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baies éclaire la Chapelle basse. Sur les côtés de la nef de
cette chapelle, Les travées étant beaucoup plus larges que hautes, des fenêtres, disposées suivant le système ordinaire, n'auraient pas produit un effet satisfaisant. L’architecte a pris le parti d'ouvrir entièrement la vgartie supérieure de ses ares formerets, en la garnissant de meneaux. De cette manière, Le jour arrive pius abondant
et l’ensemble de la structure y gagne en légèreté. Au chevet, où les travées reprennent la proportion habituelle, les fenêtres sont à deux divisions avec un œil de
bœuf au tympan. Les contreforts, partagés en plusieurs étages par des larmiers, montent hardiment jusqu’à la
corniche ; ils sont surmontés de clochetons, et accostés de longues gargouilles en forme d'animaux qui rejettent
loin des murs les eaux pluviales. Nous avons déjà mdiqué la dimension exceptionuelle des fenêtres de la Chapelle
haute. Tandis que la partie inférieure du monument offre une base robuste et solide, la partie supérieure,
toute découpée à jour, présente l’aspect le plus svelte ct le plus aérien. Les fenêtres de la nef se divisent en deux baies principales qui en comprennent chacune deux autres ; des roses sont percées dans les tympans. Au thevet, les travées deviennent plus étroites, et les fenêtres n’ont plus que deux ogives au lieu de quatre. Des frontons triangulaires feuillagés abritent les grandes baies. N’oublions pas de mentionner l’armature de fer où sont en-
châssés les vitraux; on a su donner aux innonibrables compartiments qui la composent un caractère vraiment
monumental. Ainsi, sous une habile direction, il n’v a pas de détail qui ne doive concourir à la beauté de l'ensemble. Une balustrade, formée d’une série d’ogives vrilobées, avec trèfles entre les archivoltes, borde la terrass : au-dessus de la corniche,
La couverture du comble consiste en grandes feuilles “ de plomb. [l a fallu refaire toute la charpente intérieure qui ne dataii que de 1630, mais qui avait eu beaucunp'à
souffrir du défaut d’entretien. L'année 1853 à vu rulever. enfin, au bout de soixante-deux ans, cette flèche char-
mante, complément indispensable de la Sainte-Chapelle, dont l'absence laissait, au centre de Paris, la plus fi= cheuse lacune.
Plusieures flèches ont précédé, au sommet de la St Chapelle, celle que Lassus à si heureusement dessinée. Une première aiguille fut sans doute érigée par Pierre de Montereau. C’était probablement celle-là qui tombait de.
vétusté, du temps de Charles VI, et que le Charpentier
Robert Fouchier remplaça par une fièche nouvelle. La
seconde fut consumée par l'incendie du 26 juillet 1630. Louis XIII en fit construire une troisième en style ogival, !
tel qu’on le savait étudier au dix-septième siècle. Au 0e ment de sa destruction, en 1791, elle contenait cinq cloches fondues en 1738, qui avaient eu pour parrains le roi, le Dauphin, le duc d'Orléans, le duc de Chartres et premier Président de la Chambre des comptes. Fr La flèche de Lassus appartient par sa forme et par son. ornementation, au style du quinzième siècle. Elle a été | entièrement exécutée en bois et revêtue de plomberies … historiées. Trois étages octogones en portent l'aiguille. A é l'étage inférieur, les statues colossales des douze Apôtres s’ajustent sous une arcature. Saint Thomas, dont l’attribut est une équerre en souvenir de l’église qu’il édifia pour un roi indien, a reçu les traits de Lassus, comme le con= state une inscription. Nous avons pu voir de près cette | statue à Exposition universelle de 1855 ; la ressemblance” À
est trappanie. Des clochetons se rain par des ares=
boutants ajourés à l'élage intermédiaire, dont les baies
ogivales sont décorées de feuillages et de fleurons. L’étage supérieur, ouvert par huit agives à meneaux, porte, sur ice pointes de ses pignons, des anges qui exposent à tous les regards ies instruments de la Passion. L'aiguille est toute respiendissante de fleurs de lis d’or. Le comble à repris sa crête découpée. Des baguettes dorées recouvrent les joints des feuilles de plomb. Sur la pointe de la croupe de labside, un ange de même métal, d’une taille surhumaine, tient une eroix processionnelle; on avait songé à introduire dans le poincon, qui lui sert de support, un mécanisme au moyen duquel l’ange, tournantsur un pivot, dans l’espace de vingt-quatre heures, aurait présenté successivement le signe du salut à tous les points de l'horizon.
Les statues des Apôtres sont des portraits ; il se trouve - aussi, sur différentes parties du comble et de la flèche, des mascarons qui reproduisent les traits de plusieurs artistes et même des principaux ouvriers employés à la restauration du monument. M. Bellu a construit la char- . pente ; M: Geoffroy-Dechaume a modelé toutes les figures ; l'ornementation est l'œuvre de M. Pyanet ; la plomberie, eelle de MM. Durand frères.
Nous avons déjà fait mention de l’intéressant édifice qui: contenait les sacristies et le trésor des Chartes. On peut voir, à la Sainte-Chapelle de Vincennes, une con- Struction du même genre, mais de proportions moins considérables, pareillement destinée à servir de sacristie pour le clergé, et de salle d'archives pour l’ordre de Saint- Michel. De l'édifice parisien, il ne reste plus qu’un bâtiment très-peu important, du s‘yle le plus simple, qui le rattachaït à la cinquième-travée de la Chapelle, du côté du nord. On y a ménagé deux salles superposées, à peine suffisantes pour le célébrant et ses acoly‘es.
L’oratoire, élevé par Louis XI, entre les deux contreforts de la quatrième travée au sud, se distingue facile. ment par son style des constructions du treizième siècle La maïereur de ses profils ressort d’autant mieux que les
moulures et les corniches voisines sont plus vigoureuses, Il est décoré de niches, de consoles à personnages, et d'une balustrade. Sa hauteur ne dépasse pas la tablette
nférieure des grandes fenêtres. Cette adjonction wapporie… done aucun trouble à l'harmonie de l’ensemble.
On s'occupe, en ce moment même, de terminer un fossé, bordé d’une grille, qui remet à découvert les soubassements disparus sous l’exhaussement du sol 'environnant. Mais si, d’un côté, rien n’a été négligé, pour rendre au monument toute sa beauté, il semblerait que, de. l’autre, on se soit étudié à le priver d’air et dé lumière. Le dix-huitième siècle et le dix-neuvième se sont-ils donc entendus pour arriver à ce résultat déplorable ? Au nord, il n’existe entre la Sainte-Chapelle et le Palais-de-lustice qu’un passage tellement étroit que le jour ne parvient plus aux verrières de l'étage inférieur. Autour de l’abside, on. a laissé tout juste l’espace nécessaire à la circulation. À l'occident, peu s’en faut que des masures du plus triste. aspect n’embarrassent les abords du porche. Rien n'aurait
été plus facile, nous le pensons, il y a quelques années,
que de dégager complétement le flane méridional, et d'ouvrir une large tranchée jusqu'au quai. On a préféré mettre la Sainte-Chapelle en prison, au moyen d’une construction gigantesque affectée au service de la Police correctionnelle. François 1% était mieux inspiré quand il ordonnait, en 1526, la suppression des échoppes et mai=. sons qui pouvaient nuire à la dé coration Le Palais ei de la Sainte-Chapelle. se
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