‹ Description de la cathédrale de Chartres suivie d'une Courte notice sur les églises de SaintPierre, de SaintAndré et de SaintAignan de la même villeChapitre 12 sur 23 · TERA : A CEST * AVTEL : TES : LES : MESSES · texte numérisé non relu

TERA : A CEST * AVTEL : TES : LES : MESSES

QEN I CHARE : SONT OCOILLI : EN : TON ERËT : CESTE VERRIERE CENT . CIL : QVI DO Ll : CONFRERE : SAINT : VIN.

que M. de Lasteyrie propose de lire ainsi : A cet autel toutes les messes qui en charge sont accueillies... et cette verrière sont ceux qui donnent les confrères de saint Vincent.

1° Histoire de saint Théodore , . — Saint Théodore met le feu au temple de Diane; il est vêtu de la cotte de mailles, et sa tête est couverte d'un casque. — Il est mené devant le proconsul Publius , qui porte le sceptre et la couronne royale. — Il est jeté

1 Miroir historial , cap. 93 et 94.

en prison. — Jésus l'y visite et l'encourage. — Il est déchiré avec des ongles de fer par deux bourreaux; pendant ce supplice, il ne cesse de répéter: Je bénirai le Seigneur en temps, et toujours sa louange sera sur mes lèvres. — Il est assis sur un bûcher, pieds et mains liés; un bourreau le retourne avec un croc.

2° Histoire de saint Vincent. — Vincent est ordonné diacre par saint Valère , évèque de Sarragosse. — Valère et Vincent sont devant le proconsul Dacien ; Vincent porte la parole. — Il est jeté en prison. — Il est étendu sur le chevalet et battu de verges par deux bourreaux. — Les bourreaux viennent rendre compte de leur mission à Dacien. — Deux bourreaux frappent saint Valère avec des bâtons; puis il est envoyé en exil. — Vincent est encore tourmenté : ses pieds et ses mains sont mis dans des étreintes de bois. Dacien gourmande les bourreaux sur leur mollesse. — On prépare un grand feu; un gril est placé dessus. — On amène Vincent. — On le place sur le gril ; un bourreau souille le feu , et trois autres bourreaux'regardent; Dacien préside au supplice. — Vincent est jeté dans une prison ; il est presque nu. — Il est visité par un ange; il repose sur des fleurs et chante avec les esprits bienheureux. Les geôliers regardent à travers les fenêtres , et ils se convertissent à la foi. — Vincent est porté sur un lit et il repose dans des draps très-moelleux : il meurt , et son âme est reçue par les anges. Un bourreau est présent. — Deux geôliers annoncent à Dacien la mort de Vincent. — Le corps sacré du saint diacre est exposé au milieu des champs; trois anges le gardent. — Un corbeau chasse un loup qui était venu pour dévorer le corps de Vincent. — Dacien ordonne que le corps du saint soit jeté dans la mer, afin que les monstres marins le dévorent. — Deux mariniers jettent dans la mer le corps de Vincent qui a une meule au cou. — Bientôt le corps est repoussé sur le rivage : une dame pieuse et cinq autres personnes lui donnent une sépulture honorable.

XXIV. Vitrail de saint Charlemagne et de saint Roland'. — Ce vitrail a été donné par les marchands de fourrures , qui étalent des robes d'hermine et de vair. — On lit souvent : karolvs ou carolvs , ou bien encore : carrolvs.

1 Miroir historial , lib. xxiv , cap. 1-25.

Saint Charlemagne couronné et nimbé est assis entre deux évêques. — L'empereur Constantin est averti par un ange durant son sommeil de demander secours à Charlemagne pour délivrer les lieux saints de la Palestine. Au pied du lit , on voit un grand guerrier monté sur un cheval et armé de pied en cap; c'est Charlemagne montré en songe à Constantin. — Charlemagne est reçu par Constantin aux portes de Constantinople. — Il combat les Sarrazins et les met en fuite. — L'empereur grec donne à Charlemagne trois châsses pleines de précieuses reliques, et entre autres, de la sainte tunique de Marie *. — Charlemagne donne ces trois châsses à l'abbé et aux moines d'Aix-la-Chapelle.

— Charlemagne assis; un personnage richement vêtu lui parle; un autre personnage assiste à l'entretien. — Charlemagne est couché sur son lit ; saint Jacques lui apparaît et lui ordonne de délivrer l'Espagne du joug des Sarrazins. — L'empereur part pour l'Espagne avec l'archevêque Turpin et plusieurs cavaliers.

