‹ Description de la faune jurassique du Portugal; embranchement des échinodermesChapitre 6 sur 46 · AVRIL · texte numérisé non relu

AVRIL

guemari, dont on ne connait pas les plaques ambulacraires; il faudrait encore en rapprocher le Stomech. camarensis, P. de Loriol, espèce crétacée. J'aurais pris ce parti si je n’avais de fortes présomptions de croire que les aires ambulacraires du Stomech. perlatus sont organisées à peu près de la même manière, et, sous tous les autres rapports, il deviendrait très difficile de séparer cette espèce des autres Stomechinus.

Dans son dernier ouvrage (A revision of the genera and great groups of the Echinidea). M. Duncan, à propos du Stomech. camarensis, émet l'opinion que cette espèce ne doit pas rester dans le genre Stomechinus, à cause de ses demi plaques dans les plaques composées des aires ambulacraires. Bien que j'attache beaucoup d'importance à l'opinion de M. Duncan, il me parait préférable, avant d’établir encore une coupe nouvelle, d'attendre, pour la justifier, que la structure des plaques ambulacraires d’autres espèces, comprises jusqu'ici dans le genre Stomechinus, soit vérifiée et observée. Il ne faut pas oublier non plus que, dans le Séomech. cesaredensis, vers le sommet des aires, les plaques composées sont normalement formées de trois plaques primaires et que, peu à peu seulement, deux d’entre elles deviennent des demi plaques. La petitesse du péristome serait encore un caractère à alléguer pour justifier la création d’une coupe spéciale pour les espèces en question.

Localité. — Cesaréda.

Callovien supérieur ou oxfordien.

STOMECHINUS DISTINCTUS (Agassiz), Cotteau PI. XVIII, fig. 2

Synonymie

Echinus distinctus, Agassiz, 1840. Catal. Syst. Ectyp. foss. Mus. neoc., p. 12.

Polycyphus distinctus, Desor, 1857. Synopsis des Echin. foss., p. 118.

Stomechinus distinctus, Cotteau, 1884. Paléontologie française, Terr. jurass., t. x, IL. p. 754, pl. 474. (Voir dans cet ouvrage la synonymie de l’espèce).

Dimensions

Diamètre. .......... Co bboobob bec dopovubdonodads ob 00 to 000 20 mill. Hauteur, par rapport au diamèêtre......................... ... 0,60

Test subhémisphérique, aplati en dessous.

Appareil apical non conservé.

Zones porifères rectilignes, à fleur du test. Pores disposés par triples paires obliques, mais point transverses.

Aires ambulacraires relativement étroites. Une série de très petits tubercules imperforés, non crénelés, très serrés, très réguliers, diminuant très graduellement à la face supérieure, les borde de chaque côté, exactement le long des zones porifères. Dans le milieu de l’aire on compte encore au moins quatre séries de tubercules un peu plus petits, inégaux, moins régulièrement sériés et n’atteignant pas le sommet: ils sont accompagnés de nombreux petits granules. Les plaques ambulacraires sont minces, et déjà composées, à peu de distance de l'appareil apical, de trois plaques primaires, dont la médiane est très large sur le bord interne, où elle occupe presque la hauteur de la plaque, tandis que les deux autres, extrêmement minces à leur extrémité interne, s’élargissent au milieu aux dépens de la médiane. Il arrive même, à l’ambitus, que la plaque médiane est si large à son extré-

mité interne que les deux autres, n’ayant presque plus d'épaisseur sur un très court espace, ont un peu l'apparence de demi plaques, sans qu'on puisse toutefois, en réalité, leur donner ce nom. Les pores sont ouverts, comme dans les autres espèces de Stomechinus, tout près du bord externe dans la plaque médiane, près du milieu dans la plaque adorale, au point intermédiaire, dans l’aborale. Je ne puis voir des sutures à la face inférieure.

Les aires interambulacraires ont deux rangées de tubercules principaux un peu plus forts que ceux des aires ambulacraires, et beaucoup plus écartés, du reste semblables; elles sont plus rapprochées de l'extrémité médiane des plaques que des zones porifères, et parviennent seules jusqu'au sommet, sans diminuer sensiblement, au contraire. Les tubercules qui garnissent le reste de la surface sont très nombreux, presque de même volume que les principaux, du reste inégaux et disposés en séries verticales très peu régulières; ils sont accompagnés de granules assez nombreux, et, relativement grossiers. À la face inférieure tous les tubercules sont plus développés et à peu près tous égaux. Le milieu de l’aire est sensiblement déprimé sur toute sa longueur, et dégarni vers le sommet.

