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CHAPITRE XV

LES PAIbNS de CANAAN ET DBS GONXSkvS VOISINES.

Les Cananéens et les Géant:

Le âeigneur, après avoir préparé et cUsposé la Terre-Promise pour en faire 4a demetkre du

peuple élu, la doooa à d'autres peuples eu atleDdanl que l'heure d'Israël fût venue. Quaud

Abraham y arriva , elle était habuce par les Cananéens^ qui desceadaieut de Canaan , fils de Cam : ils formaient un grand peuple , iU étaient partagés en plusieurs tribus , et occupaient déjà une partie considérable du pays* Leur génie les portait à Tindustrie, et ils savaient habilement mettre à profit les avantages de leur sol et de leur situation , et saisir toutes les circonstances qui pouvaient leur être favorables. Ils avaient £ait duois. de deux stations importantes sur la route h plus ancienne et la plus directe entre Tlnde, qui surabonde en richesses de tout genre , et TOocident, qui ne peut satis&ire aux

nombreux besoins de ses babitans. Ils s'étaient établis j dans le golfe Persique , sur quelques iles y qui servaient de ports et de marchés aux vaisseaux venant des Indes. Là ils s^ occupèrent uniquement de leur commerce^ auquel les fils de Cus prirent une part très-active. C'est le plus ancien des peu[^es marchands** Ils envo'jfèrent des caravanes à travers le désert vers la Méditerranée, près de laquelle ils trouvèrent, à son angle S. £• et au pied du Liban » des contréelK belles et fertiles , qui étaient propres à servir de lieu de repos et de marché à leurs cara-

TaneSj et qui BDYtout possédaient des ports de

mer. Ils les occupèrent, et ce fat. là leur second élablissemeal^ ils y développèrent peu-à-peu ce qu'ils avaient appris sur les bords du golfe Per-^ sique, et ils devinrent le peuple eummerçaDt le plus actif des temps anciens. Ils habitaient prindpalemënt les pays situés h TO. du Jourdain, qui ont reçu d^eux le nom de Canaan. Leurs tribus n*y vivaient point dans des territoires distincts , mais elles étaient mêlées les unes au milieu des autres , comme de' vraies colonies. Tontes ces tribus demeuraient en majeure partie dans des villes fbrtiiiées , et le commerce ne leur fiiisait point négliger la culture de leur sol fier*tile. Au temps d* Abraham , de grandes contrées étaient encore sans possesseurs > et formaient des pâturages ouverts à chacun ; mais plus tard les districts incultes se rétrécirent et diminuèrent de nombre à mesure qu'augmenta la po-^ pulation. Les villes avaient chacune un roi et étaient autant de petits états distincts; souvent elles formaient des alliances entre elles, souvent

aussi sans doute Tune crcllcs s'élevait au-dessus

de ses voisines et les tenait sous sa domination (Jos* IX, 3. 17.) *

Les Cananéens étaient robustes , industrieux , civilisés , riches et puissans , et cepen-

daol k malédiction de Noê contre leur père

pesait sur eux de toute sa force. Ils s'étaient détournés de Dieu ; ils adoraient sous les noms de Baalet ài Astharoth les puissances des cieux et de la terre ^ ils rendaient à leurs idoles , un culte inf&me* Quelque libres qu'ils fussent en apparence daos leur vie extérieure , ils étaient un peuple esclave , le serviteur des sarviteurs de ses frères (Gen. ix, 25). Non sans doute que leur esclavage eût la ibrme humiliante d'un asservissement politique, mais ils avaient plus que tous les autres païens un esprit servile , froide calculateur 9 égoïste^ ils étaient prêts à tout pour un gain terrestre, et leur priocipale occupation était de pourvoir aux besoins matérids de leurs frères. Tels étaient aussi les Phéniciens , les derniers des Cananéens , par qui le génie de cette race a acquis en Occident une équivoque célébrité.

Les descendans des onze fils de Canaan (Gen . X, 15-19) occupèrent les montagnes maritimes du Soristan depuis le désert de F Arabie jusqu'à Aradus et Ilamath. Ceux de ces peuples qui habitaient la Terre-Promise sont : «

I. Les Amorrhéens , les plus puissans des* Cananéens , peuple montagnard qui demeur rait sur le plateau de Juda. Ils avaient fait la

— las —

eofiqoéle do haut-pays orieolaly et y avaient

fondé deux royaumes. L'un avait Hesbon pour capitale f el était coiopris entre T Amcm^ le JkwrdaSn et le Jabok* L'aotre , aa N. da Jabdi , dont la capitale était Astharoth, s'étendait de r Aroon aux lotirces dn Joardain , et de THermotî il Salclin, qui est située au S. E. des montagnes de riiauran. (Gen. xiv, 7. i3 ; XLviii, Nomb. xin^ 3o; Jos. », 3 -, Jug. i, 35. 36.