— 11 s'est jeté à genoux en présence de son armée , et supplie le Seigneur de bénir ses armes. — 11 s'empare de Pampelune. — Il fait construire une église en l'honneur de saint Jacques; il est à cheval et parle aux ouvriers. — Il est retourné une seconde fois en Espagne; il combattes Sarrazins d'Aigoland. — Saint Roland 2 demande à son oncle , saint Charlemagne , la permission de se mesurer en combat singulier contre le géant Féroual ou Feracutus, comme l'appelle Vincent de Beauvais. — Roland et Féroual, tous deux montés à cheval, se battent vaillamment. — Roland renverse de cheval son terrible adversaire et le transperce de son épée. — Charlemagne, avec les siens, est en marche pour retourner en France; le traître Gannelon lui parle. — Le saint et valeureux Roland au désespoir veut briser sa durandal contre un rocher; le rocher cède, et l'épée reste intacte 5 . Il sonne de son

1 Celle sainte tunique se voit encore aujourd'hui à Aix-la-Chapelle.

* Nous prions le lecteur de remarquer que Roland est toujours nimbé dans ce vitrail ; or au XIII e siècle le nimbe est toujours l'attribut de la sainteté. Du reste tous les anciens hagiographes consacrent tous une notice à saint Roland.

3 Miroir historial, lib. xxiv, cap. 19.

oliphant , pour appeler à son secours ; il le sonne avec tant de force qu'il se brise les veines du cou. — L'archevêque Turpin offre le Saint-Sacrifice ; au moment de la consécration , il est ravi en extase , et un ange lui annonce que Roland est dans le paradis. Charlemagne assis sur un faldistoire assiste à la Messe. — Théodoric trouve son frère expirant ; il lui donne à boire dans un casque. Dans le médaillon placé vis-à-vis, on voit un grand nombre de guerriers dormant pêle-mêle sur la terre nue; leurs lances fichées dans le sol, ont reverdi et fleuri, signe de leur mort prochaine.

C'est en décrivant ce vitrail que nous avons plus vivement regretté que notre plan ne nous permît pas d'entrer dans les détails ; rien n'est plus intéressant que l'histoire du grand et saint empereur, telle qu'elle est racontée par Vincent de Beauvais et reproduite ici sur verre par un artiste du XIII e siècle.

XXV. Vitrail de saint Jacques 1 . — Ce vitrail est encore un don fait à la Cathédrale par les pieux drapiers et pelletiers du XIII e siècle. — On lit sur plusieurs médaillons : s. iacobvs. almo-

GINES. FILETVS.

Saint Jacques s'est assis dans son découragement ; Jésus accompagné d'un ange lui apparaît, le reconforte et le bénit. — Le célèbre docteur et magicien Almogène envoie son disciple Philétus , afin de convaincre Jacques, en présence des Juifs, que sa doctrine était fausse. — Saint Jacques dispute avec Philétus devant de nombreux assistants ; il tient un calice en main. — Il enseigne à Philétus les mystères de la foi chrétienne. — Philétus est revenu vers son maître; il lui annonce qu'il veut se faire disciple de l'apôtre. — Almogène irrité le lie par ses sortilèges, de sorte qu'il lui est impossible de faire un mouvement. — Un valet vient en avertir saint Jacques , qui fait passer son manteau à Philétus; un diable le tient contre terre. — Trois personnes mettent le manteau sur Philétus, qui est délivré à l'instant. — Almogène plein de courroux fait venir les démons et leur ordonne de lui amener Jacques et Philétus. — Les deux démons sont venus trouver Jacques, disant: Jacques, apôtre de Dieu, aie pitié de nous.

» Miroir historial , lib vin , cap. 3-6.

Saint Jacques répond : Retournez à celui qui vous a envoyé et amenez-le moi. — Les diables prennent Almogène et lui attachent, les mains derrière le dos. — Ils l'amènent devant l'apôtre et lui demandent la permission de venger sur lui leurs injures. Philétus est à côté de Jacques qui lui dit : Almogène t'a attaché, délivre-le, afin de rendre le bien pour le mal. — L'apôtre instruit Almogène dans la foi du Christ. — Almogène brûle ses livres de magie. — Il brise une idole en présence de l'apôtre. — Il prêche avec grand zèle la parole de Dieu. — Jacques et Philétus se disposent à entrer dans une barque. — On reproche à saint Jacques d'avoir converti Almogène; Jacques répond, et il convertit beaucoup de monde ; un juif s'est jeté à genoux devant l'apôtre. — Le grand-prêtre Abiathar excite une sédition parmi le peuple; Jacques est arrêté. — Il est jeté en prison. — Deux juifs visitent l'apôtre dans sa prison. — Il est conduit devant Hérode. — On lui a attaché une corde au cou , et on le mène au supplice ; il guérit un paralytique , qui était couché sur le chemin. — A la vue de ce miracle , le scribe Josias se jette à ses pieds et dit qu'il veut être chrétien. — Josias est arrêté, et on l'amène avec saint Jacques, pour être décapité ensemble. — Jacques est décapité. — Josias est décapité en présence d'Hérode.

XXVI. (Dans la chapelle de l'abside.) Cette fenêtre est garnie d'une grisaille d'un dessin très-simple; sa bordure est aux armes de Castille.

XXVII. Vitrail de saint Simon et de saint Judde l . — Ce vitrail est un don fait à la Cathédrale par Henri Noblet, diacre de l'église de Chartres. 11 est figuré dans les médaillons inférieurs; au premier médaillon, il est debout et joignant les mains devant Marie assise, qui tient son divin Fils ; au second, il se trouve aux pieds de Jésus assis et bénissant.

