V, 24. 25 5 IX
Les Gessuriens sont, à ce quon suppose, des Ismaélites qui, par des circonstances inconnues, se seraient établis dans les montagnes qui forment le bras S. £• de THermon. Ce sont les Ituréens, que les auteurs grecs et romains disent être un peuple de brigands , la plus barbare de toutes les nations. Manassé ne les a pas soumis sans de grands efforts; et Rome dans toute sa puissance leur a fait long- temps la guerre, avant que de les dompter. On les croit les ancêtres des Druzes, peuple belliqueux et passionné de sa liberté, dont la religion est un mélange de Tidolâtrie -syrienne et du mahomélisme.
Les Madianites.
Ils demeuraient dans le désert Syrien , à TE. des Ammonites , et paraissent s'être mêlés aux Ismaélites (Gen. xxxvii, 25. 28. 36j Jug. viu.
M. ^4). Cétaîent aussi de vrais Bédouins, bergers et marchands (Habak. m, 7 ; Es. jj^^ 6). Ils s'alliaient souvent avec les Moabites et les
Ammonites (INomb. xxii, ^ xxv ; xxxi). Ils dominèrent pendant sept ans sur Israël , jusqu'à leur défaite par Gédéon , et depuis cette époque il n^est plus lait mention d'eux ( Jug. vivin; Ps. uxsm, 9*ia; Es. ix, 3; 26).
Une autre branche des Madianîtes habitait à Fë. du golfe d'Akaba et dans la presqu'île deSinai (£z. 11, i5} 111, i; iv, 19*, xviu» i).
Les Ammoniies et les Moabiies.
Ces deux peuples qui descendaient de Lot, fils du frère d'Abraham , ne furent pas traités en ennemis par Moïse et les Israélites (Deut. u, 9. 19^ et Nomb. xxxi^ .comp. avec xxu — xxv ). Us n'en firent pas moins constamment la guerre aux Hébreux^ David les soumit et les rendit tributaires ; mais plusieurs de ses successeurs leur ont encore livré bataille. Ils occupèrent les territoires de Ruben et de Gad, dépeuplés par Tiglat-Pilnéser. Us se perdent aux premiers siècles de notre ère dans la grande nation arabe.
. Les Ammonites, vainqueurs des Samsu-
mins , demeuraient primitiTement avec les
Moabites entre l'Arnon , le Jourdain et le Jabok. LesAoïorrhéeasles avaieat repoussés au-» delà du ruisseau d'Ammon ou du labok-Su-* pqrieur vers le désert. Lorsque Israël eut exterminé les Amorrhéeos et pris possession de Galaad , les Ammonites voulurent faire vàloir leurs prétentions sur ce pays, qu ils avaient précédemment possédé ( Jos. xui ^ aS ; Jug. zi , l3). Celait chez ciw que su trouvait Taflreuse idole de Molock ou Milcom , à laquelle on sa* criGait des petits enfans ; elle était représentée sous la forme d'un four, à ilgure iiumaine et tête de bœuf, dont les bras étendus et brûlans recevaient les innocentes victimes qui étaient ainsi consumées ( i Rois xi, 5. 7. 33 ^ a Rois XX11I9 10. i3^ Lévit. xviii, SI ; XX, a-5). Yoyes pour I histoire des Âmmooiies Jug. m, i3 ; x, XI. ~ 1 Sam. XI, — 2 Sam. x, i*i4^ XI, 1; xu, ^3t.— aChron. xx^ xivi, 8; xxvii, 5; aRoisxxiv, 2. — Jér. xl, 145X1.1, ii5. — Néh. i-vi — I Macc. v, 6*8. — Pro* phéties : Jér. xlix, i-6-, Ez. xxv, 1-7.
Leur capitale était Mabbath Ammon (Deut.
lu, II), que David conquit (a Sam. xu, ^6* 3i), et dont il reste des ruines considérables. Tout le pays des Ammonites est couvert de ruines.
— i4S ~ Les Moahites furent repousses par les Âmorrhéeos au S. de TArnon , et habitaient sur le plateau entre cette rivière et T Ahsa. Voy. pour
leur histoire : Nomb. xxii-xxv. — Jlk^. m, la- 3o. — ^ I Sam. xiv, 4? ) x^n» ^•4) ^Sam. viii, 2 ; a Rois 9 Chron. xx; s Rois ziii , ao; xxiv, a. • — Prophciies : Es. , xvi j Jér* xlviii j Ez.
XXT, 8-1 1*
Leur capitale était u^r ou /îaiia, Aréopolis des Grecs (^omb. x\i, 25* 28 ; Deut. 11, g. i8. ^9; Tos. xiiE^ ^5; Ë8. xy,'i), dont les ruines occupent un espace d'une cleoii-lleuc de circonlérence, sur une colline qui domine toute la plaine, à Textrémité-S. d'un ancien chemin pavé (6 lieues au N. de Kérek, .à Rahba ). — Leur principale ville forte était Kir^Moab,
la muraille de Moab^ ou Kir-Harésethy Kirlèarèsy bien connue dans le moyen âge sous le nom de Kérek, et située sur une oolKne de craie isolée et escarpée qu entoure de tous les cotés une étroite et profonde vallée. Kérek compte 55o habitans , turcs et chrétiens.
