‹ Description de la Galerie des tableaux de S.M. le roi des Pays-Bas, avec quelques remarques sur l'histoire des peintures et sur les progrès de l'artChapitre 11 sur 139 · UC K 1)E II A AU LE M · texte numérisé non relu

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leur. Dans les derniers temps, l’entretien de ces deux beaux morceaux avait été négligé, et ils menaçaient de tomber en ruines: la couleur commençait à s’écailler en divers endroits, et le vieux vernis était décomposé par l’humidité du mur contre lequel ils étaient placés-, de plus, ils étaient couverts d'une crasse tellement noirâtre qu’on pouvait à peine distinguer l’effet des couleurs. En 1827, ils furent achetés par S. M. le roi des Pays-Bas, qui en fit présent à S. A. R. le prince d’Orange. Le prince chargea M. Nieuwenhuys du soin de les faire venir de Louvain à Bruxelles, où ils furent restaurés avec toutes les précautions possibles; ils ont depuis repris tout l’éclat de leur beauté première.

Lorsque ces tableaux étaient à Louvain, ils furent attribués au pinceau d’Hemling; il est vrai que sous le rapport de la louche et du coloris, ils offrent de la ressemblance avec les ouvrages de ce maître; mais l’expression et le style du dessin ont toujours paru à M. Nieuwenhuys porter un autre caractère.

Ses soupçons furent confirmés lorsque feu M. L. de Basl découvrit que l’auteur de ces peintures est Dirck de Haarlem, surnommé Stuerbout. Cette découverte, infiniment intéressante pour l’histoire des arts, a été consignée dans le Messager des sciences et des arts, publié à Garni en 1853. Voici les passages les plus remarquables de cet article :

« Le hasard nous a fait découvrir tout récemment un manuscrit inédit, intitulé : Annales et Antiquités de Louvain , dans lequel on lit :

» Anna 1468 wordden IJ s Indien schildereyen yemaeckt by DP Dierick Stuerbout, die in de raetcamere

Il lit CK II F. II A A II F FM.

staen , d’ecne dner de keysere justifie doct doen over eenen grave van lwve, voert beticliten van de keyserinne , van dat hy haer oneerbaerheyt te voren getecht hadde ; ende d’andere dner de keysere over zyne keyserinne justifie doct, metten brande , doert voirseyde beticliten . dat valsch bevonden wirt ; die geexstimeert waeren op IJ/ XXX (250) croonen te L.XXIJ Pis ( Philippin ) ’t stvck. « Ce passage nous apprend qu’en l’année 1468, mallre Dicrick Stuerbout peignit, pour la somme de 250 couronnes, de 72 Pis. (Philinpus) la pièce deux tableaux pour la salle du conseil de la ville de Louvain, et désigne en même temps en abrégé les tableaux décrits sous les n"s 4 et 5.

À la suite de cet article, on lit : « Anno codent XX May, heeft de stadt van Loven verdinghf, tegen den voirseyden M . Dierick Stuerbout . sekere tafereel oft schilderye van XXYI voeten lanck en XII voeten hooghe, met nog een tafereel van ons Heeren Oordeele van VI voeten hooghe en IV voeten breet, ont ende voor V/ (500) croonen, hct welcke Oordeel hancht in de schepene camere opt stadt hnys te Loven. ■ Ce qui veut dire que « le 20 du mois de mai de la même année (1468), la ville de Louvain a fait un nouvel accord avec maître Dierick Stuerbout, pour un tableau de 26 [lieds de long sur 12 pieds de haut, et de plus pour un autre tableau, représentant le jugement dernier, de 6 pieds de liant sur 4 de large, le tout pour la somme de 500 couronnes. Il y

' Petite piùce de inonnnie frappée sons le régne de Philippe le Bon, duc de Bourgogne.

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