‹ Description de la cathédrale de Chartres suivie d'une Courte notice sur les églises de SaintPierre, de SaintAndré et de SaintAignan de la même villeChapitre 10 sur 23 · ISAIE, XI · texte numérisé non relu

ISAIE, XI

la dernière Cène , le Lavement des pieds , la Trahison de Judas , la Flagellation, la Crucifixion, la Mise au Tombeau, la Résurrection, l'Apparition à la très -sainte Vierge, l'Apparition à Madeleine , le Voyage avec les disciples d'Emmaûs , et le Souper avec les mêmes disciples.

Rose septentrionale. — Cette rose est appelée rose de France, parce qu'elle a été donnée par saint Louis , roi de France. Le sujet qui s'y trouve peint , est la Glorification de la très-sainte Vierge : c'est le même sujet sculpté au porche.

Au centre de la rose, Marie est assise sur un trône et tient dans ses bras le Sauveur du monde. Trois cercles de douze médaillons sont remplis de figures rendant leurs hommages à la Mère de Dieu. Le premier cercle offre quatre Colombes divines au nimbe crucifère, quatre Trônes à six ailes et les pieds posés sur une roue , et quatre Anges qui encensent ou éclairent. Le second cercle se compose de douze médaillons carrés, contenant les rois de Juda, ancêtres charnels de Marie; voici leurs noms tels que l'indiquent les inscriptions : David, Salomon, Abia, Josapht (sic), Ozias, Achaz, Manases, Ezechias, Joatam, Joram, Asa, et Roboam. Le troisième cercle a douze médaillons semi-circulaires qui renferment les douze petits prophètes , ancêtres spirituels de la Mère de Dieu : Osias, Amos, Jonas, Naum, Sepanias (pour Sophonias), Zacarias, Malarias, Ageus, Abbacuc, Micheas, Abdias, et Johel. — Entre les prophètes et les rois , il y a douze quatre-feuilles aux armes de France, d'azur aux fleurs de lys d'or sans nombre.

Les cinq grandes fenêtres qui se voient sous la rose , en forment l'appendice : elles offrent Marie entourée des personnages figuratifs de l'ancien Testament; faute de place, le peintre n'a représenté que les quatre principaux : Melchiscdech et Aaron , figures du sacerdoce de Jésus-Christ; David et Salomon, types de sa royauté. — Dans la fenêtre centrale, on voit sainte Anne debout, portant un sceptre d'or d'où s'échappent trois fleurs blanches ; elle tient sur ses bras la petite Marie qui porte le livre de la Sagesse ; l'inscription est : sancta anna; au-dessous, il y a un écusson aux armes de France.

Dans les deux fenêtres qui sont à la droite de sainte Anne, on a figuré: 1° David, en costume royal et tenant sa harpe; sous

David, il y a Saul qui se perce la poitrine avec une large épée. 2° Mekhisedech vêtu pontificaleraent , portant la tiare et la couronne; il tient un encensoir dans la main droite; dans sa gauche, il a un calice couvert de sa patène et d'un petit pain rond. Dans le bas, Nabtichodonosor adore la statue formée d'or, d'argent, de fer et d'argile.

Aux deux fenêtres de gauche, on voit: 1° Salomon, en tunique et manteau royal, avec couronne et sceptre. Sous lui, Jéroboam adore les deux veaux d'or de Bétliel et de Dan. 2° Aaron, en costume de grand-prêtre , le rational sur la poitrine , la tiare pointue sur la tète ; dans ses mains il tient la verge fleurie et le livre de la loi. Au-dessous, Faraon (sic) monté sur son cheval est englouti dans la mer Rouge. (Un panneau renversé par la maladresse du vitrier rend aujourdhui le sujet presque indéchiffrable.)

Huit ouvertures d'inégale hauteur placées dans les angles qui restent sous la rose, ont des vitres aux lys de France et aux châteaux de Castille.

Rose méridionale. — Cette rose , donnée par le comte de Dreux , redit la Glorification de Jésus - Christ , sculptée déjà au porche occidental. Les médaillons sont à peu près disposés comme ceux de la rose septentrionale. Au centre, Jésus est assis sur un siège entre deux flambeaux , et donne sa bénédiction au monde ; dans sa main gauche, il tient. un large calice. Le premier cercle de médaillons présente les quatre Animaux évangéliques et huit Anges thuriféraires ; les deux autres cercles renferment les vingtquatre Vieillards de l'Apocalypse assis sur des trônes et tenant des instruments de musique et des vases remplis de parfums; c'est la traduction de ce verset de l'Apocalypse : « Et tous les Anges » se tenaient debout devant le Trône , les Vieillards et les quatre » Animaux l . » — Douze quatre-feuilles sont vitrés aux armes de Dreux- Bretagne , échiquetées d'or et d'azur à la bordure de gueules et au franc quartier d'hermine.

Cinq grandes fenêtres sont placées sous cette rose et en complètent le sujet : on y voit Jésus porté sur les bras de sa divine

1 Apocalypse, vu.

Mère et entouré des quatre grands prophètes et des quatre évangélistes. Ceux-ci sont portés sur les épaules de ceux-là , comme sur une base puissante , et figurent que la nouvelle loi repose sur l'ancienne. — Les donateurs de ces vitraux sont représentés à genoux, dans le bas de chaque fenêtre, suivant l'usage du temps. Voici le détail des cinq fenêtres.