Il .n est en Europe aucun district qui soit couvert d^antant de villes , que la contrée au S. et au N. de T Ai non ne Test de ruines. Mais les prédictions sont accomplies , ces villes en ruines sont la phipart entièrement désertes y et
les seub liabitans du pays sont des Arabes Bédouins. Ce pays était d^une fertilité proverbiale
(Es. XVI, 9. 10), et aujourd hui encore le froment d'HesboQ est très-renommé.
Les descendans d'Esau chassèrent des montagnes de Séir les premiers babitans , les Horiens ùu Troglodytes (Gen.xiv, 6; Deut.
5. 8. 12. 22 j Jos. XXIV, 4)> s étendirent de TAhsa au golfe d'Akaba entre la vallée £1 Araba et le grand désert. Ils étaient fiers de trois cboses : de leurs villes» ils s'étaient creusé dans les rbcbers de leurs montagnes des retrai* tes inaccessibles ; du grand commerce qu'ils faisaient entre le golfe Persique et la Méditerranée et de leur sagesse , de leur dvilisation , de leur culture intellectuelle (Jér. xlix, 7-22). Mais ils haïssaient leurs frères les Israélites , qui cependant, squs Moïse, s'étaient présentés à leurs frontières comme un peuple ami, et avaient évité soigneusement tout démêlé avec eux (Nomb. xx, 14-21 j Deut. 11, 4'8). Mais, ainsi que Balaam Tavait prédit (Nomb. zxiv, 18), Israël vainquit et soumit Edom -, et cette
conquête eut lieu sous David (2 Sam. vm , i4 >
Les Edomiies*
Ps. LX, 8-10 ^ Lxxxiii, 6-9; cviii, 8-10 -, I Rois XI, i5. I ChroQ. xyiii, ii-i3). Salomon fit construire une flotte h Etson-Guëber, dans ce même lieu qui avait ëié Tune des stations des Israélites errant dans le désert (Nomb. xxxui, 35^ 1 Rois IX, 26* coQip. xxii , 49)- Les Edomite^ se révoltent sous Joram (2 Rois viu, 20). Amasias jprend leur capitale (2 Rois xiv, 7 ). Judas Macchabée les défait et leur enlève Hébron ; ils avaient donc pénétré très*avant sur le plateau de JuJa ( i Macc. v, 3. 65), et les nomsd! Idumée et de Judée commencent à être employés Tun pour l'autre (i Macc. iv, i5. 29). Jean iiyrcan, prince des Juifs , les soumet et les oblige à recevoir la loi mosaïque et la circoncision; leur pays fait depuis lors partie de la Judée, ciYIdumce (Marc, ni, 8) comprend les contrées au S. de la Terre-Sainte dont les habltaris avalent récemment abandonné le paganisme. Les Iduméens se perdent dans la nation arabe, bientôt après la prise de Jérusalem par Titus.
Les prédictions contre Edom sont effrayan- ^
tes : Es. xxxiv, Jér. xltx, 7-22; Fz. xxxv^ Amos 1, II. 12; Abdia$^ Mal. i, 1-4. Leur pays jadis si peuplé est en grande partie complètement désert, et tandis que les contrées de Moab
et d'Ammon doivent ic prendre un jour leur ancienne prospérité (Jér. uvui, 4? 9 ^1^9 6), Edom restera désert lorsque toute la terre sera dans la joie (Ez« xxv, i3. i4)*
Les principales villes d'Edom étaient : Sëla ou le rucher, Pétra, près de la montagne Ilor ^oii mourut Aaron, et du wady Musa ( de , Moïse); elle a donné son nom à T Arabie Pétrée ; ses belles ruines se trou vent dans une vallée dont les flancs sont des parois de rochers de 4 ^ 700 pieds de bauteur (2 Rois xiv , 7 ; Es. xvi , i ).
— Bostra, aujourd'hui Bosseyra, sur le sommet d'une colline (Jér» xlix, as ; Gen» xxxti, 33 5 Es. xxxiv, 6; Lxiii, i). — Elath ouEtson- Guéber, dout les ruines sont recouvertes par les eaux: à de lieue d'Akaba, qui est encore un marché important^ d'où les productions du Soristansont transportéessur des bateaux arabes
vers les divers pays riverains de la raer Houo^e.
— Théman, aujourd'hui Maan, oii sont plusieurs sources et qui est une station importante pour les caravanes (Gen. xxxvi, 34 > Jér. xux, 7. ao. etc. ; Job 11^ 11).— Uz, patrie de Job (Gen. id. 28^ Lam. iv, 21).
Les AmaUcites.
