XXXI V
L'agriculture était avee f éducation du bétail
la principale occupation des Israélites , et elle était particulièrement favorisée par la fertilité du 80L De même qu'il y avait dans tout le pays des pâturages et des prairies , de même aussi se
trouvaient partout des terres labourées. Les plaioes-basses de la cote niaritime , la campagae de Jesréel, lee haQtes<^pkiine8 de PHaoran oh cit>it le meilleur froment de toute la Syrie , étaieol sans doute , bien ^as qa^ancune contrée de Ja Terre-Sainte, propres a la culture des céréales ; mais les flancs les plus escarpés des montagnes étaient de la base au sontnet taillés en gradins, disposes en terrasses sur lesquelles on apportait de la bonne terre, et préparés ainsi d'une manière convenable pour Pa* gricukure.
Le froment était de toutes les céréales celle
que Ton cultivait le plus et qui rcusslssait le mieux ; le pain était le plus ordinairement fait de farine de froment. L'orge est dans iout TOrient la nourriture des chevau)^, car on n'y %xmnaît pas l'avoine ; on faisait aussi du pain d'orge. Outre cela on cultivait de l'épeautre et du millet, qui avec les pois et les fèves servaient de pain aux pauvres, ou qui plus ordinairement encore se mangeaient en légumes. Des épis de blé, des pois, des fèves rôties sont encore aujourd'hui en Orient une nourriture fort eommune : on cueille les épis pour cet usage avant la maturité , on les sèche et on les cuit légère» ment au four (Jos. 1 1 ^ Iluih ii , i4 ) t Sam. xvu, 17).
Israël a' avait à i^gretter daas la Terre-ProK miâe aucim des légumes d'Egypte ^ il y troavail en abondance les poireaux, les aulx, les oignons (moins torts de gout et moins acides que les né* très , et au contraire doux et tendres^ prépares de toyie sorte de manières, servant surtout de nourriture aux pauvres), les concombres (d'une digestion facile , qui vers le S. rafraîchissent sans iuoommoder), les melons d'eau (dont la chair rougeâtre et succulente sert à la fois de nourriture , de boisson et de médicament). On y cultivait aussi Tanis , la menthe « le cumin, dont on se servait comme épices dans la plupart des mets ou dans le pain.
Les habillemens étaient feîts principalement de toile, et Ton cultivait beaucoup de lin ^ on travaillait aussi en lin des ceintures, des cordes et des médies de lampes. On^employait le . coton pour les vétemens les plus beaux et les (dus précieux. On ne connaissait pas encore la
soie, qui ne fut apportée que vers le sixième sièçle de Tère chrétienne dans les pays qui avmsinent la Méditerranée.
Une culture très-iûiportaDie était celle de la vi^e, <les arbres fruitiers et des oliviers. Il y avait des vignobles dans tout le pavs ; ils donnaient presque uniquement du vin rouge (Gen*
xux^ II ; Es. ani, i. % ; Apoc m\ ao). Les espèces de raisins les plus estimées soni : celai de Sorek, dont les graios sont pelits et trèsdoux, et qui a, au liea de pépins durs, une graine tout-à-fait molle ; et le raisin de Canaan, dont les grappes pèsent de lo à la livres et ont une demi*anne de long, et dont les grains ont la grosseur d une prune. Un voyageur a va une cabane sons un cep qui avait i 7^ pi^ cle diamètre et 3o de hauteur, et dont les rameaux s étendaient à 5o pieds (Mich. iv , 4? 2ach« xii^ 10, etc.). Le vin^ les raisins secs et les sirops eutraieut dans la pompositiou de plusieurs mets* — Les arbres fruitiers de ce pays ne sont pas les mêmes que les nôtres, à Texception du noyer qui y croit surtout dans les lieux élevés. On y trouve entr^autres le dattier, qui de tous les arbrç^ à fruits du midi demande le climat et le sol le plus cbaud* ce grand et beau palmier dont la moëlle, la sève, le bois, les feuilles ont aussi leur utilité , porte à son sommet en grandes grappesantour de sa tige des fruits qui, frais ou scellés, sont une excellente nourriture (Lév. xxiii) Kéb. viu, i5. i Maoc« itin, Si; JeanxiT, i3. — Ps^xcn, ia« i3.*— > Apoc. VII, 9^ — surtout jadis à Jéricho, la ville des palmes; Jug. i, 16. m, i3). En outre ce
