre, des moutons, des chévres, des ânes et des mulets. Ces derniers servent à tous les transports, el ils ont le pied extrèmement sûr. Les chevaux sont un luxe que se permettent fort peu d'habitants : ‘lailleurs, la nature montagneuse du sol et l’escarpement ou le mauvais état de la plüpart des routes les rendent peu uliles. "4
Les poules sont très-communes : elles errent de tous côtés au milieu des villages. On y voit aussi des pigeons etdes pintades. Quant aux paons, jadis consacrés à Junon, et qui; suivant l'historien Samien-Ménodote " et le poëte Antiphane, étaient originaires de Samos; is ont entièrement disparu.
Parmi les animaux sauvages, Je citerai Fe lèvres, les chacals et les sangliers. RE,
Tournelort et, après lui, Pococke ont prétendu qu'il passait de temps en temps dans l'ile de Samos des tigres qui venaient d’Anatolie par le petit Bogaz : : Mais, malgré autorité de ces deux savants voyageurs, j'ai | peine à croire que ce fait ait jamais eu lieu.
Les tourterelles, les pigeons sauvages; les bécasses, les bécassines et les grives y aäbondent : les perdrix surtout s’y rencontrent par bandes nombreuses; mais on n'y remarque plus la fameuse hirondelle blanche, dont ilest question dans Ælien et qui était aussi grosse qu'une perdrix. il faut ajouter foi à Aristote, cité par cet auteur ‘, quand, on lui piquait les yeux, elle
À. Athénée, 1. XIV, p. 655.
4, Ælien, Nat, anim., XVIII, 20. ne
SUR L'ILE DE SAMOS. 1808 devenait immédiatement aveugle, mais ensuite elle recouvrait la vue.
L'ile possède des mines de fer, d’ocre, d'amiante, d'émeri, de marbre blanc et de jaspe; mais elles sont depuis longtemps inexploitées. On a également perdu l'usage et même la trace de celle précieuse terre qui, divisée en deux espèces, avait des propriélés médicales signalées par plusieurs anciens.
€ Samiæ du& sunt terræ, dit Pline", quæ collyrium « et quæ aster appelläntur. Prioris laus ut recens sit et « levis linguæque glutinosa : alter glebosior, candida; « ulraque urtilur ac Jlavatur. Sunt qui præferant prio- « em. |
« Prosunt sanguinem exspuentibus, emplastrisque « quæ siccandi causa Componuntur,oculorum quoque « medicamentis miscentur. »
L'ancienne réputation de la poterie de Samos est aujourd’hui bien déchue, et les vases qu'on fabrique dans cette île ne mériteraient plus les éloges qui leur étaient donnés autrefois. Cependant l’art du potier est encore cultivé dans quelques villages; mais tout se borne aux ustensiles indispensables à la vie et dans lesquels on réchérche plutôt l'utilité que la beauté et l'élégance.”
Diraï-je maintenant un mot, en terminant, des mœurs et du caractère des habitants? Mais, comme ils se distinguent peu pour le fond des autres grecs, il est nu ile, je pense, d’esquisser longuement ici leur portrait, attendu que personne n'ignore les défauts comme les
A, Pline, Hist. nat., 1. XXXV, ch. zur,
qualités de ce peuple. Je me contente de signaler chez
les Samiens quelque chose de mâle et d’énergiqué, et qui, suivant les circonstances, peut en faire soit des
brigands, soit des héros. La nature escarpée et montagneuse de leurîle, leur habitude de se jouer de bonne
heure sur mer avec: les vents et avec les flots, et leurs luttes avec les Turcs, ont imprimé à leur caractère je ne sais quoi de fier et de hardi. Très-amoureux de leur indépendance, ils se sont tous transformés en soldats, lors de l'insurrection de 4821, et, pendant plusieurs années, ils ont tenu en échec les armées et les flottes de SOttomans. La terreur de leur nom s'était répandue dans l’Anatolie entière, et ce fut pour eux une époque olorieuse, qui, sans leur mériter une complète liberté, leur valut du moins les priviléges dont ils jouissent maintenant. Cette énergie, malheureusenment, s’est plus d’une fois tournée au mal durant les temps calamiteux qu'ils ont souvent traversés. Déchirés par l’anarchie, et n'étant point soumis à l'empire d’une loi fixe et égale pour tous, on les à vus par intervalle chercher dans le brigandage un aliment à leur activité in quiète ou une ressource à leur misère. Actuellement qu’ils ont des tribunaux réguliers, l’ordre s’est rétabli, et la securité n’est plus troublée-dans Pile; la punition,
en effet, alteint immédiatement le coupable, et nul
n’agit plus comme étant au-dessus ou à l'abri des lois.
Cela est dû, en grande partie, à Padministration à là
fois prudente et ferme qui dirige depuis deux ans’le
pays, et c'est un fait que j'aime à proclamer, parce
qu'il est la. vérité. Fe ne dis point cela, qu’on le croie |
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SUR L'ILE DE SAMOS. 305 bien, comme ayant été l'hôte de M. Conéménos, et par reconnaissance pour le bienveillant accueil qu'il m'a fait. Non, loin de moi toute flatterie. Mais je parle en voyageur impartial, qui à parcouru Pile entière avec attention, et qui pendant deux mois n’a rien oublié pour y étudier de près les choses et les hommes.
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