Apulée, XV, p. 67l
le rivage. A cette occasion, fut instituée, par les Samiens, la fête appelée Tonea, ou la fête des liens, parce que, s'imaginant que la statue s'était échappée de son propre mouvement, ils l'enchaînèrent avec des branches d'osier.
Quant à l'Héraeon que vit Hérodote, il avait eu, comme nous le dit cet historien , pour premier architecte, Rhœcus, fils de Philéas, qui le commença, d'après le calcul des uns, vers la 19e olympiade, et, d'après celui des autres, seulement vers la 30e.
Il paraît que, dans la lutte que Polycrate soutint contre Crésus, ce temple fut brûlé par les Perses1. Relevé bientôt par ce prince , il obtint le droit d'asile , droit qui. fut plusieurs fois violé. Il renfermait les productions de tous les arts, et c'était, à l'époque romaine, un véritable musée et principalement une Pinacothèque.
Pausanias2 dit qu'on y voyait encore, de son temps, l'agnus-castus sous lequel Junon vint au monde, ainsi qu'une statue fort ancienne de cette déesse, ouvrage de l'Eginète Smilis, fils d'Euclide et contemporain du fameux Dédale.
La déesse y était aussi représentée vêtue d'un habit de noces '; car une antique tradition voulait que Junon non-seulement fût née à Samos, mais encore qu'elle y eût épousé Jupiter, bien que la ville d'Argos disputât