Dans la fenêtre centrale, Marie est debout, richement vêtue, double robe rouge et verte , manteau bistre doublé de blanc , couronnée et portant un petit sceptre ; elle présente aux fidèles son divin Fils. Au-dessous il y a un écusson aux armes de Dreux- Bretagne. — A la droite de Marie, on voit : 1° Isaïe portant saint Matthieu sur ses épaules ; au-dessous est Alix de Thouars , duchesse de Bretagne, mariée en 1212 à Pierre Mauclerc; elle mourut en 1226. 2° Jérémie supportant saint Lue; dans le bas, il y a Yolande de Bretagne, fiancée en 1228 à Jean de France, frère de saint Louis. — A la gauche de Marie, on trouve: 1° Ezêchiel portant saint Jean; au bas du vitrail, Pierre Mauclerc, comte de Dreux. 2" Daniel ayant saint Marc sur ses épaules ; au-dessous , Jean de Bretagne, dit le Roux ou le Mauvais, marié en 1237 à Blanche de Champagne.

Abside. — Les sept grandes verrières de l'abside forment aussi un seul sujet; elles sont consacrées à Marie, ou plutôt Marie est le point vers lequel convergent tous les autres personnages de ces splendides vitraux. Ces personnages sont, pour la plupart, les mêmes que nous avons vus se dresser sur les parois de la porte centrale du porche-nord. — Entrons dans quelques détails.

Le vitrail central rappelle trois épisodes de la vie de la trèssainte Vierge : d'abord , on voit l'archange Gabriel qui annonce à Marie qu'elle sera la mère de son Dieu ; Gabriel porte en main le lys d'or de la virginité ; au-dessus de la tête de Marie plane l'EspritrSaint au nimbe vert et uni. Ensuite, Marie visite sa chère cousine Elisabeth : les deux heureuses mères vont s'embrasser ; Elisabeth a placé amoureusement sa main sur l'épaule de Marie; toutes deux sont richement vêtues et portent le livre de la Sagesse. Enfin au troisième étage , Marie en robe blanche et verte et manteau bistre, assise sur un trône et couronnée comme une

reine, présente son divin Fils à l'adoration des fidèles; Jésus bénit de la main droite, et porte la boule du monde dans sa main gauche. Au bas du vitrail on voit les donateurs ; ce sont des boulangers : ils portent des pains dans un grand panier.

Les trois grandes fenêtres qui sont à la droite de celle que nous venons de décrire , renferment plusieurs personnages , figures du Christ, rendant leurs hommages à Marie.

La première fenêtre offre Aaron et un ange thuriféraire : Aaron , en robe et manteau, la mitre épiscopale sur la tête, est assis et tient dans sa main gauche sa verge fleurie; l'ange encense la très-sainte Vierge. Ce vitrail a été donné par Gaufridus, seigneur d'Illiers : il est figuré debout , les mains jointes , priant la Mère de Dieu ; avec lui on voit sa femme Adelina et ses deux fils Guilleltnus et Gaufridus ; le premier porte une bannière blanche sur laquelle est peinte une chausse rouge ; le second , qui est clerc , a revêtu l'aube blanche et tient en ses mains l'encensoir et la navette (sa tête manque : elle est remplacée par une autre du XV e siècle).

La seconde fenêtre, qui a été donnée par la corporation des bouchers , renferme : 1° Ezéchiel , assis et le bonnet juif sur la tête; 2° David, en costume royal; il porte la couronne et le sceptre ; on lit près de sa tête : rex david ; 3° un séraphin debout , orné de six ailes , dont les deux médianes sont couvertes d'yeux.

La troisième fenêtre a son vitrail consacré à saint Pierre : 1° il reçoit de Jésus les clefs du royaume des Cieux ; 2° il est délivré de prison par un ange ; il a les fers aux pieds, et l'on voit les gardes endormis à la porte de la prison ; 3° ici Pierre est vêtu en pape et rencontre à la porte de Rome Jésus-Christ tenant une croix ; le divin Sauveur bénit son Vicaire et lui annonce son prochain martyre. — Ce vitrail a été donné par les changeurs ou monnayeurs , qui étalent leur argent sur une table.

Les trois grandes fenêtres de gauche offrent la suite des prophètes qui ont figuré ou annoncé le Messie.

La première a trois presonnages : Moyse, Isaïe et un ange thuriféraire en robe verte et manteau bistre. 1° Moyse a sur le front des cornes proéminentes ; il se déchausse le pied pour parler au Seigneur qui lui apparaît au milieu d'un buisson ardent; une chèvre mange les feuilles vertes du buisson. 2° Isaïe en robe et manteau violet, est assis et tient dans sa main droite la tige

iïeurie de Jessé; de la corolle s'élance Jésus bénissant. Ce vitrail est encore un don fait à la Cathédrale par les boulangers du XIII e siècle.

Dans la seconde fenêtre, il y a : 1° Daniel assis et la tête couverte du bonnet juif; 2° Jérémie, assis, tète nue, une banderolle à la main ; 3° un Séraphin à six ailes. Les donateurs de ce vitrail sont les drapiers et les pelletiers ou peaussiers figurés dans le bas.

