‹ Description de la cathédrale de Chartres suivie d'une Courte notice sur les églises de SaintPierre, de SaintAndré et de SaintAignan de la même villeChapitre 13 sur 23 · APRILIS · texte numérisé non relu

APRILIS

Mai. — Les Gémeaux : gemini. ... Un jeune guerrier armé

d'une lance fait paître son cheval : maivs.

Juin. — Le Cancer : cancer Un homme fauche un pré :

ivlivs (sic).

Juillet. •— Le Lion : leo Un moissonneur coupe le

blé avec une faucille : ivmvs.

Août. — La Viei'ge : virgo Un homme bat des épis

avec un fléau : avgvstvs.

Septembre. — La Balance : libra. . . On foule des raisins dans

la cuve : septenber.

Octobre. — Le Scorpion : scorpio. . . On remplit un tonneau. Novembre. — Le sagittaire : sagitarivs. On tue un cochon. Décembre. — Le Capricorne Un homme assis devant une

table chargée de mets : de-

CENBER.

Tout en haut de la fenêtre , Dieu assis sur un trône entre deux flambeaux et entre l'Alpha et l'Oméga : il bénit de la main droite et tient un livre de la gauche.

XLIV. Vitrail de sainte Anne et de la sainte Vierge. — Ce vitrail a été donné par le même Thibaud, donateur du précédent vitrail. — Un médaillon représente des vignerons taillant leurs vignes.

Le grand-prêtre refuse les offrandes de Joachim et d'Anne. — Joachim au milieu de ses troupeaux reçoit la visite d'un ange. — Anne occupée à liler reçoit la visite du même ange. — Joachim et Anne se rencontrent à la porte Dorée. — Ils sont assis sur un siège. — Anne vient d'accoucher; une sage-femme tient la petite Marie. — Deux femmes lavent la petite Marie. — Anne et Joachim conduisent la petite Marie à un maître de grammaire, qui reste assis. — Marie avec d'autres enfants apprend a lire; le maître armé de son faisceau de verges préside. — Marie est devant Joseph , qui porte une palme verte; il est suivi de deux jeunes hommes qui ont des bâtons. Un autel sépare Marie et Joseph. — Joseph épouse Marie ; un prêtre unit leurs mains ; les deux témoins ont la tête

nimbée comme des saints. — Gabriel annonce à Marie sa maternité divine. — Marie visite sa chère cousine Elisabeth. — Marie est couchée dans son lit; elle vient de mettre au monde son Enfant, qu'elle a emmaillotté et posé dans une crèche; saint Joseph est debout auprès du lit; l'âne et le bœuf traditionnels sont à côté de leur Maître. — Un ange réveille les bergers de Bethléem. — La Présentation : Siméon et Marie tiennent l'Enfant sur l'autel; Joseph et Anne sont là. — Hérode avec les docteurs de la loi répond aux Mages. — Les Mages adorent Jésus et lui offrent leurs présents. — Hérode ordonne le massacre des innocents. — Le massacre de ces pauvres enfants. — La fuite en Egypte. — Jésus bénit la foule agenouillée.

Dans la rose, Jésus est cloué sur la croix; sa Mère et son disciple bien-aimé sont debout près de lui; on y voit aussi plusieurs anges.

XLV. Notre-Dame de la Belle-Verrière. — C'est le nom que le peuple donne à une image de Marie, qui est la principale figure du vitrail. Cette image de la sainte Vierge date du XIII e siècle; au premier aspect elle semble plus ancienne : c'est probablement la reproduction d'un ancien type.

Marie est assise sur un trône ; elle est vêtue d'une double robe d'azur richement bordée ; un voile blanc et une magnifique couronne couvrent sa noble tête ; le Saint-Esprit plane au-dessus de la Mère de Dieu. Elle tient Jésus entre ses genoux; le Sauveur a pour vêtements une robe blanche et un manteau bistre ; il porte le nimbe crucifère; sa main droite bénit, et sa gauche tient un livre sur lequel sont des lettres qui ne présentent aucun sens.

Quatorze anges rendent leurs hommages à la Reine des cieux : six l'encensent , deux l'éclairent , deux la prient en joignant les mains , et quatre supportent avec des colonnes le trône sur lequel elle est assise. — Notre-Dame de la Belle -Verrière était jadis l'objet d'une grande vénération de la part des fidèles; ils allaient prier devant cette image comme devant la Vicrgc-Noire-du-Pilier ; aujourd'hui quelques habitants de la campagne seulement y vont faire leur prière et allumer leur cierge.

Pour nous rappeler le pouvoir de Marie , le peintre-verrier a représenté, sous l'image de la Notre-Dame de la Belle-Verrière, Je miracle de Cana obtenu par les prières de cette Vierge-Mère.

11 y a cinq tableaux : 1° Jésus avec ses disciples se rend aux noces de Cana ; 2° Marie dit à Jésus : « Ils n'ont plus de vin ; » 3° Elle dit aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira ; » 4° Jésus bénit trois grandes urnes pleines d'eau , et change l'eau en vin ; 5° Le maître d'hôtel apporte aux jeunes mariés le vin miraculeux.

