‹ Description de la collection d'antiquités de M. le Vicomte BeugnotChapitre 25 sur 114 · PLUTON · texte numérisé non relu

PLUTON

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die Hesperiden y S. 6, et Mon. inéd. publiés par la section française de X Institut archéologique , pl. v); a® dans le palais <J’Hadès sur un grand vase publié par M. Raoul Rochette { Mon. inéd. y pl. xlv); 3 ° au-dessus de la tête d’Œdipe aveugle [Mon. inéd. de V Inst, arch ., Il, pl. xn ; Dubois Maisonneuve, Introduction à l'étude des vases , pl. i.xxxix) ; 4 ° dans le temple d'Apollon à Delphes, sur un très-beau vase sur lequel est représenté Ureste réfugié près de XOmphalos , et qui vient d’être publié par M. Otto Jahn f VasenbilderfXvd . i, Hambourg 1839); 5 ° dans une peinture qui représente un combat dans un temple (Passeri, Pict. in vase. tab. cclx ; Dubois Maisonneuve, Introduct. à l* étude des wse.s , pl. xiv, n° 1. M. le duc de Luynes (iYonc*. Ann. y II, p. 4) reconnaît dans cette peinture les Gaulois, repoussés de Delphes par les héros protecteurs de la ville. Aucun écrivain de l’antiquité n’a parlé de l’usage de suspendre des roues dans les temples ou dans les palais. La consécration des chars dans les temples est attestée par plusieurs auteurs. Le char de Pélops était suspendu dans l’Anactorium à Phliunte. Paus., II, 14» 3 . Tou ’Avax-ropou xoXoupivov irpoç tw àp<xpo> nf- Xorro»; ôfpuot Xiyouaiv avaouïcrôai. Arcésilas, roi de la Cyrénaïque, avait consacré , dans le temple d’Apollon à Delphes , un char, en souvenir de ses victoires dans les jeux pythiques. Pindar., Pyth. y V, 34 sqq. ed. Bœckh ; cf. Schol. ad toc. cit. Un char en bronze avait été offert à Minerve sur l’Acropolis à Athènes. Herodot., V, 77; Paus., I, 28, a. Sur les médailles d’Auguste on voit uu char dédié à Mars vengeur. Eckhel, D. N., VI, p. 96. Cf. le char votif en bronze publié par Visconti , Mus. Pio Clem.y tav. B, 11, et celui en marbre, également publié par Visconti,toc. cit.i tav. xliv et xlv. Les roues rappelleraient-elles le char de Pluton? C’est l’opinion de M. Millingen, Ancienl uned. monum.y p. 44; Millin, Tombeaux de Cstnosa, p. i 3 . On sait que la fable dans laquelle Pluton joue un rôle éminent est celle où il enlève Proserpine sur un char traîné par quatre chevaux [£iri ypuatotoiv 6 /ousiVy comme dit Homère, Hymn. in Cer. y 19]. Ce sujet a été souvent traité par les artistes anciens. Pluton portait le surnom de ^poff^vtoç, au frein d'or. Pindar. ap. Paus., IX, 23 , 2. Sur quelques vases, et notamment sur celui publié par Passeri ( Pict. in vase., tab. cclx), les deux roues semblent être réunies par l’essieu. Nous apprenons d’Homère qu’on ne mettait les roues aux chars qu’au moment où on allait s’en servir. Quand Junon ordonne de préparer son char, c’est Hébé qui met les roues à l’essieu. Homer., Itiad. E, 722-23 :

* f H6t) 0’ otxtp’ è'/uaai Ooox; fïaXe xapiruXa xuxXa,

XotXxea, 0XTaxv7}jza , aior,pto> a£ovi àpKpt;.