pays prodait des amandiers , des grenadiers (dont les pommes d'un rouge foncé sont les
unes douces, les autres vineuses (Nomb. xiii, . ' a4; Drat. y/iUj 8) , des cognassiers , .des |Hsta<-' chicrs (dont les amandes de couleur verte sont huileuses et très-agréables au gout) , les carour biers ( aux gousses rouges et douces), et surtout le figuier, dont les fruits frais, ou sécbés, sont une nourriture commune en Orient* Cet arbre foiirnit souvent trois récoltes par an ; la figue printanière, qui est la plus douce , parait avant que Tarbre ait encore poussé ses feuilles, et se
cueille en juin avant tous les autres fi uits. Des gàteaujL de figues ou de raisins secs sont un mets recherché propre àxses pays. — L'olivier réofisit extrêmement bien sur les montagnes d^Israêl , car il demande un terrain sec et léger; et les plantations d'oliviers y sont un des rêve» nus principaux du laboureur. L'huile qu'on exprime de ses baies ovales et vertes, sert en Orient à apprêter tous les mets: elle y est un ' spécifique d'un très-grand usage dans lës maladies et pour les blessures , et ooT remploie dans les pays chauds comme onguent pour profiler la peau ( I Rois xvii, 12; Ps. xxiii, 5).
Il est souvent parle dans la Bible des productions du pays de Canaan ; on peut comparer
eûtr'autres les passages suivans ; Eau m, 8} XTOij a5^ Lév. wri, S: Deut. vin, 7-9; xi, io-i5. — Esaïe xxvm, 2/^-2.6. — -Deut. xxxuy i3. 14? Lxm, 16; cxLYii, ËsaîeYXTy 6. — I Chron. xxvii, a6 et suivans-, i Rois IV, 22. 23^ v, 11^ 2 CbroQ. 10^ Eaédbk.
xxvii, 17.
Les producilons da pays d'Israël étaient exportées sans peine et à peu. de frais en Pbéai* cte , et elles trouvaient un débit assuré snr les marchés de Tyr. N'était-ce pas là pour Israël un avantage inappréciable? Qa'estime-l-*oii de plus heureux pour un pa>|S riche et fertile que le voisinage de grandes villes de commerce ? Et Israël avait pour voisin Tyr , ie nuondié da monde! Mais ce voisiuage a porté une atteinte grave à la vie intime du people élu ; Tyr , si belle et si ^rieuse, lui a communiqué son iddàtrie, et Dieu a envoyé son peuple corrompu subir ^ dans le pays d^Assur et de Babylone, la peine de son in&délité.
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GHAnETRE XIV.
Au-delà des limites historiques de la Terre* Sainte, da côlé du S. , la pbice-baase se con. tinue au loin en Arabie et vers TEgypte ; le haul*pays occideotal se prolonge jusque dans la presqu'île de Sioai, dont la partie méridionale est occupée par uu massif isolé et triangulaire de hautes montagnes granitiques \ le Giior du Jourdaia ne se termine cpi'aiix rÎTes de la mer Rouge, à Etsion Guéber, s li ne s éieadméme pas jusqu'à Tentrée du golfe d'Akaba qui en serait la dernière pai lle et le i)laleau oriental se sauûent long- temps à une grande hauteur avant que de s*abai^ser vers les plaines de la mer Rouge. Ainsi les contrées au S. de la Terre* Sainte, que les géographes anciens ont compris
sous le nom à' Arabie Pctrce, font pbysiqucment partie du boristan ^ et elles se rattachent en histoire trop intimement à la Terre-Sainte pour que nous puissions en omettre la descri|)tion^
L Le désert de *SW( Gen. xvi, 7 5 xxv, 18; I Sam. XV , 7 ; xxYii , 8). D'£l Àrisch au Nil et au golfe de Suez , la plaine ne présente , sur une étendue de 36 heures de rouite, ni terres labou-* rables, ni pâturages, ni habitadons; c'est le désert avec ses sables mouvans et tout ce qu il a d'effrayant* Des dunes bordent la câte de la Méditerranée, et le sol est lellement bas que les vents du H, font avancer les eaux de la mer de plusieurs lieues dans les terres. Cependant, comme cette contrée présente la communication par terre la plus directe entre l'Egypte et la Palestine, elle a été traversée^ depuis les temps les plus anciens (Ex* xm,i7) jusqu'à nos jours , par les caravanes , par les armées et par les peuples.