Saint Simon et saint Judde disputent contre trois magiciens , Zaroës, Arphaxat et un troisième dont le nom est inconnu. On lit : sanctvs : simon : sanctvs : ivdas. — Les deux devins sacrifient à une idole ; l'un égorge un agneau ; l'autre verse le sang. — Zaroës et Arphaxat consultent l'idole pour Varardac , général du roi

1 Miroir historial, lib. ix, cap. 78-82.

de Babylone; ils ne peuvent obtenir de réponse. — Les deux apôtres reçoivent la visite de plusieurs pères de famille qui apportent leurs enfants pour qu'ils les bénissent. — Zaroës et Arphaxat consultent leur idole, et prédisent qu'il y aura de grandes guerres dans l'avenir. — Varardac a mené les apôtres vers l'idole ; ils lui disent : « Ne crains rien; la paix est entrée avec nous, et demain, » à la troisième heure, les envoyés des Indiens arriveront à toi »> et t'annonceront qu'ils sont prêts à se soumettre. » — Le général commande de garder les apôtres jusqu'au lendemain. — On les met en prison. Les envoyés indiens sont montés sur leurs chevaux; ils viennent vers Varardac. — Ils sont debout devant le général, et se soumettent sans condition. — Le roi de Babylone ayant tout appris, fait mettre les magiciens sur un bûcher. — Les apôtres demandent grâce au général pour ces malheureux, disant qu'ils n'étaient pas venus pour occasionner la mort aux vivants, mais pour rendre la vie aux morts. — Un ange leur a dit de la part du Seigneur : « Choisissez une de ces deux choses, ou » que ces gens meurent, ou que vous soyez martyrs. » Les apôtres se sont jetés à genoux , et ils supplient le Seigneur de leur donner la palme du martyre. Une Main divine les bénit. — On avait mené les apôtres dans le temple du Soleil. « Dans ce temple il y avait du >» côté de l'Orient, un char en or massif, traîné par des chevaux, » dans lequel brillait l'image du soleil aussi en or ; dans la partie » occidentale, on voyait un autre char en argent que traînaient » des bœufs et qui portait l'image de la lune également en ar- » gent *. » Ces deux chars sont figurés dans les deux médaillons supérieurs du vitrail.

XXVIII. Vitrail du seigneur Jésus. — Le bas du vitrail a été défoncé en 1791, lors de la prétendue décoration de la chapelle; neuf médaillons ont été enlevés; on les retrouve placés dans différentes fenêtres de la Cathédrale. Les donateurs du vitrail sont les boulangers , qui étaient figurés dans les panneaux inférieurs. — Voici la description rapide des tableaux qui existent encore aujourd'hui.

Jésus el saint Philippe s'entretiennent; on lit: s. plipvs. —

1 Miroir historiat , cap. 82.

Jean-Baptisle dit à ses disciples en leur montrant Jésus : « Voilà » l'Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. » — Jésus se dispose à entrer dans Capharnaum. — Jésus se tient debout derrière son précurseur et bénit trois hommes plongés dans le Jourdain ; Jean les baptise. — Jésus appelle André et Pierre. — Suivi de ces deux premiers disciples , il s'avance vers la barque des fils de Zébédée, qu'il appelle aussi. — Jésus est assis et Philippe lui présente Nathanaël. — Ce médaillon représente la pêche miraculeuse; les filets se rompent à cause de la multitude des poissons; Pierre se jette aux pieds de Jésus. — Jésus marche sur les flots; Pierre veut le suivre. — Jésus s'entretient avec Nathanaël, un figuier les sépare. — Il prêche ses disciples. — Les apôtres et une multitude de disciples le suivent; les apôtres sont tous nimbés. — Jésus prédit sa passion à ses apôtres. — Jésus fait la Cène avec ses disciples; Judas est accroupi, et saint Jean appuie sa tête juvénile sur la poitrine du Seigneur. — Jésus lave les pieds de ses apôtres. — Il prie au jardin des Oliviers; Pierre, Jean et Jacques dorment. — Jésus est arrêté par la soldatesque conduite par Judas ; les apôtres se désolent au loin. — Jésus est ressuscité ; il se trouve au milieu de ses apôtres , il dit à Thomas : « Mettez votre main dans la plaie de mon cœur. » Thomas y porte la main. — Il monte au ciel; un nuage le cache déjà à demi; Marie et les apôtres sont debout et regardent le ciel. — La Pentecôte : le Saint-Esprit plane sous la forme d'une colombe blanche ; et une langue de feu brille sur la tête de chaque disciple. — Au sommet du vitrail , Jésus bénit et porte le monde ; à ses côtés sont deux flambeaux.

XXIX. Vitrail de saint Pierre. — Ce vitrail a perdu plusieurs panneaux à une époque déjà reculée , peut-être lors de la construction de la chapelle de saint Piat. Les vingt médaillons qui restent, renferment plusieurs sujets auxquels il nous a été parfois impossible de donner un sens précis. Nous serons peut-être plus heureux, lorsque nous publierons la Monographie générale.