La troisième fenêtre rappelle trois traits de l'histoire du précurseur de Jésus : 1° La naissance de Jean est annoncée par un ange à Zacharie ; celui-ci est nimbé et porte l'encensoir devant l'autel des parfums ; 2° saint Jean est debout avec deux de ses disciples ; il tient l'Agneau divin inscrit dans une auréole , et il dit : Ecce Agnus Dei. Au-dessus , dans des médaillons semi-circulaires , on voit deux anges ; 3° saint Jean-Baptiste , Jésus-Christ ; le Sauveur est plongé dans les eaux du Jour et du Dain , personnifiés par deux hommes presque nus et tenant des urnes d'où s'échappent les flots qui remontent ; Jean verse de l'eau sur la tête du Messie ; un disciple est témoin du baptême. Le Saint-Esprit au nimbe uni plane au-dessus de la tête du Christ , et le Père éternel paraît dans le haut du vitrail, pour dire : Voici mon Fils bien -aimé; écoutez- le. Le peintre l'a figuré avec les traits du Fils; car le Père et le Fils sont un , et celui qui voit l'un voit l'autre. — Ce vitrail a été donné par les changeurs ou monnayeurs; un panneau provient du martyre de saint Eustachc.

§ 2. — Les Vitraux de l'étage supérieur.

Nous Pavons déjà dit, les fenêtres supérieures, au nombre de 68, sont d'immenses lancettes géminées et couronnées d'une rose élégante. Les vitraux représentent généralement les figures colossales des Prophètes , des Apôtres , et d'un grand nombre de Saints et de Saintes ; on y voit aussi quelques scènes évangéliques et légendaires. — Pour les décrire , nous commencerons à gauche près du clocher-neuf, en continuant jusqu'au sanctuaire; puis nous reviendrons du sanctuaire au clocher- vieux.

I. Le premier vitrail supérieur offre, dans trois médaillons, la

triple tentation de Jésus-Christ au désert : 1° Le démon à la figure horrible et cornue demande au Sauveur de changer des pierres en pain; Jésus est vêtu d'une tunique verte et d'un manteau bislre; il a le nimbe crucifère. 2° Le démon a transporté le Fils de Dieu sur le pinacle du temple et lui dit de se jeter en bas. 3° Après l'avoir porté jusque sur le sommet dune montagne, Satan est mis en fuite; deux anges descendent des nues pour servir Jésus-Christ.

II. Le second vitrail est composé de trois médaillons ovales qui renferment trois prophètes assis, nimbés, vêtus de la tunique et du manteau, tenant en leurs mains un lambel avec leurs noms :

JONAS, DANIEL, ABACUC.

Dans la rose, il y a un saint évêque, qui a perdu son nom; il est en habits pontificaux , bénit de la main droite et tient un livre dans sa gauche ; à ses côtés sont deux hommes en posture de suppliant.

III. La grande figure représente saint Laurent , diacre de l'Église romaine; il tient le livre des Évangiles sur la poitrine, et il a des chaussures bleues; l'inscription est s. laurenciis. Plus bas , on voit le martyre du saint diacre : il est étendu nu sur un gril enflammé, et il dit à Décius : Ce coté est assez rôti; fais-moi retourner de l'autre, tyran, et mange~s~en. Deux bourreaux armés de crocs s'apprêtent à retourner le valeureux martyr, et deux autres bourreaux activent le feu avec des soufflets.

IV. Ce vitrail est consacré à saint Etienne, premier martyr; il est vêtu en diacre; il porte la palme de la victoire dans sa main droite, et le livre des Évangiles dans la gauche; on lit : s. stephams. Sous sa figure colossale, il y a la lapidation du saint diacre; cinq Juifs lui jettent des pierres; il est à genoux et il aperçoit Jésus qui le bénit et qui lui offre une couronne. — Ce sont les tisserands qui ont donné celte verrière : l'un d'eux tisse à son métier; deux autres tiennent des peignes en leurs mains; et une femme prépare les petites bobines de la navette. Nous aurions voulu entrer dans quelques détails sur les différents arts et métiers peints sur nos verrières; mais l'espace nous manque ici; nous réservons cela pour la Monographie.

La rose renferme la figure de saint Lubin; il est assis, bénit de la main droite, et de la gauche il lient la crosse et le livre;

- IDO -

à ses côtés, deux jeunes taverniers lui offrent deux vases pleins de vin : ce sont les donateurs du vitrail. L'inscription porte : s.

LEOBl.N.

V. La cinquième verrière se compose de six médaillons semicircuhûres; dans les quatre médaillons supérieurs, il y a quatre apôtres, nimbés, vêtus de la tunique et du manteau, les pieds nus; ils conversent deux à deux. Dans les médaillons inférieurs, sont peints les pelletiers et les drapiers, donateurs du vitrail.

VI. Il y a ici une grande ligure de saint Nicolas, archevêque de Myre , aux vêtements pontificaux ; il bénit de la main droite ; l'inscription porte : s. nicolacs. Les mégissiers ont donné ce vitrail ; ils y sont figurés dans le bas , fabriquant des escarcelles et préparant des peaux.

La rose offre saint Thomas de Cantorbéry, vêtu en archevêque et assis entre deux guerriers en cotte de mailles qui le prient en joignant les mains; on Ht sur l'inscription : s. tomas.

VII. Six apôtres, en tunique et manteau, pieds nus, sont assis dans des médaillons quadrifoliés ; ils semblent s'entretenir deux à deux.

VIII. Un apôtre d'une stature colossale; il est vêtu d'une tunique blanche , d'une robe verte et d'un manteau brun , les pieds nus ; il regarde le ciel; dans sa main il lient un volume roulé. Ce vitrail a été donné par la corporation des changeurs ou monnoyeurs, que Ton voit vidant des sacs de monnaies sur une table.

La rose offre un sujet fort curieux; c'est Marie tenant sur ses genoux les sept dons de l'Esprit-Saint : la Sagesse est figurée par Jésus renfermé au centre d'une auréole circulaire; Y Intelligence, le Conseil, la Force, la Science, la Piété et la Crainte sont symbolisés par des colombes blanches reliées à l'auréole divine par des rayons rouges ; elles portent le nimbe uni 1 et sont inscrites dans une auréole rouge.