Il est doue possible que les roues suspendues dans la demeure dUadès fassent allusion nu char de ce dieu. D'un autre côté, le supplice de la roue (Pollux, Onomast ., X, 5 o, 147) était employé dans les enfers pour punir Ixion ; ce symbole suspendu dans le temple d’Hadès rappellerait-il les tourments auxquels sont condamnés les grands criminels? On peut citer, parmi les monuments qui représentent le supplice d’Ixion, le vase publié par M. Raoul Rochette (Mon. inéd., pl.XLv), et le sarcophage publié par Visconti , Mas. Pio Clem. V, tav. xvm. La roue est encore l’attribut spécial de Némésis et de la Fortune. Elle se trouve près de la déesse sur les médailles de Smyrne. Eckhel , D. Y., II , p. 548 et 55 1 . Cf. Gerhard , Berlin" s anc. Bildwerke , S. 387, n° 76; Félix Lajard, Recherches sur le culte de rénus, p. 76, 77 et 9a. On connaît des griffons et des sphinx ayant la roue placée sous une de leurs pattes. Voyez Raoul Rochette, Mon. inéd., p. a 10, note 3 J et les monuments cités par ce savant. Cf. Welcker, Ann. de l'Inst.arch ., II, p. 70. On peut encore rappeler la roue ailée sur laquelle Minerve est appuyée dans la scène du jugement d’Oreste. Raoul Rochette, Mon. inéd., pl. xi. ; Panofka , Cabinet Pourtalès , pl. vu, et Ann. de /'Inst. arch . , II, p. 137. Les sphinx et les griffons appartiennent aux divinités infernales. Le frein est aussi un symbole de Némésis sur les médailles de Smyrne. Eckhel , D. N . , II, p. 55 o. La roue (Tpoyoç, xuxÀoç, foixêoç) jouait également un rôle important dans les mystères. Arnob. adv. Gentes , V, 19. Cf. Lobeck , Aglaopham . , p. 905 sqq. ; Clem.* Alex. Stroni. V, p. 67a, ed. Potter. Ai à Sè <rup. 6 o 7 o)v , u>ç i te -rpo yoç ô <rrprç opevoc £v toïç twv Oeôjv xepeveaiv elXxoauivoç Trotpà Alyuirrioiv. Les petites roues en bronze dont on faisait usage dans les mystères (Hero ap. Lobeck, loc. cit . ) , rappellent celles qu’on employait pour les enchantements, et sur lesquelles on attachait l'oiseau 'loyÉ ou bien les entrailles de cet oiseau. Schol. ad Pindar. Pyth. IV, 38 o; Tzetz. ad Lycophr. Cassandr., 3 10; Schol. ad Thcocrit. Idyll., II, 17. Ces roues portaient elles-mêmes le nom dlu-pfe;, comme nous l’apprend expressément le Scholiaste de Pindare (ad loc. cit.). Pijtfov oov r érri xotTot Ttvaç ôtAiovupuiK 6 rpdyoç tw Çojm *luy; Xéycrat. On sait que les enchantements, au moyen de Y lynx, étaient employés par les amants. Sur le beau vase qui représente l’enlèvement de Proserpine, Y Amour vole au-dessus des chevaux; d’une main il porte une phiale et une couronne, et de l’autre, la petite roue des mystères suspendue à une bandelette. Millingen, Ancient uned. monurn., pl.xvi; cf. Tischbein , III*, pl. 1, éd. de Florence et de Paris. La vie humaine d’ailleurs est comparée à la roue d’un char par Anacréon , IV, 7 :

PLLTON.

Tçioyoç 3 pu.ctro<; yip ola Btoroç tpe/et xuÀta6tÉç.

On sait que souvent lenlèvement de Proserpine fait allusion à' la mort d’une jeune fille. Nouv. Ann., I, p. 545 . Cf. ce qu’on a dit dans la Nouvelle Galerie mythologique , p. 27, sur les courses des chars dans les jeux de la Grèce. Des fuYyc; d’or étaient suspendus au plafond du palais du roi de Perse à Babylone, et ce qui est fort remarquable, c’est que ces ?vyy»; étaient dans la salle où le souverain rendait la justice; ces symboles avaient des rapports avec Adrastée , et averlissaient le juge qu’il ne devait pas s’élever au-dessus des autres hommes. Philostrat., Vit.

A poil. Tyan. I, 25 . AixaÇu piv ô êiaiXsùç èvraSOar ypu^aü et tuyyc; tiiroxpfpavTOu -rôti ûpd^ou trrrapeç, r^v ’Aâpdarsiotv otùrû •xapeyyuojTai, xat to aX ( uTiip tou; avOpoirou; afpeoOat. On voit déjli s’étabi ir des rapports entre la roue de Némésis ou A* Adrastée et Y lynx. De plus, des Ïvyyïç d’or étaient également suspendus dans le temple d’Apollon à Delphes. Philostrat., Fit. Apoll. Tyan . , VI, 11; Pindar. , ap. Paus. , X, 5 , 5 ; Athen., VII, p. 290, s; Eustath. ad Homer. Odyss. M, p. 1709. Et Pausanias ajoute que ces XTjXrjÔdveç ou foyyeç étaient des Sirènes. Or, on connaît le caractère infernal des Sirènes , oiseaux à tête de femme. Plat., de Hep . , X, p. 5 o 6, ed. fîekk.; cf. Plutarch., Sympos., IX, 14» t. VIII, p. 970, ed. Reiske. Cfr sur les xvjX^odvcç, Bœttiger’s, Kleine Schriftcn , I, S. i 83 folg.; Bœckh ad Pindar., Fragm.y' t. II, pars altéra, p. 569. Le couvercle du trépied d'Apollon a souvent la forme d’une roue sur les monuments, surtout sur les urnes étrusques. Raoul Rochette, Mon. inéd., pl. xxxix. M. Brôndsted [Voyages et recherches en Grèce , liv. I, p. 116-118) a démontre d’une manière évidente que la roue qui se voit sur quelques médailles de Delphes est le couvercle du trépied sur lequel s’asseyait la Pythie. Cette roue est le xüxXoç aÙToèdr.TOç de Nonnus, Dionys . , IV, 292. Cf. Raoul Rochette, Mon. inèd. , p. 210, note 3 . Il n’est pas inutile non plus de rappeler dans cette occasion les trépieds fabriqués par Vulcain , et qui , posés sur des roues, marchent d’eux-mèmes. Homer., lliad., 2,375-77:

Xpo«a 0 1 <rp’ xoxXa éxacrrtp iruOpévt ûî)X£v, y Oÿpa ol avrouaTûi ôeïov SvaafaT’ àyôiva ,

113 ’ orjTi; Trpo; ôtopa v-oiaxo , ôaupa tO£u 0 ai.

Sur le vase déjà cité et qu’a publié M. Otto Jahn, sous chaque roue est placé un trépied. Il paraît aussi que l’oiseau rpo^oç ou épyiXoç ( Antoninus, Lib. 14 ; Schol. ad Aristophan. , Aves t 79) est le même que YTynx. Cf. Trochilus , l’inventeur des qnadri-

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