CHAPITRE XIX
LIBtJX 0B TICTOIISS BT BB OBASDBS DéLITBAHCBS.
Lorsque, après un séjour de ans dans le désert, les Israélites entrèrent du S* E. dans la Terre- Promise, Sihon, roi des Amorrbéens, dont Tesprît était aveuglé, leur refusa le passage. La bataille fut livrée près de Jahza, non loin de TArnon , et celte victoire décida la conquête de toute la contrée au S. du Jabok (Nomb. XXI, ai-a5; Deut. ii, 3o-37).
Og , roi de Basan , eut le même sort à Edrei, dont on voit encore les raines inhabitées près d'Edraa , sur une coIliDc alongéc de roches
basaltiques , au milieu des vastes plaines nues de THauran. Celte bataille livra aux Israélites tout le reste du pays à l^E. du Jourdain , et i'eÛroi saisit les peuples des contrées environuantes (Noiub. xxi, 3i-35; Deut. m, 1-7)*
Les Israélites passèrent miraculeusement le Jourdaio, au-delà duquel était, dans la plaine, Fancienne Jéricho, la clé du pays. Elle gardait la route qui conduit plus à TO. aux gorges escarpées, par lesquelles on monte sur le plateau vers Jérusalem, Benjamin ou Ephralm. Rien ne lut plus évidemment 1 œuvre de Dieu que la destruction de cette ville forte ( Josué vi ) ; et afin qu'à l'avenir les Israélites ne connussent plus d'autre clé de leur pays que le Seigneur leur Dieu , Josué dit : ic Maudit soit celui qui a rebâtira la ville de Jéricho. » Mais quand , après plusieurs siècles, les dix tribus se furent détournées du vrai Dieu , Hiel , de Bcthel , de cette ville où Ton adorait le veau d'or , releva Jéricho , et la bâtit non plus au milieu de la plaine , mais près des montagnes. Il en coûta la vie , selon la menace du Seigneur , à son fils
aîné lorsqu'il creusa les fondeoicns, et au plus jeune quand il posa les portes ( i Rois xvi , 34)* Âu S. O. de la vallée d'A jalon qui sépare les montagnes d'Ephraïm de celles de Juda , et sur
le sommet d^une colline ( Y. p. 88 ) , était Go-
baoTiy ville grande comiûe une ville royale, et bien fortifiée , chef-lieu d'une petite conCédératioQ de villes héviennes. Elle avait fait la paix avec les Israélites^ les rois cananéens du plateau méridional marchèrent contre elle pour Ten punir, et l'assiégèrent', Josué vim à son secours depuis GuilgaL Le Seigneur fit pleuvoir sqr Tar* raée ennemie une grêle extraordinaire, et à la demande pleine de foi de Josué , le soleil s'ar- Teta dans le ciel vers le S. O. , au-dessus de Gabaon , et la lune sur la vallée plus orientale d'Ajalon , jusqu à ce qu Israël eût accompli Tœuvre du Seigneur ( Jos. x). Les Cananéens furent poursuivis de Gabaon, par le chemin de la montagne de Bethhoron, jusqu^à Aséka et jusqu^à Makéda, Par cette victoire tout te sud du pays tomba au pouvoir des Hébreux.
Peu de temps après, Josué vainquit près du ' lac Méroniy le roi de Hatsor et les autres rois cananéens du nord du pays, et s'empara de toute cette contrée ( Josué xi ). Les Israélites livrèrent donc dans le haut-pays oriental et dans le haut-pays occidental quatre batailles décisives, deux au sud , deux au nord.
Après io mort de Josué, les Israélites aban* donnèrent à diverses reprises TEternel , qui les
livrait chaque fois entre les mains de leurs ennemis y et qui leur suscitait des libérateurs ans» sitôt qu il voyait leur repenhi . C'est ainsi qu'ils tombèrent sous la puissance du cananéen Ja* bin , qui régnait à ffatsor au N. du lac Mérom i son général Siséra demeurait à liaroseth sur le coté 0« du méibe lac. Mais les Israélites ayant crié à l'Eternel, il leur envoya Débora et Barac* Barac campa sur le mont Thabor, dont le sommet forme une citadelle naturelle; et la bataille, où Tarmée de Jabia lut anéantie, se livra dans la grande plaine , à Thaënach, près des eaux de Megguido ( Juges iv. v ).