IX. La figure grande représente saint Gilles : s. egidivs; il est revêtu d'habits sacerdotaux . il bénit de la main droite, et tient la crosse dans sa main gauche. Dans le bas, saint Gilles dit la sainte

1 M. Didron se trompe quand il affirme que les six colombes portent le nimbe rrucifère. (Iconographie chrétienne, page 100.)

Messe ; un ange lui montre sur une banderolle le péché caché du roi; celui-ci assisle au sacrifice. Un panneau inférieur appartient au vitrail numéro XTV. Au bas de la bordure , il y a deux portefaix chargés d'un ballot : ce sont les donateurs du vitrail.

X. Saint Georges de Cappadoce, en stature colossale; il est vêtu en guerrier du XIII* siècle ; son costume est fort riche et fort curieux. Dans le bas du vitrail, le saint, dépouillé de ses vêtements, est attaché sur une roue garnie de quatorze épées tranchantes ; deux bourreaux le torturent *.

Dans la rose , on voit saint Georges à cheval terrassant un long serpent ; l'inscription est fruste : S. .... «YS •

XI. Jésus-Christ : il est vêtu d'une robe blanche et d'un manteau bistre; il est décoré du nimbe crucifère; il bénit de la main droite, et dans sa gaucho il tient une petite croix blanche. La partie inférieure du corps a été enlevée et remplacée par du verre blanc afin d'éclairer les orgues ; cet acte de vandalisme a été commis au XVIII e siècle. — Dans le bas, se voit le sacrifice d'Abraham : Isaac est à genoux , les mains liées ; Abraham lève l'épée; un ange descend du ciel et l'arrête; un bélier blanc se trouve derrière le père des croyants.

XII. Les grandes figures de cette verrière représentaient le sacrifice d'Abraham; mais six panneaux ont été défoncés et rendent la scène fort incomplète. Dans le haut, le peintre a représenté Jésus en buste ; le Sauveur tient dans sa main gauche un livre ouvert , qu'il indique avec la main droite ; on y Ut : domine ; près de la tête de Jésus, il y a l'alpha et l'oméga. — Parmi les panneaux remplacés , on en voit deux qui proviennent , l'un de la chapelle absidale, et l'autre de la chapelle de Vendôme.

La rose représente une scène d'Agriculture : il y a trois personnages et une charrue attelée de deux chevaux; l'un des trois personnages tient le manche de la charrue et laboure; l'autre conduit les chevaux; le troisième, qui parait être le maître, parle au premier. On lit cette inscription : novigecv.. mei dat hâc

VITREÂ.

1 Miroir historial, lib. xu, cap. 151 et 132.

1 Voyez dans la Légende dorée M curieux récit de la mort du serpent.

XIII. Ce vitrail a deux figures ; la première représente un saint assis et tenant une palme ; la seconde est saint Martin vêtu en archevêque avec le pallium ; il est debout et bénissant. On lit : s. martinvs. Six panneaux ont aussi été enlevés et remplacés par du verre blanc.

XIV. Le quatorzième vitrail raconte deux traits de la vie de saint Martin, archevêque de Tours. 1° Martin, monté sur un cheval , coupe avec son épée la moitié de son manteau pour le donner à un pauvre. 2° Il dort sur un lit, et le Seigneur Jésus lui apparaît revêtu du manteau donné au pauvre. Jésus est assis; il bénit de la main droite , et dans sa gauche , il lient une croix à double croisillon. Ce vitrail est coupé dans son milieu par six panneaux de verre blanc.

Dans la rose, on voit Marie en robe bistre et jaune et manteau rouge, tenant son Enfant vêtu d'une robe verte; à ses côtés il y a le donateur et la donatrice en posture suppliante. On y lit avec difficulté l'inscription suivante :

VIRI : TVR0INV DED ERVT : HAS III

c'est-à-dire : des funnmes de Tours ont donné ces trois verrières.

XV. (Dans le transsept septentrional.) Vitrail de la sainte Vierge. Au premier tableau, Marie meurt entourée des Apôtres éplorés ; son àme s'est envolée dans les bras de Jésus qui bénit le corps virginal de sa Mère : Jésus enfant avait été porté par Marie; Marie en àme est portée par Jésus ! — Au second tableau , une gloire ovoïdale est tenue par deux anges qui enlèvent au ciel le corps ressuscité de la Mère de Dieu ; Marie est au centre de cette gloire qui lui sert comme d'un lumineux vêtement; elle tient la palme de l'immortalité dans la main droite. — Au troisième tableau , Marie est assise sur un trône à la droite de Jésus-Christ qui vient de couronner sa Mère et qui la bénit amoureusement. Dans le bas de ce vitrail , il y a comme raccommodage un panneau de vitre peinte au XVI e siècle. La bordure de ce vitrail est en verre blanc depuis 80 ans; on lit en effet dans les registres capitulaires , au 3 décembre 1768: « M. le Doyen dit » que Messieurs de la Commission à la décoration s'assemblèrent » hier, que leur ayant été proposé par le sieur Dernier, sculpteur,

» de donner du jour à son ouvrage de l'entrée du chœur, ils » avaient été d'avis de faire faire des bordures de verre blanc aux » quatre croisées qui répondent aux deux côtés de l'entrée du » chœur ; qu'il en pourra coûter environ 120 livres par croisée. » — Messieurs de la Commission authorisés de faire faire les dites » bordures. »

XVI. Au premier tableau, deux anges émergeant des nues annoncent aux bergers de Bethléem la naissance du divin Sauveur ; des brebis broutent l'herbe. Au second tableau, le vieillard Siméon et Marie tiennent le petit Jésus sur l'autel de Jérusalem ; c'est la présentation au Temple. Au sommet deux anges descendent du ciel; ils encensent leur Roi caché sous les voiles de l'humanité. Dans le bas du vitrail. Philippe de Boulogne est à genoux, tenant les mains jointes devant un croix posée sur un autel ; il est revêtu d'une cotte blasonnée , on y lit : ph : conte de boloise.