Saint Pierre, accompagné de deux disciples, s'entretient avec un pauvre debout à la porte d'une ville ou d'une maison. — Pierre accompagné d'un autre apôtre donne une tunique rouge à un pauvre presque nu. — Pierre donne la communion à un fidèle , qui se lient à genoux. — Il fait le signe de croix sur un serpent

enlacé autour d'un arbre ; une femme est derrière l'apôtre. — Un adolescent renversé par terre semble ressusciter; une main divine laisse descendre sur lui des rayons de feu; une femme prend la main de l'adolescent pour lui aider à se relever; trois personnes, témoins de ce fait, en paraissent fort étonnées. — Il y a ici une scène indéterminable : un apôtre est couché ; un second le bénit, et en même temps il aide un autre apôtre à gravir une colline. — Pierre est assis et prêche les chrétiens de Rome. — Par la prière , il ressuscite le jeune homme que Simon n'a pu faire revivre; le jeune homme est encore enveloppé du linceul funèbre ; une main divine laisse descendre des rayons de lumière — On arrête l'apôtre, tandis qu'il prie enjoignant les mains. — On le voit dans la prison , à la porte de la prison ; on voit trois soldats armés de haches , qui lui parlent. — Il est devant le gouverneur Agrippa , qui le condamne a être crucifié. — On l'a dépouillé de ses vêtements , et il fait sa prière à genoux ; deux soldats sont près de lui. — On le lie sur une croix horizontale; le gouverneur Agrippa et d'autres personnes assistent au supplice.

— Saint Pierre expire sur la croix horizontale ; son âme , placée dans une auréole de feu, est portée au ciel par deux anges.

— Des chrétiens trouvent son corps sacré gisant sur le sol. — Au sommet du vitrail, Jésus bénit de la main droite, et tient une croix dans sa gauche; à ses côtés, on voit deux anges thuriféraires.

XXX. Vitrail de saint Pierre et de saint Paul. — Le bas de ce vitrail a eu le sort du précédent ; une maçonnerie grossière remplace les vitres peintes. Voici le sujet des médaillons que l'on voit encore.

Saint Pierre aidé d'un jeune clerc baptise Corneille. — Un ange conduit Pierre vers un moribond; l'apôtre tient un petit vase dans les mains. — Il baptise le moribond en lui versant sur la tête l'eau contenue dans le petit vase ; le malade est couché sur son lit. — Saint Paul debout prêche l'Evangile à des Romains qui se tiennent assis. — Saint Paul prêche sur la place publique ; le jeune Palrocle, échanson do Néron, ayant monté sur une fenêtre

1 Miroir historial , lib ix , cap. 12-1 o

pour mieux entendre l'apôtre, tombe et se tue — Les assistants rapportent le cadavre de Patrocle. — Paul le ressuscite en faisant sur lui un signe de croix; saint Pierre est témoin de cette résurrection. — Les deux apôtres baptisent Patrocle, et les deux ministres de Néron , Barnabé et Juste. — Les deux apôtres sont devant Néron et lui dénoncent tous les sortilèges de Simon. — Pierre et Paul jettent un pain d'orge bénit aux deux chiens infernaux évoqués par Simon. — Soutenu par deux diables, Simon volait dans l'air; les deux apôtres prient le Seigneur, et l'imposteur tombe et se fracasse la tète. On voit le Capitole romain , sous la forme d'un château crénelé du XIII* siècle. — Pierre sort de Rome pour fuir la persécution. — Paul est arrêté par un soldat. — Néron le condamne a être décapité. — Gomme on le conduit au supplice , il rencontre une dame nommée Plautille ; et lui dit : « Je te salue, Plautille, prête-moi le voile qui couvre ta tête, afin » que je bande mes yeux , et je te le rendrai ensuite. » — Saint Paul est à genoux ; il a les yeux bandés , et il tend la tête pour être décapité. — Après sa décapitation , l'apôtre apparaît à Plautille , et lui rend le voile. — L'apôtre apparaît aussi à Néron, et lui dit : « César, je suis Paul, soldat du Roi éternel et invincible. Main- » tenant tu peux croire que je ne suis pas mort, mais vivant. » Toi , malheureux , tu es dévoué à la mort éternelle , parce que » tu fais périr injustement les saints de Dieu. » Un ange thuriféraire se trouve derrière l'apôtre pour l'honorer.

XXXI. Ce vitrail, qui ne date que du XIV' siècle, est placé audessus de la belle porte qui mène à la chapelle de Saint-Piat; c'est une grisaille enrichie de médaillons aux fleurs de lys d'or ; au centre de la grisaille, on voit la figure de saint Piat, debout, vêtu sacerdotalement et tenant un livre en ses mains. Ce vitrail a été donné par Aimeri de Château-Luisant, évêque de Chartres.

