DU CLIMAT ET DES P&ODUCTIOSS
JLa Terre-Promise est située dans la plus beile partie de ia zâne tempérée. En outre , elle est à la fois on pays élevé et un pays maritime, et elle réunit ainsi la chaleur et la iraiebeur de Tair , la diversité et la bonté des productioQS. Le climat y est assez frais pour que rbomme y craserve cette activité et cette in*
duslrie (|ui se perdent aisément sous un soleil plus ardent , et il est assez eliaud pour que le soleil produise tonte espèce de fruits, et pour que les habitans se réjouisseot, à Tombre de fenrs vignes et de letirs figuiers , de tous les dons que leur accorde le Seigneur. Le pays est particulièrement propre à Tagriculture et à rédncatâon des b^tiaux ; ces deux genres de
vie ont été les premières occupations de Tliom*
me*, ils sont plus favorables qu'aucun autre au développement spirituel dun peuple, ils lui « offrent les plus grandes bénédictions , ils le pré*servent le plus sûrement des tentations, ils élèvent le plus fiicilement Tàme vers le dispen** sateur de tout bien • ils convenaient tout particulièrement au peuple de Dieu.
La longueur des jours et des nuits varie dans ces contrées beaucoup moins que chez nous pendant la révolution de Tannée* Le plus long jour y est de i4 heures ; le soleil se lève h cinq heures , passe à lo degrés au S. du zénith et se couche à sept ^ au solstice d'hiver le soleilselève
à sept heures et se c ouche à cinq , et ce jour est de lo heures. Aussi comptait-on en été comme en hiver i^i heures de jour et i^heuresdenint, la première heure de jour au lever du soleil, lai à son coucher. Âiosi midi était toute Tan-, née la sixième heure ; mais une heure de jour était plus longue en été qu'en hiver, et une heure de nuit en hiver qu^en été* (Jean xi, 9 ; Math. XX, i-iôjxxvm, 45; Act. ir, i5;iii, i*) Les sfiisons y ressemblent beaucoup moins aux nôtres qu'à celles de la sâne torride. L^an** née s'y divise en été et en hiver , et cette dernière saisoft mérite plutôt le nom de saison de
plaie que celai d^hiver. Il ne tombe de la neige
que dans les kautes contrées ^ et si ce n est sur le Liban, elle ne séjourne jamais long-temps; les jours tristes et pluvieux, qui soiit en petit nombre , alternent avec des joiirs sereins et ne se succèdent pas sans interruption. L^été y est sec et très-chaud ^ la campagne est alors brûlée par le soleil , et Taspect en est aride. A la fin d'octobre ou au commencement de novembre , les pluies de la première saison viennent rafraicbir le sol dessécbé et le préparent pour les semailles. Les semences poussent et croissent pendauit T hiver, et à la hn de mars ou en avril, hsplmesdetamère-saison,c(uçiàeiot9^ ^es accompagnent, grossissent les grains dans les épis* Lâ moisson se fait vers la &n d'avril, et à cette époqm les pluies ont déjà cessé. Mais la neige fond alors dans les hautes montagnes, et le Jourdain inonde la petite vallée dans laquelle il coule. Les chaleurs continuent jusqu'aux pluies d'octobre^ cependant le pays est rairaicbi par d^abondantes rosées. (Gen* xxvii , Sg Deut. icxxiii, i3 jPs. Lx, 3, etc.) Les vendan. ges se font en septembre , et Ton achève dans ce mois de cueillir ks derniers fruits.— (i Sam» XII, 17. 18 ^ Deut* XI, i4 5 Jér. v, 24 ; Jacq. v, 7, pour les pluies. ~ Job. xxxviii , 29* 3o} Ps.
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cxLvii , i6. 1 7 ^ Ps. CXI.YIII , 8 , pour la neige*
— Jér. xxxvi ) 3o ^ Jean xviii , i8 , pour le froid, etc.