Dans les trois médaillons inférieurs, on voit la triple tentation de Jésus-Christ par Satan : 1° Le démon montre des pierres à Jésus et lui dit: Faites que ces pierres deviennent du pain. 2° Satan a transporté Jésus sur le pinacle du temple ; un ange accompagne le Fils de Marie. 3° Enfin Satan a placé Jésus sur une haute montagne ; Jésus le renvoie avec un geste de sa main divine ; la montagne, qui a la forme d'un pain de sucre, est placée entre Jésus et Satan. — En plaçant ici la triple tentation de Jésus, le peintre nous enseigne que dans nos tentations nous devons avoir recours à Marie et la supplier de nous fortifier contre les ruses de l'enfer.

XLVI. Vitrail de saint Antoine *. — Le vitrail a été donné par les vanniers , représentés dans les médaillons inférieurs.

Antoine et sa sœur entrent dans une église, au moment où le diacre chante: « Si tu veux être parfait, va et vends tout ce que tu as, et donne-le aux pauvres. » — Les deux sœurs d'Antoine veulent le retenir avec elles; un valet court-vêtu assiste à cette scène. — Antoine distribue tout son bien aux pauvres. — Il va se présenter à un ermite qui le reçoit pour son disciple. — Il bêche la terre, près de son ermitage. — Le diable lui apparaît et lui dit: « Tu m'as vaincu. » — Une courtisane vient le tenter. — Antoine est assis et dit à un homme qui lui a demandé ce qu'il devait faire pour plaire à Dieu : « En quelque lieu que tu sois, aie toujours Dieu devant toi et devant tes yeux. » — Antoine s'est réfugié dans un sépulcre; deux diables lui parlent à l'entrée du sépulcre. — Ils le battent cruellement. — Un de ses frères l'emporte sur ses épaules dans un hôpital. — Ceux qui sont là , le pleurent comme mort ; le saint est étendu sans mouvement. — Antoine reprend ses sens, et prie deux de ses frères de le reporter au sépulcre. — Il est allé visiter saint Paul; et pendant qu'ils.

1 Miroir historial , lib. xui, cap. 91-95.

s entretiennent ensemble , une colombe blanche leur apporte un pain f . — Ils prient à genoux devant un autel. — Paul est assis et il lit la Bible posée sur un pupitre. — Antoine aperçoit l'âme de saint Paul emportée par deux anges dans une auréole de feu. — Paul est mort; un lion est venu du désert; il creuse la fosse, où Antoine déposera la dépouille mortelle du saint ermite. — Saint Antoine est couché sur son lit; il donne son manteau à l'un de ses moines. — Il meurt, et son âme est reçue par deux anges.

Dans la rose , Marie debout tient son Fils bénissant ; le sein droit est découvert; à côté il y a deux anges thuriféraires.

XLVII. (Dans le transsept méridional.) Vitrail de saint Biaise. — Ce vitrail a été défoncé en 1791 , et remplacé par une maçonnerie, pour recevoir l'autel moderne du Lazare.

XL VIII. Cette fenêtre est aujourd'hui garnie de vitres en verre blanc, avec une bordure en verres colorés. Avant 1792, il y avait une grisaille et les images de saint Michel, de saint Lubin et de saint Martin.

XLIX. Vitrail de saint Appollinaire 2 . — La partie inférieure de cette verrière a été coupée et remplacée par des figures en grisaille, au XIV r siècle, ainsi que l'indique l'inscription qui se voit au milieu et que nous donnons plus loin. Ce changement eut lieu à l'occasion de la fondation d'un autel au-dessous de cette fenêtre, en 1328. La tradition fait connaître que cet autel était sous le vocable de saint Mathurin et de sainte Julitte. Les figures peintes dans cette grisaille forment cinq groupes qui sont, en commençant par la gauche :

1° Saint Cyr, enfant (il fut martyrisé à l'âge de trois ans), donnant la main à sainte Juliette, sa mère. Saint Cyr porte une palme , sa mère tient un livre ; leurs noms devaient se lire au-dessous; ils ont disparu dans une restauration qui a intercallé ici un panneau d'ornements en grisaille du XIII e siècle.

2° Saint Maur et sainte Radegonde. Saint Maur, abbé (la tête manque), vêtu de la robe monacale, tient une crosse et un livre;

1 Miroir historiai !, lib. xi, cap. 86-88.

* Ibid., lib. x, cap. 7

sainte Radegonde , vêtue en abbessc et tenant aussi une crosse et un livre. On lit au-dessous : s. mor. sainte aragonde.

3" La sainte Vierge debout, portant l'enfant Jésus qui bénit Guillaume Tlrierry, donateur de cette grisaille : ce chanoine est à genoux, les mains jointes devant ses divins protecteurs.

4° Saint Sulpice et saint Mathurin. Saint Sulpice , archevêque de Bourges , revêtu d'habits pontificaux : saint Mathurin , est devant lui en costume de berger au milieu d'un troupeau. On lit au-dessous : vpplise. s. materin.

