‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de SamosChapitre 86 sur 116 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

CIMETIÈRES ET FAUBOURGS DE ^ANCIENNE SAMOS. — PLAINE DE CHORA. — RUINES DE l'hÉR^EON. — CARRIÈRES DU MONT KASTRO ET DU MONT KATAROUGA.

J'ai déjà parlé de la vallée qui sépare à l'E. le mont Kastro de la colline plus basse que couronnent les ruines de la petite acropole. Cette vallée est traversée dans sa longueur par un ruisseau et dans sa largeur par les remparts qui descendent du Kastro pour environner ensuite le plaleau de cette seconde forleresse. La partie ainsi détachée de la ville par la ligne des fortifications était une ancienne nécropole, .l'y ai remar-

m ÉTUDE que les débris de cinq sarcophages antiques, en marbre commun. Leur longueur est de 2 mèt.50cent., et leur largeur de 1 mètre. Ils ont été taillés dans un seul bloc. Les ornements qui en décorent les côtés sont divisés en deux compartiments : dans celui d'en haut est au centre une plaque carrée revêtue d'une inscription; une guirlande serpente entre ce premier compartimentetle compartiment inférieur où sont sculptés trois cœurs. Un couvercle épais, en forme de toit légèrement bombé vers le milieu, fermait ces tombeaux. Le travail en est d'une exécution un peu lourde, et je les crois de l'époque romaine. Les inscriptions ont été tellement rongées par l'humidité du sol dans lequel ces sarcophages sont restés longtemps ensevelis, qu'il m'a été impossible de les déchiffrer.

Il est probable qu'en fouillant cette vallée, on y découvrirait encore d'autres tombeaux de ce genre : plusieurs aussi ont déjà été enlevés par les habitants et placés, en guise d'auges, devant des puits ou des fontaines.

J'ai trouvé, également en cet endroit, une petite base antique, haute de 50 cent, et large de 40 cent.; elle est en marbre gris et vert, et porte l'inscription suivante :

AnOAAOAOP02

HPAKAE1ÀEH

AITYPTICI

« AKolAédoopoz Épccy.leideoù ÀiyvKTioç. »

De l'autre côté de la ville, au delà de la porte qui

SUR L'ILE DE SAMOS. 213 ouvrait sur la route de l'Héraeon, s'étendait une seconde nécropole : de nombreux débris de sarcophages en beau marbre blanc gisent encore dans un champ de vignes : ils m'ont paru d'une exécution plus parfaite que ceux dont je viens de parler; mais, malheureusement, ils sont tous affreusement mutilés.

Quelques pas plus loin, sur une petite éminence qui domine, au N., l'étang de Glyphada, est un hypogée creusé dans le roc. ïl a 2 mètres de profondeur, 3 de longueur et 2 1/2" de largeur vers le bas; car, à sa partie supérieure, qui devait être recouverte autrefois par des dalles de pierre ou de marbre, il est plus étroit. Au fond, règne, vers le centre, une niche horizontale et rectangulaire, longue de 2 mètres et large de 40 centimètres, qui servait de tombeau. A droite et à gauche, cinq autres niches, beaucoup plus petites et verticales, avaient été pratiquées dans les parois latérales de ce monument funèbre : elles pouvaient contenir des urnes cinéraires ou des offrandes consacrées aux mânes.

En remontant sur les flancs du Kastro, on rencontre également, au milieu des broussailles, d'autres hypogées complètement obstrués de pierres ou de terre.

De même, le long du chemin qui conduit à Chora, on a mis au jour, en labourant, plusieurs sarcophages de marbre et quelques fosses rectangulaires creusées dans le roc.

Faubourgs. — Samos paraît avoir eu deux faubourgs principaux : l'un s'étendait à PO* jusqu'à l'étang

214 ÉTUDE de Glyphada , et même au delà, et au N. il se rapprochait de Chora et atteignait les bords da torrent, que j'ai déjà supposé être le Chésius. De nombreux débris, appartenant à l'époque romaine, et la ligne très-distincte d'un long mur antique, ne me laissent aucun doute à ce sujet.

L'autre faubourg était celui de l'Hérseon : il était éloigné de la ville, vers FO., de cinq kilomètres et demi. L'intervalle, qui le séparait de la capitale, était rempli par des maisons de campagne et par des jardins ; car il ne faudrait pas s'imaginer, avec Tournefort l, que la ville, comme il le dit, s'étendît depuis le port de Tigani jusqu'à la grande rivière qui coule à 500 pas des ruines du temple de Junon. L'examen attentif des lieux s'oppose à cette assertion : d'abord, en effet, l'enceinte des remparts délimite le périmètre de la ville, et, ensuite, à partir de l'étang dit Glyphada ou salé, au lieu de rencontrer des amas considérables et continus de débris antiques, on n'aperçoit plus que, ça et là, à de longs intervalles, quelques vestiges d'anciennes constructions, ce qui indique que l'espace libre était occupé par des terrains cultivés, et tout porte à croire qu'il devait y avoir, entre la ville proprement dite et le faubourg de Junon, une grande route ou voie sacrée, bordée de jardins.

Deux kilomètres au delà de Tigani à l'O., on trouve, le long de la mer, une dizaine de magasins qui sont presque entièrement construits avec des matériaux

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