ÉGLISE HAUTE
Échelle de 3 méillimetres pour metre
Imp, Salmon
père avait une maison dans la cour du Palais, y fut présenté en 4636.
Chapelle haute. La Chapelle haute est une de ces œuvres accomplies qu'on ne se lasse pas d'admirer. Chaque fois qu’il nous arrive de la revoir, nous éprouvons le même charme que si nous y entrions pour la première fois. Tout concourt ici à enchanter les yeux, à émouvoir l’âme, à oucher le cœur. Paré de tous les prestiges de l’art, illusré par les souvenirs des âges héroïques de la France, ’oratoire de saint Louis n’est-il pas l'expression la plus Joétique de la foi et de la grandeur de nos pères ? Les ouvernements qui, à travers les orages politiques, ont Jersévéré dans la noble tâche de sauver de la ruine un jareil monument, ont bien mérité de l’art, de la patrie et le la postérité.
Nous avons indiqué le plan général de l'édifice. La hapelle haute ne comporte pas de division intérieure, et e vaisseau se développe librement dans toute son étendue, Juatre immenses baies ogivales s'ouvrent de chaque côté lu parallélogramme; sept travées plus étroites rayonnent u chevet. Pour soutenir les voûtes, des faisceaux à trois olonnes dans la première partie, des colonnes monotyles au rond-point, montent d’un seul jet jusqu'aux etombées. Tous ces points d'appui, finement profilés, ne roduisent sur les murs qu'une légère saillie, Les chapi- Baux sont feuillagés. Des nervures cylindriques se croisent
chaque travée de la nef, et des cordons de même forme omposent les archivoltes des arcs-doubleaux. Les nerures de l’abside, au nombre de huit, se réunissent autour un centre commun. Des mascarons accompagnent les lefs et des feuillages s’y arrondissent en rosaces.
En décrivant l'architecture extérieure, nous avons fait essortir les dimensions exceptionnelles des fenêtres; nous
en avons énuméré les divisions et les tympans. A l'inté= rieur, il semble que les parois du monument ne soient plus f>rmées que d’une mosaïque translucide. Des vitraux
peints, dont le détail trouvera plus loin sa place, garnissent. tousles compartiments des baies. Lorsque le soleil illumine le côté méridional, c’est un spectacle d’une splendeur in=
comparable. Les verriers du treizième siècle ont ici fait
preuve d’une entente merveilleuse de l'emploides couleurs.
Un banc continu fait le tour de la chapelle, et sert de
base à une arcature qui s'élève jusqu’au point où s'ouvrent
les grandes baies. Les ogives géminées de cette arcature
reposent sur des colonnettes d’un galbe très-élégant. Les .
chapiteaux sont d’une étonnante variété. La flore française en a fourni tous les motifs, les sculpteurs ont choisi
de préférence les feuillages les plus tailladés comme le ee
houx, le chêne, le fraisier. Les quatre-feuilles, ajustés
dans les tympans, offrent un système de décoration aussi rare que brillant. Des scènes de martyres y sont figurées. Le peintre a dessiné ses personnages sur la pierre, et des.