Les sources sont en général beaucoup plus rares dans ces pays chauds que dans les noires. Aussi y sont-elles un bien très-précieux, et les eaux en sont utilisées avec soin et économie ^ ou les protège contre la chaleur en les recouvrant d'un toit, et on les empêche ainsi de tarir , ou 1 on construit des canaux souterrains pour en rassembler les eaux dans des réservoirs. Les puits y sont une invention très-ancienne et d'une grande utilité. D ailleurs la Terre-Promise était du temps de Moise un pays de torrens, de fontaines et de sources qui coulaient dans les monts et dans les campagnes (Deut.
VIII , 7 ). Mais Jérôme remarquait déjà que les citernes remplaçaient les eaux courantes ^ et aujourd'hui la Palestine est dépourvue de sour* ces, plus peut-être qu'aucun des pays voisins : un voyageur dit que dans la Palestine entière il n'a pas compté plus de dix sources assez abondantes pour que les eaux en coulassent à une distance de plus de 8o à loo pas. Ces sources taries, les plaies des deux saisons peu régulières ou peu abondantes , ce ciel d'airain, ce soi de fer, sont les effets d'une malédiction parti-
culière que Moïse avait prononcée sur les Hébreux s'ils venaient à 3' éloigner deDieu(Deut. xxviii)^ et que les prophètes avaient plas d'une fois rappelée (Zach. vu, Mal. iv, 6)i
Les vents sont des vents de terre ou des vents de mer. Ces derniers sont plus frais et amènent ordinairement la pluie (Luc xu, 54 9 55). Le vent d'E. au contraire, qui vient du désert, est ardent, et quand il souille dans les mois d'été, il brûle toutes les plantes (£z. xvu, TO ; Os. TOI , 1 5). Il occasionne souvent sur la jner des tempêtes qui loi il périr les vaisseaux (Ps.XLVui, 8 ; Es. xxvii, 8). Les vents du N. O. régnent de Téquinoxe d'automne en novembre; les vents du S. O. et de TO», de novembre en février; de février en juin soufflent les vents d*E., auxquels succèdent des vents du N. — Le vent mortel du désert, le Samiel^ est indî* qué Ps. xci , 6. '
Les forets dans toute T Asie occidentale âont bien moins nombreuses et bien moins étendues que dans nos régions ; les dijfrichemeiis ou les guenves toujours renaissantes les ont fait dispaparaître. Celles qui restent sont l'un des plus beaux ornemens du pays ^ mais encore les arbres y sont^ils clairsemés. Elles sont le moins rares eu Syrie et en Aâie mineure. Dans la Pa*
testine elles sont formées d'arbres qui demeu* rent la plupart verts toute 1 année, et elles se distinguent par le bois exoeUent qu^eiles fouriilssent : ce sont des chênes , des cyprès (traduits par sapins, noannés ordinairement avec leseèdres, iRoisy« 8. lo; vi, 34* i5; Eeech.
xxvu, 5 ; Cant. i, 17, etc.), des acacias, des tamaris (aux feuilles longues et étroites et d'un vert pâle , d'un bois dur et de haute ti(];e ). — Les sucs des arbres et des arbrisseaux y sont beaucoup plus actifs que diez nous* Le téré* binthe (dans nos traductions chêne Gen. xxxv, 4; Juges VI, II. 19^ Es. I, 29. etc., etc.), grand et bel arbre h la tige épaisse et aux feuilles allongées et toujours vertes, donne la térébeotbine. Le fiimeux baume de Galaad est exprimé du fruit d'un olivier sauvafje (Gen.
xx:xvu, \ Jér. viu , aa). L'arbre qui donne le myrrbe ressemble à Facacia (Ex. xxx, a3; Math. 11, II; JVIarc xv, aS; Jean, xix, 3g).
