Pline, Hist. nat., 1. V, ch. xxxvn
SUR LTLE DE SAMOS. 173 que dans le mot ï^êpasoç nous retrouvons opSpoç, '([xgpoç, et, en latin, imber, pluie; car tous les fleuves de Samos sont à peu près à sec en dehors de la saison des pluies, à laquelle, devant leur existence, ils peuvent bien aussi devoir leur nom.
Quoj qu'il en soit, je suppose que ce fleuve est le torrent appelé aujourd'hui Mytilinous, et qui, prenant sa source au N. E. de Mytilini, dans la chaîne montagneuse qui sépare ce village de Vathy, est, sans contredit , l'un des plus considérables de l'île. Il s'est ouvert un lit assez large, qu'il est quelquefois difficile de franchir à gué , quand des pluies abondantes ont grossi ses eaux. Après avoir tourné à l'E. le village de Mytilini, il arrose une agréable vallée, puis il traverse la partie occidentale de la plaine de Meso-Cambo, et il va se jeter à la mer après un cours de 41 à 12 kilomètres. Il mérite , autant que l'Imbrasus et beaucoup plus que le Chésius, la dénomination d'Amnis, par laquelle Pline le désigne, et il serait étonnant que cet écrivain , ne signalant que trois fleuves dans l'île de Samos, eût oublié l'un des plus importants et qu'il fallût chercher l'Hybettes dans un autre torrent plus petit.
Au sujet de l'Amphilysus 1 , fleuve qui, selon Étienne de Byzance, découle de l'Assoron, j'ai déjà exprimé plus haut une conjecture : c'est que, cette montagne me paraissant être le Saint-Élie actuel, l'un des plus
1. Rac, àpjpl, 1-ùci, ou peut-être àu.m, Ivcrara, rage : dans ce cas, il conviendrait de récrire ainsi , amphilyssus — l'une et l'autre étymologie indiquent la rapidité de son cours
hauts sommets de la chaîne de l'Ampélos, je vois FAm-
philysus dans l'un des torrents qui en descendent, et,
par exemple, dans celui qui se dirige vers Pyrgos et
de là court se précipiter à la mer non loin de Scou-
reïka.
Le géographe moderne Mélétius 1 nomme un cinquième fleuve, le Cercetius. Il a, sans doute, emprunté ce renseignement au vers suivant de Nicandre 2 :
(( RspXSTSft) VlfÔZVTOÇ U7TO C7^0tVW^£(7(7tV 6%Qatç. »
Mais comment faut-il entendre ce vers, et le mot KepxeTsw est-il un nom de fleuve ou un nom de montagne? Ne serait-ce pas tout simplement le mont Kepîterevs de Strabon et le Gercetius de Pline? Si, au contraire, il s'agit d'un fleuve, nous devons tout naturellement le chercher parmi ceux qui prennent leur source dans la chaîne du Kerki. Or, aucun ne mérite plus l'honneur de porter le nom de cette chaîne que le torrent qui, partant du cœur même de ce massif montagneux, le traverse au N. entre deux murailles gigantesques de rochers et va se perdre à la mer près du port Seitan ou port du Diable. Il ne porte actuellement aucune désignation spéciale.
Outre ces fleuves, les noms de deux fontaines nous sont connus par Pline3 : ce sont Gigartho et Leucothea. L'une est très-probablement celle qui fournissait l'eau à l'aqueduc d'Eupalinus. Tournefort a pensé que