incrustations de plaques de verre, azuré ou rehaussé de rinceaux d'or, en suivent les contours. Les poses, Les gestes, les accessoires se trouvaient de cette manière net=
tement accusés. Aussi, quelle que füt la dégradation de | la peinture, M. Steinheil est-il parvenu à reconstituerles
sujets anciens avec une complète certitude. Les noms des saints personnages se lisaient autrefois sur les bordures en caractères du treizième siècle tracés en noir. La liste
en avait été soigneusement relevée, elle s'est égarée par
malheur, Nous craindrions de commettre plus d’une er= : reur en cherchant à y suppiéer, et nous nous contenterons . de signaler quelques sujets sur lesquels il ne peut exister | de doute. Les quatre-feuilles, disposés dans tout le pour
tour de la clapelle, sont au nombre de quarante-deux:
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Il s’en trouvait deux de plus à la travée du fond de l’abside; la construction de la tribune en a causé la suppression, il y a aujourd'hui tout près de six cents ans. Vingt sujets sont maintenant restaurés. On reconnaît facilement au nord, saint Sébastien, tué à coups de flèches; saint Hippolyte, tiré à trois chevaux; saint Jean-Baptiste, décollé; saint Thomas de Cantorbéry, à genoux devant l’autel, tandis que trois chevaliers, en cottes de mailles, s’apprêtent à l’assassiner, sainte Marguerite sortant du dragon qui l'avait engloutie, pour subir le martyre; saint Denis, l’apôtre des Parisiens, sous le glaive du bourreau, avec ses deux compagnons, le prêtre Rustique et le diacre Eleuthère; au sud, saint Blaise, déchiré avec des peignes de fer ; saint Laurent sur son gril; le pape saint Clément, précipité dans la mer avec une ancre au cou, saint Étienne, le premier martyr, lapidé; saint Quentin entre deux bourreaux qui lui enfoncent à coups de marteau des coins de fer dans les épaules.
Un buffet d’orgues, adapté, dans le siècle dernier, au mur occidental, avait défiguré tout ce côté de la nef. L’arcature seule ayait survécu. L’orgue fut transféré, en 1791, à Saint-Germain-l’Auxerrois, et tout l’espace, compris entre l’arcature et la balustrade placée en avant de la rose, demeura dénudé. Lassus a été heureusement inspiré dans la restauration qu'il en a opérée. Trois grandes ogives s’y élèvent soutenues par des colonnes, et accompagnées de feuillages de la plus riche composition. L’ogive médiane forme l’encadrement de la porte d’entrée. Des peintures du meilleur style, exécutées par M. Steinheil, occupent: les fonds des arcs. Au-dessus de la porte, un Christ, plein d’une majestueuse gravité, assis sur un trône et adoré par quatre anges, bénit le peuple fidèle. Autour de l'arc et sur le linteau, d’autres anges prient et balancent des encen-
soirs. À la gauche du Christ, les trois Sacrifices de ue cienne Loi, dont il est fait mention dans le canon dela messe, sont représentés comme emblèmes du sacrifice.
eucharistique : Abel offrant l’agneau, Abraham près d’ims moler son fils, Melchisédech portant le pain et le vin. Les symboles du sacrifice de la croix sont placés à la droite du Sauveur : l'immolation de l’agneau pascal, les maisons
des Hébreux marquées de son sang, l'élévation du serpent su
d’airain dans le désert. Aux côtés de l'arc central, les deux grands prophètes, Isaïe et Jérémie, annoncent le mystère de la Rédemption.
Entre les archivoltes des ogives de l'arcature sont sculptés des anges qui, de leurs mains étendues, sem
blent poser des couronnes sur les martyrs dont nous : avons vu les glorieux combats retracés dans les quatre-"
feuilles. Un peu plus haut, se développe une corniche ji feuillagée. A la troisième travée de la nef, au nord i | comme au sud, l’arcature pénètre dans l'épaisseur de la muraille pour former une place privilégiée. Suivant la tradition, le roi avait son siége et son prie-Dieu du côté
de l'Evangile, c’est-à-dire à main gauche, et la reine, du |
côté de l’Epître. Un arceau presque cintré abrite chacune .
de ces deux places; sur les deux archivoltes, un Christ | |
bénissant reçoit les hommages des esprits célestes.
À la quatrième travée, au sud, la chapelle de Saint= Louis, disposée au-dessus de celle du Cimetière, ne communique avec la nef que par une baie étroite. Une ouverture, percée obliquement à travers le mur et garnie d'un grillage de fer, permettait de voir de l’intérieur de cet oratoire ce qui se passait au maître-autel. On croit que Louis XI est venu assister ainsi plus d’une fois au service
divin. Cette chapelle, fort basse, fort petite, ne possède
aucun ornement; elle contenait jadis un autel, qui avait