XXXII. Vitrail de saint Sylvestre 2 . — Ce vitrail a pour dona-

» Miroir historial , lib. IX , cap. 16-20.

5 Miroir historial, lib. 12, cap. 46-4'.), 52 el 56. — Histoire ecclésiastique de Nicéphorc, lib. 7, cap 45. — Los Annales de Baronius, ad ann. 512-324. — Voyez aussi le bréviaire romain el les anciens bréviaires de Chartres, au 31 décembre.

teurs les maçons, ou plutôt les ouvriers en pierre; on y voit un sculpteur qui dégrossit sa statue, un tailleur de pierre, un apparcilleur qui pose les pierres sculptées et taillées , deux manœuvres qui portent des pierres. Un médaillon renferme une équerre, un niveau, un marteau et autres outils de maçons et de tailleurs de pierres. — On lit en divers endroits : s. timothevs, melciades, pavlvs, s. silvester , Constantin vs. Dix petits médaillons circulaires renferment des rois avec des banderolles où se trouvent des lettres dont l'assemblage n'offre aucun sens. Dans le vitrail de l'Enfanlprodigue, à Bourges, des rois semblables sont figurés dans de petits médaillons circulaires *.

Sa mère Justa confie le petit Sylvestre au prêtre Cyrin qui l'instruit-avec soin. — Sylvestre prend par la main Timothéc et le fait entrer chez lui, pour le mettre à l'abri de la persécution. — Timolhée à genoux est décapité , pour avoir prêché avec fermeté la foi de Jésus-Christ. — Le pape Melchiade assisté de quatre clercs, parmi lesquels se trouve Sylvestre, donne la sépulture à saint Timothée. — Le gouverneur Tarquinien veut par la menace forcer Sylvestre à sacrifier à une idole d'or. Sylvestre lui répond : « Insensé que tu es, tu mourras cette nuit. » — Tarquinien en dînant a avalé une arête de poisson; sa femme lui tient la tête pour l'aider à vomir; mais l'arête ne put être retirée et le persécuteur mourut à minuit. — Après la mort de Tarquinien , Melchiade et deux clercs vont délivrer Sylvestre, qui sort de sa prison par la fenêtre. — Sylvestre est ordonné prêtre par Melchiade. — On vient lui dire qu'il est élu évèque de Rome. — Un des trois envoyés met un genoux en terre. — Il est. sacré pape par l'évêque d'Ostie. — L'empereur Constantin veut faire adorer une grande idole d'or. — Sylvestre et ses deux diacres fuient la persécution. — Constantin, pour se guérir delà lèpre, avait, d'après l'avis des prêtres des idoles, résolu de faire tuer trois mille enfants , afin qu'il se baignât dans leur sang frais et chaud. Ici les mères éplorées viennent demander leurs enfants; Constantin les écoute , et il dit à ceux qui l'entourent : « Écoutez-moi, vous tous seigneurs et chevaliers..., il vaut mieux » que je meure en épargnant la vie de ces innocents. » — Des

1 Voyez la Monographie de Bourges, vitrail du prodigue.

soldais s'apprèlenl à égorger des enfants au-dessus d'un grand vase ; un messager vient leur dire de ne faire aucun mal aux enfants. — Les pauvres mères ramènent leurs petits enfants , et elles s'en vont pleines de joie. — Saint Pierre et saint Paul apparaissent à Constantin et lui disent : « Comme tu as eu crainte de verser le sang innocent, le Seigneur Jésus nous envoie vers toi pour te donner conseil. Appelle l'évèque Sylvestre qui est caché dans les montagnes, et il indiquera la piscine où tu devras le laver trois fois pour être guéri de la lèpre. » — Deux envoyés à cheval arrivent auprès de Sylvestre , pour le chercher au nom de Constantin ; le saint est en habits pontificaux et tient une croix pastorale. — Il est devant Constantin, qui lui raconte le songe qu'il a eu. — Il baptise Constantin ; celui-ci est plongé nu dans les eaux baptismales. — Constantin a pris une bêche, et il creuse la terre en présence de Sylvestre , pour faire les fondements d'une basilique. — Un char transporte la terre enlevée pour ces fondements; Constantin et Sylvestre sont près du char. — On amène un taureau furieux , que l'on ne peut contenir qu'à grand peine. Ce taureau va tomber mort sous les paroles magiques de Zambri, un des douze savants docteurs juifs envoyés par Hélène. — Saint Sylvestre s'est endormi paisiblement dans le Seigneur; on le dépose dans un sépulcre ; un évêque préside la cérémonie funèbre ; deux anges descendent du ciel et encensent la dépouille mortelle du saint Pontife.

XXXIII. Cette fenêtre est garnie d'une grisaille de la fin du XIII* siècle ; sa bordure est encore aux armes de Castille. Au milieu se trouve une figure de saint Nicolas qui date du XIV e siècle : sainl Nicolas est revêtu de ses habits pontificaux ; près de lui on voit , dans un coffre carré, trois enfants nus, pour rappeler les trois étudiants assassinés par un hôtellier et ressuscites par saint Nicolas.

