Diodore de Sicile, î. V, ch. liv
DE LUE DE PATMOS. 19 D'un autre côté, nous savons par Strabon1 que l'île de Sam os, située au N. E. de Patmos, fut primitivement occupée par des Gariens. 11 est donc vraisemblable que cette dernière île, placée entre les deux précédentes, eut également des Gariens pour premiers colons.
Hérodote2 nous avait dit déjà que les Gariens, sous le nom de Lélèges, avaient été maîtres des îles, avant d'en être chassés par les Doriens et par les Ioniens; témoignage qui me semble prouver péremptoirement que la population primitive de Patmos était Carienne : cette île put recevoir ensuite une colonie Dorienne, et rien n'empêche qu'Oreste, en y bâtissant un temple en l'honneur des dieux, n'y ait laissé quelques Argiens.
Plus tard, il est probable que des colons Ioniens vinrent aussi s'y fixer, car la langue ionienne paraît y avoir été implantée de bonne heure, comme on peut le conjecturer d'après l'ancienne inscription conservée dans la bibliothèque du monastère.
Si l'histoire de la colonisation de Patmos est trèsobscure, le même silence et les mêmes ténèbres enveloppent celle de son développement, de sa décadence et de sa ruine complète. Les débris de son acropole attestent seuls un certain degré de puissance et de prospérité relatives, sur lesquelles l'antiquité se tait complètement. A l'époque romaine, c'était un lieu de déportation, et saint Jean l'Évangéliste y fut relégué par l'empereur Domitien, 95 ans après J.-G. Cet exil
\. Strabon, 1. XIV, ch. i.