5° Saint Liphard perçant avec une béquille le monstre infernal qui causait de grands ravages. On lit : s. liphart.

Au-dessous du groupe du milieu on lit l'inscription suivante :

MONSEIGN : G : TYERRI : CHANOINE : DE CEANS : SEIGN DE : LOY .* Q : FONDA : CE ST : AUTEL .* EN : LANEUR : DE NRE : DAME : ET

AINS : ET DES : SAINTES : qi : ci : s

ont : l'an de grâce : mil : ecc : xx : vin le jour de : tovz : seins : p : n :

CHAPELAINS : PERPETUES.

Toute cette partie du vitrail , dessinée avec une rare perfection par M. Paul Durand , va paraître dans la cinquième livraison de la Monographie.

Saint Apollinaire, évêque de Ravenne, guérit un enfant possédé du démon, en faisant sur lui le signe de la croix. — Il guérit la femme du tribun de Ravenne. — Il parait devant le gouverneur Saturnius , qui le condamne à être battu de verges. — Deux bourreaux le battent cruellement. — A Padoue, il guérit une fille possédée du démon , qui criait : « Sors d'ici , serviteur de Dieu ; car nous te ferons jeter, pieds et poings liés, hors de la ville. — Il arrive chez le patricien Rufus, qui l'a appelé pour guérir sa fille.

— Il ressuscite la fille de Rufus, en la prenant par la main. — H baptise Rufus. — Il est conduit devant le préfet du prétoire, Messalinus; le préfet a le sceptre et la couronne, comme un roi.

— On a jeté le saint évêque dans une prison ; le quatrième jour, un ange vient le visiter et le fortifier ; un bourreau armé d'un bâton regarde par la fenêtre. — Le préfet a fait embarquer Apollinaire, pour l'envoyer en exil. — On l'a conduit au temple d'Apol-

Ion; il se met à genoux, et à l'instant les idoles se brisent. — Le saint évêque est mort ; un prêtre et deux diacres lui donnent la sépulture , les fidèles pleurent la mort de leur premier pasteur.

Dans le haut du vitrail , se voit la hiérarchie presque complète des saints Anges 1 : 1° Six Anges portent ou le livre, ou le flambeau, ou l'encensoir; 2° deux Archanges perçant avec la croix deux démons; 5° deux Puissances, avec le sceptre; 4° deux Vertus, portant le sceptre et la couronne; — 5° deux Dominations, au centre d'une auréole de feu, et tenant un sceptre; — 6° deux Chérubins ou Séraphins, à six ailes et les pieds sur un globe.

L. (Dans le bas-côté méridional.) Vitrail des Miracles. — Ce vitrail racontait les principaux miracles que la sainte Vierge daigna faire en faveur des pèlerins de Chartres ; il redisait aussi la légende, si célèbre au XII e et au XIII e siècle, du moine Théophile. Quinze médaillons ont été remplacés par du verre blanc ; de sorte qu'il ne reste d'entier qu'un seul sujet.

La statue d'or de Marie tenant son fils est posée sur un pilier ; un grand nombre de pèlerins l'entourent et lui adressent leurs supplications. Dans les médaillons on voit deux chars traînés par des hommes et montés par d'autres pèlerins portant des bannières et venant apporter à Marie leurs hommages et leurs offrandes. Cette scène rappelle ces vers de Jehan le Marchant, lequel parlant de la reconstruction de la Cathédrale , au XIII e siècle, dit •

Lors vindrent gens de totes pars Qui en charrcsies cl en chars, Grans dons a liglise aportoient Qui a leuvre meslier auoient *.

Au-dessus de sa statue , Marie elle-même se montre avec sou Fils bénissant, et accepte pour elle-même les honneurs rendus à son image; Marie est accompagnée de deux anges thuriféraires.

Nous ne décrirons pas ici les panneaux enlevés , ni les tableaux incomplets qui restent encore; nous traiterons longuement tout cela dans notre Monographie générale.

' Voyez plus haut , page 107.

* L*oème des Miracles, page iO

Ce vitrail a été donné par les bouchers ou charcutiers ; trois médaillons leur sont consacrés : 1° un boucher écorche un veau; il dépèce un veau, pour le vendre à des acheteurs; un chien attend sa curée ; 2 J un veau est pendu dans la boutique ; 3 U un charcutier tue un porc.

Ll. Cette fenêtre, qui embrasse toute la largeur de la chapelle de Vendôme, a perdu la plupart des vitres peintes que le fondateur de la chapelle y avait fait placer au XV' siècle. Parmi les parties de cette époque, on remarque : 1° Saint Louis, saint Denis et saint Jean-Baptiste, tous trois mutilés , et deux anges avec des écus. 2° Saint Jean l'évangéliste , avec le calice d'où sort un dragon ailé ; une sainte à genoux sur un coussin , deux anges lui posent une couronne sur le front. 5° Marie assise sur un trône très-élégant; un prêtre à genoux, vêtu d'une soutane rouge et d'un surplis à larges manches. Au milieu de tout cela on a intercalé des panneaux du XVI* et du XIII e siècle: parmi ces derniers, il y a un Saint Symphorien provenant des hautes fenêtres de la nef, et de petits sujets provenant de la chapelle absidale.