XXXIV. Vitrail de saint llémy l . — Le petit Rémy est sur les genoux de sa mère Céline, et il oint avec le lait maternel les yeux d'un vieil ermite aveugle, qui recouvre la vue. — Il est assis dans sa cellule, et deux voleurs lèvent la hache pour le frapper. —

1 Miroir historial, lib. xx, cap. 100, ot lib. xxi , cap. 8. — Les Fleurs des Vies des saints, au 1" octobre.

Ayant été élu archevêque de Reims, il refuse d'accepter l'épiscopat; mais une clarté céleste l'environne. — Un évêque vient le prendre pour le sacrer. — Il est sacré évêque. — On lui amène un possédé qu'il délivre par un signe de croix ; le démon sort par la bouche. — Une noble dame lui parle. — Il part à cheval pour visiter son diocèse; un clerc porte la croix devant lui. — Il est descendu de cheval ; il bénit un adolescent amené par sa mère. — Il éteint par un signe de croix l'incendie qui dévore sa ville épiscopale. — Il est à table chez une dame, à qui le vin va manquer; il fait le signe de croix sur trois tonneaux, et aussitôt le vin se répand partout. — Il prêche Clovis et une foule de peuple. Sainte Clotilde prie avec ferveur au pied d'un autel. — Saint Rémy prie également pour demander la conversion du roi. — Il baptise le roi ; une colombe tient une petite ampoule au-dessus de la tète de Clovis. — Celui-ci est sacré roi par saint Rémy; la sainte ampoule est encore au-dessus de la tête du roi. — Le roi et l'archevêque s'entretiennent ensemble. — Saint Rémy montre une femme à Clovis. — Rémy meurt; les témoins en sont désolés. — Son àme nue ! , avec la mitre seulement, est portée sur une nappe blanche par un ange.

Le donateur du vitrail, vêtu d'une robe verte et d'un manteau bistre , est assis et prie devant une image de Marie tenant Jésus.

XXXV. Vitrail de saint Nicolas. — Que le lecteur ne soit pas étonné de voir trois grandes verrières légendaires consacrées à nous redire l'histoire du grand et saint archevêque de Myre. C'était le saint le plus populaire à Chartres durant tout le Moyen-Age; trois églises lui furent dédiées, et presque toutes les corporations des arts et métiers l'avaient pris pour leur patron. — Ce vitrail a perdu plusieurs panneaux au commencement de ce siècle; on les a remplacés par de la maçonnerie.

Le mercredi et le samedi , il refuse de prendre plus d'une fois le sein maternel. — Il est à l'école. — Il jette par une fenêtre de quoi doter les filles d'un homme pauvre. — Il est agenouillé; deux clercs lui parlent. — Les deux clercs le forcent de le suivre

• M. Didron s'est trompé , en affirmant que l'âme de saint Rémy était ici tout habillée. (Iconographie chrétienne, page 104.)

à l'église, où les évéques sont assemblés pour élire levêque de Myre. — Il est à genoux au pied d'un autel ; il fait son offrande; une main divine le bénit. — Il est sacré évêque. — Il apparaît à des matelots en danger; il calme la tempête. — L'hôtellier tue les trois étudiants. — Nicolas les ressuscite par un signe de croix ; la femme de l'Iiùtellier se jette aux pieds du saint évêque. — Des voleurs s'introduisent dans la maison d'un vandale, et lui enlèvent toutes ses richesses. — Dans son dépit, le vandale bat la statue de saint Nicolas. — Un juif prête une bourse pleine d'or à un chrétien qui jure devant l'image du saint qu'il la lui rendra le plus tôt possible. — Le chrétien use de fourberie : il a mis l'argent emprunté dans le creux d'un bâton, qu'il donne au Juif; alors il lève la main devant la statue de Nicolas pour jurer qu'il a rendu la somme prêtée. — Le chrétien est puni de son parjure : s'étant endormi dans un carrefour, il est écrasé par un char. — Le Juif est baptisé. — L'enfant tombe à la mer, en voulant puiser de l'eau avec le vase d'or. — Saint Nicolas rend l'enfant à ses parents désolés.

XXXVI. Vitrail de sainte Catherine et de sainte Marguerite. — Ce vitrail a pour donateurs deux guerriers ; l'un porte un écu de gueules à la bande d'argent, accompagnée de six merlettes de même; l'autre a un écusson de gueules fretté d'or de trois traits; près de celui-ci, on voit un débris d'inscription : ....ecabindef... Nous ignorons quels sont ces guerriers. Un troisième donateur est à genoux devant une image de Marie.

1° Histoire de sainte Marguerite '. — Quatre médaillons inférieurs racontent cette histoire à grands traits. Armée d'une croix , elle étouffe un dragon infernal qui se jetait sur elle pour la dévorer. — Elle prend le diable par la tête, et le frappe en disant : « Tremble, ennemi superbe, tu es vaincu par une femme. » Un ange est derrière elle. — Elle est amenée devant le gouverneur Olybrius, qui la condamne à toutes sortes de tortures. — Elle est décapitée.