II. Le désert de Tsin et le désert Parm portent aujourd'hui le nom de Djebel el Tyh Beni Israjeî , la montagne des erreurs ( égaremens) des Fils d Israël: Ce désert est un plateau , dont la partie la plus élevée est située vers le S. ( i5oo-2ooo pieds) et vers TE. , et qui s'abaisse sfu N.^ vers les montagnes de Juda, et surtout à l'O. vers la Méditerranée. Le bord S. traverse de l'Ë. à l'O. la presqu'île de Sinai » il se rattache vers TE. aux montagnes de Sinaï, dont il est séparé à l'O. par une vallée profonde
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etsabloanense, ElBirka ; it s'abaisse vers cette vallée brusquement et présente des parois Dues et escarpée»; ou dirait une chaîne de 'montagnes , sans sommets qui se dessinent sur la crête. Le bordE. , de la mer Morte jusqu'à plusieurs lienes au & d' Akaba , forme le flanc O. de la vallée El Araba, et présente des monts plus ou moins escarpés. Vers la Méditerranée et le Nil , le plateau s*abaisse par une pente insensible. Le sol est d'une extrême aridité \ à-peuprès aucune source , rien que des réservoirs et
des puits taillés dans le rocher • pas un seul ruisseau qui atteigne la mer *, seulement dans la saison des pluies ^ Teau se rassemble dans les fonds et les vallées, et descend, vers le Ghor par des défilés étroits , vers la Méditerranée à traders des plaines, qui s'opposent à son écoulement. Loin de ces wadys oii croissent quelques plantes, le sol ne produit pas même de Iherbe pour des troupeaux - des rochers nus s'élèvent comme des éoueils dans une mer de sable, et le soleil darde ses rayons ardens sur ce désert, où ne croissent que de loin en loin quelques arbres cliétifii, où Ton ne rencontre aucun homme qui rhabile, et qui est peuplé par les serpens et les scorpions.
Au S* du plateau El Tyh , au-delà de la val-
lée d'Ël Birka , s'élèvent les montagnes de Si^ naï. La ^rété des kaots somniets court dn N.
au S. , dans la même directioa que le Libao^ et la longue chaîne des montagnes du Sonstaa se prolonge jusqu'au sein de la mer Rouge dans une presqu^tie, ou elle prend de nouveau la hauteur de ses sommets les plus élevés ( 7 à 9000 pieds. Voyez Si Paul aux Gai. iv. 25. , parlant de Sinaî comme d'une montagne qui se rapporte physiquement à Jérusalem). Trois som-mets dominent tout le massif; le mont de Ste Catherine, ainsi nommé d'un couvent voisiii qui est à 35oo pieds au-dessus de la mer • le mont SinqX proprement dit, qui a donné son •nom au massif entier, et le mont Horeh, qpk est une cime inférieure du précédent , et sur lequel la loi , d'aprèf^ la tradition , doit avoir été donnée à Moïse. Les montagnes sont graniûques et schisteuses. Le massif, de 16 à ao lieues de circonférence, comprend au pied de ses sonu mets escarpés de hautes-plaines et des vallées d'une fort belle végétation , qin produisent des arbres à fruits, des orangers^ des citroniers, des amandiers, des mûriers, des abricotiers, des pêchers, des oliviers , ainsi que toute espèce de légumes et de plantes odoriférantes.
Sur les hauteurs vivent des chèvres et du gi*
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hier. Les côtes sont en plosieiirs districts om* bragées par de nombreux palmiers. Des sources d'eau yive jaillissent des rodbers , même dans les étés les plus chauds, et le versant E. qui descend vers le golfe d' Akaba et qui est le pins . rapide etie pins aride , présente des vallëes dont les voyageurs ne peuvent assez louer la beautés Cependant ce pays a évidemment été plus fertile qu'il ne l'est aujourd'hui , et il devient dé plus en plus aride à mesure que les hommes font disparaître les arbres. Les hauts sommetssont fréquemment entourés de nuages, et le tonnerre retentit d'une manière terrible entre les parois de rochers et dans les vallées . profondes. LeSînaï est beaucoup mieux connu que le plateau d'£l Tyh ; il a été et est encore uu pèlerinage très-fréqnenté par les chrétiens grecs , ainsi que par les Mahométans et par les Jtri&.
