‹ Description de la Sainte-ChapelleChapitre 10 sur 17 · INTÉRIEUR DU MONUMENT · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR DU MONUMENT

Chapelle vasse. Le peu d’élévauon de l'étage inférieur et la largeur de l’espace qu’il s'agissait de couvrir d'une vote en pierre, constituaient une difficulté à résoudre. En adoptant le système d’une nef unique, on se trouvait conduit à faire descendre à peu près jusqu'au sol les naissanece des arcs. Pierre de Montereau a pris un meilleur parti en disposant dans tout le pourtour une colonnade libre, qui divise l’espace en trois, et qui réduit la dimension de l'étendue à franchir, tout en conservant à la nef médiane sa prééminence bien marquée sur les deux galeries collatérales. Les colonnes monostyles sont au nombre de quatorze, couronnées de riches chapiteaux à feuillages variés. De petits ares-boutants, travaillés à jour, rattachent ces colonnes aux murs et les maintiennent dans la ligne verticale. Quatre grandes travées rectangulaires précèdent le chevet, qui en présente sept autres dans son développement complet. Les voûtes, partout de hauteur égale, sont croisées de nervures et coupées par des arcs doubleaux. Les clefs, ornées de rosaces, sont sculptées en bois et bouionnées dans la maçonnerie. Des faisceaux de colonnettes engagées partagent avec les colonnes libres les fonctions de points d'appui. L’épaisseur des voûtes n’excède pas, on l’assure, 25 centimètres. Deux colonnes, sans chapiteaux, ont été placées dans le rond-point, à l'époque où fut construite la tribune absidale de la Chapelle haute; elles percent la voûte pour en aller soutenir la charge.

Une arcature en ogive trilobée forme la décoration des parois. Douze médaillons, représentant les apôtres, y tiennent lieu de croix de consécration. Ces sculptures, qui

34 LA SAINTE-CHAPELLE. Pi n'existent plus qu’à l’état de fragments, ont été nouvellement restituées. Le Saint Pierre seul s'était à peu près conservé. Des cabochons et des verroteries, d’un brillant cffet, sont incrustés dans leurs encadrements. > À l’époque de la construction de la chapelle latérale du quinzième siècle, qui portait le titre de Chapelle du Cimetière, on avait laissé subsister l’ancienne arcature, dans. une des baies de laquelle fut alors ouverte une petite entrée. Mais, en 1691, afin de rendre plus facile Paccès de la chapelle, les chanoines firent supprimer toute l'arcature de cette travée, et la remplacèrent par une grille ” de fer. Cette interruption détruisait, d’une manière fàcheuse, la symétrie de l'architecture. L’ordonnance pri= mitive est aujourd’hui rétablie; mais aussi la chapelle, qui contenait jadis un autel, n’est plus qu’un hors-d’œuvre : sans communication avec l’intérieur. Le mur, qui la fer= mait vers le dehors, a été démoli; on peut en voir, de ce côté, la voûte qui est sculptée avec une certaine délicatesse,. Une petite porte, murée à la fin du dix-septième siècle, conduisait jadis de cette chapelle dans une partie de la cour qui servait de cimetière. 5 La décoration peinte, qui recouvrait les parois et les . voûtes de la Chapelle basse, s'était peu à peu effacée, elle reparaît maintenant plus éclatante que jamais. On. a retrouvé sous des couches réitérées de badigeon les éléments principaux d’une restauration complète. Une. portion en avait été refaite, à la voûte médiane de la quatrième travée, dans la première moité du dix= septième siècle, et Martin Fréminet, le peintre de Henri IV et de Louis XIIL, passait pour en être l'auteur. De grands écussons aux armes de France et de Navarre s’y détachaient sur un fond fleurdelisé ; de petits anges nus, d’un aspect assez peu chrétien, y voltigeaient

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sortant les insignes de la Passion et ceux de la Royauté. Etrangère par son style à celui de l'ornementation générale, cette peinture, fort endommagée d’ailleurs, a dû être sacrifiée. La chute du badigeon a, par bonheur, rendu en même temps à la lumière une page bien autrement précieuse de la peinture française au treizième siècle, dont la conservation est désormais assurée. La présence de la sacristie n'ayant pas permis d’ouvrir de fenêtre à la preiière travée de l’abside au nord, on y avait suppléé, dèi l’origine, autant que possible, en faisant peindre sur le mur un sujet qui se reliait à l’ensemble des vitraux. Cette peinture, dont le coloris seul s’est altéré, mais dont le trait subsiste tout entier, représente l'Annonciation ; elle réunit au mérite d'une œuvre remarquable le double avantage d'indiquer le choix et la proportion des personnages autrefois placés dans les verrières absidales.

Le chanoine Morand nous apprend que, dans le cours des travaux entrepris en 1694, on ôta des fenêtres Ics anciens vitraux, ainsi que les compartiments de pierre qui en diminuaient le jour, et qu’on y mit du verre blanc. C'est ce qui arriva dans bien d’autres églises à la même époque. Après une longue période d'environ centsoixantedix ans, nous avons vu rétablir et les compartiments de pierre et les vitres de couleur. Les nouvelles verrières ont été dessinées par M. Steinheil. Des grisailles, semées de tours et de fleurs de lis, remplissent les huit baies des quatre premières travées. Dans le compartiment central de chaque baïe figure une des scènes de l’histoire de la Vierge qui ont précédé l’Annonciation. Aux sept travées de l’abside, à la suite de la peinture dont nous venons de parler, la Visitation, l’Adoration des Mages, la Présentation de Jésus au temple, aboutissent au couronnement de Marie par son Fils. Dans les tympans, des

personnages de l'Ancien Fésuent déroulent des textes prophétiques.

De riches tapisseries sont peintes sur les fonds de at

cature. Les colonnes ressortent, les unes en or avec ga à ja lons en spirale, d'autres en rouge avec les tours castil= \ »

lanes, d’autres en azur avec les fleurs de lis françaises.

La voûte entière est semée de France: une bordure

rouge, brochée d’or, en accuse les divisions: Le feuillage. des elefs est rehaussé d’or. Une pieuse histoire était peinte. entre les colonnettes des trois travées extrêmes de Pabside ; les Sujets paraissent y avoir été disposés sur deux rangs; mais il en reste si peu de chose, qu'il serait bien :

difficile de dire à quelle légende ils appartiennent.

Le pavé de la Chapelle basse se compose de dalles funéraires, d'autant plus dignes d’intérêt qu’elles sont aujourd'hui les seules fi existent à Paris. Toutes celles qui se trouvaient dans les autres églises de la ville ont été supprimées, ou sont tellement oblitérées aujourd'hui qu’on n’en distingue plus ni le dessin ni les inscriptions.

Nous renyvoyons à la fin de cette Notice l'indication dé |

taillée des tombes, pour ne pas interrompre trop longe temps la suite de la description de l’édifice.

Sept autels s’élevaient autrefois dans la Chapelle basse, : quatre sur les côtés de la nef, un dans la chapelle du Ci-. metière, et deux en l’abside. C'était là que s’exerçaient les fonctions curiales pour le clergé de la Sainte-Chapelle et pour quelques officiers du service du palais. Le curé de la paroisse de Saint-Barthélemy, qui confinait au Pa: lais, d’un autre côté, disputait au trésorier de la Saïnte-

Chapelle La juridiction spirituelle sur le premier président Qui

du Parlement et sur la Ghambre des comptes. 1} exisiait. un font baptismal dans la Chapelle basse. Boileau dont le

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