Le tympan de la fenêtre a conservé ses vitraux primitifs ; ils représentent : 1° La crucifixion : trois anges reçoivent dans des calices le sang précieux du Sauveur en croix , et d'autres anges désolés volent dans les airs. A la droite de Jésus , on voit sa Mère, Salomé, Jean, et Madeleine, à sa gauche, des prêtres juifs; le costume du grand-prêtre est fort singulier; une inscription porte : verè pililius dei est hic. — 2° Le Jugement dernier : Jésus est assis sur un arc-en-ciel ; deux anges tiennent les instruments de sa passion; deux autres sonnent la trompette du jugement. Marie et Jean intercèdent pour les pécheurs. Les morts ressuscitent et sortent de leurs tombeaux; parmi eux, on distingue un pape, un roi, un moine et une religieuse.

LU. Vitrail de la sainte Vierge. — Ce vitrail a pour donateur les cordonniers du XIII e siècle; il sont figurés dans les médaillons inférieurs : 1° Un bourgeois achète des chaussures à un cordonnier; 2 e Un cordonnier semble peindre ou polir des chaussures; 3° Un cordonnier achète du cuir à un tanneur ; Pintard a vu dans ce groupe deux personnages tenant des ballots de papiers! et M. de Lastcyric y voit un boucher ouvrant un veau ! Deux cordonniers se trouvent encore au bas de la bordure.

Le vitrail est divisé en quatre tableaux qui se composent chacun de quatre ou de six médaillons. Tableaux et médaillons ont été déplacés.

Au premier tableau, Marie meurt entourée des apôtres, des disciples et des saintes femmes ; son âme s'est envolée dans les bras de Jésus ; deux anges accompagnent le Sauveur.

Au second tableau , le corps de Marie déposé dans un cercueil est porté par les apôtres dans la vallée de Josaphat; Jean porte le rameau vert; les apôtres, les disciples et les saintes femmes pleurent. Deux anges descendus du ciel encensent le corps virginal de leur Reine.

Au troisième tableau , les apôtres déposent le corps immaculé de Marie dans un sépulcre tout neuf , comme Jésus l'a ordonné ; Pierre encense. — Un ange descend du ciel et ouvre les mains.

— Marie est enlevée au ciel dans une gloire ovoïdale que tiennent deux anges; quatre autres anges encensent leur Reine.

Au quatrième tableau, Marie est couronnée par son Fils; tous les deux sont assis sur des trônes. A côté il y a deux anges qui tiennent des banderolles sur lesquelles on lit : te deum laudamus ; on voit aussi quatre anges thuriféraires.

LUI. Vitrail du bon Samaritain. — Ce vitrail offre un des plus beaux sujets théologiques traités par les savants artistes du Moyen- Age. Nous ne pouvons entrer ici dans les détails; nous devons renvoyer nos lecteurs à la Monographie de Bourges. Nous nous contentons de décrire ici fort rapidement chaque tableau, comme nous l'avons fait pour les autres verrières. — On lit assez souvent les inscriptions suivantes : pharisevs, samaritanvs, peregrinvs.

Au premier médaillon , Jésus raconte à deux juifs la parabole du Samaritain. — Le voyageur sort de Jérusalem pour se rendre à Jéricho. — Il tombe entre les mains des voleurs qui le dépouillent et le battent cruellement. — Le voyageur est gisant à demimort ; un prêtre et un lévite voient cet homme et passent outre.

— Un Samaritain arrive près de ce voyageur et le panse avec soin. — Après l'avoir pansé, il l'a mis sur son cheval; il est à la porte d'une hôtellerie. — Le pauvre voyageur est couché sur un lit; le Samaritain prend soin de lui et le console. — Dieu crée Adam ; un souffle sort de la bouche divine pour animer le premier homme. — Adam est assis au milieu du paradis terrestre.

— Dieu lui défend de manger des fruits de l'arbre de la science du bien et du mal; cet arbre est un pommier avec son beau feuillage vert et ses fruits rouges. — Adam et Eve s'entretiennent ensemble; Eve tient une branche fleurie. — Ils écoutent le serpent et mangent du fruit défendu. — Dieu émergeant des nues appelle Adam et Eve , qui se sont assis sur un banc placé sous un arbre. — Ils sont chassés du paradis par un ange. — Dieu les a condamnés au travail : Adam bêche péniblement la terre ; Eve file à la quenouille. — Au sommet du vitrail, Dieu est assis sur un arc-en-ciel; il bénit et porte le monde.

Les donateurs du vitrail sont les cordonniers : 1° Un cordonnier coupe son cuir; 2° Deux cordonniers travaillent; 3° Six cordonniers à genoux tiennent le modèle du vitrail ; on lit : sutores.