Péristome très grand (son diamètre atteint 0,60 du diamètre de l’oursin), presque à fleur du test, muni d'entailles marginées assez profondes.

Rapports et différences.—Les exemplaires décrits, très bien conservés, sont absolument identiques aux individus de la Pointe du Ché. M. Cotteau a eu raison, je pense, de retirer cette espèce du genre Polycyphus pour la placer dans les Stomechinus, à cause de ses tubercules inégaux, peu régulièrement sériés, soit en lignes verticales, soit en lignes horizontales, et, aussi, à cause de la présence constante de deux séries de tubercules principaux, bien accentués, dans chaque aire.

L’arrangement des plaques composées dans les aires ambulacraires est conforme à celui qui

est regardé par M. Duncan comme typique dans les Siomechinus, mais on voit déjà une tendance marquée à la formation des demi plaques.

Localité.— À 70" E. de Rolica.—Cesaréda.

Etage lusitanien. Zone à grosses oolithes.

Localités hors du Portugal.—Pointe du Ché près la Rochelle (Charente inférieure). Les Riceys (Aube). France.

POLYCYPHUS RIBEIROI, P. de Loriol, PI. XIX, fig. 1

Synonymie

Polycyphus Riberroi, P. de Loriol, 1884. Notes pour servir à l’étude des Echinodermes, IL. Recueil zool. Suisse t 1, p. 612, pl. 32, fig. 1.

Dimensions

Diametre see ee eat a e Se ete rer e ile 21 mill,

Test circulaire. On ne saurait apprécier la forme précise et la hauteur dans le seul exemplatre connu.

Appareil apical inconnu.

Zones porifères fort étroites, un peu enfoncées, tout à fait rectilignes. Les pores, très fins, sont

disposés en petits arcs de triples paires, bien distincts, quoique peu obliques. Sur une courte région, au dessous de l’ambitus, les zones porifères se rétrécissent un peu et les paires de pores se trouvent presque superposées, puis elles se dilatent considérablement à la face inférieure, en formant de larges triangles entièrement occupés par des paires de pores.

Aires ambulacraires assez larges; leur largeur égale environ trois fois celle des aires interambulacraires. Elles sont occupées par de nombreux tubercules granuliformes, très petits, imperforés, lisses, qui constituent, à l’ambitus, 14 rangées verticales. Ils ne forment pas de rangées transverses, mais sont disposés en séries obliques, qui divergent à partir de la suture médiane. Sur la région médiane de l’aire, qui est un peu déprimée, les granules s’affaiblissent légèrement, ils sont, du reste, presque tout à fait homogènes; la série marginale, de chaque côté, parait seule un peu plus saillante. Des verrues minuscules accompagnent les tubercules. A la face inférieure les aires ambulacraires se rétrécissent beaucoup à cause du développement des zones porifères, et elles portent quatre rangées divergentes de tubercules bien développés, mamelonnés, lisses et imperforés, au nombre de cinq ou six dans les rangées externes et de quatre dans les rangées internes.

Aires interambulacraires très larges, marquées au milieu par une sorte de dépression verticale, ovalaire, large, mais peu profonde. Leurs tubercules, semblables à ceux des aires ambulacraires, ont l'apparence de petits granules homogènes, d’une grande finesse, très nombreux; ils forment, de chaque côté de la dépression médiane, 13 à 14 séries verticales très régulières, et ils s’alignent aussi en séries transverses également régulières. Sur la dépression médiane les séries transverses se coudent, les séries verticales deviennent moins régulières, et les granules s’affaiblissent. Chaque plaque porte, en tout, au moins 20 tubercules; ils sont accompagnés de verrues d’une extrême ténuite, disposées en séries parallèles. À la face inférieure, comme dans les aires ambulacraires, les tubercules sont bien développés, et tout à fait semblables à ceux de ces dernières, tout en continuant à former des séries verticales et aussi des séries transverses, mais qui sont beaucoup plus obliques et divergent dans la direction du péristome.