Plus tard Gédéon vainquit, parla seule force de Dieu , les Madianites dans la plaine de Jes^ réel ( Jug. VI, 33 ] vu), et Jeplité, les Ammonites A'jàroër jusqu'à Minnith (Juges ix, 33). -^Les Madianites , les Amalécites et les Ismaélites s'assemblèrent dans le pays de Galaad, passant le Jourdain , et montèrent du Ghor par
Bethséan sur la plaine de Jesrceh Mis cii déroute par 3oo hommes , ils s'enfuirent par le même chemin , par Bethsittah ( Bethséan pro* ^bablemenl) , qui est près de Tsérératha (Tsérédatha^ Tsarthan, i Rois iv, l'k)^ jusqu'à la limite à! AbeUMécholali (peut-être jusqu'au pied des rochers qui terminent à 10. du Jour-
dain le lar.^e Ghor supérieur; Abel signifie uac contrée de pâturages au sol plat). Là ils tou- 1 urent repasser le Jourdain au Bethabara , près du rapide \ mais les Ephraimites , qui avaient traversé la rivière, s'étaient emparédu passage, et ils firent prisoimiers deux des chefs ennemis» Cependant Gédéon poursuivit les vaincus audelà du Jourdain , passa à Succofh qui est dans le Ghor, monta a Péniel, se dirigea vers lE.
par le chemin du désert (ou de ceux qui vivent sous des tentes, des bédouins), et défit une seconde fois les Madianites près de Nobah (Nomb. xxxn , 4^ )• — Aroër est une ville inconnue ^ voisine du Jabok et de Rabbatk Am* 'mon. Il ne fiiut pas la confondre avec Aroër (ruines près d'Araayr ) qui était située sur les bords d'une paroi de rochers , au-dessus de rétroite et profonde vallée de PÂmon ; cette dernière est plus souvent mentionnée que Tautre dans la Bible. Minmth est entre Hesbon et Rabbath Amiiion dans la plaine.
Les Israélites, après une longue rébellion et de longues sodffrances , s'humilièrent enfin sincèrement sous le prophète Samuel, et le Seigneur jeta lui-même l'épouvante parmi les Phi--
lislias, accoutumés a la victoire, qui furent battus à Miispa, dans le pays de Benjamin. « £c
« là main de TËterDel fat sur les PhUistios pen** « dant tout le temps de Samuel n ( i Sam*. yii )•
Les Israélites demandèrent ensuite un roi.
Leur Trai Roi les punit de leur ingratitude en leur donnant Saul,'qui n'était pas selon son cœur ^ mais il ne les abandonna pas. li accorda à Saûl la victoire sur les Ammonites près de Jabès en Galaad ( i Sam/ xi ). Jabès était située au-dessus d^une vallée ou d^un wady qui porte encore son nom, sur le sommet d'une montagne d'où elle avait vue sur les collines de Basan et qui fait partie de la chaîne la plus sep-^ tentrionale des montagnes de Galaad. — Jonathan obtint par la foi la victoire sur les Philis-* tins au défilé de Michmas , dans le pays de Benjamin, à Test de la vallée d'Ajalon. Les Philistins montèrent de Séphéla ef campèrent à Micinnas qui est à TE. de Bethaven ^ leurs avant-postes étaient à feutrée du défilé, qui était formée par deux rochers dont l'un était au N. vis-à-vis de Michmas , l'autre au S. visà-vis de Gruébah. Les Israélites effrayés s'enfuirent en Galaad ^ un très-petit nombre se réunit autour du roi à Gidlgal dans la plaine de Jéricho. Saûl campa ses 600 hommes à Guébafi et se tenait non loin de là sous un grenadierfà âfigron* LoDg-*t«)p6 les. deux armées
furent en présence ; enfin Jonathan , plein de
hardiesse et de ici, jeta Tcpouvante dans les premiers postes; on combattit de Michmas jus* qu'à Bethaven ; Saûl poursuivit les Philistins à travers uoe foret jusqu'à Ajohn ( des Danites ? Jos* xix , 4^* ^ ^ Sam. xiu , xiv ).
L'Eternel se plait à confondre Timpie plein de force par le faible plein de foi. Bientôt après la victoire de Michmas, le futur ami de Jonathan , David , vainquit le géant Goliath dans la Dallée dlElah ou des térébinthes ( des chcncs ) j ce fut le compaencement de son élévation et de ses souffrances ( i Sam. xvu).
L*armëe des Philistins était campée entre Socbo et Aséka , au pied des montagnes de Juda, sur le chemin de Gath à Jérusalem. Ils s'avan«* cèrent sur le plateau, et la vallée d'Elah les séparait des Israélites : pendant 4o jours Goliath in* sulta Saûl et son peuple, jusqu'au jour ou le jeune pâtre fut envoyé par soû père Isaï au camp vers ses frères. David y arriva dans le moment où Tarmée sortait pour se ranger en bataille et jetait de grands cris. Il descendit dans la vallée , choisit sur les bords du torrent cinq cailloux bien unis , et s'approcha du PhiUstin au nom de TEternel des armées. Israël poursuivit Tennemi jusque dans la plaine basse, et jus-
qu'aux portes de Galh el d'Hécron. —La vallée est étroite et protbode , et le chemin très-rapide, les flancs sont aujourd'hui encore coU tivés avec soin , les montagnes sont en plu* sieurs endroits toutes couvertes d'oliviers » de figuiers , de vignes et de céréales , et les terrasses sont entretenues avec soin. La vallée se bifiirque, et le bras S. est d'une grande beauté par sa fertilité, Tabondance de ses eaux etTindustrie des babitans \ le bras N. £• au contraire n'est bientôt plus qu'une contrée sauvage et déserte, ou des parois de rochers rougeàtres s'élèvent par gradins les uns au-dessus des autres. Cette vallée part des hauteurs supérieures du plateau dans le voisinage de Jérusdem.