Dans la rose ou voit Philippe, comte de Boulogne, fils naturel de Philippe-Auguste et d'Agnès de Méranie; il est vêtu en guerrier, monté sur un cheval blanc, et portant un écu blasonné de France au lambel de cinq pendants de gueules. C'est le donateur du vitrail.

XVII. Ce vitrail est encore consacré à la très-sainte Vierge, 1° Gabriel annonce à Marie qu'elle sera Mère de Dieu; l'Esprit-Saint, sous la forme d'une colombe blanche , parle à l'oreille de Marie ; Marie et Gabriel sont debout. 2° La Visitation : Marie ouvre les bras pour recevoir sa chère cousine ; Elisabeth place sa main droite sur l'épaule de Marie; sa gauche exprime son admiration mêlée d'étonnement; elle semble dire: Et d'où me vient ce bonheur, que la Mère de mon Seigneur descende jusqu'à moi? — Au bas, Mahalt, femme de Philippe de Boulogne; elle est vêtue d'une robe aux armes de son mari , et sa tête est coiffée de la barette ; elle est la donatrice du vitrail.

XVIII. Ce vitrail a été détruit en 1791 et remplacé par du verre blanc. D'après le Manuscrit de Pintard il y avait : « 1° Saint Joa- » chim et sainte Anne auxquels deux anges parlent ; à leurs pieds » sont des moutons. 2° Saint Joseph et la sainte Vierge ; une tour » entre eux. » L'auteur se trompe : c'est Joachim et Anne qui se rencontrent à la Porte-Dorée. Dans le bas , « une femme à genoux » comme la précédente devant une croix; sur la robe sont les » précédentes armes , avec cette inscription : iehenne. » ; c'est

Jeanne, fille de Philippe el de Mahaul , mariée en 1245 à Gaucher, comte de Chartres , et morte en 1252.

La rose a perdu sa vitrerie du XIII e siècle; elle n'est garnie aujourd'hui que de verre blanc , et au centre elle a une Vierge en grisaille du XIV' siècle. Cette rose est la seule qui ait été défoncée.

XIX et XX. Ces deux fenêtres et la rose sont garnies de grisailles du XIII' siècle ; elles ont des bordures aux lys de France et aux châteaux de Castille.

(Vient ensuite la grande rose septentrionale décrite plus haut , page 191.)

XXI. Deux grandes figures d'apôtres : 1° Saint Thomas , en robe bistre bordée de pierreries, en manteau vert, tient un livre fermé en sa main droite; il a les pieds nus; on lit : s : tomas. 2° Saint Barnabé vêtu d'une robe verte et d'un manteau bleu ; sa main droite joue dans les cordelettes du manteau , et sa gauche relève un peu ses vêtements ; l'inscription porte : s : barn.... Dans le bas du vitrail , on voit le donateur : c'est un prêtre à genoux devant un autel chargé d'un large calice d'or; il est vêtu d'un amict jaune, d'une aube blanche et dune chasuble bleue.

XXII. Deux apôtres, saint Judde et saint Thomas, en tunique et manteau, avec ces inscriptions : s : ivdavs, s : tomas. Les panneaux inférieurs représentent le donataire ; c'est le même ecclésiastique qu'au vitrail précédent.

La rose offre Jésus assis sur un siège , entre le soleil et la lune ; il bénit de la droite , et dans sa main gauche il tient la boule du monde blasonnée aux armes de Castille , pour rappeler sans doute que la reine Blanche est la donatrice du vitrail.

XXIII. Deux apôtres , saint Philippe et saint André , en robe et manteau; sous leurs pieds on lit : s : filipvs, s. andreas. Dans le bas, le même ecclésiastique.

XXIV. Encore deux apôtres vêtus comme les précédents; les inscriptions sont s: jvdas, s: pniLirpvs. Ce vitrail a été donné par le même prêtre ; cet ecclésiastique , si pieusement libéral envers Notre-Dame de Chartres, ne nous a pas transmis son nom; est-ce Jefroi, Gaufridtis, dont on trouve le nom sur deux verrières du croisillon méridional ? C'est probable.

Dans la rose , c'est encore le même ecclésiastique ; il est debout devant l'autel; pour vêlements, il a l'amict vert et paré ,

l'aube blanche avec des poignets d'or bordés de rouge, et la chasuble violette ; derrière lui , il y a une porte ouverte.

On remarquera que les figures des quatre vitraux précédents sont peintes d'après un même carton. Le dessin est identique, et il n'y a de différence que dans les couleurs et les inscriptions : c'était sans doute par économie; car les cartons coûtaient fort cher, même au XIII e siècle. On sait qu'avant de peindre sur verre , il fallait arrêter les dessins en couleur sur des planches de la grandeur dont ils devaient être exécutés, et les profiler avec une telle exactitude, que les pièces innombrables dont chaque vitrail devait être composé, pussent remplir parfaitement l'espace donné, lorsqu'elles étaient réunies par le plomb. Le travail du carton est extrêmement long , puisqu'il doit être triple : le premier pour servir de modèle dans l'exécution ; le second pour être découpé en autant de parties que les figures ou ornements demandent de morceaux de verre taillés de différentes formes ; et le troisième pour établir ces morceaux dans leur ordre, suivant les contours du dessin.