2° Histoire de sainte Catherine 2 . — Catherine va au palais de

1 Miroir historial , lib. xm, cap. 27 et 28.

! Ibid. , rap. 5-7. — Les Fleurs des Vies des Satnts,

au 2o novembre.

l'empereur Maxence. — Elle est devant l'empereur et lui reproche son idolâtrie. — Assistée par un ange, elle dispute contre lui et contre les cinquante docteurs les plus habiles de l'empire ; elle confond tous les docteurs , qui disent enfin à Maxime : « Nous avouons hardiment que si tu n'as pas de meilleures raisons a donner en faveur des dieux que nous avons adorés jusqu'à présent, nous nous convertissons tous à la foi chrétienne. » — Le tyran, plein de rage, les fait tous jeter dans une fournaise ardente. — Catherine est cruellement battue de verges. — Elle est enfermée dans un cachot obscur, pour y rester douze jours sans nourriture. — Deux anges lui portent des aliments. — Jésus-Christ lui-même visite sa courageuse servante, lui dit: « Reconnais, ma fdlc, ton Créateur, pour le nom duquel tu as soulenu un rude combat; sois constante, car je suis avec toi. » — Jésus lui donne la sainte Communion. — L'impératrice et sa suivante prient en joignant les mains. Un bourreau se tient derrière elles. — Maxence a fait mettre Catherine sur la roue ; mais un ange et le feu du ciel brisent cette roue et la font éclater avec tant de force que ses débris tuent un grand nombre de Gentils. — Cependant l'impératrice 1 a repris l'empereur de sa cruauté; Maxence, plein de rage, lui ordonne de sacrifier; elle s'y refuse. — Le tyran lui fait arracher les mamelles avec des tenailles de fer ; un diable inspire Maxence. — L'impératrice est décapitée. — Elle est ensevelie par Porphyre et sa suivante. — Le peintre-vitrier n'avait plus de place pour continuer la merveilleuse histoire de sainte Catherine; il s'est donc arrêté au martyre de l'impératrice. Ne point se gêner est un principe généralement admis durant tout le Moyen-Age.

XXXVII. Vitrail de saint Thomas de Cantorbéry J . — Ce vitrail a été donné par les tanneurs, figurés dans trois médaillons : 1° un tanneur retourne les peaux dans une cuve; 2° il vend son cuir à deux acheteurs; 3° il ràcle une peau sur le chevalet.

• Nous pensons que le peintre-verrier s'est trompé ici ; au lieu de figurer sainte Catherine, comme il l'a fait, il devait peindre l'impératrice : nous nous sommes permis de le corriger.

* Miroir historial , lib. xxix, cap. 44-20.

Sainl Thomas est sacré évèque; les spectateurs du sacre sont dans un médaillon voisin. — Thomas parle au roi, qui l'écoute assis sur son trône. — Il revient à Cantorbéry, monté sur un cheval et suivi d'un serviteur. — Il est devant le roi Henri, qui veut le forcer à approuver des coutumes contraires à la liberté de l'Eglise; le roi est inspiré par un petit diable. — Un individu armé d'une massue met la main sur l'épaule de l'archevêque ; il veut sans doute exécuter le cri que poussaient les méchants contre le saint : « Prenez le voleur, prenez le traître. » — Il quitte l'Angleterre pour venir en France ; il est monté sur une barque et bénit la multitude qui l'a accompagné jusqu'au rivage. — Il est arrivé à Sens ; il explique toute son affaire au pape Alexandre. — Renvoyé de Pontivy par les abbés de Citeaux , il est monté à cheval avec les siens, et se rend auprès du roi de France. — Il est favorablement accueilli par le roi Louis , avec qui il s'entretient de ses persécutions. — Cependant le roi Louis a supplié le pape Alexandre d'arranger l'affaire : Louis est assis sur son trône ; le pape est à sa droite, et saint Thomas à sa gauche. — Saint Thomas prend congé du roi de France. — Le clergé français conduit saint Thomas jusqu'au vaisseau qui doit le ramener en Angleterre.

— Le saint archevêque paraît devant le roi anglais, qui se montre tout affligé; deux autres personnages parlent avec saint Thomas. Il défend les droits de l'Eglise contre des seigneurs anglais qui sont venus disputer avec lui. — Saint Thomas est près de sa cathédrale : deux chevaliers du roi lui crient qu'ils sont venus tout armés pour le tuer ; il leur répond : « Je suis prêt à mourir pour la cause de Dieu et la liberté de son Église. Mais si vous cherchez ma tête, je vous commande, au nom du Seigneur, et sous peine d'anathême, de ne faire aucun mal à ceux qui sont ici avec moi. »

— Un des chevaliers du roi lui tranche la tête avec le glaive ; le saint est à genoux près de l'autel. — Le saint est étendu dans son tombeau; deux anges l'encensent; des malades viennent à sa tombe et obtiennent leur guérison.