Au S. de Jérusalem est une vallée qui s'étend sur une longueur d'une lieue jusque dans
le voisinage de Belblcera, et dont le fond forme une belle et riche plaine -, c'est la vallée des Méphaïm ou des géants. David, devenu roi^ y bauil deux (ois les Philistins ^ la première fois près de Baal Pératsim , la seconde prè» des mûriers, de Guébah a Guézer (2 Sara, v, 17- 25 ). — Il soumit ensuite tous ses ennemis ^ et la principale de ses victoires fut celle qu'il renn porta devant liabbathrAmmon sur les Syriens
et les AmiBonites reanisy et qui anéantît la
puissance de ses ennemis dans toute la partie orientale du pays ( 2 Sam. x ; xi, i . i6« 17 xii, 2&*3i )• Les raines de cette ville témoignent encore de sou aiiciemie splendeur. De la hauteplaine de Galaad on descend vers TE*, par une pente peu sensible dans une large vallée, dont la direction est d abord de TO. à et ensuite vers le N. , et qui est arrosée par un ruisseau limpide , dont le lit est dans la ville bordé de murailles et pavé ; toute la contrée olfre des traces de' son ancienne fertilité. Les ruines de la forteresse, grande et carrée, se voient encore sur une colline, dont les flancs à pic sont revêtus de la base an soin met d uue muraille très-ancienne et très-bien conservée, qui est formée* de blocs calcaires sans mortier; on y remarque plusieurs citernes profonde^ et bien travaillées. £n bas, dans la vallée sont les restes des maisons particulières , parmi lesquelles on distingue des ruines de temples et d'églises, et en particulier un théâtre , qui est k ia fois le plus vaste et le mieux conservé de la Syrie entière.
La paix régna de toutes parts pendant la vie de Salomon. Mais lorsque ce roi se détourna du Seigneur^ la force d'Israël fut dimi-
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nuée^ et les temps de troubles recommencèrent. On voit cette nation être constamment iaible et malheureuse sous les rois impies, puissante et tranquille dès qu'elle revient vers son Diea. C'est ainsi qne TËternel vint au secours d'Asa , roi de Jud^, lorsque le roi de Cus , Zéraph , s'avança , à la tete d'une année d'un mil* lion d'hommes, jusqu'à Marésa dans la vallée de Âsépliata ( probablement dans la vallée inférieure du Sorek ). Asa avait enseigné à Juda
îl. invo(|ncr rRteriicl, et ce peuple, puîssamluent soutenu par Dieu , avait élevé plusieurs villes fortes et comptait 58o,ooo soldats* A rapproche de Zéraph , Asa mit toute sa cou- Bance dans l!£temel et il remporta une vie* toire complète 5 il poursuivit Fennemi jusqu à Guérar ( 2 Chron* xiv)»— Le Seigneur donna encore une preuve de sa miséricorde envers les Israélites , eu reudaut le roi Achab et sa petite armée vainqueurs des Syriens près de Samarie. Mais comme les païens ne donnaient point encore gloire au Dieu des arméesr, et espéraient d*étre plus heureux dans la plaine , parce que, disaient-ils, les dieux d'Israël sont des dieux de montagnes, leur grande armée fut défaite, Pannée suivante, aupr^ diApheh dans la vaste plaine de Jesréel par un petit nombre d'Israé-
lites, et les miiraîlles d'Aphek tombèrent sur ceux qui étaieut demeurés de reste (i Rois xx). Ces armées sy neones araient probablementtraversé les plaines de rilaurau , descendu vers le Jourdain au S. du lac de Géoézareth et moulé par Beihséan sur le plateau otscideutal.— Josaphat, roi de Juda , servit TËteroel avec encore plus de fidélité et de fermeté que ne Tavait fait Asa; aussi FEternel le protégea d'une manièie particulière. Lorsque ceux d'Ammon, de Moab, et de la montagne de Séir s^avancèrent contre lui, il ne se confia point en ses propres forces , mais recourut à lËternel par le jeûne et la
prière; el le Scii^^neur coinbauil pour Judri dans le désert entre Jingueddi et Thékoa^ pendant que Xosaphat sortait de Jérusalem bénissant Dieu et exhortant tout le peuple à se coniier au Seigneur : « brsqu'ils arrivèrent an désert , « voilà, c'étaient tous des corps abattus par terre a sans qu'il en fûléchappé uuseul» (a Chron.
'XX )• L'armée ennemie avait traversé la vallée de Sel et suivi les rives de la mer Morte jusqu'à Ëngneddi , d'où ils avaient monté par un wady sur le plateau.