XXV. Vitrail de saint Eustache : 1° au milieu d'une partie de chasse, Eustache encore païen rencontre un grand cerf entre les cornes duquel paraît Jésus qui lui parle; le saint est descendu de cheval et s'est jeté à genoux ; il dit : Révèle-moi qui tu es , afin que je croie en toi. 2° Eustache est baptisé par l'évêque de Rome; on le voit plongé jusqu'à mi-corps dans la cuve baptismale, et l'évêque lui verse de l'eau sur la tête avec une fiole ; sa femme et ses deux enfants sont à côté de lui, attendant leur tour d'être baptisés. 3° L'empereur Adrien a mené Eustache devant une idole d'or et l'engage vivement à sacrifier; l'intrépide chrétien refuse et répond : Je n'adore que Jésus-Christ, et je ne sacrifierai à nul autre. — Le donateur du vitrail est vêtu en guerrier et monté sur un cheval au galop ; son bouclier est blasonné : il est gironné d'argent et de gueules , de douze pièces , au lambel de cinq pendants d'azur brochant sur le tout. Ce personnage nous est inconnu.

XXVI. Il y a un triple tableau : au premier, on voit l'Annonciation : Gabriel a le bâton de héraut; Marie est assise; un vase avec le lys de la virginité est placé entre elle et l'archange; derrière elle, un dattier montre ses feuilles plissées et ses fruits rouges. La Naissance de Jésus est peinte sur le second tableau :

Marie est couchée dans son Ht; Jésus dort dans la crèche, et se trouve réchauffé par l'àne et le bœuf; saint Joseph est assis au pied du lit où repose sa pudique épouse. Au troisième tableau les Mages adorent l'Enfant-Dieu : les Mages sont couronnés comme des rois et offrent leurs présents symboliques ; Jésus les bénit en souriant; Marie est assise et porte la couronne et le sceptre royal. Dans le bas , une dame est vêtue d'une robe verte retenue par une ceinture d'or, d'un manteau rouge doublé d'hermine; sabarette et ses gants sont blancs ; une porte est ouverte devant elle ; et derrière elle on voit un blason semblable à celui de son mari , dans le vitrail précédent.

Dans la rose, on voit Jésus assis sur un siège, comme aux numéros XXI -XXII.

XXVII. (C'est le premier vitrail du chœur, à gauche.) Il offre Marie assise sur un trône ; elle porte la couronne ornée de pierreries et le sceptre d'or étoilé ; sur ses genoux , Jésus , vêtu d'une tunique blanche et d'un manteau d'azur, bénit de la main droite et tient le livre dans sa gauche. Au-dessus de Marie, se voit le Saint-Esprit orné du nimbe crucifère. Au bas du vitrail, il y a un écusson , au premier de Bar qui est d'azur à deux barbeaux d'or adossés , semé de croix recroisetées de même ; et au second, de gueules à cinq annelets d'or, 2, 1 et 2. Nous ignorons le personnage à qui appartient ce blason. La bordure, comme celle de tous les vitraux du chœur, est en verre blanc depuis 1757; voici ce qu'on lit aux registres capitulaires :

Lundi 8 août 1757. « M. le chefcier, l'un de Messieurs commis » a l'œuvre, dit qu'une personne a dessein de faire ôter les vitraux » peints du ceintre des douze formes de chaque costé du chœur » au-dessus des stalles, pour les faire mettre en verre blanc de la » même épaisseur, afin d'éclairer le chœur, et de payer cette » dépense; que sous le bon plaisir présumé de la compagnie, ils » ont fait commencer une forme pour en voir l'effet ; que si la » compagnie l'improuve, les vitraux peints seront remis aux frais » de ladite personne. — Messieurs de l'œuvre priés de faire con- » tinuer. »

10 octobre 1757. « M. le chefcier, l'un de Messieurs commis à » l'œuvre , représente que les bordures des six croisées du chœur p sont faites; que la personne qui s'était engagée de les faire

» faire à ses frais et dépens , consent encore faire faire à ses frais » et dépens les deux bordures des deux autres croisées, si la « compagnie veut le permettre. — Acte. Ledit sieur, remercié; » et permis à lui de faire mettre à ses frais et dépens les bor- » dures des deux autres croisées. »

XXVIII. Voici deux groupes de pèlerins. Le premier groupe est composé de quatre personnages court vêtus , comme les hommes du peuple au XIII e siècle ; deux se frappent dans la main pour établir une gageure. Au second groupe, il n'y a que deux pèlerins dont l'un est debout et porte des coquilles de saint Jacques ; l'autre est assis ; ils s'entretiennent vivement : ils se racontent peut-être les nombreux miracles arrivés à Chartres dans les premières années du XIIP siècle. Dans le bas , Robert de Bérou , sous-diacre et chancelier de l'église de Chartres, est agenouillé devant un autel ; il tient en mains un sceau? sur lequel sont les lettres suivantes : ihioisiainvspeson ; Robert est vêtu d'un amict rouge d'une aube blanche et d'un manipule bistre ; l'inscription porte : bobertvs de berov • carïv j cancelarivs.

Dans la rose , Jésus-Christ est sur son trône ; près de sa tête , il y a l'alpha et l'oméga; de sa main droite il bénit, et de sa gauche il tient la boule du monde à moitié éclairée ; sur la partie éclairée on a peint une seconde fois l'alpha et l'oméga ; aux côtés du trône, on voit deux chandeliers à trois branches.