LIV. Vitrail de sainte Madeleine l . — Ce vitrail paraît avoir été donné par les porteurs d'eau, les aquarii du XIII e siècle; en elfet il y a dans les petits médaillons trois hommes presque nus et portant des urnes renversées d'où l'eau s'échappe.

Madeleine arrose les pieds de Jésus avec ses larmes et les essuie avec ses cheveux. — Lazare est mort; il est étendu sur un lit funèbre, dans une chapelle ardente; deux prêtres juifs consolent ses deux sœurs. — Deux autres juifs les consolent. — Un évéque! assisté d'un lévite donne la sépulture à Lazare; il jette de l'eau bénite avec un goupillon. — Marthe et Madeleine conduisent Jésus vers le sépulcre de leur frère. — Jésus ressuscite Lazare en présence des Juifs. — Madeleine est allée au tombeau de Jésus- Christ; un ange lui parle. — Après sa résurrection, Jésus apparaît à Madeleine, et lui dit : « Ne me touchez point. » — Les apôtres sont assemblés avant de se disperser par toute la terre; saint Pierre parle à Madeleine. — Madeleine débarque à Marseille; elle descend d'un navire qui a ses màls et ses voiles. — Lazare , évèque de Marseille, instruit son peuple. — Sainte Madeleine vient de mourir; elle est étendue sur son lit; saint Maximin bénit son corps. — Il lui donne une sépulture honorable. — Jésus assis sur son trône reçoit la petite àme de Madeleine, qui lui est présentée

1 Voyez sur sainle Madeleine le savant el admirable travail de M. l'abbé Faillon : Monuments inédits sur l'apostolat de sainte Madeleine, etc.

par un ange sur une nappe blanche; un autre tient une couronne et deux autres anges encensent.

LV. Vitrail de saint Jean. — C'est ici le dernier vitrail qui nous reste à décrire ; nous voulons le faire avec plus de détails que les autres , et l'offrir à nos lecteurs avec tous les développements que nous donnerons pour tous les vitraux, dans notre Monographie générale. — Nous transcrivons d'abord l'histoire de saint Jean l'évangéliste , telle que la raconte Vincent de Bcauvais et Jacques de Vorragine 1 ; nous abrégeons parfois leur récit , et nous passons sous silence presque tous les faits que le vitrail ne reproduit pas. Le premier alinéa est tiré des Fleurs des Vies des Saints.

« Le bienheureux apostre , évangéliste , vierge et martyr sainct » Jean, estait de Galilée, natif de Bethsaîde. Son père s'appelait » Zébédéc, sa mère Marie Salomé, son frère aisné S. Jacques-le- » Grand. S. Matthieu dit de S. Jean, que son frère S. Jacques et » lui estaient pescheurs, du mestier de leur père Zébédéc. Sainct » Hiérôme dit qu'ils estoient nobles , et que S. Jean estoit connu » du grand prestre Caïphe , à cause de sa noblesse , et fut ce qui » luy donna entrée et moyeu d'introduire S. Pierre en la maison » de Caïphe... Quelques Docteurs, entre autres Béda et Rupcrl, » disent que sainct Jean estoit l'époux des nopees de Cana en » Galilée, ausquels la Vierge et son Fils très-bénit avec ses disci- » pies furent conviés : que Nostre-Seigneur le choisit et éleut à » l'apostolat, honorant d'un costé les nopees par sa présence, et » d'autre part faisant voir que la virginité est préférable au ma- » riage 2 . »

« Saint Jean avait toujours vécu dans la virginité. Après la Pentecôte , lorsque les Apôtres se dispersèrent, il alla à Ephèse. Il fonda en Asie sept églises dans sept villes importantes. L'empereur Domitien , ayant entendu parler de lui , le fit arrêter par le

1 Miroir historial , lib. x, cap. 14, ô9, 40, 45, 44 et 49. — Légende durée, de sancta Joannc cvangclisla.

2 Voyez sur ce point, Bèdc, In prœf. in Jaann,; — Rupcrt , Lib. Il mJoann.; — Baronius, tom. I, pag. 106 annaltum ; — Mnldonat , hi l cap, Joann.; — Salmornn . tracJ. VI m Jnan.