— IVonib. XXI, i3. aGj xxxii, 33. 39^ Deut.

IV, 4^. 47( ^« i<^0

II. îif»8 Hêihiens^ sur les montagnes de Juda, près d ilébron. (^lomb. xiii^ 3o) Gen. xuii, 3w\ Ios% 1^ 4% p^ys àm$ HéMÊMY^^ Canaan.)

Tll. T.rs Jt^lnmens , dans la contrée de Jérusalem et sur tes montagnes. (Jos. xy, 8« â3; vmx^ "^^x it) Noinb. xiu, 3o^ Jda.

XI , i ; Sam. <i*8%)

tV% Les G m i r gmsim s^ (Dent, tu, 1^ Jos.

W Les Hé%%0my an pied <fe TAMîliban^ à

' tnVnTî; <ï^,^ piaines -baisses de la mer ei dn

Les Phérésiens sont pas des descendans

de Canaan. Ils habitaient sur les niontajjQes.

(Jos. «1,3*, Jug. 1 , 4* ^ 9 ^^i^* 3*7)*

An milieu des Cananéens ëtaienC des races de géants, a Le peuple qui habite ce pays, dirent <c à leur retour les espions envoyés par Moïse ,

« est robusie et puissant; les villes v sont fort « grandes et sont fermées de murailles \ et tous « les Iiommes que nous y avons vos , sont des c< gens d'une grande stature. Nousyavons aussi « Tn des géants , des en&ns d'Hanak de la race <i des géants -, nous n'étions à nos propres yeux « que comme des sauterelles , et nous élioas tels « aussi devant leurs yeux* » (Nomb. xiii, 29. 33. 34).

A ces géants ou Jtépkaïm appartiennent : les HanaJdm ou enfans éPHanak ( Enak)y qui demeuraient dans les montagnes de Juda et que Jostté a tous fait périr. ( Nomb. xiu , 29.

34*, Deut. IX, 2; Jos. Xîv, i5; XI, '21 , '>^0. — - Les Mnàm, peuple puissant et de haute taille, qui demeuraient au S. et peut-être aussi an N« deFAmon, et qui ont été soumis et détruits par les Moabites* Les Susîm ou Samsumim^ chassés des districts du Jabok par les Ammonites. (Deut.n^ 10. II, 19-21») Gen. xiv, 5). — Les géants de Basan , « le pays des géants, »

à Asiharoth oii régnait da temps de^Moïse Og, le dernier des géants de Basan. (Deot. ni, 1 1.

Gen. xiv, 5. ) — Des géants à Gath, la patrie de Goliath , à Gaza et à Asdod (Jos. xi, aa; i Cliron. xxi^ 5-8).

Les Israélites auraient dû détruire tous les Cananéens et les géants qui habitaient la Terre- Sainte, et dont riniquité était venue à son com* ble (Gen. xv^ i6). Mais dans leur manque de foi et leur dcsoLéissaiice, ils laissèrent subsister au milieu d'eux des païens, et ils se préparèrent ainsi eux-mêmes les pièges dans lesquels ils tombèrent , et les instrumens de leur punition.

Les Cananéens se maintinrent dans les contrées septentrionales et daiis les montagnes , dans le haut- pays Galiléen, dans la plaine de Jesréel, dans la contrée du Carmel et dans la tribu de Dan. Ils servaient tous leurs idoles et vivaient selon les désirs de leur cœur; Israël le vit et se mit aussi à suivre devant Baal toutes ses convoitises. Cependant les Cananéens ne pouvaient oublier ce qu41s avaient été , ce qu'ils étaieot devenus, et ce qui les attendait encore si le zèle pour le Seigneur se réveillait en Israël ; et ils cherchaient constamment, soit à détruire par la ibrce ouverte ce peuple, dont les plus dangereux ennemis habitaient dans ses

propres limites , soit à le pousser à sa perte par les anciennes ruses de Baiaam, en le séduisant par l'attrait du plaisir, et en le détournant du culte du yrai Dieu devant lequel ils trem- |>laient.

Les Cananéens , les Amorrhéens , les Hé-

thienSy les Jébusiens, les Phérésiens apparaissent encore dans Thistoire, mats pour la der* nière fois , après le retour de la captivité (Esdr.

Les Philistins*

Un peuple qui nous est inconnu, les jiidm

ou Ha^iens, avait habité la partie de la cote de Canaan qui touche à l'Egypte (Deut. ii, 23).