XXIX. Vitrail de saint Jean-Baptiste; il est remplacé par du verre blanc depuis 1788; on lit dans les registres capitulaires , au 8 novembre 1788 : « M. le Prévôt d'Auvers dit que M. Bridan » désirerait que la compagnie voulût bien faire mettre en verres » blancs les deux croisées du chœur qui sont au-dessus des deux » arcades du milieu. — MM. commis à l'œuvre authorisés aux fins » que dessus. » Avec quelle déplorable facilité le Chapitre laissaitil enlever les vitraux, gloire de sa splendide Cathédrale?

D'après le manuscrit de Pintard il y avait deux tableaux : « 1* » Saint Jean baptise Notre-Seigneur ; 2° saint Jean dans sa prison » prêt à être décapité. Au-dessus de sa tête une main divine » sortant des nuages. » Dans le bas on voyait la donatrice : « Saint » Jean assis; devant lui est une femme ceinte d'une couronne cre- » nelée au sommet de tours , on y lit cette inscription : domina » iohannes baptista. » C'était Jeanne de Dammartin, deuxième

femme de saint Ferdinand de Castille et qui mourut en 1279.

XXX. Ce vitrail est aujourd'hui en verre blanc. Il y avait autrefois : « 1° Saint Jacques assis devant Notre-Seigneur, lequel lui * présente un bourdon. 2° Un roi couronné (saint Ferdinand, » donateur du vitrail), parlant à saint Jacques; avec cette ins- » cription : rex castili/E. 3° Un écu de gueules chargé d'une » tour, etc. »

Dans la rose , saint Ferdinand de Castille , vêtu de la cotte de mailles, coiffé du casque et delà couronne, est monte sur un cheval brun; un lévrier blanc l'accompagne; un large cimeterre pend à sa droite ; il porte un bouclier aux armes de Castille , de gueule, au château sommé de trois tours d'or, ajouré et maçonné de sables; son guidon a les mômes armoiries.

XXXI. Vitrail de saint Martin. Au premier tableau le saint archevêque de Tours guérit un paralytique en le prenant par la main et en lui ordonnant de se lever. Au second tableau, saint Martin guérit une femme muette en lui touchant le bout de la langue. Dans le bas , on voit agenouillé Jean de Castillon I", comte de Chartres, en 1218; devant lui sont ses armoiries, d'azur semé de croix pommelées d'or à la bande d'argent coticée d'or.

XXXII. Autre vitrail de saint Martin. 1° Saint Martin monté sur un cheval blanc donne la moitié de son manteau à un mendiant presque nu. 2° Martin est couché sur son lit; une lampe éclaire sa chambre durant son sommeil, Jésus lui apparaît; il tient dans ses mains la moitié du manteau ; deux anges accompagnent le Sauveur ; ils le prient en tenant les mains jointes. Dans le bas , Jean de Chàtillon , en robe verte et surtout rouge , est à genoux devant une croix placée sur un autel ; derrière lui est son blason.

La rose représente le même Jean ; il monte un cheval blanc, est vêtu de la cotte de mailles et d'un surtout d'azur semé de croix d'or; on n'aperçoit que le revers du bouclier; son guidon porte ses armoiries.

XXXIII. C'était un vitrail donné par saint Louis et dédié à saint Denis, premier évêque de Paris. On y voyait : 1° « Saint Denis » exposé aux lions qui le lèchent; derrière, un homme regarde le » saint par une fenêtre ; 2° Saint Denis à qui Notre-Seigneur donne >. la communion dans une prison. » Dans le bas se trouvait « un » homme à genoux avec les armes de France , vêtu d'une robe de

» chambre ; devant lui est un chandelier l . » Cet homme était saint Louis! Aujourd'hui, cette fenêtre est garnie de verre blanc; c'est d'elle et des trois suivantes qu'il est question dans ce passage des Registres capitulaires , au 21 avril 1773. « M. d'Archambault , » l'un de MM. commis à la décoration, s'est mis au bureau et a » dit : qu'il demandait si suivant le désir de M. Bridan , il serait » fait en verre de Bohême deux croisées de chaque costé au- » dessus des portes collatérales pour mieux éclairer le groupe de » l'Assomption. — Acte. Les vitrages seront faits ainsi qu'il est » cy-dessus expliqué. » Le vitrier Roussel reçut 900 livres pour avoir garni ces quatre fenêtres en verre blanc.

XXXIV. Ce vitrail représentait aussi deux épisodes du martyre de saint Denis. « 1° Un bourreau tenant une hache décapite saint » Denis, dont les compagnons décapités sont couchés à terre. » 2° Saint Denis tenant un pain dans une écueille vernissée (sans » doute , il y a ici une erreur de Pintard ; le panneau devait figurer » saint Denis portant sa tête) , et un ange tenant un encensoir ; » une main venant du ciel le conduit. » Dans le bas on voyait « Louis de France , fils de saint Louis , mort en 1260 ; il a un re- » liquaire posé sur un des genoux. »

La rose représente saint Louis couvert de son armure de guerre; il monte un cheval blanc et porte le guidon d'azur parsemé de lys d'or. Tous les pétales de la rose sont aux lys de France.

(Viennent ensuite les sept grandes fenêtres de l'abside , décrites plus haut, page 195.)

XXXV. La grande figure dé cette verrière représentait saint Barthélémy, apôtre; au-dessous , on voyait Guillaume de la Fcrté- Hernaud , à genoux comme un suppliant ; derrière lui , un écuyer armé de la lance tenait un cheval et un écusson de gueules à trois besans d'argent 2 et 1 ; on y lisait : willemus de....