proconsul d'Kphèse et amener à Home; là il le lit jeter, près la porte Latine, dans une chaudière d'huile bouillante : Jean en sortit sans avoir éprouvé aucun mal. Quand l'empereur vit que rien ne le ferait renoncer à la prédication, il le relégua dans l'île de Palhmos pour y travailler aux mines. Jean y écrivit son Apocalypse, livre divin qui renferme plus de choses que de mots Peu de temps après, l'empereur fut tué à Rome, et Nerva rappela de l'exil tous ceux que Domitien avait bannis. Jean fut reconduit à Ephèse avec honneur. Tous les chrétiens vinrent au-devant de lui, et ils disaient: « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! » Gomme il entrait dans la ville, il rencontra le convoi funèbre de Drusienne, femme pieuse, qui avait toujours brillé parmi ses plus fervents disciples. Les pauvres, les veuves et les orphelins criaient en pleurant : « 0 père Jean , ayez pitié de Drusienne, votre disciple; docile à vos instructions, elle nous fournissait à tous la nourriture, et elle servait Dieu dans la chasteté et l'humilité, soupirant chaque jour après votre retour. Oh , disaitelle, puissé-je voir l'apôtre de Dieu, avant de mourir! Hélas! vous êtes revenu parmi nous et ses vœux n'ont pu être exaucés ! » Et alors Jean ordonna de poser le corps par terre et de le délier; puis il dit à haute voix : « Que le Seigneur te ressuscite, ô Drusienne; lève-loi, retourne dans ta demeure et appréte-moi un festin. » Aussitôt elle se leva et s'en retourna dans sa maison, exécuter les ordres de l'apôtre avec tant d'empressement que l'on aurait dit qu'elle sortait, non des bras de la mort, mais d'un simple sommeil.

» Le lendemain . un philosophe nommé Craton haranguait le peuple réuni sur la place du marché, et exposait comment toutes les choses de ce monde étaient dignes de mépris ; il avait décidé deux jeunes gens, qui étaient frères, à vendre tous leurs biens, puis à en convertir la valeur en pierres précieuses. Ensuite il leur commanda de détruire ces pierreries devant tous les assistants. Or, il arriva que l'Apôtre passait en ce moment par là ; il reprit le philosophe et le somma d'embrasser la foi : il démontra que ce fastueux mépris du monde était condamnable pour trois raisons : 1" il est loué des hommes, mais il n'est pas béni de Dieu ; 2° il est sans vertu, puisqu'il ne guérit pas du péché, et que vain est le remède rpii ne «urmonte pns la maladie: 5 enfin, pour être

récompensé de Dieu en renonçant aux biens du monde, il faut les donner aux pauvres , car il est écrit : « Si tu veux être parfait , va et vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres. » Alors Craton dit : « Si ton maître est le vrai Dieu , fais que ces pierres qui viennent d'être brisées redeviennent entières , afin que le prix de l'or qu'elles ont coûté puisse être donné aux pauvres. » Saint Jean prit les pierres , il pria , et elles redevinrent entières comme auparavant. Les deux jeunes gens et le philosophe crurent en Dieu ; ils vendirent ces pierres et ils en distribuèrent le prix aux pauvres.

» Deux autres jeunes gens , touchés de cet exemple , vendirent tout ce qu'ils possédaient , l'employèrent en aumônes et suivirent l'Apôtre. Or, ils virent un jour ceux qui avaient été leurs serviteurs couverts de riches habits, tandis qu'eux-mêmes n'avaient qu'un méchant manteau , et ils se laissèrent aller à la tristesse. Comme ils étaient sur le rivage de la mer, saint Jean leur dit de ramasser quelques morceaux de bois et quelques menus cailloux , et il les changea en or et en pierres précieuses. Il dit ensuite à ces gens d'aller les montrer aux orfèvres et aux lapidaires. Après sept jours les disciples revinrent et dirent : <* Tous les orfèvres et joailliers se sont accordés à dire qu'ils n'avaient jamais vu un or plus pur ni des gemmes plus précieuses. » Alors l'apôtre leur dit : « Allez racheter vos terres , car vous avez perdu la grâce de Dieu ; soyez somptueusement vêtus, afin d'être mendiants pour toujours. » Et saint Jean leur rappela la parabole de Jésus-Christ sur le riche Epulon et le pauvre Lazare et leur exposa comment six choses devaient nous détourner de la convoitise désordonnée des richesses

» Or , comme Jean disputait contre les richesses , voici que l'on portait en terre un homme mort, marié seulement depuis trente jours; et alors vinrent la mère de sa femme et autres personnes qui le pleuraient; elles se mirent aux pieds de l'Apôtre, en le priant de le ressusciter au nom de Jésus-Christ, comme il avait ressuscité Drusienne. Et alors l'Apôtre pleura beaucoup : il pria, et aussitôt le mort ressuscita. El saint Jean lui ordonna de raconter a ces deux, jeunes gens quelle peine ils avaient encourue et quelle joie ils avaient perdue : il raconta beaucoup de choses de la joie du paradis et des peines qu'il avait vues ? et il dit : « 0

malheureux que vous êtes! j'ai vu les anges commis à votre garde qui pleuraient, et les démons qui se réjouissaient. » Et il leur dit qu'ils avaient perdu les palais célestes , qui sont faits de pierres précieuses et resplendissants d'une merveilleuse et éternelle clarté, qu'ils s'étaient exposés aux peines de l'enfer qui sont vers , ténèbres , feu , tourments , pleurs , confusion du péché et visions de diables. Et l'homme qui venait d'être ressuscité et les deux jeunes gens se jetèrent aux pieds de l'Apôtre et le conjurèrent d'avoir pitié d'eux, et l'Apôtre leur dit : « Faites pénitence durant trente jours et priez , et les petits morceaux de bois et les cailloux redeviendront ce qu'ils étaient. » Et au bout des trente jours , l'Apôtre dit : « Rapportez-les sur le rivage où vous les avez pris »; et aussitôt les morceaux de bois et les cailloux redevinrent ce qu'ils étaient avant d'être ramassés , et les jeunes gens recouvrèrent la grâce des vertus qu'ils avaient auparavant.

