Strabon, 1. XIV, ch. i, t. ni, p
Strabon nous apprend qu'il regarde jusqu'à un certain point (nàç) ou, si l'on veut, indirectement le cap d'Icaria, appelé Drepanon.
Devons-nous , avec M. de Choiseul-Gouffier, le considérer comme étant le même cap que celui de Canlharion et l'identifier avec ce dernier, de même que nous n'avons fait qu'un seul et unique promontoire de Drepanon et de Dracanon? Car, dans la carte de M. de Choiseul, je vois le cap le plus occidental et le plus avancé de l'île, celui-là même qui est vis-à-vis Nikaria (l'ancienne ïcaria ou Icaros), marqué ainsi : « Gap de Samos, Olim Ampelos promontorium , quod et Canîharius. »
Il est cependant facile de remarquer que Strabon, tout en disant qûé le cap Cantbarion et le cap Ampélos sont tournés du côté de l'île d'Icaria, signale une différence qui sert à les distinguer : c'est que l'un, le cap Cantbarion , est le point le plus voisin de l'île d'Icaria (diéyzi àydo-wov'Tà ax&Mo-oq), et que l'autre, le cap Ampélos, ne regarde qu'indirectement (irà;) le promontoire Drepanon.
ïl est également probable que Strabon n'a pas voulu désigner par là l'autre promontoire occidental de l'île de Samos, qu'on appelle cap Saint-Dominique, et qui est au-dessous du précédent et un peu plus à l'E.; car, voulant signaler les trois caps principaux de l'île, il aurait alors passé sous silence celui qui devait attirer le plus son attention , je veux dire le cap appelé aujourd'hui cap Colonni, et quelquefois aussi cap Blanc, et qui me paraît être l'Ampélos d'autrefois.
SUR L'ILE DE SAMOS. 153 Le géographe Lapie avait déjà adopté cette opinion
en 1824, et depuis le lieutenant Brock l'a partagée. Mélétius4 n'indique pas d'une manière beaucoup
plus nette que Strabon la position de ce cap; car il se
borne à dire qu'il regarde le couchant.
<( To de Tcpbç dvepàç èyjvevov axpov k^izzloq yjxXectczi, »
Il est, si l'on veut, au couchant, par rapport au cap Neptune, qui est à l'E. ; mais sa position véritable, eu égard à l'ensemble de l'île, est le S.
Une raison déterminante, et qui me semble péremptoire en faveur de la place donnée au cap Ampélos dans les deux cartes dont je viens de parler, c'est que la chaîne de FAmpélos n'occupe pas 111e entière , comme on pourrait d'abord être induit à le penser d'après ce texte de Strabon 2 « ÂXkà v.oà to 6poç &tav b
« Toute la chaîne qui rend l'île entière montagneuse s'appelle du même nom. » (C'est-à-dire Ampélos, comme le promontoire qu'il vient de citer.)
Mais, ainsi que je l'ai déjà montré, en décrivant la configuration générale de l'île, la chaîne de l'Ampélos est, en réalité, distincte de celle du Kerki, et, bien que, par sa longueur plus grande et par ses chaînons et ramifications secondaires, on puisse dire, jusqu'à un certain point, que c'est elle qui constitue l'île montagneuse, cependant le Kerki, plus élevé, et cité ailleurs par Strabon3 comme étant plus remarquable que PAm-
\ . Mélétius, Géographie, p. 488.