On se rend aujourd'hui en cinq jours à^Ifébron au plateau d' El Tyh^ qu on traverse en six autres joui s, et au-delà duquel on arrive en trois journées au cowent de Sinaï. Dès le point de dé* part on rencontre encore , non pas sans doute des maisons de bois ou de pierre , mais au moins des villages d'Arabes nomades qui vivent sous des tentes : le centre du désert est entièrement
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inhabité, et Ton fait provision d^eau poor, plusieurs jours 'j les Ârabes reparaissent avec les collines qui annoncent les montagnes du bord méridiûual. — La route à' Ahaba à Gaza est de huit fortes journées ^ celle à' Akaha à Hé" bron, de neuf.—- Celle àijikaba à Suez est de cinq à six jours ^ c est la route des pèlerins mahométans qui se rendent d'Afrique à la Mecqne* m. Âo S. de la mer Morte , lés deu& chaînes de montagues qui la bordent, se continuent vers le S. jusqu*à la mer Rouge ; mais le Jour* (lain ne sort pas du lac. La vallée a une largeur de 2 à 3 lieues, et une longueur de 4o« Elle est aride ; les ruisseaux qui descendent des montagnes orientales se perdent dans les graviers de leurs lits avant que d'atteindre la vaUëe principale ; les montagnes occidentales ne possèdent aucune source. Elle forme comme un bras d'une mer de sable ; sa surface présente une multitude innombrable de vagues d'un sable mobile, ou de collines permanentes de sable entre lesquelles croissent quelques arbrisseaux. La partie quî touche à la mer Morte porte le nom généralde Ghor et le nom parti- * culier de vallée de sel j une montagne trèsabondante en sel, et longue de trois lieues, en forme le flanc 0« ^ c'est là qu'était Tsoar ( Gen.
MX, 2^, 93 ), et qu'au dire des Arabes ^ on voit encore des traces de la statue de la femme de XiOth. Pluf au S. la Tallée est inteirompiie et resserrée par des rochers et des wadys , et elle preod le nom HArahay qu'elle ^nserve jusqu'à son extrémité S., où elle a trois lieues de largeur. Les montagnes et les plaines sont , ao moins en quelques endroits, de looo pieds plus basses à TO. qu à TE. On donne parfois à la vaUée tout entière le nom de Wady Araba*
IV» Le plateau oriental, qui de THauran à la rivière Âbsa , va en se rétrécissant de plus en plus, diminua progressivement encore de largeur de FAIisa au golfe d'Akaba ; le Désert se porte vers VO. ; les hauteurs des sources se rapprochent de la vallée principale, et les eaux courantes ne sont plus que d'insigniiians ruisseaux. Cependant ces contrées ont un climat très-sain ■ on y rencontre fort peu de malades , et les anciens ont donné à cette région le nom de Palœstina saluions. L'air y est pur ; la "grande élévation du sol rend les étés tempérés et les hivers très-froids ; il y tombe beaucoup de neige et les gelées durent quelquefois jusqu'au milieu de mars. Tous les fruits du midi y prospèrent. Les ruines d'anciennes villes y sont nombreuses.
&rO. dans
TÂraba^ à l'£. il se confond avec le Désert ; au ' S« il 8e termine par une pente, escarpée et dans la direction de lE. à TO. , peu au N. du parallèle d'Akaba. Ce sont les montagnes de Séïr de la Bible , dont la partie N. est la Gébalime des anciens et le Djébal des Orientaux , et la partie S» le Djébel Schérade ces derniers*
La grande caravane des pâerins qni se rend de Damas à la JVIecque, traverse dans sa Iongoeur ce plateau entre te désert k TË. et les contrées cultivées à TO. Arrivée à T extrémité S. , où le iroid est si intense que parfois elle y périt tout entière , elle desœiMl par un sentier très-dangereux dans la plaine voisine de la mer Rouge , ou règne la chaleur des tropiques.