» Quand le bienheureux Apôtre eut prêché dans toute l'Asie , les prêtres des idoles soulevèrent le peuple contre lui , et ils le traînèrent au temple de Diane, voulant le forcer à sacrifier. Or Jean leur fit cette proposition : a Priez Diane de détruire l'Église de Jésus-Christ , et si elle le fait , je lui offrirai des sacrifices ; de mon côté je prierai le Seigneur Jésus de détruire le temple de Diane, et s'il est détruit, vous croirez en Jésus-Christ. » Et comme l'on souscrivit à cet accord, tous sortirent du temple ; l'Apôtre pria, le temple s'écroula, et l'image de Diane fut mise en pièces. Alors Aristodème, pontife des idoles, suscita une grande émeute parmi le peuple. L'Apôtre dit à Aristodème : « Que veux-tu que je fasse pour apaiser ce tumulte? » Aristodème répondit : « Si tu veux que je croie; en ton Dieu , je te donnerai du poison à boire, et s'il ne te fait point de mal, tu auras montré que ton Dieu est véritable. » L'Apôtre lui dit : « Fais ce que tu voudras. » Et Aristodème reprit : « Je veux que lu voies mourir d'autres gens avant toi. » Et il alla trouver le gouverneur; il lui demanda deux hommes condamnés à mort, qui lui furent accordés. 11 leur donna le poison en présence de tout le peuple , et aussitôt qu'ils l'eurent bu, ils tombèrent morts. Alors l'Apôtre prit la coupe, fit le signe de la croix, but tout le venin, et il n'eut aucun mal. Et le peuple se mit à louer Dieu et à crier que le Christ était le Dieu véritable. Mais Aristodème dit: « J'ai encore quelques doutes; toutefois je croirai , si tu ressuscites ces morts. » Alors

I Apôtre lui donna son manteau et le faux pontife lui demandant pourquoi, Jean lui dit : « C'est pour te confondre et pour te faire revenir de ton endurcissement. Va et pose mon manteau sur les morts, en disant : L'Apôtre de Jésus-Christ m'a envoyé vers vous, afin que vous ressuscitiez au nom du Seigneur Jésus. » Aristodème le fit, et les morts ressuscitèrent aussitôt. Et l'Apôtre baptisa le pontife, ainsi que le gouverneur de la ville et une grande multitude de peuple : sans compter les femmes et les enfants, douze mille hommes furent régénérés par le baptême.

» Lorsque Jean eut atteint l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, sous le règne deTrajan, le Seigneur lui apparut et lui dit: «Viens à moi, mon bien-aimé, car il est temps que tu t'assoies à ma table avec les frères. » Alors saint Jean se leva, et Jésus ajouta : « Tu viendras dimanche me rejoindre. » Et quand le dimanche fut venu , l'Apôtre assembla tout le peuple dans l'église à laquelle on avait donné son nom , et il prêcha et il exhorta les fidèles à demeurer fermes dans la foi et à observer les commandements de Dieu. Et après cela il fit faire une fosse toute carrée au pied de l'autel et il fit jeter la terre hors de l'église. Il se plaça ensuite dans la fosse, les mains jointes, et il dit: « Invité à votre festin, ô Seigneur Jésus, je vous rends grâce de ce que je suis tel qu'il faut être pour partager semblable nourriture, et vous savez que je le désirais de tout mon cœur. » Et quand il eut fini sa prière, une si vive clarté l'environna que nul ne pouvait en soutenir la vue; et quand cette splendeur disparut, la fosse fut trouvée toute pleine de manne, el encore aujourd'hui y trouve-t-on de la manne qui sort du fond de celle fosse, comme d'une fontaine; c'est pourquoi plusieurs pensent que Jean a été enlevé au ciel en corps et en âme '. >

Tel est le résumé de ce (pie nous olîrent Vincent de lleauvais el Jacques de Vorraginc sur la vie de saint Jean l'Evangéliste. C'est dans ces récits si naïfs et si attachants que le peintre-verrier du XIII' siècle s'est inspiré pour exécuter le vitrail de saint Jean i .

1 Voyez , sur les circonstances de la mort «le sain! Jean 1 evangélisle , de curieux détails dans YHhtvirt ecclésiastique de Nicéphore , page 107

* Voyez le vitrail de tfiini Jean, dons la Mottof/raphir flr fournies

Les sujets peints dans les panneaux qui représentent celte vie de saint Jean ne se suivent pas dans l'ordre voulu. Le dessin ci-dessous a été fait pour restituer cet ordre et pour faciliter les recherches. On remarquera qu'il offre l'ensemble exact du fenes- Irage ou de l'armature de fer qui partage la surface de la fenêtre en médaillons de diverses formes séparés par un fond de mosaïque el encadréj>ar une bordure qui suit tout le contour de la fenêtre.