XXXVIII. Vitrail de saint Martin — Martin donne la moitié de son manteau à un pauvre d'Amiens. — Jésus vêtu de ce man-

1 Miroir historial, lib. xvu, cap. 10-19; lib. xvni, cap. 19-34.

leau lui apparaît durant son sommeil. — Martin est baptisé. — H guérit un paralytique. — Saint Hilaire l'ordonne acolyte. — Il tombe au milieu d'une troupe de voleurs; ils le lient à un arbre, et l'un d'eux va lui fendre la tête d'un coup de hache; mais un autre brigand retient son bras. — Par un signe de croix , il fait tomber un arbre du côté opposé où il devait tomber; l'arbre écrase des païens endurcis. — Il est sacré évêque; de nombreux fidèles assistent à cette cérémonie. — Il chasse un démon qui se cachait dans un tombeau honoré comme celui d'un martyr; c'était celui d'un voleur. — Il ressuscile un enfant mort que sa mère lui présente. — Il est descendu de son àne à la porte de Paris, et il embrasse un lépreux qu'il guérit. — Il prêche devant un nombreux auditoire; il a la mître sur la tête; un clerc tient la croix, un autre a le livre, et deux autres clercs paraissent sans fonctions.

— Il guérit une femme sourde et muette ; deux médaillons voisins renferment les témoins du prodige. — Il est en voyage avec ses clercs, ils montent tous des chevaux; Martin guérit un énergumène en faisant sur lui un signe de croix. — Il guérit un possédé : il lui met le doigt dans la bouche, et à l'instant un diable vert sort par l'orifice postérieur. — Il est à table; un serviteur laisse tomber un vase de verre plein d'une huile bénite par le saint ; le vase ne se brise pas ! . — Il vient de mourir; il est étendu sur son lit; le démon dispute contre un ange pour prendre le saint évêque ; quatre anges l'encensent. — Son àme est portée au ciel par deux anges 2 . — Ceux de Tours font passer son corps par une fenêtre.

— Ils l'ont mis dans une barque, et le transportent dans leur ville. — L'évèque et un nombreux clergé vont au-devant du corps de saint Martin, porté par deux hommes. — Au sommet du vitrail , Jésus bénissant est assis entre deux anges adorateurs.

Ce vitrail a été donné par les cordonniers figurés dans quatre petits médaillons quadrifoliés. — Clément, peintre-verrier de Chartres, est probablement l'auteur du vitrail.

1 Miroir historial, cap. 28.

* II est à remarquer que l'âme de saint Martin ne porte point la mitre sur la tête , comme l'affirme M. Didron ; voyez son Iconographie chrétienne, page 104.

XXXIX et XL. Ces deux fenêtres sont des grisailles du XVII e siècle. Les rinceaux qui formaient les fonds, sont presque complètement effacés ou détruits : les bordures sont mieux conservées.

XLI. Grisaille du XIV e siècle. Au bas, se voient deux blasons soutenus par des anges; ils proviennent de la chapelle de Vendôme.

XLII. Grisaille du XIV e siècle. La bordure est fleurdelisée. Au milieu du vitrail, il y a une Annonciation; Marie et l'ange sont debout; celui-ci tient une banderolle où se lit : ave maria gratia. Un vase d'or contient le lys de la virginité.

Dans la petite rose, Jésus bénit de la main droite; sa gauche tient un livre et une croix; autour de lui, il y a les quatre animaux évangéliques.

XLIII. Vitrail du zodiaque et des mois. — Ce vitrail paraît avoir été donné par Thibaud, comte de Chartres, à la prière de Thomas, comte du Perche, tué en 1217 à la bataille de Lincoln : dans un médaillon au bas de la fenêtre , le comte Thibaud est à cheval et porte un écu d'azur à la bande d'argent; trois personnes l'implorent ù genoux. L'inscription porte : comes teoraldvs dat

HO... VESPO... VINERVS AD PRECES COM1TIS PTICENCIS *, Le COTtlte

Thibaud donne ce à la prière du comte du Perche.

Dans le médaillon qui correspond à celui-ci, plusieurs personnages sont occupés à piocher la terre et à tailler la vigne? — Toutà-fait au bas du vitrail, d'autres personnes tournent une machine à vis qui doit être un pressoir.

Les signes du zodiaque et les mois sont placés dans l'ordre que nous suivons encore aujourd'hui (voyez la note page 55). Chacun des douze mois est donc ici représenté d une double manière : par le signe du zodiaque d'abord , et ensuite par l'occupation principale ou habituelle de chacune de ces parties de l'année.

Janvier. — Le Verseau Un homme à triple visage

se présente à l'entrée d'un petit édifice : il semble ouvrir les deux battants de la porte; on lit : ianvarivs.

Février. — Les Poissons : pjsces. . . Un homme se chauffe devant un grand feu : febrvs.

Mars. — Le Bélier : aries Un vigneron taille sa vigne:

MARCIVS.

Avril. — Le Taureau : tavrvs. ... Un personnage entre deux

arbres fleuris , et tenant un bouquet de chaque main :

Page 1