‹ Description de l'île de Patmos et de l'île de SamosChapitre 92 sur 116 · Polybe, v, 3o · texte numérisé non relu

Polybe, v, 3o

SUR L'ILE DE SÀMOS. 227 bien que d'antiques privilèges en eussent fait un asile inviolable.

Vers le milieu de la plaine, à i'E. de l'Héraeon et au delà d'un petit ruisseau, est une ferme très-délabrée, qui dépend de l'un des couvents de File, nommé Megali-Panagia. Elle a été construite sur remplacement d'une ancienne bâtisse romaine assez considérable. On remarque dans les bâtiments de cette ferme, dite de Saint-Georges, et surtout dans une chapelle attenante, un grand nombre de pierres et de blocs antiques, et plusieurs fûts et chapiteaux de colonnes ioniques. Ces débris de colonnes ne seraient-ils point un reste du temple de la Vénus des Marais, dont j'ai déjà parlé?

D'un autre coté, à l'O. de i'Béraeoii et à cinq cents pas environ, est, au delà de l'imbrasus, une autre ferme, appelée ferme de Saint-Jean-le-Théologien, qui appartient au monastère de Patin os. Cette ferme a cela de curieux qu'elle est la première construction élevée dans l'île depuis que Samos, longtemps déserte, fut repeuplée par Kiliuj-Àly-Pacha, qui, au dire de Joseph Georgirènes, vint un jour chasser dans cette ile en 1550. Il fut si ravi des agréments et de la richesse du sol qu'il demanda à Soliman la permission de la coloniser, ce qu'il obtint, k sa mort, cette île, qui était devenue sa propriété, rentra dans le domaine du sultan. Or, ce Kilidj-Aly avait pour pilote d'un de ses vaisseaux un certain Sarakinios, originaire de Patmos. Celui-ci sollicita un emplacement près du cap Colonni; il y bâtit une tour à créneaux, qui existe encore et qui

228 ÉTUDE porte la date de 1577, et une chapelle dédiée à saint Jean. Étant mort sans enfants, il légua ses biens au monastère de Palmos, qui, depuis lors, est propriétaire de cette ferme et y entretient un moine pour fa surveiller. Cette tour et cette chapelle ont été construites avec des matériaux antiques, et dans la cour qui les sépare on observe plusieurs tambours de colonnes, des plaques de marbre et trois ou quatre stèles. Tout cela vient, soit de l'Héraeon, soit du faubourg.

La chapelle de Saint-Jean renferme une inscription gravée sur une petite colonne qui soutient la table sainte dans l'hagion ou sanctuaire. La voici :

AYAQNCXfcGA ASONATTIKON YIONÂTTIKOY TOYNG OflOIOY ÏHCBA2IAG IOY OGACHPALKAI RAPAOYAAKOE KPIOG NTAG IEOAYM niATAG NHG IEHI1AI AjQNETAÀîONNG I KHCANTATONGnn NYMONG NTHIG Pfl THEBADAC IOY0GAC HPAEÀrnNAîlAI AHNnAAHNTHN TG IMHNANAC THEZANTOETOYÎ1A TPCE.

« Au)vOV Oîps'À/iov -Âvci'AOVy vibv Attixovj tov vzonoiov mi

SUR L'ILE DE SAMOS. 229 fiaGiïslov B'sôcç hoaq xat i:ocpocyvlocm/.oç, zpiôeVra eiq OlvfÂTCia roc év IleiV/jj izodàtov aroièiov veixvîawra, rbv inôïvvy.ov sv t£> tspw rfiç ficcGilelov Qzâç Ûpocç àyàvocy r.odiïbw tcoc1t^7 tyiv

TetpcyjV àvoCGTflGOtVTOq TOI) TtOCTpOÇ. »

Cette petite colonne me paraît avoir été une stèle funéraire , érigée par un certain Àtticns , chargé de l'entretien et de la réparation du temple de la royale Junon, et gardien de ce monument, à la mémoire de son fds, Aulus OphelliusAtticus, qui avait été jugé digne de concourir, àPise, aux jeux olympiques et qui, dans l'enceinte sacrée de la royale déesse Junon, avait remporté au stade des enfants le prix de la lutte, combat gymnique qui tirait son surnom de la déesse.

Remarquons l'orthographe des mots JleiTri, vumgzvtx, Tsipfy à la place de IIi'ot?, vi^ravra, np-'v.

Je ne crois pas nécessaire de faire observer que cette inscription date de l'époque romaine, les noms propres l'indiquent assez d'eux-mêmes.

A un kilomètre au S. de cette ferme, sur une hauteur qui domine la mer, est une petite chapelle fondée, dit-on, par le même Sarakinios et dédiée à saint Nicolas. Près de la porte d'entrée est une pierre antique qui porte les caractères suivants :

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