1. La fuite en Égyptc. Ce panneau n'a aucun rapport avec la vie de saint Jean : il a été mis ici comme racommodage , ainsi qu'on peut s'en convaincre en remarquant que toutes les figures sont rognées à leur partie inférieure.

Les armuriers sont les donateurs de ce beau vitrail : ils sont représentés dans les deux numéros suivants :

2. Deux armuriers assis : l'un travaille à achever un bouclier, l'autre frappe sur un petit objet avec un ciseau et un marteau.

5. On voit encore des armuriers : l'un debout et court vêtu forge sur l'enclume un étrier qu'il tient avec des pinces; l'autre assis, est occupé à polir à l'aide d'une lime un étrier qu'il serre dans des tenailles.

4. Saint Jean est monté dans une barque; il revient de l'île de Patlunos el se rend à Éphèse; l'apotre est vêtu d'une robe jaune el d'un manteau bistre; ou remarquera qui dans tous les médaillons, saint Jean porte toujours le même manteau ; la robe seule varie de couleur. On lit : ses. ions.

5. L'apùlre est assis sur un siège; il cent son évangile sur une longue bauderolle, où

se lit : in pbincipio eu... Autour de saint Jean sont les sept églises d'Asie figurées par sept clochers pyramidaux surmontés d'une croix; ces clochers varient de couleur, blanc, vert, jaune, brun, rougeàtre. On lit : ses. ioiianmes.

<i. Saint Jean ressuscita Drusienne: il e*t debout el bénit s;i

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fervente disciple, qui est couchée dans son cercueil, et qui joint les mains pour remercier saint Jean.

7. Craton enseigne la philosophie à une foule d'auditeurs , qui sont tous revêtus de la tunique et du manteau.

8. Les deux jeunes hommes, disciples du philosophe Craton , brisent les pierres précieuses, valeur de tous leurs biens; ils se servent du marteau et frappent sur une sorte d'enclume. Craton est assis et préside à celte opération fastueuse.

9. Saint Jean somme Craton d'embrasser la foi chrétienne ; en même temps il remet les pierres brisées en leur état primitif. On lit : ses. IOHAIWES.

10. Saint Jean , par un signe de croix , convertit en or des morceaux de bois que lui présente l'un de ses deux jeunes disciples.

11. Le jeune homme fait éprouver le bois changé en lingot d'or; l'orfèvre est assis devant sa table de changeur.

12. Un jeune époux marié depuis trente jours seulement, meurt; son âme sort de sa bouche sous la forme d'un petit corps humain tout nu : un démon s'en saisit. Sa femme et ses enfants le pleurent, saint Jean va le ressusciter bientôt : le peintre a commis ici une erreur: au lieu d'un jeune homme, il a représenté un homme paraissant déjà assez âgé.

13. Saint Jean est debout devant Aristodème; celui-ci est assis sur un siège, vêtu de la robe et du manteau, un bonnet pointu sur la tête, un sceptre dans la main droite; derrière lui on voit un méchant qui l'inspire. On lit : ses. iohannes.

14. L'apôtre avale le poison : un pharmacien écrase des vipères cl autres serpents dans un mortier pour en préparer un breuvage mortel ; deux criminels qui ont bu de ce poison , gisent sans vie ; saint Jean vide la coupe pleine du même poison et ne ressent aucun mal; Aristodème est assis et regarde l'apôtre avec étonnement. On lit : ses. iouannes.

15. Jésus apparaît à son disciple bien-aimé et lui annonce qu'il mourra bientôt ; Jésus et Jean sont debout entre deux arbres revêtus de leur feuillage. Ces deux arbres sont-ils là, comme sur les peintures des Catacombes \ pour nous dire que Jean va jouir des

1 Voyez le savant ouvrage do Buonarruoti sur les anciens cimetières de Rome, page 123.

délices du paradis? Dans Fart chrétien primitif, l'arbre orné de ses feuilles est le symbole de l'étemelle félicité , et encore celui des justes dont cette félicité est la récompense , ainsi que le fait observer Hermas *. « Car, dit-il, dans l'hiver de cette vie, les justes ne se distinguent point des pécheurs, parce qu'en cette saison rien ne fait discerner les arbres secs d'avec les arbres vivants ; mais dans l'autre vie , qui est un perpétuel printemps , on connaîtra les justes, arbres pleins de vie et de vigueur, parce qu'ils seront ornés de leurs feuilles , tandis que les impies resteront secs. » On lit : ses. iohs. — xps.

16. Saint Jean est assis dans la fosse qu'il a fait creuser, ou plutôt dans un cercueil posé sur des colonnes ; il joint les mains et adresse au Seigneur sa prière : « Je vous rends grâces, ô Seigneur Jésus, etc. » Des rayons de feu descendent sur lui.

17 et 18. Ces deux médaillons renferment quatre anges thuriféraires.

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