Le nard est fourni par une espèce de valériane. Le baumier ne croissait pour les Romains qu'à Jéricho \ c est un arbuste de quelques pieds de hauteur. Ces gommes étaient la plupart utile» ment employéesen médecine.- — Les principales contrées boisées étaient les montagnes d'£~ phraîm, Galaad etBasan, célèbres par leurs cbê*
Des, et le Liban où croissah dans tonte sa beauté
le cèdre, le plus grand de tous les conifères. Cet arbre se distingue par sa ibrme majestueuse et régoUère ; et à voir ses branches qui s^éloi;];nent beaucoup de la tige principale, on le preodrait de loin pour un cbéne trèsnélevé : la gom/ne qui en découle est odoriféraDte comme T arbre entier ^ et son bois dur, sain et d'un long usage est le meilleur bois de oonstruction pour les maisons et les vaisseaux (£z. xxvii, 5. (24O cèdres pour màtS;.! Rois 6-10 ^ a Chron» 11, 8. 16, cèdres pour le temple de Jérusalem; Esdras m, 7, pour le second temple; Zach. xi, i.'et Jér. 3EX1I, a3. supposent que Jérusalem était en grande partie Làlie de cèdres du Li-> ban.)
Les prairies et les pâturages étaient une
grande bénédiction pour la Terre - Promise.
Les pâturages étaient couverts d'herbes savoureuses et odorantes ; sur les prairies croissaient sans culture nos narcisses, nos lys et nos autres fleurs de jardin* L'animal domestique le plus utile était le bœuf qui était à la lois béte de trait et béte de somme , qui servait pour tous les travaux de la campa{^ne, et dont la c^air était, avec le lait, la principale nourriture des Israélites. Suivait la brebis , qui les nourrissait
de son lait et sa chair, et les véùssait de sa laine* Des chèvres paissaient entre les rochers* Les chevaux élaieat rares; d'autant plus communs et utiles étaient les ânes , qui dans ces pays sont beaucoup plus beaux et plus agiles que chez nous ; la sûreté de leur pas en disait une monture très-commode dans les montagnes escarpées. Les meilleurs pâturages étaient la plaine de Saron , les collines de Basan et les hautes plaines solitaires de Juda. Les troupeaux for^ maieat uoe des principales richesses des Israélites , f( qui possédaient un pays où coulaient le lait et le miel, w
Ce pays était donc aussi riche en abeiUes.
On en élevait partout de domestiques, qui trou* vaient une nourriture abondante sur les mille fleurs odoriférantes des prairies. De nombreux essaims d'abeilles sauvagpes habitaient des»
troncs d arbres ou des fentes de rochers, et donnaient un miel dont le parfum s'étendait au loin.
Mais il y avait sans doute aussi dans ce pays des animaux nuisibles. Les forêts et les cavernes, surtout dans le Liban et près du Jourdain, étaient hantées par des lions y par des panthè*» res (rusées, agiles, cruelles, d'un jaune brun avec des taches noires et réguhères), par de$
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ours^par la hideuse hyèae (qui réimità ceux du loup quelques caradères du sanglier)^ parles
chacals (qui , semblables au renard , se glissent par troupes dans les fermes et les villages pour y dérober la miatUe et les fruits , mais qui an- Doncent leur approche par des hurlemens qu ils fout eu sa répondant les uns aux autres) ; puis par des loups et des renards. Il y avait en outre dans ce pays plusieurs espèces de serpens ve* Duneuz , des scorpions, des essaims nombreux de mouches et de frelons ; et enfin le pays était assez fréquemment visité par ces redoutables nuées de sauterelles , qui obscurcissent le soleil et changent en désert les districts oii elles se sont posées et oii elles laissent après elles les germes d'une nouvelle génération qui complétera la désolation du pays* Mais Israël savait bien que tous ces animaux nuisibles étaient des , fléaux envoyés par le Seigneur, et qu'ils dispmraitraient de sa patrie s'il était fidèle à son IKeu(Lévit. xx¥i,6b m; Esaiexxxv, 9^ Eséch.