Je ne connais pas le pourtour exact du péristome; son diamètre était relativement fort.

Rapports et différences.—Depuis la description de cette espèce que j'ai donnée précédemment, aucun autre exemplaire n’a été retrouvé. Celui qui en est le type est incomplet, mais du reste très bien conservé. Il se distingue sans peine des autres espèces du genre Polycyphus par le grand nombre et la grande ténuité de ses tubercules qui, dans les aires interambulacraires, forment des séries extrêmement régulières, puis, par la remarquable dépression médiane des aires interambulacraires. Par là, il se rapproche notablement des Magnosia, mais il s’en distingue de suite par ses pores nettement disposés en séries de trois paires.

Localité.— Forte do Guincho, au sud de la Serra de Cintra. Etage lusitanien.

PHYMECHINUS MIRABILIS Desor, (Agassiz) PI. XIX, fig. 2

Synonymie

Echinus mirabilis, Agassiz, 1840. Catal. Syst. Ectyp. foss. Mus. neoc., p. 12. Heliocidaris mirabilis, Agassiz et Desor, 1847. Catalogue raisonné des Echin., p. 68, Diadema icaunense, Cotteau, 1852. Etudes sur les Echinides foss. de l'Yonne, t, 1, p. 154, pl. 19, fig. 1-5. Phymechinus mirabilis, Desor, 1857. Synopsis des Echin. foss., p. 134, pl. 17 bis, fig. 3-5. » » E. Desor et P. de Loriol, 1872. Echinologie helvétique, I. T. jurass., p. 233, pl. 39, fig. 2, et p. 404.

Phymechinus mirabilis, Cotteau, 1884. Paléontologie française. Terr. jurass., t. x, LL, p. 787, pl. 483, et 184. (Voir dans cet ouvrage la synonymie de l’espèce et ajouter). Echinus alternans, Quenstedt, 1875. Die Echiniden, Petrefactenkunde Deutschlands IL. p. 365, pl. 75, fig. 5-7. Phymechinus mirabilis, P. de Loriol, 1885. Premier supplément à l’Echinologie helvétique, p. 19. (Mém de la Soc. paléontol. Suisse, vol. xr).

Dimensions

DAMES OS De dE UE Tr ne D MOSS Ne Eee 59 mill.

Test circulaire, déprimé.

Zones porifères droites, larges, à peine un peu déprimées. Pores disposés par paires sur deux rangées réguhères, parallèles, et uniformément superposées dans chaque rangée; dans chaque paire ils sont entourés d'un petit rebord assez marqué. Quelques petits granules se voient entre les paires.

Aires ambulacraires très étroites, garnies de deux rangées de tubercules fortement mamelonnés, imperforés, dépourvus de crénelures, diminuant très régulièrement et graduellement à la face supérieure; au milieu de l'aire, à l’ambitus, serpente un double filet de granules, dont quelques uns un peu plus gros que les autres.

Dans les aires interambulacraires, les tubercules sont semblables à ceux des aires ambulacraires. Deux rangées principales, qui, seules, arrivent au sommet, ont des tubercules un peu plus développés et plus écartés. À l’ambitus, on compte six rangées secondaires internes, et une externe, de chaque côté, le long des zones porifères. Toutes disparaissent avant d'atteindre le sommet. Les granules qui les accompagnent sont assez développés, inégaux, peu serrés. Le milieu de l'aire, au sommet, est un peu déprimé et dégarni.

Rapports et différences.— Cette espèce, bien connue, est représentée par un seul exemplaire, de grande taille, dont la face inférieure est mal conservée. Il présente fort exactement tous les caractères des individus à tubercules abondants du Phymechinus nurabilis.

Localité.— Casal-Novo (Arrüda). Assises d’Abadia (corallien d’Amaral). Lusitanien.

Localités hors du Portugal.—Merry sur Yonne (Yonne), etc. Nombreuses localités en France. —Develier dessus (Jura bernois). S' Croix (Vaud). Suisse.

Etage rauracien.

Blaubeuren. Nattheim (Wurtemberg). S' Ursanne (Jura bernois). Suisse.

Etage séquanien.

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