‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de SamosChapitre 4 sur 116 · Mélétius, Géogr.y p. 488, édit. de · texte numérisé non relu

Mélétius, Géogr.y p. 488, édit. de

DE L'ILE DE PATMOS. 3 dàvo* y) ccllov rivée ' y.efcai ov ar^azpav ty)ç Aépov v/igov ' avrn y) v/iGoç sivoci opœh vioù y.sTcclloyopoç' yvplÇei pu'Ata 40, $ xar' aAAouc 50. Ànéyei tyjç htaptaç pu'Aia 55 Tïpbç Notov xaï «XXa zodccvra rr)ç Kcô Trpoç BopeW» »

« L'île de Patmos, dit-il, est appelée communément Patino et par les Italiens Palmosa : Son nom lui vint de ce qu'elle fut foulée par le pied de Neptune ou de quelqu'autre Dieu. Située non loin de l'île de Léros, elle est montagneuse et riche en métaux. La circonférence est de 40 milles ou suivant d'autres de 50. Elle est éloignée d'Icaria de 55 milles vers le S., et d'une distance égale de Gos, vers le N. »

Sans m'arrêter à rapporter ici d'autres passages concernant cette île, tirés des quelques voyageurs qui l'ont visitée, j'en aborde immédiatement la description d'une manière directe et personnelle.

L'île de Patmos, d'après la carte anglaise du capitaine Graves, est comprise entre la 33' et la 38' 10" du 26e degré de longitude Est du méridien de Greenwich, et entre la 17' 50" et la 23' du 37e degré de latitude Nord. Sa plus grande longueur, à vol d'oiseau, est d'environ 15 kilomètres sur 10 dans sa plus grande largeur : mais, à raison de l'extrême découpure de ses côtes, sa circonférence doit atteindre, ou peu s'en faut, 60 kilomètres.

Elle fait partie des Sporades de l'ancienne mer Icarienne, si souvent chantée par les poètes et si connue dans l'histoire mythologique de la Grèce* Les principales îles qui l'entourent sont : au N., les îles Fournis (Corassiœ ou Corseœ); au N. E., Samos; au N. 0*,

Nikaria (haros ou I caria) ; à l'E., le petit archipel des îles Arkis (Argiœ) et Lipso (Lepsia); au S. E., Léro (Leros).

Je passe sous silence d'autres îlots moins considérables qui parsèment çà et là la mer autour d'elle; je ne parle pas non plus des îles plus lointaines qu'on aperçoit du haut de ses montagnes.

Son nom primitif semble avoir été Patnos (ïïécvoç) ; car, dans une inscription ancienne qui se trouve sur une grande plaque de marbre à l'entrée de la bibliothèque du monastère, on lit distinctement ces mots :

EKTPO<I>02E2TiriATN02

miot

êV-Tpoçpoç sert ïïarvo;

vt,<joz

Plus tard, ce nom s'est changé en celui de Patmos; et, depuis, il s'est encore modifié pour se rapprocher de sa forme première. En effet, il est devenu Patino dans la langue vulgaire. Quelle en est Félymologie? Je ne saurais le dire avec certitude; car je regarde celle que donne Mélélius comme puérile, et je crois qu'il ne faut admettre qu'avec une certaine réserve celle du savant Bochart qui fait venir ce nom d'un mot syriaque signifiant iërëbinlhe, « l'île ayant pu être, dit-il, couverte jadis d'arbres de cette espèce.

La dénomination de Palmo ou Palmosa, par laquelle les Italiens la désignaient ordinairement, s'efface de plus en plus, et les palmiers, d'où elle dé-

i. BQcliartus, Geographia sacra, p. 411.

rivait sans doute, ont disparu complètement, à l'exception d'un seul qui orne une vallée appelée le Jardin du Saint (Kyjttoç roù Qvlqv).

Montagneuse d'un bout à l'autre, Patmos s'étend surtout dans la direction du N. au S. Le port de La Scala la divise en deux parties presque égales, séparées par un isthme assez étroit. Il est difficile de trouver des côtes plus dentelées, et, dans une circonférence si petite, des caps et des ports aussi nombreux.

Vers l'O., elle s'allonge à peu près tout entière sur la môme méridienne; mais, de l'autre côté, elle projette en avant un grand promontoire qui se termine par la pointe Geranos (Vépavoç) et dont le vaste développement, en s'inclinant du N. 0. au S. E.,et, en semblant se replier vers la seconde partie de l'ile, contribue à la couvrir du vent du N., et en rend ainsi les baies plus sûres.

Vue de la mer, elle paraît moins aride qu'elle ne l'est en réalité , à cause des broussailles qui hérissent les flancs de quelques-unes de ses montagnes, et qui lui donnent de loin, par ce revêtement de verdure, une apparence de fertilité; mais, quand on parcourt l'intérieur, on s'aperçoit bien vite que son sol pierreux et ingrat se prèle difficilement à la cuiture, excepté dans quelques petites vallées que l'homme a su féconder par son travail. Jadis boisée, elle est depuis longtemps dépouillée de ses anciennes forets, et c'est môme maintenant une rareté que d'y rencontrer un arbre. A part quelques maigres oliviers, une trentaine de mû-

riers et de figuiers, plusieurs orangers et citronniers, deux ou trois pins, sept à huit caroubiers , trois beaux chênes vélanèdes, et une vingtaine de cyprès plantés ça et là, elle ne présente plus à l'œil que de chétifs arbustes qui ne peuvent donner de l'ombre pendant l'été. La disparition de ses forêts a en même temps desséché le lit de ses ruisseaux et de ses torrents , et le plus considérable de tous , appelé Nero-Mili , traîne à peine, à l'époque des chaleurs, un faible filet d'eau.

Ses rivages escarpés sont cependant abordables sur beaucoup de points, et semblent inviter les navires qui passent à chercher dans ses ports naturels un abri contre la tempête. Les pirates, par cela même, l'ont souvent visitée, et voilà pourquoi presque tous ses habitants se sont peu à peu groupés autour du monastère , sur le haut de la montagne de Saint-Jean. Il n'y a qu'un petit nombre d'années qu'ils ont osé descendre à La Scala, et que cent-quarante familles environ se sont établies près de ce port.

Mais il est temps d'y aborder et de mettre le pied sur ce rivage dont nous venons seulement d'examiner l'ensemble général et les contours.

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