XXXVI. Cette verrière offrait la très-sainte Vierge tenant un sceptre fleuri. Dans le bas, il y avait un écusson diapré d'or à la bande d'argent coticé d'or, au lambel de cinq pendants de gueules.

1 Ce panneau a été reproduit par le P. de Montfaucon , en ses Monuments de la Monarchie française , tome il , planche 21 , fig. S.

Dans la rose , Amaury , comte de Monlfort et connétable de France , vêtu en guerrier , est monté sur un cheval blanc et porte un écu de gueules au lion d'argent grimpant et à la queue fourchue.

XXXVII. Vitrail de saint Vincent , diacre de Sarragosse. Au premier tableau , le tyran Dacien a fait lier une meule au cou du courageux athlète de Jésus-Christ ; « alors vinrent des mariniers » qui portèrent le corps de Vincent à la mer et qui le jetèrent » dedans ; mais le corps fut repoussé sur la rive avant que les » mariniers stupéfaits du prodige fussent de retour 1 ». Au second tableau le peintre-verrier a commis un anachronisme; saint Vincent avec une meule au cou gît sur la terre ; un aigle et un lion venus pour le dévorer se regardent avec une sorte d'étonnement ; une main divine et bénissante sort des nuages ; c'est la traduction du fait suivant arrivé avant que. la dépouille sacrée de Vincent fût jetée à la mer : « Vincent mourut; et Dacien voyant la foule baiser » respectueusement les plaies du saint, s'écria : Puisque je n'ai » pu le vaincre en son vivant, je le punirai mort; et si je n'ai pu » remporter la victoire, je me rassasierai de son opprobre. Que » l'on jette son corps au milieu des champs, que son cadavre » reste sans sépulture, afin qu'il soit dévoré par les oiseaux et » les bètes. Le corps sacré fut ainsi exposé; mais il fut aussitôt » gardé par les anges , et il fut préservé des bêtes qui ne purent » y toucher 2 ». Dans le bas, la bordure est faite d'un fragment du bœuf ardent de saint Eustache, et d'un fragment de la roue de saint Georges.

XXXVIII. La grande figure représente saint Paul ; il est vêtu d'une robe verte et d'un manteau violet; il tient en ses mains une épée nue; sa tète est chauve, et ses pieds sont nus. Dans le bas se trouvent les tanneurs et corroyeurs, donateurs du vitrail : ils passent du cuir mouillé dans une boucle.

Dans la rose, on voit encore Amaury de Montfort, comme dans la précédente, avec cette seule différence, qu'il monte un cheval brun.

* Miroir historial de Vincent de Beauvais, lib. xii , cap. 28.

* loid.

XXXIX. Cette fenêtre n'a plus que des vitres blanches; autrefois elle offrait deux traits de saint Eustache : 1° « Saint Eustache

* auquel Notre Seigneur apparaît en forme d'un homme , à mi- » corps entre les cornes d'un cerf; 2° saint Eustache dans le » bœuf. » Au bas, se trouvait « Pierre de Courtenay, armé en » guerre, à genoux devant une croix; derrière lui, un écu d'or à » trois tourteaux de gueules, 2 et 1, et au lambel de cinq pen- » dants d'azur brochant sur le tout. »

XL. Ce vitrail était dédié à saint Georges. D'après le manuscrit de Pinlard, il y avait: 1° « Un cavalier en poursuit un autre et ■ le perce d'un javelot (saint Georges terrassant le dragon qui

* désolait la ville de Silène) ; 2* un martyr brûlé sur un gril » en présence d'un roi (c'est saint Georges tourmenté sur la roue » garnie d'épées par ordre du proconsul Dacien); il est couché » sur le ventre auquel aboutissent douze ou treize pointes d'épées » qui le percent. Ces épées sont attachées par les gardes à un » centre auquel les pieds et les mains du martyr sont liés. » — Dans le bas , était représenté Raoul de Courtenay, frère du précédent; un troisième membre de cette famille était à la même époque doyen du chapitre de Chartres.

Dans la rose , Pierre de Courtenay monte un cheval blanc ; il porte un écu avec les armoiries et une lance ornée d'une flamme rouge.

XLI. Deux tableaux : 1° Saint Jean et saint Jacques-le-Majeur t debout ; saint Jean est vêtu d'une robe blanche et d'un manteau brun ; il tient un livre ; pieds chaussés. Saint Jacques , son frère , a une tunique et un manteau bistre coquillagé. L'inscription présente cette inversion: engelistas. iohes ev, pour S. Johanes evangelista. 2° L'Adoration des Mages ; les trois Mages portent la couronne royale ; deux se tiennent debout ; le troisième , à cause de son grand âge , est assis ; il offre son présent au divin Jésus qui bénit et sourit. Marie est assise; elle porte la couronne et le sceptre. Dans le bas se voit le donateur à genoux; derrière lui sont les anciennes armes de Montmorency, d'or croisé de gueules avec quatre colombes d'azur ; c'est peut-être Bouchard de Marly , cadet de cette maison , qui passa un accord avec le Chapitre de la Cathédrale , au mois de juillet 1212. Un panneau étranger se trouve près de la bordure inférieure du vitrail.

XLII. Au tableau inférieur, le donateur et sa femme jouent aux dés sur un échiquier; ils tiennent de vastes cornets rouges au fond desquels se trouvent les dés ; au-dessus de leurs tètes se trouve l'inscription :

vitrea : colipïi : D

Page 1