Il fiit détruit par les Philistins, peuple d'origine égyptienne (Gen. x, i3. i4)î qui avait émigré de rile de Caphtor (Chypre ou Crète), et avait cherché une nouvelle patrie sur les câtes orientales de la Méditerranée (Ex. xiii, 175 Jérém. XLvn , 4 ; Amos. ix, 7). Les Philistins bâtirent des villes dans les plaines fertiles de la eu Le , s'adonnèrent à l'agriculture et devinrent un peuple puissant. Leur constitution politique était semblable à celle des Cananéens • c'était une ligue de villes indépendantes, telle qu'on

en connaît nn grand nombre soit dans les temps

anciens, soit en Occident dans les temps plus modernes. A son entrée dans la Terre-Promise, Israël ne fit pas la conquête de leur pays (Jos. xiu> 7k) \ la puissante tribu de Juda leur fut opposée , mais elle ne s'empara que pour peu de temps de leurs villes. On vit des rois lu'breux consulter t'oracie de Baaizébub, comme s U n'y avait plus de Dieu en Israël , et la lutte de la nation juive contre les Philistios a duré aussi long-temps que son séjour dans la Terre-Promise. ( Jug. X, 7 ; XIII, I -, xiv-xvi-, 1 Sam. iv- VII, XIII, XIV, XVII , XXIII, xxvii-xxxi^ s Sam* V, 17-26; viu, I ; 1 Roisiv^ ai; 2 Chron. xvm

II; XXI, 16. 17; XXVI, 6; 2 riois xviii , 8.)

Lorsque les conquêtes des Assyriens changèrent la face de T Asie antérieure , les Philistins lureot aussi soumis et humiliés ^ mais leurs Tilles recouvrèrent bientôt leur puis^ sance, résistèrent aux Juifs après le retour de la captivité, et combattirent plus tard contre les Macchabées, qui' durent plus d^une fois s'emparer d'Asdod et de Gaza en particulier.

Plus tard, après la venue de Jésus-Christ, leur inimitié se 'tourna contre les chrétiens, et Tua des Pères de Téglise parle avec un sentiment d'horreur de leur idolâtrie et de leurs perséco* tions toujours reuai^dantes.

Gaza , Asdod , Ascalon , Gath et Hécron formaient cinq états distincts, et avaient sous leur dominatioa les villes voisines (Jos* xju, 3^ xv,

Gaza, sur la frontière méridionale du coté de rSgypte , est au pied d'une colline , d'où Ton a une vue très-étendue. Cette ville était grande, forte et riche ; il est probable qu'alors déjà elle était le marché des habitans du désert, qui y apportaient le buiin lait sur les caravanes. Les environs sont très-fertiles, quoique en majeure partie incultes; les dattes de Gaza sont excellentes. La plaine qui s étend de la ville à la mer, était, dans le moyen âge encore, couverte de beaux jardins; elle n'est plus qu'un désert de sable. Gaza compte de 2 à 3ooo habitans , qui vivent au milieu des ruines ; cette ville, toute misérable qu'elle est, doit à sa position sur les limites des contrées habitées et à ses puits ou sources, d'être le lieu principal de toùte la côte méridionale, ((tch. x, 19^ Deut.

iT, Jos. X, 4m ; J^^S* ^^^9 ^ R^^^ XVIII, 8.)

Ascalon , située environ six lieues au N. de Gaza, était autrefois son égale, et était fortifiée de murailles épaisses. On n'y voit plus ^\x^ quelques raines inhabitées \ les environs pro-

duisatent surtout des oignons (d^oii nos ecAa-

lottes, cepa ascahnica). immenses travaux, dont il subsiste plusieurs traces , y avaient crée un port, que le sable a comblé. (Jug. xiv, 19).

Asdod était située un peu. plus avant dans rintérieur du pays que les deux villes précédentes; c'était une ville si bien fortifiée que le roi d'Egypte, Psammitique (au temps de JVIanassé) , ne put s*en rendre maître qu'après un siège de 29 ans. Plus tard elle reprit son ancienne importance et la conserva pendant longtemps. Après le retour de la captivité , les nombreuses alliaDces que les Juifs contractèrent avec les femmes d'Âsdod, introduisirent le culte des faux dieux dans Tintérieur des familles, et le langage des enfans était à moitié héjjreu, à moitié asdodien. L'amitié du monde a toujours été plus dangereuse au peuplé de Dieu que soa inimitié. (Néh. xnx, sS-a^.) De nos jours Asdod n'est plus qu'un village de 100 à i5o misérables chaumières, habitées par des Mahométans. ( Jos. xi , 22 ^ 2 Chron* zxvi > 6 j Es*

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