I. Voy. la lettre que j'ai déjà eitéc sur Samos
on distingue cependant encore quelques fragments de fûts brisés. L'un de ces temples avait été bâti non loin dé port, et l'antre un peu plus haut sur une éminence, La ville formait un demi-cercle : une partie s'étendait au N. au fond de la baie, et l'autre s'allongeait à l'E. sur la pente de la colline qui se termine par le promontoire Mollah-Ibrahim. Le sol est jonché partout d'une grande quantité de briques et de pierres, et une portion du terrain qu'elle occupait est convertie en champ de vignes. Un habitant de Vathy m'avait appris qu'on y avait découvert, il y a quelques années, un magnifique hypogée sous une pièce de terre cultivée. Je n'ai pu le visiter, à cause d'un éboulement qui était survenu et qui en avait bouché l'ouverture.
Le promontoire Gnepodia s'interpose entre le port Mollah -Ibrahim et la baie Klimax ou la baie de l'Échelle, bornée elle-même à l'O. par un cap qui est la pointe la plus rapprochée du continent asiatique, et c'est, sans doute, la raison pour laquelle la carte anglaise de Brock la désigne sous le nom de cap Posidion; mais j'ai déjà fait observer que la pointe Psili- Hammo me semblait mieux répondre aux indications de Strabon.
GoecARï. — Le côté occidental du district de Vahy comprend trois autres communes.
Celle de Goccari, éloignée de 7 kilomètres de Vathy-Cato dans la direction du N. 0., est composée d'une soixantaine de maisons , dune église et d'une école mutuelle. Une petite anse, défendue à l'O. par
SUR L'ILl DE SAMOS. m un rocher, y offre aux Caïques un asile qui n est point à l'abri des vents d'E.
Vouhliotes. — Eu suivant le rivage vers FO., à travers un sol très-accidenté et après une heure cl demie de marche, on aperçoit, près de la mer, une colline couronnée par un petit fort en ruines que les habitants attribuent aux Génois et qu'ils appellent Château Saint-Élie, à cause d'une chapelle consacrée à ce saint. La hauteur de la colline est de 80 mètres. Ses flancs, couverts de broussailles, sont formés de gros blocs de rochers , et le plateau qui la termine est entouré d'un mur, large d'environ 3 mètres et qui m'a paru byzantin. Ce fort commandait une vallée, maintenant plantée de vignes, et où des ruines éparses indiquent qu'elle, a été jadis habitée. Vers le milieu est une vieille église byzantine dont il ne reste plus que les murs d'enceinte. En y pénétrant, j'y ai trouvé cinq à six fragments de marbre blanc qui ont appartenu à un monument antique. Sur Tune de ces plaques mutilées était une inscription grecque, tellement effacée qu'il m'a été impossible de la déchiffrer.
Six à sept minutes plus loin, une trentaine de maisons détruites couvrent un espace appelé, encore aujourd'hui, Palaso-Chorio ou l'Ancien Bourg.
Le bourg actuel, en effet, est situé beaucoup plus haut et à 380 mètres au-dessus de la mer. Son nom est Yourliotes. Il a été fondé, il y a deux cent soixantedix ans, par une colonie venue de Yourla en Asie mineure. Le sentier pavé qui y conduit longe un torrent qui forme cascade en plusieurs endroits; avant
m) ÉTUDE
d'arriver au village, on passe devant une fontaine qu'embellissent quelques vieux platanes.
Yourliotes contient trois cent trente maisons, deux églises, uue école mutuelle et une école hellénique. Celle-ci est de création toute récente.
En continuant à gravir la montagne, une vingtaine de minutes au S. E. de Yourliotes, on parvient au monastère de la Panagia tou Yronda (Uxvayicc toO Bpov-à). La situation élevée de ce monastère, le retentissement du vent qui gronde à travers la forêt de pins qui l'environne, et les orages qui, parfois, éclatent sur le plateau incliné qu'il occupe, lui ont fait donner le nom qu'il porte, c'est-à-dire de Notre-Dame du Tonnerre. Précédemment, comme je m'en suis convaincu en parcourant un vieux titre sur parchemin que m'a montré l'hégoumène, il s'appelait Panagia ton Kroka.
Ce même titre m'a appris que le monastère avait été londé l'an du monde 7102, ce qui, d'après la manière de calculer des Grecs, répond à l'année 1594 de notre ère. Sur la table sainte, qui date de 1703, sont gravés les mots Uosndtylx ?ow Bpovrôc, ce qui prouve que, dès cette époque, l'ancien surnom de KpoV.a avait été remplacé par celui de Bpovra.
Quinze moines habitent ce couvent; ils ne sont point assujettis à la vie commune, et ils peuvent, tons les ans, au moyen de l'élection, changer leur hégoumène.
Si l'on poursuit l'ascension de la montagne, après une marche pénible d'une heure sur des pentes boisées,
on atteint l'un des plus hauts sommets de l'Ampélos : il a 4160 mètres d'élévation. Une grande échancrure le sépare du sommet voisin connu sous le nom de Saint-Elie et dont j'ai déjà parlé.
Ce plateau est environnée d'un mur grossièrement construits en pierres sèches, épais de 2 mètres 1/2 et qui délimite une enceinte assez étendue. A l'intérieur, on distingue des débris de petites maisons et des citernes. Le tout est renversé et dans un affreux pêlemêle. Les habitants appellent ce lieu Camp de Lazare. (Kâ(j7po ro-j AaÇap.) A quelle époque remonte-t-il ? Il est difficile de le dire, mais, comme il n'offre aucun caractère de construction antique, il faut peut-être en rapporter la fondation à ces temps désastreux où l'île étant sans cesse menacée par les Sarazins et ensuite par les Turcs, avant de devenir déserte, ses malheureux habitants étaient contraints de se réfugier sur les hauteurs les plus inaccessibles, afin d'échapper ainsi à la fureur de leurs ennemis.
Hex Geiïones (É; Tekoveçj. — Le district de Yathy possède encore une dernière commune composée de six petits hameaux différents et dispersés à quelque distance les uns des autres, à l'O. de Vourliotes, le long des collines qui descendent vers la mer. Ils portent les noms de Manolades, Stavrinides, Nenedes, Margarites, Baieandates et Hagïos-Constantinos. Celui-ci est le plus considérable, et il est en quelque sorte le chef-lieu des cinq autres. Tous réunis, ils constituent un ensemble de trois cent deux maisons, et on les appelle les six voisins. (É£ rst'rovsç.jLe démarque réside à Hagios-
Constantinos ; là est aussi 1 école mutuelle. Chacun de ces hameaux a une église ou une chapelle.
Cette commune, dont les habitants se prétendent issus de la Roumélie,est séparée à l'O. par une chaîne de montagnes du district de Carlovassi que nous allons maintenant parcourir. On y pénètre par deux sentiers, l'un qui suit et contourne le rivage, l'autre qui serpente à travers les hauteurs.