Âu b. de Juda, dans le désert de Tsin et de Paran , demeurait TancienDe race A*Amaîek (Nomb. XXIV, 20 ; Geo. xiv, 7), peuple de bergers et de brigands, qui par nécessité autant que par amour du pillage faisaient, ainsi que le font encore les Bédouins , de continuelles excursions sur les terres de leurs voisins. Les marques éclatautes de la proteclion que le Dieu d'Israël accordait à son peuple , firent sur les Âmalécites si peu d'impression , qu'immédiatement aprèsie passage de lamerKouge, ils attaquèrent les Hébreux en qui ils ne voyaient qu'une proie nouvelle (Ex. wa , 8-16). Ils attirèrent sur leurs têtes par cette action décisive un jugement d'extermination , qu'exécutèrent Saîil ( i Sam. XV, XXVIII, i8)j, David (id. xxvii, 85 xxx) et les Siméonites (i Chron. iv, 4^. 43)*
GBAPI'IBE ZVI.
L£S LIEUX OU LES PAïRIilRCUES ONT DEMEUKÉ.
ÀBRiHAH , Isaac et Jacob habitèrent , pendant leur vie de foi et d'espérance , différentes contré,es de la Terre-Promise 5 mais ils ne séjournèrent jamais dans les districts du nord, ou ils n auraient pas trouvé pour leurs troupeaux d'aussi riches pâturages que dans les régions du centre et du midi. Ainsi lorsque Abraham quitta Charao pour venir au pays de Canaan, il ne s'arrêta que près de Sichem (Gen. xii , 6). Sichem est située dans une étroite vallée entre r£bal et le Garizim, et dans une belle et fertile contrée. Mieux protégée 9 par sa situation, contre les attaques imprévues des Arabes que .beaucoup d'autres villes de la Palestine , elle a conservé jusqu'à nos jours une assez grande importance. La vallée, avec ses nombreux jardins qu'arrosent des sources abondantes, apparaît au voyageur comme uue épaisse foret d'arbres fruitiers. Elle s'ouvre tout près de la ville sur la campagne de Jacob , qui forme
une plaine agréable et lertiie , arrosée par un misseaa limpide et entourée de toutes parts
de collines verdoyantes. C'est là probablement la plaine où Abraham habitait dans le bois de More . ou Jacob fut troublé en voyant ses fils attaquer et piiler Sichem, où il fut affligé à cause de ridotàtrie de sa famille (Gen. xxuv^ XXXV, 1-5). Le champ qu'il y avait acheté resta sa propriété (xxxiu, iS-ao) ^ ses fils y paissaient leurs troupeaux (xxxvn, la. i3) , plus tard il le reconquit sur les Amorrhéens avec Tare et répée , et près de mourir , en Egypte , il le donna, pleia de foi, à son ûls Joseph (xlviii,
Sur le chemin de Sichem à Jérusalem , à quatre lieues de cette dernière ville, éiait située Luz ou Béthel, sur une montagne, dans la contrée oii cêsse vers le S. le pays montagneux d'Ephraîm. Abraham demeura à TE. de cette ville et y invoqua le vrai Dieu ^ Lot s^y sépara de lui (xiii). Jacob était dans le voisinage de Béthel, lorsqu'il vit en songe Téchelle mystérieuse et qu'il reçut la promesse du Seigneur (xxvin). Mais i autel qu'il avait alors fait vœu d'élever . au Seigneur, il ne Térigea que plus tard, après avoir été puni par le trouble et rafïliction , du iiélai qu'il avait mis dans TaccompUssement de son vœu (xxxv, G-i5).
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Le séjour principal des patriarches fut la val' lée A'Hébron (xxxyii , i 4) où se trouvait le bois de Mamré, Hébi on s appelait alors Kirjalh Arba, la ville d'Arba , père d'Hanak, et les Hëthiens y demeuraient avec les Hanakim.
Cest ià qu Abraham crut à Dieu et que sa foi lui fut imputée à justice (xv , 6) ; qu41 logea les anges et qu'il reçui la promesse de la prochaine uaissance d'un his (xviii); qu Isaac lui naquit (m) ; qu^il acheta la double caverne pour Ûeu de sépulture, montrant ainsi sa conriance aux promesses de Dieu (xxin). Isaac y vécut après lui, et y fut enterré par ses fils Jacob et Esau (xxxv, 29). Jacob y passa la plus grande partie de ses jours , pleins d'épreuves et de douleurs , jusqu'au moment où Joseph l'appela en Egypte. Hébron prit dans le moyen âge le nom de «Sx- Abraham, et maintenant encore les Mahométans rappeljent^^i Aa/i7> c'est-à-dire Fami de Dieu (Gen. xviii, i7;Es. xm, 8; aChron. xx, 7 ; Jacq. II, 23). Une belle mosquée, qui fut jadis une église et qui est très-vénérée par les Mahamétans , contient les tombeaux d* Abraham et des autres patriarches. La ville dHébrou est située sur le déclin de la montagne, en partie sur une saillie que celle-ci fait au-dessus de la plaine, et en partie plus bas dans la vallée. Les