‹ Description de la maison et du musée situés au nord de la place de Lincoln's Inn Fields, à Londres. Demeure du Chevalier SoaneChapitre 20 sur 45 · LA CHAMBRE SÉPULCRALE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE SÉPULCRALE

La Chambre Sépulcrale (18) est le prochain objet qui attire l’attention. On Planche xxi. voit, au centre de cette chambre, à quelques pouces au-dessus du niveau du pavé, le Sarcophage Belzoni, sous lequel sont conservés dix-neuf Fragments de l’ancien Couvercle.

Ce merveilleux effort de persévérance et de travail humains est supposé avoir au moins trois-mille ans de date : il est d’une seule pièce d’albâtre, longue de neuf à dix pieds, et est estimé du plus grand intérêt, non seulement comme monument d’habileté et de travail, mais comme jetant un grand jour sur les usages, les arts, la religion, et le gouvernement d’un peuple très-ancien et très-savant.

La surface, tant extérieure qu’intérieure, est couverte d’hiéroglyphes, langage écrit qu’il y a tout lieu d’espérer que les travaux des savants modernes rendront intelligible. Ce monument si intéressant a été trouvé dans la vallée de Beban-el- Malook, près de Gournou, et décrit ainsi par Belzoni :

. “ L’objet que nous trouvâmes au centre du salon

mérite l’attention la plus particulière, car il n’a point d’égal dans le monde entier, et il est tel que nous n’avions point d’idée qu’il pût exister. C’est un sarcophage du plus bel albâtre oriental, et transparent lorsque l’on met une lumière dans l’intérieur. Il est couvert, en dedans et en dehors, de plusieurs centaines de figures délicatement

sculptées, qui ne dépassent point deux pouces de hauteur, et qui représentent, je le suppose, tout le cortège et toutes les cérémonies funèbres qui eurent lieu en l’honneur du mort, outre divers emblèmes, etc. Il ne m’est pas possible de donner une juste idée de ce morceau superbe et inappréciable d’antiquité; et tout ce que je puis dire, c’est que l’on n’a apporté d’Egypte en Europe rien qui en approche. Le couvercle n’y était pas ; il avait été enlevé et rompu en plusieurs pièces, que nous trouvâmes en creusant devant la première entrée.” — Narration des Opérations et des Découvertes récentes en Egypte et en Nubie, p. 235.

La Planche XXII représente le Sarcophage dans son état actuel; et la Planche XXIII montre beaucoup de ses détails. Fig. 1, le plan de la surface intérieure du fond du Sarcophage ; fig. 2 et 3, des élévations des deux bouts ; fîg- 4 et 5 , la surface intérieure des deux bouts ; fig. 6 et 7, la surface intérieure

des deux côtés ; et fig. 8 et 9, la surface extérieure.*

Ce monument unique fut transporté à grands frais et avec beaucoup de peines d’Egypte en Angleterre, déposé au Musée Britannique, et offert aux administrateurs de cette institution pour la somme de deux mille livres sterling (50,000 fr.). Après bien des négociations, on renonça à en faire l’acquisition pour notre Collection Nationale, et il me fut proposé au même prix : j’acceptai cette offre avec empressement, et j’eus bientôt après le plaisir de voir ce superbe reste de la magnificence égyptienne occuper une place distinguée dans mon Musée.

Du côté oriental de la Chambre Sépulcrale est un enfoncement dont le mur est orné de Plâtres d’après l’antique, et de nombreux Fragments. Il y a dans l’enfoncement une caisse extérieure de Momie d’un travail singulier, qui était

* Ce sarcophage passe pour être le plus grand échantillon connu de cette belle variété de pierre calcaire nommée albâtre antique ou oriental. Les anciens en faisaient un grand usage pour des bustes auxquels ils adaptaient des têtes d’une pierre d’espèce et de couleur différentes ; pour de petites colonnes, des urnes, et des vases. Le vase dont parle St. Matthieu était probablement fait de cette matière : “ Une femme vint à lui avec un vase d’albâtre plein d’une huile de parfum de grand prix.” Néanmoins, dans le langage plus précis de la science moderne, le terme albâtre est strictement borné à la combinaison de chaux et d’acide sulfurique (ou gypse, comme on l’appelle aussi), dont on prépare le plâtre de Paris ; au lieu que le Sarcophage Belzoni est fait d’une masse étonnamment grande de la variété de pierre calcaire à laquelle on a donné le nom d’Arragonite, parce que les propriétés en ont d’abord été découvertes dans des échantillons trouvés dans la province d’Arragon. C’est une combinaison de chaux carbonatée et d’une très-petite partie de terre de strontiane.

autrefois dans la Galerie du Duc de Richmond à Whitehall, et qui m’a été donnée par M. J. White. A la tête est un Autel Romain, anciennement la propriété de Lord Besborough ; et au pied est un plâtre d’après un très-beau Candélabre, surmonté de la tête d’Osiris, ornée du lotus. Dans l’enfoncement méridional, en face, est un Chapiteau moderne de l’ordre corinthien, sur lequel est placé un Buste antique : d’un côté est un Plâtre d’après la tête de Diane trouvée parmi les ruines du Temple de Minerve à Bath ; et de l’autre côté, un plâtre du Buste de Jean Kemble, par Flaxman. La Chambre elle-même est décorée de divers Ornements et Fragments de Sculpture. Parmi les objets remarquables est un Masque du mutin Parker, moulé après la mort de cet homme, et d’une ressemblance frappante avec celui d’Olivier Cromwell ; et un Masque de Madame Siddons, moulé sur son visage de son vivant, la lèvre duquel, au coin droit, est un peu déformée ; effet de la sensation désagréable produite par la pression du plâtre.

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